Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

05 décembre 2011

Dans un train... (3)

Il s’est levé en me disant qu’il allait prendre un café. Il m’a proposé de l’accompagner, mais j’ai refusé poliment. Je n’étais, du moins pour le moment, qu’une femme comme toutes les femmes à ses yeux, attirante ou pas… Cela devait le rester.
À son retour, il a sorti son portefeuille, et de lui deux photos.
― Voici mes filles. Antonella sur la gauche, la brune, portrait craché de sa mère qui est Italienne. Et, là, lui tenant la main, c’est Irène la plus jeune. Ne sont-elles pas mignonnes dans leurs robes blanches à volants ? C’était le jour de la communion d’une cousine, elles avaient sept et cinq ans. Maintenant elles en ont dix et huit…
― Elles sont superbes.
― Tenez celle-ci, ma femme Cristina et moi en vacances à Naples.
J’avoue que c’était une très jolie femme au teint mat, et, effectivement, sa fille lui ressemblait. La plus jeune avait les yeux bleus de son père. Il s’est rassis à sa place après avoir remis son portefeuille dans sa poche. Nous avons repris notre conversation littéraire.
― J’ai comme l’impression que vous devez bien écrire, a-t-il dit en me regardant fixement.
― Pourquoi ?
― Vous vivez seule, n’avez pas de contraintes professionnelles comme moi… Vous avez donc tout le temps de vous y consacrer. Êtes-vous exigeante avec vous-même ? C’est très important !...
― Oui, bien sûr je le suis. Et j’ai tout mon temps, comme vous dites. Mais ce n’est pas sans compter sur ma paresse, ni sur toutes les choses de la vie qui gênent l'impétuosité des idées. Parfois elle se fait languir longtemps…
― Je connais ça aussi.
― Étant journaliste, vous devez avoir une expérience de l’écrit que je suis loin d’égaler.
― Je sais, vous avez appris par vous-même. Mais il y a des autodidactes qui réussissent très bien. Quant à moi, je me suis construit grâce à mes études, mais ai-je votre sensibilité artistique ? Car vous êtes indubitablement une artiste.
― Je n’en sais rien. Vous savez, je me débrouille mal en dessin. J'en suis restée au stade de l'école maternelle. Et vous ?
― Moi, oui. Dessin, peinture et sculpture sur bois, mais comme vous l’écriture, sur le tas. Pourtant mon entourage apprécie, mes œuvres sont partout à la maison !
― Et des cahiers de poèmes !
― Dans les tiroirs de mon bureau !
― Vous les relisez ?
― Parfois. Mais je finis par détester ce que je fais.
― Pourquoi ?
― D’abord par constante insatisfaction, car tout peut s’améliorer indéfiniment. Puis parce que, voyez-vous, il y a eu un grand poète dans ma famille, mort pendant la seconde guerre mondiale. La seule chose que nous ayons en commun, c’est que la poésie est aussi naturelle en moi qu’elle ne l’était en lui. Là s’arrête la ressemblance ! C’était le frère de ma grand-mère, Albert Lebeau.
― Je ne le connais pas. Croyez bien que je le regrette. Quel était son style ?
― Il était de plusieurs courants, dont les surréalistes. Outre les vers libres, il lui arrivait de pratiquer les formes classiques telles que le sonnet. C’était un poète indépendant, qui s’était fâché avec pas mal d’écrivains et de critiques de son époque. Je suis son plus grand fan, bien que je ne l’aie jamais connu.
― Vous avez quel âge, si ce n’est pas indiscret ? lui ai-je dit après lui avoir laissé le temps de se remettre de ses émotions.
Qu’est-ce qu’il m’avait pris à l’amener à parler de ce prestigieux lien de parenté qui ne pouvait qu’attiser ses complexes ?
― J’ai quarante ans, a-t-il répondu. Je ne vous le demande pas. Il est bien connu que les femmes n’aiment pas parler de ces choses-là.
― ça ne me gêne pas du tout ! J’ai dix ans de plus.
― Vous ne les faites pas.
On m’a fréquemment dit que je faisais moins que mon âge. Il était peut-être sincère…
― Vous non plus, ai-je ajouté.
Il s’est penché vers moi pour reprendre son portefeuille dans sa poche. Il en a sorti une carte de visite qu’il m’a tendue en disant :
― On pourrait se revoir un jour pour parler encore de poésie, de musique, de mon grand-oncle poète… Tenez, voici ma carte. Appelez-moi sur mon portable de préférence. Il y a aussi celui de chez moi.
― Merci, ai-je fait en prenant le bristol.
J’ai lu son nom. 
― Fabrice Gómez ! Mais vous êtes espagnol ! me suis-je exclamé toute surprise.
― D’origine, a-t-il fait d’un air amusé.
― Alors vous connaissez l’Espagne mieux que ce que vous m’en avez dit !
― Je vous assure que non ! Mon père est mort quand j’étais enfant. C’est ma mère qui nous a élevés, mon frère et moi, dans ce village d’Isère dont je vous ai parlé. Elle était agricultrice avec ses frères. Elle a trimé dur pour nous payer des études et que j’arrive au point où j’en suis. Quant à mon frère, il est médecin à Grenoble.
― Quel courage pour votre mère !
― Oh, oui ! Elle n’en manquait pas. Aujourd’hui, elle est retraitée et toute dévouée à ses petits-enfants.
― Si je comprends bien, votre père n’a pas eu le temps de vous enseigner l’espagnol, et, vous et votre famille, vous n’êtes jamais allés en vacances là-bas comme tant d’autres immigrés.
― Non, jamais. J’ai quand même appris l’espagnol au collège et au lycée, mais j’en garde un niveau très scolaire.
― Puis-je avoir vos coordonnées pour vous appeler un jour ? a-t-il demandé timidement en me présentant son Bic et son cahier, qu’il avait repris de sa sacoche où il les avait rangés quand il était allé boire son café.
J’ai inscrit, sur un coin de la couverture intérieure, mon nom et mon numéro de téléphone fixe.
― Clotilde ! a-t-il dit avec étonnement. Vous êtes la première Clotilde à qui je parle. C’est un joli prénom, ma foi, et plutôt rare de nos jours !
― Merci.
Même si c’était il y a longtemps, je m’en souviendrai toujours… ainsi que de la gêne que j’ai eue, quand les hommes de l’Accueil de la gare de Lyon ont débarqué dans notre voiture de TGV. Il semblait ne pas vouloir me quitter et avait laissé descendre tous les passagers. Il s’étonnait visiblement que je ne me lève pas. Il a pris sa sacoche et son sac de voyage du porte-bagages au-dessus de nos sièges, s’est retourné en partant, disant adieu d’un signe de la main toujours surpris de me voir assise encore. Et c’est quand les aides sont arrivés. Le journaliste s’est callé contre la porte des toilettes pour les laisser passer avec un fauteuil roulant à eux – ils feraient le changement avec le mien plus tard dans le hall.
― Madame V… ?
― Oui, ai-je répondu.
Toujours là, il m’a regardée me lever de mon siège en m’appuyant sur mes cannes. Une fois debout, je l’ai vu à mon grand regret qui détournait la tête et sortait. Il avait disparu, quand je me suis trouvée à mon tour sur le quai. Il ne m’a jamais téléphoné. On ne s’est plus revus…

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Dans un train... (2)

