Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

07 mai 2012

Lettres de refus (ou e-mails...)

J'ai fait un recueil d'après celui autoédité "Marcher à tout prix !" avec de nombreuses retouches et un ou deux nouveaux textes. Je lui donne le titre de "La recluse".
A la fois en vers classiques et modernes, je me doute qu'il laisse perplexes les éditeurs auxquels je l'adresse, manuscrit complet ou à l'américaine.
Je viens d'avoir l'honneur de recevoir l'e-mail du refus d'une assez prestigieuse maison d'édition de poésie dite "petite" par l'Audace de l'Oie Plate, annuaire d'éditeurs de référence. N'ayant rien à dire de négatif à son égard, au contraire car j'apprécie la rapidité avec laquelle elle m'a répondu, je pense que je peux la citer : il s'agit de "Eclats d'encre".
Maintenant j'attends d'autres refus de maisons d'éditions "petites" ou "moyennes". Il est évident que, quand même, je n'ai pas osé les "grandes" à compte d'éditeur. Il y a bien Publibook, mais à compte d'auteur, et Le Manuscrit (j'ai déjà donné !).
J'ai envoyé plus de cinq courriers de démarche à l'américaine la semaine dernière et un manuscrit par voie postale, un autre aussi via e-mail. En tout, c'est bien une dizaine de lettres ou e-mails de refus qui vont me tomber dessus... à moins qu'un éditeur m'étonne par son acceptation.
Je peux avoir recours à un autre éditeur récent sur Internet, mais il semble être partiellement à compte d'auteur. C'est-à-dire qu'avant la parution du livre, il s'assure qu'il y aura bien des acheteurs en réclamant aux connaissances de l'auteur une promesse d'achat, c'est dans le contrat. Mais un contrat, cela se négocie. J'ai lu sur un forum qu'un auteur avait réussi à faire supprimer cette clause du sien...
Je ne voudrais qu'un autre moyen d'édition que l'autoédition qui me fait débourser de l'argent pour rien et ne m'aide pas à la promotion. 
Pourvu qu'un jour j'aie du talent en écriture pour ne plus dépenser vainement un centime de ma poche, et pour pouvoir recevoir sans ambages mes droits d'auteur comme ne le fait pas celui de mon roman "Comme une bouteille à la mer" puisqu'il est peu acheté...
En tout cas, j'écrirai et tenterai le tout pour le tout, toujours. 

Posté par Marygrange à 14:22 - A moi-même - Commentaires [1] - Permalien [#]


09 avril 2012

Nouveau blog

Nouveau blog, "Feuille d'octobre". Davantage un journal, mais pas trop intime quoique d'états d'âme et parfois de coups de gueule, sur la société, la vie en quelque sorte...

 

http://feuilleoctobre.canalblog.com/

 

Posté par Marygrange à 22:20 - Annonces - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 avril 2012

12 août 1944, Nantes ville libre

Voici la présentation de ce livre de Jean-Claude Terrière que je viens de faire sur Facebook. Je voudrais souligner l'importance de le lire,de le connaître au même titre que son antérieur "La Résistance en Loire-Inférieure".

Nantes, ville libre Jean-Claude Terrière

 
 