En plus des motrices avant et arrière aux têtes étirées en forme de bec de mouette, le TGV n’a pas dans ses voitures, comme les anciens express, de compartiments que pourraient occuper des familles entières, mais deux rangées impersonnelles de sièges deux par deux avec une allée centrale. Il est pour ainsi dire silencieux. Qu’importe, cela fait longtemps que je ne chante plus sur le bruit d’un moteur. La petite folie de mes six ans m’a enfin lâchée !...
Le panorama alpin rappelle les Vosges de mon enfance. Les champs ont toujours des vaches paresseuses. Mais là, elles dorment à l’ombre des rares bosquets à cause de la canicule qui sévit anormalement en cette fin d’août. Elles ne lèvent pas leurs lourds mufles en direction de la rame qui roule beaucoup trop vite. Peut-être que vraiment, à l’époque des trains à vapeur, elles avaient le temps d’observer avec circonspection les humains derrières leurs fenêtres...
J’essayais de lire un livre de poche, mais je revenais souvent à ma contemplation coutumière à travers la vitre. Sans doute ne m’intéressait-il pas, ou bien j’étais au début et pas encore prise par l’histoire à n’en plus détacher les yeux. Depuis huit ans, il y a prescription sur le souvenir du titre et de l’auteur. Mais s’il avait été très passionnant, je suis convaincue que je me le rappellerais autant que du reste…
Il y avait, sur le siège d’à côté, un grand homme aux joues creuses, d’à peu près une dizaine d’années plus jeune que moi, qui en avais cinquante, cela se voyait à ses tempes légèrement grisonnantes. Ses cheveux, en pointes sur la tête, ne semblaient pas avoir souffert le quotidien coup de peigne. Il était décontracté dans son jean et son t-shirt. Sur la tablette ouverte devant lui, il écrivait au Bic noir dans un cahier d’écolier, de ceux que j'aime tant à spirale genre Clairefontaine. Sans lire, je distinguais son écriture nerveuse et véloce aux caractères penchés. Le trouvant intéressant, et aussi parce que je suis une grande curieuse, j’ai osé lui demander :
― Êtes-vous écrivain ?
Il a tourné la tête vers moi en m’adressant un doux sourire amusé. C’est là que j’ai vu ses yeux bleu pâle aimables et francs, contrastant avec ses boucles emmêlées noires.
― Écrivain, a-t-il répondu, c’est beaucoup dire. J’ai ça dans la peau depuis mes quatorze ans, mais je n’ai jamais publié de livres. Je ne pourrais me considérer auteur qu'en me faisant remarquer du public un jour.
― Et vous arrivez à écrire dans un train bondé et bruyant ?
― Cela ne me dérange pas, si je me concentre. De toute façon, j’ai terminé.
Après avoir refermé son Clairefontaine, il a dit :
― J’aime bien les rencontres dans les trains. C’est agréable d’échanger des pans de vies, même si on ne se revoit plus après !
― Je trouve aussi. Cela réconcilie les solitaires comme moi avec le monde. Même si la solitude a ses moments de total bonheur…
― Vous êtes seule et vous vous dites heureuse ?
― Quand je n’ai pas de problèmes et avec de belles occupations, oui ! Il faut beaucoup distraire l’esprit, savoir utiliser la nostalgie pour rêver et se souvenir, bâtir des projets, imaginer, créer, sinon c’est la dépression… Heureusement qu'il y a la télévision - les chaînes thématiques comme Voyage, c’est formidable même si on a conscience qu’on n’ira jamais là où nous conduisent leurs images ! Puis la musique, les livres, l’écriture… Tout cela vous donne l’impression de tuer l’oisiveté et de combler les absences.
― Vous ne travaillez pas ?
― Plus maintenant. En fait…
― Oui ?
― Oh, rien ! ai-je dit en baissant la tête et reprenant mon insipide lecture.
Il ne voyait pas que j’étais handicapée. Mes cannes, je les avais coincées entre le siège et la fenêtre. J’étais assise à son arrivée. Il ne pouvait non plus savoir à qui appartenait le fauteuil roulant plié avec les bagages à l’entrée de la voiture. Je formulais le vœu qu’il serait parti lorsque les assistants de la gare de Lyon viendraient me chercher. Ils attendent en général que le wagon se vide pour prendre la personne à aider.
Finalement je lui ai reparlé. C’était bête de me montrer troublée !
― Puis-je vous demander ce que vous écriviez tout à l’heure ?
― C’est un poème sur le village en Isère où je suis né, et que je viens de quitter. J’y retourne toutes les fois que mon métier le permet, pour me ressourcer.
― Alors vous n’êtes pas qu’écrivain !
― Je suis journaliste photographe, la littérature est mon hobby. Mais, j’emporte partout avec moi mon cahier de poésie.
― Vous êtes dans la presse écrite ?
― Oui. Reporter de guerre, et parfois, j’ose à peine le dire, pour les tabloïdes. Je n’aime pas ça, mais il faut bien gagner sa vie. J’ai une famille à nourrir, bien que mon épouse travaille aussi.
― Elle est également journaliste ?
― Non, elle enseigne la musique dans un collège.
― Ah, tiens ! C’est ce que j’aurais voulu faire, si j’avais été jusqu’au bout de mes études musicales.
― Qu’appreniez-vous comme instrument ?
― Le piano. Mais j’ai dû arrêter...
― Qu’est-ce qui s’est passé ?
― Retour en France avec mes parents. Nous étions en Espagne.
― Où ça ? Je connais un peu.
― Madrid. Vous y êtes allé ?
― Oui, pour un reportage d’un tabloïde ! ça a duré une semaine.
― Nous, une quinzaine d’années. De la fin du Franquisme jusqu’en 1988. C’est dire que j’ai connu le temps glorieux de la Transition avec le Roi Juan Carlos et la Reine Doña Sofía, comme on l’appelle là-bas, famille royale que j’estime beaucoup même si je me dois de rester républicaine dans mon pays…
― Comment vous êtes-vous mise à la musique ?
― J’ai eu mon BEPC avec difficulté. Alors on a décidé pour moi un BEP de secrétariat que j’ai raté volontairement par dépit. C’était l’année de mon départ à Madrid. Mon père y dirigeait une entreprise française de cosmétiques. Refusant toute tentative d’un bac littéraire par correspondance, j’ai demandé à mes parents des cours de piano. Il y avait un beau quart de queue dans le salon en meuble décoratif, et dont personne ne savait jouer. Mon père a accepté ma demande à condition que j’en tire un métier. J’ai eu plusieurs professeurs, dont en dernier une compositrice cubaine qui avait fui le régime de Castro – elle m’a raconté, un jour, comment elle avait vécu deux ans de travaux agricoles forcés pour payer son exil, c’est terrifiant ! Elle m’a initiée au Jazz un petit peu et enseigné des bases d’harmonie, il ne m’en reste rien à l’exception du souvenir d’une folle envie de composer. Puis elle m’a poussée à donner des cours aux débutants, ce qui m’avait assez réussi. J’allais achever mon niveau élémentaire de piano, de théorie et de solfège, et aurais pu entrer comme enseignante à l’école de musique que la Cubaine désirait fonder. Mais mon père avait pris sa retraite et voulait rentrer au pays, surtout pour ma mère qui ne s’était pas faite à la langue ni aux Espagnols. Je ne pouvais pas rester seule à Madrid, ne pouvant compter sur mes leçons particulières pour subvenir à un logement et à mon entretien. Alors, j’ai suivi mes parents. En France, nous avons des aides sociales qui font que j’ai aujourd’hui mon propre toit, ma mère étant décédée et mon père remarié. Et je vis, dorénavant, un peu comme une recluse.
― Alors pour vous occuper, vous écrivez. C’est bien ça ?
― Des poèmes en vers classiques la plupart, car la métrique et les rimes me replongent dans la musique qui m’est si chère toujours. Et en français, c’est quand même ma langue maternelle. Mais il m’arrive d’écrire en espagnol, guidée par des poètes que j’aime beaucoup comme Antonio Machado.
― Ce n’est pas celui qui est mort dans le sud de la France ?
― Oui, en exil de la Guerre Civile à Collioure.
― J’en ai entendu parler, mais j’avoue que je ne l’ai jamais lu. Est-il traduit en français ?
― Il me semble bien que oui. Je l’ai lu, relu et le reprends souvent dans la version originale de ses Œuvres Complètes.
― C’est beau de posséder une langue étrangère à ce point !
― Peut-être. Mais j’imagine que vous devez plutôt bien connaître l’anglais et le parler à l’aise partout où vous vous rendez pour vos reportages.
― Comme vous l’espagnol. Mais je n’écris pas en anglais des poèmes, a-t-il ajouté avec un soupçon de gentille moquerie .

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03 décembre 2011

Dans un train... (en épisodes après moult corrections)

Ceci est la première partie en épisodes d'une nouvelle plutôt longue (enfin je le crois, elle n'est pas toute écrite) qui portera un titre général différent de celui que je donne ici...

 

 

Dans un train…

 

Je rentrais à Paris dans un TGV depuis Grenoble, bouclant ainsi deux mois d’été merveilleusement ensoleillés dans les Hautes-Alpes où j’étais venue traiter mes bronches asthmatiques. J’étais encore tout émoustillée par des images de marmottes timides sortant de leurs terriers au bord des routes lorgnant d’un œil torve noir et blanc les voitures, de chalets aux toits en pente couverts de troncs de mélèzes, de prairies fleuries inspiratrices des peintres paysagers, de cours d’eau limpides où j’ai eu grand plaisir de boire, de balades en car… Toute la région est d’une beauté lumineuse à couper le souffle ! J’y serais restée indéfiniment… Mais tout a une fin, le pire comme le meilleur, surtout le meilleur !