12 août 1944, Nantes, ville libre : Gilbert Grangeat, commandant FFI de la place Ses écrits mémoires Jean-Claude Terrière Éditeur : Geste Éditions, La Crèche (Deux-Sèvres) genre : Biographies thème : Histoires vécues
12 août 1944 Nantes ville libre : libération de Nantes. Gilbert Grangeat, à la tête du 5ème Bataillon, est alors commandant FFI de la place. Dès 1946, à la demande du Comité d'histoire, il rédige un premier rapport où il fait le récit jour par jour des événements qui préludent au départ des Allemands de la Cité des Ducs. Il complète ce rapport en 1999 par un mémoire historique où il relate son engagement dans la Résistance en 1943, et sa participation à la libération de Nantes suite à la manœuvre conjointe des Américains et des FFI locaux.
Jean-Claude Terrière a décidé de publier et de commenter ces nouvelles archives accompagnées de témoignages inédits et irréfutables. C'est ainsi que l'on découvrira le rôle éminent joué par François-Jacques Kresser-Desportes alias Kinley, envoyé par le BCRA et responsable des FFI de Loire-Inférieure, Vendée et Maine-et-Loire.
Celui de Max Eidem alias Andoche, du 2e bureau FFI, désigné le 1er août 1944 par Gilbert Grangeat pour entrer en liaison avec les Américains et éviter ainsi le bombardement de Nantes. À travers le récit du général Pierre Dejussieu alias Pontcarral, de l'état-major national FFI, on découvrira aussi la figure de Valentin Abeille, alias Fantassin, délégué militaire régional installant le maquis de Saffré. Tandis que les archives de Gaston Langlais nous décrivent par le menu la libération du sud-Loire. Autant de documents et de récits indispensables à la compréhension de ces heures glorieuses et parfois troubles de la libération nantaise à l'été 44. Jean-Claude Terrière vit en Loire-Atlantique et collecte depuis de nombreuses années témoignages et documents liés à la mémoire et l'histoire de la Résistance en Loire-Inférieure.
 
Lien sur Jean-Claude Terrière et ses livres aux éditions Geste
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Posté par Marygrange à 21:31 - Annonces - Commentaires [2] - Permalien [#]

27 mars 2012

L’ami de cœur

À un certain âge, nous les femmes nous prenons du poids. C’est comme ça, une injustice de plus de la nature sur la féminité. Et lorsqu’on est en fauteuil roulant, plutôt oisive, sans beaucoup d’activité physique, même si on ne dévore pas son frigidaire à longueur de journée, les kilos se superposent et il nous est très pénible de les reperdre. C’est mon cas, j’ose l’avouer. Je ne suis pas adepte des régimes contraignants et discriminatoires, ni ne peux dépenser des sommes faramineuses dans des méthodes à la mode de médecins qui font leur blé de la misère des gens. Heureusement qu’il existe des secteurs médicaux où réapprendre à manger correctement, limiter le surpoids à défaut de vraiment le perdre, pratiquer des régimes, des exercices physiques pour ceux qui le peuvent, et tout ça aux frais de la Sécurité Sociale. Le poids ne doit pas être un business, mais bien une affaire de santé comme toutes les spécialités médicales avec examens ciblés à la clé. Je me rends de temps en temps dans un service de ce genre d’un grand hôpital parisien, au moins ai-je droit à une surveillance régulière, puis je tente à surveiller mon alimentation bien qu’elle soit moins régulière, car la nourriture est chère de nos jours, que celle que je devrais suivre.
En 2008, j’ai séjourné dans un hôpital spécialisé dans le handicap moteur et nutrition. Étant polio, cela me convenait tout à fait. Je n’ai guère perdu de poids, ou très peu de kilos en deux mois, mais cela m’a aidé à les faire baisser d’un peu plus d’une dizaine par la suite. C’est là que j’ai connu mon ami, comme moi en fauteuil roulant depuis cinq ans. C’est un homme cultivé, altruiste et a un métier d’aide à son prochain (pour couvrir son identité, je ne souhaite pas révéler lequel). Ayant perdu son domicile parce que se trouvant dans un immeuble sans ascenseur, il croupissait dans cet hôpital depuis deux ans en attente que Paris lui octroie un logement social digne de sa personne, de son métier et de son handicap. Il finit par l’obtenir un an plus tard. Nous nous sommes connus et appréciés en salle de rééducation à faire du vélo pour fauteuil roulant. Il avait son heure juste avant moi, et comme j’avais souvent de l’avance, je me plaçais à côté de lui et nous faisions un brin de causette. On pourrait croire qu’il y avait de l’attirance entre nous, il n’en était rien. Enfin, je ne le crois pas. Nous ne nous tutoyons pas, et ainsi nous gardons nos distances. En fait, ce qui lui plaisait le plus en moi c’était mon dévouement et le fait que j’ai accepté de l’aider quand il était à l’hôpital de retour à Paris. Mis à part un téléphone portable dont il ne maîtrise pas bien, me semble-t-il, les SMS, et une imprimante-photocopieuse chez lui, il n’est pas très porté sur les medias modernes et l’informatique. Cependant, il sait la richesse des moteurs de recherche. Il m’a donc utilisée pour lui trouver des liens ayant trait à son métier ou ses hobbies, dont j’imprimais des pages que je lui envoyais par courrier postal. Cela s’est atténué au fil du temps, mais il lui arrive encore de me demander quelque chose. En contrepartie, il m’offre son écoute et ses conseils. C’est pour cela, donc, que je l’avais appelé en larmes au sujet de mes rapports douteux avec ma banque.
Nous ne nous sommes plus reparlés. Je n’ai pas osé le rappeler, et il ne le fait plus lui-même depuis longtemps. C’est toujours moi qui l’appelle. Comme c’est souvent à l’heure d’un rendez-vous d’un client, nous nous fixons un jour, une heure pour que je le rappelle. Je crois en fait que c’est son intérêt pour mes services qui a baissé, et son agacement pour mes problèmes qui lui semblent bien trop anodins par rapport aux situations dramatiques qu’il a à traiter. Son jugement est implacable, personne n’a intérêt à le décevoir, et je me demande si ce n’est pas le cas aujourd’hui pour moi. Alors j’opte à nouveau pour ce que je faisais quand il était à l’hôpital, je lui écris des lettres. Il n’y répond pas, comme il ne me téléphone pas. C’est égal. Je lui offre ma pensée ouverte et sincère sachant pertinemment qu’il m’en reparlera quand je le rappellerai, si elle le déconcerte et me fait voir différente à ses yeux de l’idée qu’il s’en fait.