 

Je me repasse volontiers le film de ma jeune vie, au début des années soixante, dans un train à vapeur revenant d’un centre pour petits polios en Alsace.
J’aime la locomotive qui souffle sa fumée, tire un serpent de wagons aux compartiments accueillants et, quand elle entre en gare, active une sirène pour nous prévenir qu’enfin nous pouvons partir et jouir du déroulement de la vue avec, en premier plan, les poteaux électriques en bois le long de la voie. Oh, le bruit sur les rails !... C’est comme l’accompagnement d’une chanson. Le train, le tambour en mouvement d’une machine à laver le linge, la soufflerie d’un aspirateur, cela me donne envie de chanter dessus. J’ai plein d’airs en tête. Je ne vais pas à l’école, ou plutôt c’est elle qui vient à la maison. Alors j’écoute la radio de ma mère dans ma chambre puisque je n’ai, hormis les devoirs de ma maîtresse qui vient trois fois par semaine, rien d’autre à faire et pas de copains avec qui jouer dans une cour de récrée ou en bas de l’immeuble. Une petite fille handicapée est très tôt livrée à la rêverie et à elle-même, au poids de la solitude aussi. Et c’est Dalida avec « Bambino », Dario Moreno dans « Si tu vas à Rio, n’oublie pas de monter… », que j’achève par un appuyé là-y’au, en guise de « là-haut » trop dur à dire ! Je soigne ma courte carrière de chanteuse aussi au centre alsacien. Avant de dîner, au réfectoire, le personnel m’ordonne :
― Chante, Clo !
J’obtempère, pas toujours de bonne humeur, n’appréciant guère ces drôles  d’exigences de grandes personnes. Je préfère suivre mes envies. C’est comme plus tard, quand enfin je sais lire, et qu’on m’offre des livres de mon âge, moi qui veux tout choisir ! Je convoite plutôt les bouquins de ma sœur ou de mon frère (des policiers qu’il dévore en même temps que son petit déjeuner !). Ils sont plus vieux donc libres, eux ! C’est ainsi que j’ai délaissé des auteurs importants comme Jules Verne, que j’ai lus (pas tous !) beaucoup trop tard…
Je veux chanter, mais ma mère me fait « Chut ! » en mettant son doigt sur sa bouche. Elle me dit :
― Viens, on va faire un tour !
Elle me lève et rabaisse ma robe d'un revers de main pour cacher les affreux carcans orthopédiques de mes jambes, devant le monsieur sur la banquette d’en face qui lit son journal. Je prends une canne dans ma main droite, et de la gauche la main de ma mère. Elle me demande si je n’ai pas envie d’aller faire pipi, je dis oui ! Alors nous allons aux toilettes au fond du wagon. Elle tire du papier hygiénique du rouleau accroché au mur pour essuyer la cuvette avant, car « On ne sait jamais qui s’assoit dessus ! Il pourrait te contaminer avec ses maladies… ». C’est vrai qu’elle est pleine de bonnes intentions avec nous. Pour qu’on n’attrape pas de poux, elle lave régulièrement et méthodiquement nos brosses et peignes à l’ammoniaque, cela pue dans tout l’appartement bien qu’elle ouvre les fenêtres en grand. Mais au moins c’est sain et propre !... Nous sortons des WC et rejoignons notre compartiment. C’est devant les fenêtres du couloir, avant d’entrer, que maman me sermonne gentiment.
― Le monsieur de la banquette qui lit son journal, il a son monde à lui.
― Un monde… comme la Terre ?
― C’est une façon de parler, ma chérie. Ça veut dire qu’il a tout plein de choses à penser.
― Comme moi quand je vois des images dans la tête, quand tu me racontes une histoire ?
― Oui. Alors, ce monsieur, il ne souhaite certainement pas que tu l’empêches de réfléchir, si tu te mets à chanter devant lui.
― On pourrait le lui demander ?
― Non, Clotilde ! À la maison, comme tu veux. Pas dans un train !
― D’accord, dis-je en boudant.
Nous avons repris nos places dans le compartiment. Je ramasse, au fond de la banquette, ma poupée inséparable du moment. Je la serre dans les bras et regarde par la fenêtre. Tout d’un coup, j’attrape la manche de ma mère – je me souviens encore de la tenue qu’elle portait, une jupe grise et une blouse blanche rentrée dedans –, et tire dessus avec acharnement.
― Maman !
― Quoi ?
― T’as vu les vaches ?
Je pointe la vitre du doigt.
― Eh oui, Clo ! Il y a toujours des vaches dans les prés pour regarder passer les trains.
C’est un cliché, certes, mais c’est si vrai !

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01 novembre 2011

Nouveau livre (corrigé)


Le Fleuve rougit, extraits

 

Vient de paraître au mois d'octobre mon deuxième livre en prose en autoédition sur Books on Demand. C'est une nouvelle policière sous forme d'un roman court qui s'intitule "Le fleuve rougit". Il est inspiré d'une nouvelle poétique écrite il y a plusieurs années.
La vidéo narre de courts extraits de ce livre dits par moi-même, l'auteur.
On peut l'acheter sur les librairies on line, soit amazon.fr, Alapage.com, BoD et nombreux autres à l'étranger comme amazon.com.
Puisse-t-il plaire à quelques uns. Il a été très travaillé, même s'il reste quelques petits détails à arranger. On peut infiniment réécrire un texte de quelle nature qu'il soit...

Je ne crois, cependant, pas à son succès. Je ne suis pas quelqu'un de connu, et de nombreuses connaissances semblent réfractaires à ce que je fais et me le signifient par leur indifférence.  Mais je n'attends rien de ce livre ni de ceux que je ferai dans l'avenir, surtout pas de droits d'auteur. Je perds de l'argent en m'autoéditant autant que j'en perdrais si je faisais appel à des éditeurs à compte d'auteur, puisqu'on n'en parle pas dans la presse ni dans les medias. Mais ce n'est pas grave. Au moins ainsi je ne prends pas la grosse tête. Néanmoins, je soigne mon travail du mieux que je peux. J'espère que le peu de personnes qui liront cette dernière version de ma nouvelle policière s'en rendront compte. Et je les remercie de tout mon coeur pour l'attention qu'elles prendont à le lire.
J'ajoute, pour terminer, que je vais avoir quelques exemplaires que je pourrais signer à qui me le réclamerait. Je pourrais le leur renvoyer. Il ne coûte pas trop cher. Je trouve déloyal de faire payer fort un livre de non professionnel, et le plus bas prix que je peux en tirer je le prends. Donc, il coûte, prix de BoD, 5,50 Euros sans les frais de livraison pour 80 pages en format poche, mais 5,23 Euros par exemple sur Alapage.com, frais de livraison gratuits. Et ça, j'aime !

Voilà. Bonne écoute de la vidéo et peut-être bonne lecture du livre s'il vous intéresse !

Béatrice Grangeat dite Marygrange

 

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24 août 2011

La Lune Bleue (revu et corrigé)

 

 

Pleine et toute bleue, elle habille,

De reflets lumineux, la mer.

Dans l’orbe obscur, elle gambille.

Juste elle se voit dans l’éther.

 

Elle est comme un ballon que tire

En l’air une enfantine main,

Et offre, en flânant, son sourire

À la Terre jusqu’au matin.

 

Par qui serait-elle observée ?

Sur la mer, pas un seul bateau !

Sa paisible face rêvée

N’a de réponse que par l’eau.

 

Tout en haut, la Lune Bleue aide

À la récupération

Des petits corps, dans l’intermède

Du sommeil de la passion.

 

La Lune Bleue est une mère

Qui berce sans faire de bruit

Les enfants. Sa figure éclaire,

Tel l’amer les marins de nuit.

 

Oh, trop tôt, la lune s’éloigne

Dès que surgit le nouveau jour !

Mais un éclat de paix témoigne,

À leur réveil, de son amour.

 

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Le jeu du chat

 

Tandis que les humains quittent leur logement,
Un petit chat persan miaule solitaire
Contre la porte close. Et voilà que par terre,
Sous la commode, il voit l’éclat d’un diamant.

 

Mais ce n’est qu’une bille opale en simple verre
Abandonnée au sol par le petit enfant
Qui l’avait choisi lui, le plus ébouriffant,
Chez l’éleveur. Depuis, l’amour entre eux s’avère.

 

Il ne la perd des yeux. Attend patiemment
Qu’elle se déplace en un petit roulement,
Comme l’oiseau qui vole au-delà des fenêtres. 

 

Elle reste inerte. Et silencieusement,
D’un bond, le chaton saute. Oh, de cinq millimètres,
Il la manque ! Alors le garçon revient gaiement.

 

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23 août 2011

Inventario/Inventaire

Se alejan como estrellas

Pequeñas y lejanas,

De la niñez los sonidos,

Los olores, las ventanas

Tras las cuales, cada día,

Hablar mis sueños dejaba.

Se alejan como estrellas

Claritas y lejanas,

Los españoles recuerdos,

Las tentadoras miradas

De aquél amigo barbudo

Que la arcilla trabajaba.

Se alejan como estrellas

Raritas y lejanas,

El amor poco venido,

Las relaciones amargas,

Los anhelos de música

Y el tejer las esperanzas.

Se alejan como estrellas

Solitas y lejanas,

Las equívocas heridas

Que yo digo ya curadas,

Las lágrimas vergonzosas

Que provocó la añoranza.

Se aleja como estrellas

Cansadas y lejanas,

El deseo inextricable,

Con la mente ya salvada,

De ser feliz como tantos

Y revelar mis palabras,

Luego huir como estrellas

Rendidas y lejanas.

 

                    ________________________________________

 

 S’éloignent, comme des étoiles petites et lointaines, de l’enfance les sons, les odeurs, les fenêtres derrière lesquelles je laissais mes rêves parler.
S’éloignent, comme des étoiles claires et lointaines, les souvenirs espagnols, les regards tentants de cet ami barbu qui travaillait l’argile.
S’éloignent, comme des étoiles rares et lointaines, l’amour peu venu, les relations amères, les aspirations musicales et le tricot des espoirs.
S’éloignent, comme des étoiles isolées et lointaines, les blessures équivoques que je dis guéries maintenant, les larmes honteuses que provoqua le regret.
S’éloigne, comme des étoiles fatiguées et lointaines, l’inextricable désir, avec l’esprit enfin sauvé, d’être heureuse comme beaucoup et révéler les mots, ensuite fuir comme des étoiles vaincues et lointaines.