Posté par Marygrange à 22:49 - L'ami de coeur - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 mars 2012

Excellent article sur Facebook

J'ai lu une excellente critique de Facebook d'un "ami" facebookien. Un homme à la libre expression que nombreuses personnes ont dénoncé à la direction du site, ce qui entraînait la suppression sur le champ de son compte sans aucun ménagement ni prévenir. Il a en tout ouvert une vingtaine de comptes sous son nom (un pseudonyme). Il est écrivain, et il écrit bien avec toute la sincérité que j'aime, trait principal chez un bon auteur.
Son article raconte bien ce qu'est Facebook, son créateur, son manichéisme si on peut le dire ainsi, qui nous impose ses lois et qui sont celles des Américains, pas les nôtres ni celles forcément du monde entier. Il y a eu leur culture, maintenant leur mode de vivre, leur justice, leurs moeurs qui nous manipulent. Regarder notre société française comme elle change, elle devient quasi victorienne, cela relève de l'influence américaine. On chante de préférence en anglais, certains gamins des radio-crochets (ou télé-crochets) qui défilent sur nos écrans de télévision disent se sentir plus à l'aise dans cette langue que dans la leur propre. Moi je trouve que c'est un comble ! Le RAP est entièrement issu des Etats-Unis, l'accent des jeunes de banlieue le perpétue, il n'est pas d'origine maghrébine ou africaine, il est américain lui aussi comme les gestes qu'ils font ! Avant il y avait d'autres musiques de là-bas et que j'adoraient (toujours encore)... Et si nous avons tant de gros obèses de nos jours chez nous, c'est bien aussi dû aux influences alimentaires des Etats-Unis. Notre esprit est branché sur là-bas. Le mien aussi, passionnées de la littérature américaine, et je préfère les séries policières anglo-saxones aux nôtres dans lesquelles je note moins de sincérité et aussi moins d'humour. Mais même si leur culture est attachante, nous existons et ils devraient le savoir et ne pas le mépriser. Quand je dis nous, je parle de tous les peuples qui ne sont pas eux avec toutes leurs spécificités, leurs langues et cultures, leurs races, leurs moeurs, leurs pratiques religieuses et sociales, leurs groupements politiques et leurs justices et polices... Nous n'avons donc pas à copier tous leurs modes de vie et de culture, ni sociaux etc.
Facebook, comme YouTube et tant d'autres imposent leurs visions sur tout au monde entier. Si c'est ça la mondialisation, et non le rapprochement de tous les peuples avec échanges socio-culturels (bien sûr économiques et politiques), alors je suis contre. C'est de la dictature cachée ! Je ne veux pas être esclave de ces sites, et pourtant ils m'ont attirée à eux. Tous les jours, je les visite, beaucoup Google et Facebook. Et vous savez quoi surtout ? Les jeux sociaux de Facebook qui prétendent rallier les gens entre eux, mais qui en fait font tout pour vous faire payer de l'énergie, des installations et autres objets virtuels. Si les amis n'en font pas cadeaux, vous, au prise de l'addiction que vous êtes, vous achetez.
C'est un beau miroir aux alouettes, Facebook, pour montrer nos talents, nos pensées etc. Et je peux vous dire que peu répondent à nos invitations à nous lire, nous écouter ou regarder à travers nos liens, articles, photos, vidéos... Et nous agissons de la même manière à leur égard. C'est d'un triste !