 

 

 

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15 août 2011

L'agnosticisme

Vous m’avez jugée sur des chefs d’accusation à mon avis peu sûrs, comme moi je le faisais de vous, ou cet homme qui m’avait si mal parlé de toi arguant des choses fausses. Tous nous nous jugions sur le site, en prenant appui exclusif sur nos textes qu’ils soient poèmes ou commentaires. C’est peu et stupide, ignorant tout l’un de l’autre, même le sexe parfois car un pseudonyme n’est pas toujours clair là-dessus.

Il est vrai que je me suis comportée à tort, m’inquiétant pour toi en vain et traitant de briser le mur de ton silence. J’aurais dû agir comme notre ami commun qui a l’intelligence de ne pas te contacter si tu le laisses tomber. Il en a assez d’être toujours lui à demander des nouvelles de l’autre et préfère attendre que toi tu te manifestes par un coup de téléphone ou un e-mail, ou bien encore un Coucou ! sur la messagerie instantanée de Facebook. Tant pis, il arrête et opte pour le temps qui arrange tout, sans doute qu’un jour quelque chose vous rapprochera et vous vous reparlerez sans fâcheries. Te sachant très sensible et suicidaire, je craignais que tu aies un geste fatal, quand les choses s’étaient envenimées entre ta femme et toi et que vous étiez au bord du divorce. Alors, voyant mes e-mails sans réponse et voulant savoir comment tu allais, j’appelais jusqu’à ce que tu décides de ne plus répondre non plus. J’étais loin d’agir aussi bien que notre ami, et aujourd’hui je m’en repens. De l’avoir fait, il est probable que nous ne nous serions jamais fâchés et maintenant je ferais partie de tes amis facebookiens comme lui et une autre poétesse de notre site, j’ai vu ça parcourant ta page.

Tu t’étais longuement absenté du site, comme tu le faisais quelquefois pour recharger tes batteries, quand tu avais des migraines occasionnées par vos disputes. Tu l’avais fait durant cinq mois à l’époque. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu’au cours d’une première conversation téléphonique avec ta femme, elle m’avait appris que c’était à cause de moi ! Bien sûr je t’aimais, mais je n’étais pas amoureuse et désireuse de briser votre couple, ce que vous supposiez me semble-t-il, en tout cas pas comme celles qui ne voulaient qu’une chose, consoler tes peines d’amour exposées dans tes textes. Du moins c’était mon impression, mais au fond qu’en savais-je ? Et que saviez-vous de mes réels sentiments et intentions et de ma personnalité ? Il vous était plus facile de me dire folle et de me barrer la route, de couper court à notre relation sans probablement penser que vous me déchiriez l’âme, que vous me renvoyiez une image hideuse de moi en pleine figure. J’étais devenue une ennemie. Et bien sûr, n’étant pas vraiment méchante ni dénuée de sentiments, j’ai culpabilisé. Je savais que j’étais allée trop loin à tant insister. J’ai compris mon vice de m’attacher, dirais-je à outrance, non seulement aux gens mais aussi à toutes choses susceptibles de me faire oublier le fait que j’étais passée à côté de ma réalisation, dans une existence d’ennui et de désœuvrement. En me commentant et avec ta gentillesse, feinte ou pas, tu me donnais du courage à persévérer dans cette voie que je croyais mienne comme tienne, l’écriture. Loin de ce lien, je perdais mes repères, il fallait que je m’affranchisse de l’affection qui me soutenait. Personne ne pouvait le faire pour moi. J’aurais pu recourir à un psy, mais je n’avais pas assez de moyens. C’est cher un psy ! J’ai cherché l’appui des rares amis que j’avais connus sur Internet, c’est vrai mais en privé et non en le véhiculant partout comme disait ta femme. Puis j’ai eu recours au souvenir de l’analyse que j’avais faite en Espagne et aux livres d’Erich Fromm auteur de la méthode dont se servait ma psychothérapeute. Et je me suis dit que, comme je ne pouvais plus te parler afin de tirer un trait sur nos différends, il ne me restait qu’une chose à faire, t’écrire. Pas directement, mais à travers un roman, plus tard en recourant à d’autres proses et à mes poèmes.

Je ne cherchais pas à régler mes comptes, même si cela en avait l’apparence. J’aurais pu te haïr comme ta femme, et cet homme qui a achevé de ruiner notre amitié, cela aurait été plus simple sans doute. Mais je ne voulais pas, et c’est extrêmement difficile de continuer d’aimer des êtres qui vous renient. Je n’aime pas la haine, car je sais qu’il y a toujours de bonnes valeurs en chacun d’entre nous, et la haine détruit tout même le meilleur dont nous sommes capables. Je te voulais heureux et j’espère que tu ne t’es pas blessé par mon attitude à désirer à tout prix raconter ma souffrance pour me soigner. Ta femme voulait que je me taise, et c’est tout le contraire qui a surgi, à ceci près que ce n’était ni en t’appelant ni en t’écrivant à l’exception de quelques malheureux e-mails de réconciliation stériles.

Je suis handicapée, et j’ai toujours eu à lutter pour être autonome dans les actes les plus rudimentaires de la vie, il fallait aussi que je le fasse concernant mes sentiments. Que je devienne adulte sans que plus personne ne me tienne la main dans mes activités sociales et culturelles. Je devais apprendre à vraiment vivre seule. Autant dire que ton rejet m’a servi à m’en sortir. Si seulement je pouvais te remercier en vrai ! Quelque part vous aviez raison dans votre jugement, j’étais en partie folle, mais dirais-je que j’avais des circonstances atténuantes. Des événements dans ma vie familiale, juste à cette époque du rejet, me fragilisaient. Il fallait leur faire face comme à toi. Et tu ne semblais pas en tenir compte. Qu’importe, maintenant c’est loin et je m’en suis remise. Vous ne paraissiez pas non plus vous apercevoir de mes difficultés à vivre chez moi avec mon handicap. Vous ignoriez beaucoup de choses en fait… mais vous me jugiez et m’aviez appliqué une grave sanction, ta femme et toi, à tort comme à raison.

Depuis, j’ai longtemps eu peur de mon comportement envers les autres, de trop en faire, de chercher en eux la béquille de mon âme aussi déséquilibrée sans doute que mon corps, de les agacer et qu’ils me rejettent comme toi. Mais j’ai appris peu à peu à m’en passer, à marcher sans cannes dans ma tête. Un exemple : notre ami commun est comme toi marié, je me doute qu’il ne faudrait pas que je l’appelle chez lui fréquemment, devinant que sa femme ne doit pas trop m’apprécier non plus, alors j’attends toujours que ce soit lui qui le fasse, et si je veux l’appeler je lui demande avant. J’agis avec mes sentiments comme avec la nourriture puisqu’il faut toujours que je surveille mon alimentation. Si une envie me prend d’appeler une connaissance, je suspends mon geste comme je referme la porte de mon réfrigérateur avant de prendre quelque chose à grignoter ou que j’arrête ma pensée qui me dicte d’acheter un croissant dans une boulangerie. Ça fonctionne, bien mieux que les régimes. Et c’est pareil pour mes rapports avec les sites où je ne veux plus être tributaire des commentaires qui ont l’art de me blesser quand je dois les affronter. Il faut même que je me pousse un peu, car le régime de ma communication tend quand même à me rendre anorexique. Il faut un comportement régulier, comme une alimentation saine. Alors je me contrôle. Quand je vois que je peux contacter un ami, que j’ai laissé passer suffisamment de temps depuis notre dernière conversation téléphonique, avec beaucoup d’effort je décroche mon combiné et marque son numéro, et de temps à autre je vais sur un site de poésie et visite les pages de mes amis sur Facebook en les commentant de la manière la plus digne possible. Et sur mes blogs et sites personnels, je n’attends pas les réactions, seuls m’honorent, la plupart du temps, les statistiques des visites, et cela me suffit.

    

Comme il est plus aisé de juger que de douter, alors nous formulons des certitudes sur d’infimes bases et quasiment aucune preuve, surtout s’agissant des relations entre internautes. Nous faisons de même avec les sujets d’actualité que les medias utilisent en excès et pas toujours en profondeur de nos jours. On ne nous donne jamais assez d’éléments pour étayer nos convictions et on change très vite d’informations de la même manière. Alors nous forgeons nos opinions avec la superficie des choses. Et nous devons nous y tenir et les oublier tant on nous les affiche éphémères. Qui sont les gens des actualités ? Qui sont les politiques qui nous gouvernent ou attendent un meilleur jour dans l’opposition ? On en n’a qu’une brève image, sauf si on est de la partie ou d’un parti. Sauf si on est journaliste ou détenteur d’une grande culture. La masse, elle, ne voit pas ce qui se cache dessous l’iceberg et retient le peu qu’on lui donne à connaître et s’imagine le reste. Quelques individus, dont je suis, doutent et attendent les informations qui corroborent l’idée vague qu’ils s’en font. Ils sont comme ces hommes de loi à qui il faut impérativement des preuves, pas seulement des aveux, pour inculper un criminel. Lorsqu’il croit à quelque chose, le commun des mortels se crée une certitude avérée ou non, et parfois cela mène aux guerres d’un dictateur qui sait l’attirer dans ses filets, aux révolutions salvatrices ou totalitaires, aux disputes entre proches, amis, connaissances, à la gêne à cacher des convictions qui ne s’accordent pas à la majorité populaire ou aux personnes qui partagent sa vie, à la violence des mots et des manifestations sociales. La politique peut être bonne comme dangereuse, cela dépend non seulement des idées mais aussi des hommes et des femmes qui les appliquent, et les conditions de la vie du pays et du monde. Au moment de voter, les politiques, tous, se montrent pleins de promesses justes et bonnes qu’ils ne pourront pas toujours tenir s’ils sont élus. Alors pourquoi s’emballer pour les uns ou les autres ? Personnellement, je ne veux plus voter avec grande conviction, mais plutôt avec circonspection. L’avenir le dira si mon choix aura été valable à mes yeux.