Voici le lien vers cet article courageux de cet "ami" facebookien :

http://www.blogg.org/blog-50803-billet-la_face_cachee_de_facebook__censure-1387079.html

 

Posté par Marygrange à 19:38 - Critiques - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 mars 2012

Le serment

 

Je n’ai pas bien le temps d’écrire en ce moment. Je dois déménager bientôt. Je trie, jette beaucoup, c’est fatigant avec mes petites déficiences physiques. Mais c’est quelque chose que je veux faire seule le plus possible. Pourtant j'ai eu envie de m'octroyer un break d'écriture dans ce remue-ménage. Pensez donc, cela fait vingt ans que je vis au même domicile, le plus long temps passé quelque part !
À ces nouveaux tracas -mais qui s’avéreront positifs, je n’en doute pas- s’ajoutent d’autres d’ordre bancaire. Il y a un nouveau style de banditisme qui sévit en ce moment. Voilà, à la mi-février ma carte bancaire a été piratée dans un distributeur automatique, celui de la banque qui se trouve juste en-dessous de chez moi. Ma banque a fleuré le poisson et m’a contactée par écrit me signifiant qu’elle avait procédé au blocage de ma carte à l’étranger et à son changement. J’ai demandé par écrit à ma conseillère de bien vouloir me rembourser le retrait qui avait été fait aux États-Unis avec ma carte fraudée, j’attends encore qu’on me le crédite… Puis j’ai appris par téléphone qu’on avait récidivé, cette fois au Panama, la semaine dernière. Là, je vérifie mon compte sur Internet ce matin, et je vois deux utilisations de ma carte opérées en début du mois dans un magasin de Londres. Je me suis aussi rendu compte que ma carte bancaire, l’ancienne, ne fonctionnait plus sur Internet. Elle a été bloquée partout ! J’appelle l’agence de ma banque, demande d’abord pourquoi on ne m’envoyait pas ma nouvelle carte, tel que demandé sur le formulaire reçu il y a quinze jours que j’ai signé et réexpédié aussitôt. Il aurait fallu joindre la photocopie de ma carte d’identité, mais ce n’était pas spécifié sur le papier. Bien sûr, me diriez-vous, j’aurais dû me rendre à la banque moi-même pour retirer ma CB. Mais c’est qu’elle se trouve en banlieue et plutôt loin, là où je vivais avant de m’installer à Paris. J’envoie un courrier avec la photocopie de ma carte d’identité. Enfin j’appelle ma conseillère, mais ce n’est pas elle qui me répond. J’explique que je voudrais faire opposition aux paiements londoniens et demander qu’on me les rembourse. L’homme que j’avais au bout du fil m’a répondu qu’il fallait que je me déplace à la banque pour des signatures. Comment faire, payer presque autant de taxi aller-retour que l’un des paiements fraudés, ou transférer mes comptes à une agence plus près ? Je me déplace à présent en fauteuil électrique à l’extérieur, et il ne me faut quasiment pas de marche à l’entrée des immeubles pour y accéder. J’ai vu que les deux agences de ma banque les plus proches avaient des marches bien trop hautes. Alors j’ai appelé carrément la maison-mère de la banque. Un monsieur gentil à l’accent du sud-ouest, ce qui ajoute à la sympathie du personnage, m’a répondu que je pouvais faire un courrier recommandé à ma conseillère en toute quiétude et qu’il allait lui laisser un message lui expliquant mon problème. J’ai écrit ce courrier que j’enverrai demain en AR. Me voilà rassérénée, mais…