L’agnostique n’a pas la certitude que Dieu existe ni le contraire. Il se dit qu’au fond l’homme, comme il est capable de saisir les lois de la Nature, le fonctionnement de l’Univers, l’Art, les valeurs de l’esprit humain et ses défauts, il est capable de comprendre Dieu. Mais Dieu n’est-il pas au-dessus de tout ce qui compose l’Univers dont nous ? Et si c’est ainsi, peut-on complètement assurer Le connaître ? L’agnostique n’en sait rien, mais il ne veut pas croire non plus les athées qui affirment que Dieu est pure invention de l’homme. Il doute et ne veut pas se permettre de prendre position. Pour lui, il faudrait définir l’Univers dans sa totalité, c’est-à-dire toute L’œuvre  de Dieu y compris les hommes et tout le monde vivant qui les entoure, pour savoir Son existence ou non-existence. Parfois il pense que Dieu existe peut-être car en Lui devrait se trouver l’explication de l’intelligence et de l’amour. La vie et la destruction sont dans l’Univers, mais s’il faut en louer une autant que ce soit la vie. La haine est le sentiment de la destruction chez l’homme, tandis que l’amour bâtit, donne vie à toutes choses qui sortent de ses mains et de son intelligence. Si on veut vivre, alors on se doit d’aimer. Si Dieu existe et nous aime, en aimant et réalisant la vie qu’Il nous a donnée on lui rend son amour. L’agnostique, comme le croyant, ressent cela et l’applique mais sans les contraintes d’une religion. Il n’y a rien de plus libre que de penser et d’aimer. Parfois je me dis que tous les êtres de la Création sont doués d’intelligence et d’amour à des degrés différents. J’aime l’image, vue récemment à la télé, d’un lion embrassant debout sa soigneuse à travers sa grille, les pattes avant croisées sur son dos et le museau lui caressant le visage, c’est une excellente et évidente marque d’amour. Et si Paracelse a raison en disant Plus grande est la connaissance inhérente à une chose, plus grand est l’amour, alors le roi des animaux est très intelligent et bien des hommes devraient l’imiter.

On peut m’empêcher beaucoup de choses, croire ce que l’on veut de moi, me rejeter comme toi et ta femme l’ont fait, rien ne peut enfreindre l’amour que j’ai de la vie et du meilleur que je ressens chez les êtres humains. Et je suis sûre que c’est pareil pour vous. Alors je sais que d’une certaine manière nous nous sommes pardonnés nos souffrances mutuelles.

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12 août 2011

Soliloques

 

Dans le fond, tu es, à travers ces mots ami perdu la représentation virtuelle de toutes mes connaissances disparues sans doute à jamais, de toutes celles qui jalonnent nos vies, nous touchent de leurs âmes, se répandent dans les nôtres pour un jour s'en aller on ne sait où, ou meurent nous laissant dans l'ignorance du fait... Si encore j'avais le doute de te reparler un jour en e-mail, en courrier classique, face à face pour de vrai ou au téléphone, j'attendrai patiemment que cela arrive et arrêterai mon monologue devenu inutile. Mais ce ne sera pas ainsi, n'est-ce pas ?
         
 Les soliloques, c'est quelque chose que je pratique au quotidien, peut-être plus que n'importe qui, et me fait passer beaucoup de temps (mais le temps, j'en ai à ne savoir qu'en faire !). Je les exerce un petit peu comme mon poète préféré, mais sans son talent philosophique et poétique. Ils consument mon esprit jusqu'à ce que j'éteigne leur feu avec le clavier de mon ordinateur.

 Si je t'écris, c'est pour soulager ce soliloque qui m'étreint l'esprit depuis la décision mutuelle de ne plus communiquer entre nous, et qui m'a poussée à ce premier roman que je regrette à présent, du moins pour tout ce qui a trait à notre amitié si malmenée et incomprise. Je sais combien c'était indécent, mais il fallait que je me soigne, non ? Que je réalise...

 Je les aime, mes soliloques, car avec eux je suis libre. Pas de réponse de l’interlocuteur, donc pas de critiques, de vexations, de conseils ou de consolations dont je n'ai cure. Je ne souhaite que m'exprimer sans réclamer la main de qui que ce soit, juste des écoutes muettes qui me ressemblent peut-être, en espérant ne pas être trop éloignée de la réalité.

Ils sont mon soutien et répondent à mon grand désir de comprendre cette vie que je dois traverser jusqu’à son terme. 

 

Tengo a mis amigos
            en mi soledad;
           cuando estoy con ellos
          ¡qué lejos están![1]
 

 

Antonio Machado, ce poète espagnol que j’aime tant, avait raison. J'ai une foule de connaissances en moi avec qui j'aime partager l'existence, mais quand elles sont près de moi, je ne sais leur adresser la parole. Mes mots sonnent faux ou sont maladroits, aussi dignes de ma timidité que les soliloques du philosophe andalou. Toutes mes questions s'envolent rien que par leur présence et leur conversation, sans doute celles qu'ils avaient en tête avant aussi... On oublie tant de choses à dire à ses amis. Quand ils partent, on s'en rend compte, comme ces achats qu'on oublie quand on fait les courses sans liste et dont on se rappelle une fois rentré à la maison (comme on s'en veut alors !). Les soliloques contribuent à constamment former la parole et donc l’équilibre intellectuel. Ce sont les fruits de la pensée.

 Alors, mon ami, ne m'en veux pas. Je ne te réclame pas de réponse. Je sais que pour moi tu ne dois plus exister. Mais pourquoi faudrait-il que j'efface ta présence en moi ? Tu es pour moi, dans l'écriture, ce confident que je n'ai pas ni n'aurai plus sans doute dans la vie, et qu'on remplace par un journal intime. Tu as ici ce rôle, si on peut le dire ainsi. Tu es mon journal d'âme et d'amitié, ne t'en déplaise. Dans la mesure où je ne révèlerai jamais ta véritable identité, en quoi cela pourrait-il te nuire si je publie le fond de ma pensée et que tu y es présent ?

Tu as dû sans doute m'oublier complètement. Il n'est pas improbable que tu aies perdu toutes mes coordonnées. Moi, je sais toujours où tu vis, comment tu t'appelles, même je me souviens de ton numéro de téléphone que jamais plus je n'oserai utiliser. Je te cherche parfois sur Google et te retrouve, mais Internet a ceci de bien, il nous cache. Tu ne me vois pas te regarder, c'est génial (peut-être le fais-tu de moi…) ! Si je lisais un de tes blogs, jamais je ne commenterais tes paroles, pas en me nommant et sous ce pseudonyme que tu as connu, celui de ma poésie si triste ! j’irais jusqu’à te vouvoyer… Et puis pourquoi le ferais-je ? Je ne veux plus te donner de raisons de me fuir encore, ou te faire abandonner tes sites personnels. Chacun vit sa vie d'internaute de son côté, et c'est très bien ainsi. Ne changeons rien ! Tu sais, j’ai mal encore de me dire que c’est moi qui t’ai fait abandonner ta plume. Tu as dû faire le choix entre tes proches et ta popularité, un de tes poèmes l’attestait. Alors je n’étais pas seule en cause peut-être. Et puis si tu as des blogs, c’est que tu n’as rien abandonné…   

 



[1] « J’ai mes amis dans ma solitude ; quand je suis avec eux, comme ils sont loin ! », Antonio Machado, Poesías Completas.

 

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16 juillet 2011

La couleur des sentiments

J’ai terminé « La couleur des sentiments » de Kathrin Stockett. Le meilleur premier roman que j’aie lu ! Comme on dit sur Internet, ce n’est pas de la haute littérature. Et alors ?

L’histoire se déroule à Jackson, Mississippi, Etat du pays des Confédérés qui, s’il s’était soumis à abolir l’esclavage, n’en avait rien fait dans sa mentalité. Ce sont les premières années 60. Jackson vit une espèce d’Apartheid, les Noirs dans un coin de la ville, les Blancs bourgeois à l’opposé. Une jeune promue journaliste blanche propose à une éditrice de New-York d’écrire un livre sur les relations entre les bonnes Noires et leurs patronnes Blanches. Le livre finit par paraître aux grand dam de la pire de ses ex-amies blanches, et tout s’arrange pour les autres.
          
Il est composé d’extraits des journaux de deux bonnes et de la jeune journaliste. C’est touchant et écrit en reprenant les accents des premières et le style châtié de la jeune femme bourgeoise. Mais il ne faut pas être tatillon au respect de la langue, évidemment.

L’auteur parle de « libertés avec le temps » et « d’incorrigibles contradictions » dans ses « remerciements ». Heureuse qu’elle le reconnaisse, car j’en ai remarqué. Une des bonnes, à un moment, se dit se sentir « la tête dans un sèche-linge », et plus loin il est fait référence à la taille XXL. Il est possible qu’aux Etats-Unis, dans ces années 60, le sèche-linge existât déjà et que les tailles de vêtements s’y soient toujours nommées S, M, XL etc. Mais en France et en Europe, il me semble que pas encore. On en était à la machine-à-laver et non au lave-linge, il a fallu le lave-vaisselle pour changer l’expression. Et on portait des tailles 38, 40, 42 etc. Mais c’est tout ce que j’ai relevé d’incongru.

Le livre est bon, excellent même. C’est un best-seller qui mérite le Grand Prix des Lectrices d’Elle et le film qu'en fera Spielberg. A lire cet été en attendant de le voir dans les salles obscures !

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18 juin 2011

Exceptionnellement...

Exceptionnellement je t'écris encore, cette fois pour te parler de quelqu'un dont je te dois l'amitié. Je t'en saurai toujours gré. Cela fait près d'un an qu'il n'a plus de tes nouvelles. Ce problème que je n'avais pas su surmonter quand tu te taisais et qui m'avait anéantie, lui, il le maîtrise fort bien, et je l'en félicite. Il ne te harcèle pas, comme moi, pour crever ton silence et laisse courir le temps. Je ne sais pas les raisons qui t'éloignent de lui. J'aimerais bien, pourtant, que tu ne l'abandonnes pas. Il ne mérite pas le même traitement que moi. On ne peut trouver meilleure personne au monde. Aujourd'hui, il a besoin du soutien de ses amis, et tu continues à te taire je crois...
Je l'aide bien sûr et le laisserai m'appeler chaque fois qu'il voudra, ou m'envoyer des e-mails, j'y répondrai de tout mon coeur car je l'aime bien. Mais est-ce suffisant ? Alors, si tu passes sur Internet me lire ces jours-ci ou un peu plus tard, j'implore ta bienveillance pour lui. Appelle-le, ou écris-lui, pour lui demander simplement de ses nouvelles et lui donner des tiennes, s'il te plaît. Il te dira probablement ce qu'il lui arrive et sera content de ta marque d'affection et d'amitié. Il retrouvera le frère que tu disais être. Cela lui redonnera l'énergie dont il a besoin, j'en suis certaine. 

Si je devais en rajouter encore sur nous, ce serait pour dire qu'on s'est connus et perdus de vue comme tant d'autres, sauf que ça m'a été particulièrement douloureux, c'est tout. Mais si tu pouvais ne pas oublier notre ami...

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11 juin 2011

Cycle Cuba à la Cité de la musique les 24 et 25 juin 2011

Cycle Cuba à la Cité de la musique les 24 et 25 juin 2011



Afro-Cuban All stars – Juan de Marcos Gonzáles
...
Trio los Lamas

Rompesaraguey



Pour clore sa saison, la Cité de la musique célèbre Cuba et sa musique !

Du punto guajiro aux genres nouveaux issus de la tradition trova, avec le Trio Los Lamas dirigés par le célèbre luthiste Marcelo Lamas, des tonadas espirituanas du punto aux chansons célébrants la révolution cubaine et ses héros, du groupe Rompasaraguey, en passant par le répertoire jazz afro-cubain des années 40 réinterprété par les Afro-Cuban All-Stars de Juan de Marcos, retrouvez toute la variété et la saveur de l’univers musical de Cuba.



Tarif plein = de 18€ à 24€ selon les concerts

Formule 3+ = 15% de réduction sur l’achat simultané de 3 concerts et plus.

Moins de 28 ans = 9€ (dans la limite des quotas disponibles)

Groupes (à partir de 10 personnes) et Comités d’entreprise = 20% de réduction



En savoir + : http://www.citedelamusique.fr/francais/cycle.aspx?id=393

Informations et réservations au 01 44 84 44 84 et sur www.citedelamusique.fr

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17 mai 2011

DSK : probable machination

Cette affaire me passionne tout autant que celle de Xavier Dupont de Ligonnès. Mais je ne parlerai pas de celle-ci, peut-être un autre jour. Il s’en dit tellement…

En revanche, d’après les récents événements au sujet de celui qui aurait pu prétendre à devenir  notre prochain Président de la République, je me suis forgée une petite idée me servant un peu de mon imagination de romancière amateur.

Je nage, comme tout le monde, dans une mare d’informations multiples et contradictoires que nous assènent les médias. Ainsi va l’information pas toujours vérifiée et souvent distordue ! J’ai, par exemple, lu que le Président du FMI descendait régulièrement dans cet hôtel du délit et qu’il n’en était pas à sa première agression sur une femme de chambre, ce que la direction de l’hôtel dément bien sûr. Mais si les agressées s’étaient tues jusqu’à la dernière fois ? Et pire que ça, si DSK, en tant que coureur de jupons notoire, avait tenu des relations régulières avec une ou plusieurs de ces femmes de chambre et que cela se faisait avec l’accord tacite de la direction ? Il se dessinerait alors plusieurs scénarios de ce qui est arrivé samedi dernier.

-          La femme de ménage connaissait DSK. Rappelons qu’elle travaille à l’hôtel depuis trois ans. Si DSK prenait la même suite, elle, étant attachée au service de l’étage, pouvait l’avoir déjà vu. Alors imaginons qu’elle ait eu au moins une fois une relation avec lui. Là, il la fait venir alors qu’il prend sa douche. Mais cette fois, elle lui résiste. Il devient fou et la violente. Pourquoi lui résiste-t-elle ? Peut-être par de soudains scrupules ou parce qu’on le lui avait demandé en la soudoyant…

-          La femme de ménage ne connaissait pas DSK. Elle a été envoyée à la place d’une autre qu’il aurait réclamée. Elles se ressemblent, DSK la confond avec l’autre. Là, il y a forcément résistance et panique de la part de la victime. Et elle souffre, bien évidemment, des actes, ça va sans dire.

Dans les deux cas, il y aurait eu machination mais aussi vraie agression. Quelqu’un connaissant la faiblesse de DSK aurait orchestré l’acte pour le faire plonger. Ainsi il y aurait deux victimes, la femme de chambre et DSK. Qui se trouve derrière cette machination ? Le FMI ? Des politiques français ? Je ne suis pas en mesure d’y répondre.

Les faits sont troublants. On dit d’abord que ça s’est passé vers 13h30, alors qu’il quittait l’hôtel à 12h28. Puis la Police newyorkaise s’est reprise et a avancé l’heure. Je m’étonne sur cette imprécision… Bon, imaginons que cela se passe donc à midi. Combien de temps aurait-il fallu pour l’agression, la fuite de la jeune femme, la réaction de DSK qui doit se préparer pour partir ? Bien sûr, il a oublié des effets personnels, mais cela arrive à bien des gens pressés qui ont entre autres un avion à prendre. Depuis le 11 septembre 2001, les voyageurs se rendent très tôt à l’aéroport, au moins deux heures avant le vol pour diverses fouilles. Je pense que l’agression a bien duré entre cinq et dix minutes. Cela les mène à 12h10. Il reste dix-huit minutes, temps bien limite pour l’habillement de DSK, la valise, prendre l’ascenseur et se rendre à la réception pour régler sa note. Ce qui m’étonne en plus, c’est la femme de ménage qui n’aurait pas tout de suite réagi en appelant la direction, ou crié dans les couloirs. Elle serait immédiatement descendue à la réception en dénonçant le type de la suite n°…, je pense que DSK aurait été retenu au moment de régler sa note, et les flics seraient peut-être déjà sur place pour l’arrêter à sa sortie de l’hôtel.

Je ne le crois pas innocent, mais si qu’on a dû abuser de lui d’une manière ou d’une autre. Je pense qu’on a cherché à se servir de ses faiblesses pour le détruire, ce qui (à preuve du contraire) est en train de se produire. Son existence est bien compromise.

Avant, quand on me disait qu’il serait bien que ce soit lui le prochain Président, je me disais, à voir sa tête d’homme usé par la vie et sans doute la bonne chère, que son état de santé ne lui aurait pas permis d’assumer son mandat jusqu’au bout. Je le voyais tomber malade, et pire mourir d’une crise cardiaque occasionnant des élections prématurées. Mais là, c’est autre chose qui lui arrive, et l’usure sera plus rapide s’il est inculpé pour de trop nombreuses années. Ça m’amuse ces condamnations à l’américaine ! Que font-ils des cadavres des prisonniers qui décèdent avant d’avoir purgé leurs longues peines de 70 ans ou de 150 comme Madoff ? Gardent-ils leurs cadavres jusqu’à échéance enfermés dans une cellule spéciale, ou bien considèrent-ils que leur peine s’éteint avec leur mort ?

Mais pourquoi un homme comme DSK ne peut-il pas contrôler ses pulsions ? Il est riche et peut s’offrir des maîtresses sans aller à la perversion la plus abjecte qui consiste à violer quasiment des femmes plus ou moins inconnues. Un homme intelligent, qui a de lourdes responsabilités internationales, ne fait pas ça. Surtout pas dans un laps de temps très court avant de quitter un hôtel pour un voyage important. Si c’est une machination, je crois que tout n’a pas été bien dosé, notamment la réputation de notre pays. Il serait presque gênant à présent pour un Français de se rendre aux USA sans crainte de raillerie ou de méfiance sur son comportement. Déjà qu’on passe pour des arrogants… On s’étonne qu’on n’arrive plus à gagner au concours de l’Eurovision depuis plus de trente ans. C’est qu’on n’est pas aimé à l’étranger, il faut s’en faire une raison ou bien que nos personnalités publiques changent leurs attitudes à l’égard des autres pays. En se montrant bien, on gagne l’estime de la terre entière…

Espérons, au vu des récents événements, qu’on saura éviter le pire aux prochaines élections présidentielles ! Personnellement, je n’ai pas d’idées de gauche, mais pas non plus d’extrême droite. Puis j’ignore en fait mes idées en ce domaine. En politique, j’ai la même attitude qu’en religion, je suis agnostique. Je ne suis sûre de rien, surtout pas du comportement humain. Mon vote ne peut qu’être tempéré.

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08 avril 2011

Dernières lectures

Ces derniers temps, j'ai lu, pêle-mêle : "La carte et le territoire" de Michel Houellebecq (Prix Goncourt 2010), "Emile Nelligan" de Paul Wyczynski (biographie du poète canadien synthétisée), "L'homme des îles" de Tomas O'Crohan, "Carrie" de Stephen King (son premier roman paru que je n'avais jamais lu, alors que je suis très cliente de l'auteur), "C'est un bon jour pour mourir" de Jim Harrison et là je suis en train de lire "Comme des ombres sur la terre" de James Welch, auteur amérindien (Pied-Noir et Gros ventre, mais on dit qu'il avait aussi des origines irlandaises des deux côtés de ses parents) du Montana. Et je prévois de lire aussi de James Welch "C'est un beau jour pour mourir" qui raconte la mort de Custer par les Indiens (intéressante version de l'histoire vue par un des leurs) et "A la grâce de Marseille" qui narre les mésaventures d'un Indien de la troupe de Buffalo Bill venue faire son spectacle à Marseille ; il y resta à son insu des suites d'un accident de la route, quand il s'évada de l'hôpital, la troupe avait quitté la ville.

Je conçois que Michel Houellebecq est un grand écrivain, mais je n'arrive pas à accrocher au roman dit français. Je préfère les belles histoires où l'auteur s'efface au profit de ses personnages et des intrigues qu'ils trament...  Les Anglo-saxons répondent à mon goût et c'est pour cela que j'aime à les lire. Néanmoins, j'ai apprécié, dans "La carte et le territoire" l'humour de Houellebecq, l'autodérision à se mettre en scène et se faire assassiner. Personne n'avait osé le faire auparavant, que je sache...

Emile Nelligan était un jeune poète canadien français du XIXème d'origine irlandaise par son père. J'ai lu sa poésie l'été dernier, et l'ai relue plusieurs fois depuis. J'ai voulu en savoir plus en découvrant qu'à l'âge de vingt ans il fut enfermé dans un asile d'aliénés jusqu'à sa mort près de quarante ans plus tard. Je ne sais pas pourquoi, mais cela m'a fâchée et émue de l'apprendre. Enfermer un artiste et un poète, le séparer de son talent à vie, c'est tout à fait ignoble ! J'ai eu des doutes sur sa famille, et j'ai découvert qu'ils étaient fondés en lisant cette biographie, bien que j'eûs voulu plus de détails concernant ce père, sans doute alcoolique puisque mort d'une cirrhose, violent avec son fils allant jusqu'à l'empêcher de lire et d'écrire le soir dans sa chambre... Son ami Louis Dantin a rassemblé son oeuvre et débuté un recueil. Puis il partit aux Etats-Unis et c'est la mère du jeune poète qui l'acheva et la fit publier pour la première fois. Néanmoins, Emile Nelligan n'eut jamais l'usufruit de ce livre puisqu'il quitta, au bout de vingt ans, l'asile où il était enfermé pour un autre à la charge de l'Etat. il devint pupille de la Nation, un indigent... Je suis toujours fâchée et triste devant son sort.

"L'homme des îles" de l'écrivain irlandais et pêcheur Tomas O'Crohan est un petit bijou. Il raconte sa vie dans les Îles Blasket au sud-ouest de la "Grande île", comme il appelle l'Irlande, à la fin du XIXème siècle et début du vingtième. C'est dit avec tendresse et humour, malgré les épreuves de la vie par lesquelles passent toutes les familles, plus éprouvantes encore chez les "gens simples et pauvres". Ces îles ont été désertées dans les années 1950, ce que l'auteur ignora car décédé bien avant. Un livre a emmener avec soi, si on a le bonheur un jour d'aller au sud-ouest de l'Irlande ! Je retiens de lui ce que l'auteur dit vers la fin, que pêcheur est "le pire des métiers". Je pense que c'est vrai. Mais d'autres sont tout autant éprouvants, comme travailler dans les mines etc.

J'ai lu presque d'une seule traite "Carrie" de Stephen King. Je pense que son écriture s'est améliorée au fil du temps, mais c'est quand même un chef-d'oeuvre, l'un de ses plus remarquables romans. J'aime beaucoup ce mélange de récit et d'articles de journaux. On parle beaucoup, ces temps derniers, de laïcité, il est un fait que la religion en excès peut rendre fou. Carrie n'eut d'autre remède que la télékinésie pour lutter contre la démence de sa mère, mais en devenant folle elle-même... J'aimerais bien maintenant voir le film, peut-être en DVD.

"C'est un bon jour pour mourir " est à mon avis l'un des meilleurs livres de Jim Harrison. Trois jeunes ont l'idée folle de faire sauter un barrage près du Grand Canyon, deux hommes dont le narrateur et la fiancée de l'autre. Evidemment, connaissant bien Jim Harrison pour l'avoir maintes fois lu, les excès ne manquent pas, drogue, alcool, sexe... Mais c'est sans trop d'étalage et bien propre à ce temps-là, les années 70. Vers la fin du livre, l'auteur explique le titre. Ce serait, d'après lui, un Indien Nez-Percé qui aurait dit, s'apprêtant à faire la guerre aux Blancs, "Courage, c'est un bon jour pour mourir !". Je terminais ce livre, quand je commandai ceux de James Welch et m'interrogeai sur la relation entre lui et celui de l'Indien du Montana "C'est un beau jour pour mourir". A sa réception, j'ai vu que le titre anglais était tout autre "Killing Custer". En effet, c'est un essai sur la guerre des Indiens contre Custer... Mais pourquoi cette traduction de l'éditeur français ? Il y a peu, j'ai appris que Crazy Horse avait dit cette phrase aussi avec la nuance de l'adjectif "C'est un beau jour pour mourir". Reprenant l'expression du Nez-Percé ? Peut-être... J'attends de lire le livre pour le savoir.

Je lis de James Welch un très beau roman historique sur les Indiens Blackfeets ou Pieds-Noirs. Le titre anglais est "Fools Crow" se référant à la tribu des Crow ou Corbeau. Il paraît que le mot "fool" veut dire "imbécile" ou "stupide". Le titre français est plus poétique en référence aux "ombres" que deviennent ces Indiens quand ils meurent... Je ne l'ai pas terminé, j'en suis aux trois quarts. J'en reparlerai donc prochainement  peut-être avec les deux autres. Beaucoup de voyages en perspective sans sortir de mes quatre murs. Et comme ça fait du bien, même si je rêverai toujours d'en faire de vrais !

La lecture est, bien sûr, primordiale aux personnes qui se consacrent à l'écriture. Je n'arrive pas toujours à lire lorsque j'écris, et l'inverse se produit également. J'ai mes périodes de lecture et d'écriture. Il faut pouvoir concilier les deux, certes, mais écrire demande avoir un sujet en tête comme une obsession que taisent les livres qu'on lit. La lecture me fait voir combien la culture et le vécu importent, et combien ils me manquent pour meubler mes propres récits. Mon vide culturel et d'expérience de la vie ne peut être comblé par ma seule imagination. Mais peut-être qu'à force de me mettre en contact avec les beaux talents littéraires, arriverai-je à tirer de la matière pour mes écrits même s'ils n'égaleront jamais ceux des maîtres. En tout cas, le roman m'intéresse car créer des personnages et des actions imaginaires ne peut que me faire oublier la routine de mon être. Et c'est bien ! La poésie, comme disait Jim Harrison, ne ment pas et elle est intrinsèque à l'âme. Cependant, le Moi commence à m'ennuyer prodigieusement, j'en ai fait maintes fois le tour, alors je me tourne vers la fiction, mais qu'elle est dure à me parvenir ! J'ai commencé un roman policier d'après une de mes nouvelles. J'espère le reprendre et le mener à bien, si seulement je savais voir pleinement les situations et les vies de mes personnages ! C'est le plus grand espoir que je me forge aujourd'hui.

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05 février 2011

Assistants sexuels

En ce moment, on discute jusqu'à plancher sur une loi sur des assistants sexuels pour personnes handicapées en France. C'est une pratique commune à certains pays depuis longtemps semble-t-il : Allemagne, Pays-Bas et Suisse d'où l'expression est née. Dans ces pays, du moins la plupart, la prostitution est légale ou très tolérée, mais pas en France. Et ce métier d'assistants sexuels s'apparente à de la prostitution. Ces gens, bien que formés, dit-on, scrupuleusement par des sexologues, psychiatres etc., exercent des pratiques sexuelles softs -mais pas tous-, sans aller à la pénétration ni aux échanges de baisers avec des handicapés moyennant paiement, près de 150 Euros, j'ai cru voir, la séance d'une heure (une par mois reviendrait au bénéficiaire à 1800 Euros de l'an, soit plus d'un mois des allocations que je perçois...), mais peut-être serait-ce remboursable par un organisme d'Etat ou des associations ? Il s'agit de donner aux handicapés le "droit" à la sensualité, voire à la sexualité, que nombreux n'ont pas la chance de connaître, mais sans amour.
Moi, handicapée moteur depuis l'âge de trois ans, ayant eu des rapports sexuels avec des hommes valides comme tout le monde quand j'étais jeune, cette idée me dérange. Je préfère permuter les besoins de mon corps par ceux de l'esprit aujourd'hui. Grâce à Internet, j'écris, communique mon imaginaire, même si mon regard sur le monde forcément diffère de celui d'une personne valide. Il est comme celui d'un Africain pour un Européen, celui d'un paysan pour un citadin... Ecrire est devenu ma réponse à mon besoin d'affectivité, à l'homme que j'ai aimé et vit dans un autre pays et dont je trouve honteux et stupide d'entretenir une relation impossible. Je préfère ma manière d'aimer à travers ce que je crée, un acte inconditionnel auquel on répond ou délaisse si on veut. Ce qui m'importe est principalement sa conception, bien qu'il me plaise que ce soit apprécié, et si j'arrivais à gagner de l'argent avec ce serait une preuve peut-être de mon efficacité... Mon moyen de plaisir actuel, je le puise dans la connaissance à ma portée de l'homme et de la nature à travers les fenêtres fermées des medias et de la télévision, mes livres sans pouvoir vraiment sortir de chez moi, je prends ce qui est agréable, gentil et respire le bonheur au risque que ce ne soit composé que de clichés ne pouvant l'expérimenter et l'authentifier. tout ce que j'entreprends, je le vis au maiximum. Je souffre du mal des autres et suis heureuse de leur réussite. Et si mon aide y contribue par quoi que ce soit que je fasse, un texte, une vidéo, un commentaire, des encouragements, tous gestes de sympathie, il n'y a rien qui puisse mieux me satisfaire.
Une personne handicapée peut aller loin si elle s'exprime dans un art. Elle peut devenir sous certains aspects bien plus forte qu'un valide. Ce n'est pas tant son corps qui doit s'approcher des autres, mais son intelligence.
Revenant au sujet de ce texte, je me demande s'il ne peut y avoir dérive de part et d'autre, assistant sexuel et bénéficiaire ? Comment le vivrait le conjoint de l'assistant sexuel qui par ailleurs exerce une profession le plus souvent dans le milieu médicalisé ? N'y a-t-il pas menace que le ou la handicapé(e) qu'il rencontre éprouve quelque sentiment pour lui ? Car, dans notre situation de handicap, comme on dit aujourd'hui, on est fragilisé émotionnellement et très isolé soit dans les institutions, soit chez soi. Donner de l'amour est une faim ardente en nous, car c'est indéniablement humain et nécessaire à l'épanouissement de tout notre être. Mais l'amour s'exerce de nombreuses façons, la prostitution ne se substitue à mon avis pas à son manque. Aimer c'est donnant donnant, ni cela s'achète ni se compense par la charité. Nous, handicapés, nous voulons offrir notre contribution au monde comme tout être humain normalement constitué... dans sa tête. La defficience physique,sensorielle ou intellectuelle implique une existence diminuée sous tous les plans social, financier, du plaisir certes, du loisir et culturel. C'est vivre de la compassion des bénévoles et de son entourage, sans métier, d'allocations de l'Etat, dans un logement non adapté au loyer élevé car les HLM sont hors d'atteinte car trop rares, ou dans un hôpital ou un foyer spécialisé, sans vacances, aux petites occupations comme moi écrire souvent méprisées si on n'arrive pas à sortir de l'ombre, sans accès aux bibliothèques, cinémas etc. qui contribuent à l'épanouissement intellectuel, ou utilisant des moyens de transport pour s'y rendre trop chers (on se résigne à rester chez soi, puis avec qui partager le bonheur que cela produit ?...).
Ce que je crains avec les assistants sexuels, c'est l'amalgame qu'on en fera. On nous regardera comment encore ? Je sais qu'en Suisse les formateurs de ces gens leur enseignent le comportement à tenir avec tous les handicapés, autant les personnes sourdes, aveugles que celles qui ne peuvent se servir de leurs mains ne serait-ce que pour satisfaire elles-mêmes leur plaisir intime. Il me semble qu'une personne mal-entendante peut faire l'amour comme un valide, non ? J'en ai vu mariées avec enfants entendants ou pas. Alors pourquoi les intégrer dans cette offre ? Idem pour les mal-voyants, je crois... Et même chose pour les handicapés moteur pouvant marcher et se servir pleinement de leurs mains et bras dont je suis, même si aujourd'hui je me trouve en permanence dans un fauteuil roulant. Il me semble qu'il vaudrait mieux favoriser les rencontres avec des personnes normales ou vous ressemblant où tous désirs et sentiments pourraient s'engager allant jusqu'à la formation de couples. De toute façon on reste en mal d'affection, de considération, de socialisation. Le sexe est une maigre compensation aux meurtrissures des âmes, en tout cas c'est mon point de vue féminin. Peut-être pas, c'est vrai, celui d'un homme...
Nous vivons dans une société que j'arrive mal à cerner et pourtant veux toujours aimer malgré les ersatz qu'elle propose à ma dite situation de handicap. Avec ou sans, reste toujours l'absence de l'existence que je n'ai su ni pu réaliser. Je sais que mon ami, s'il m'avait jugée capable, ne se serait peut-être pas marié avec une autre pour lui offrir l'enfant qu'il désirait. Pendant des années il a cru que je ne pouvais même pas me laver ni m'habiller seule, et pourtant c'est bien ainsi que je le fais. Je sais qu'autour de moi non plus on ne me croyait apte à une existence comme tout le monde, et j'ai appris au cours du temps à donner raison à tous en me résignant à ma condition d'être. La timidité aidant, la peur d'agir et ne voulant pas contredire les idées reçues, je suis passée à côté de toute ma vie. Mais elle n'est pas finie, et on peut encore redresser le bateau qui vogue à la dérive. Mon gouvernail, ou ma bouée de sauvetage, est devenu la pensée solitaire et l'écriture. La vie charnelle et sporadique sans amour jamais ne me rendrait le temps, les sentiments, les actes et les choses perdus. Ce serait gaspiller de l'argent pour rien, alors qu'il me serait si bon d'en gagner pour me payer des vacances, des voyages ,des livres, du savoir, le bonheur auquel j'aspire de plus en plus et qui illumine le regard des autres sur soi.

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03 janvier 2011

Version papier sur Amazon.fr de mon recueil "Marcher à tout prix !"

Voici aussi mon livre sur Amazon.fr, version papier, et avec réduction sur le prix initial, de "Marcher à tout prix !" :

http://www.amazon.fr/Marcher-Tout-Prix-Grangeat-B/dp/2810621152/ref=sr_1_fkmr1_2?ie=UTF8&qid=1294070026&sr=8-2-fkmr1

9782810621156_cover159

J'ajoute aussi le lien de l'éditeur où on peut se le procurer au cas où il ne serait plus approvisionner sur Amazon :

http://www.bod.fr/index.php?id=1786&objk_id=420390

Sinon il se trouve aussi sur Chapitre.com et peut-être sur d'autres librairies du genre en ligne...

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Version numérique de mon recueil de poésie "Marcher à tout prix !"

Voici la version e-book de mon recueil de poésies "Marcher à tout prix !" Il ne peut s'acheter que sur le site de Lulu.com. Je n'ai pu réaliser une version e-pub me permettant de le distribuer partout sur le Web. J'ai de quoi le fabriquer, mais le site refuse mon e-pub. Alors je me suis repliée sur la version pdf. Mais ainsi le livre est moins cher avec une réduction de 10% sur le prix proposé. Bonne lecture, si vous l'achetez de cette manière !

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31 décembre 2010

Bonne Année 2011 !

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25 décembre 2010

Joyeux Noël/Feliz Navidad !!!

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18 novembre 2010

Création d'un site d'auteur

Je viens de créer un site d'auteur où il y aura sans doute bien d'autres choses, mais principalement sur mes livres passés et futurs et événements qui leurs seront liés. En voici le lien : http://beatricegrangeat.wifeo.com/

Il est tout neuf, il n'y a donc pas encore beaucoup de choses. Mais ça viendra...

Posté par Marygrange à 21:29 - Annonces - Commentaires [0] - Permalien [#]