J’ai pété un plomb avant d’appeler le Basque de la banque, ou Béarnais, ou encore Landais… J’ai donc joint un ami qui me guide beaucoup avec son grand savoir, il m’a proposé l’appel à l’homme du sud-ouest. Je lui en sais gré ! Il m’a aussi un peu secouée en me disant qu’il y a tellement pire que ce qu’il m’arrive, des gens bien plus malheureux. Je sais, mais il y a tant d’autres choses pour me faire péter les plombs, et même riche (ce qui n’est pas du tout mon cas, moi qui ne vis que d’allocations) on a le droit de souffrir. Bien sûr j’ai pleuré au téléphone, enfin presque (je l’avais plutôt fait avant). Mais c’était bien après tout, ça m’a éclairci les idées surtout au sujet de l’homme, qui se montre un ami de cœur, que j’avais au bout du fil.
Chaque fois que quelque chose de ce genre m’arrive, je réagis après la peine. Comme un arc-en-ciel après la pluie, j’écris. Une lettre d’excuse, mais pas vraiment, à mon ami. Plutôt de règlement de compte poli… Celle à ma conseillère, et là cette mise au point que cet homme, que je prends pour un ami de coeur et qui se considère bienfaiteur à mon égard, m'a inspirée.
Il faut crier de temps à autre, donner forme à l’inconnu qui nous effraie. Il y a tant de choses qui nécessitent le coup de balai de l’expression. Certaines on les a réglées, mais d’autre apparaissent ou réapparaissent alors qu’on n'y avait pas mis d’ordre. Le ménage actuel de mes vieilles affaires vieilles ici chez moi me redonne l’envie de le faire aussi dans ma tête, et de classer les comportements d’autrui pour savoir pourquoi leur domination et comment la contourner pour qu’elle ne provoque ni ma lâcheté ni ma soumission. Oh, tordre le coup à temps à mes complexes que les coups de cafard font renaître ! Je sais ma part de culpabilité, mais je ne suis pas toute seule à avoir tort. La société a ses travers et nous les subissons tous et les reproduisons…
Écrire c’est réaliser sa pensée, et de ce fait cela prime plus que le succès, la publication, les droits d’auteur, bien que ce soit aussi l’un des meilleurs moyens de ralliement aux autres, comme la cordée des alpinistes. S’y puise l’autonomie réelle chez une personne socialement, ou physiquement, diminuée et que l’on infantilise en voulant trop lui être utile alors que cela n’a pas toujours raison d’être. Il est bon aux gens dits faibles de lutter contre la dominance de ses supposés supérieurs en pratiquant un domaine libérateur intellectuel ou artistique. Ainsi je me dis que je ne me laisserai plus mener par le bout du nez dans mes écrits que je veux et peux de plus en plus diriger moi-même, car ils forgent mon indépendance et mon expression, qu’importe que celle-ci soit bancale ou non ! Et toutes les choses que je suis capable d’accomplir dans la vie, je dois me faire un point d’honneur à les réaliser sans l’aval de quelqu’un d’autre. Il faut que j’évite de me plaindre quand les lois de la société m’assaillent, quand je ne comprends pas ce qu’il arrive, lorsque je dois me soumettre à quelque chose ou quelqu’un, ma réflexion m’en donne la force. Pourquoi appeler à la rescousse qui que ce soit, un ami, un parent, un lecteur, un correcteur… ? Non, si je peux m’en sortir seule, bon dieu, que je le fasse ! Je suis maîtresse de moi comme le commandant d’un bateau, peut-être comme lui après Dieu… En tout cas il est impératif que je le devienne malgré l’âge que j’ai, et la timidité et la paresse qui me font tant reposer sur l’opinion d’autrui, ces vices indécrottables par qui je joue à l’autruche au lieu de constamment les gifler d’un bon revers de main. On peut toujours maîtriser son âme et son intelligence, les deux peuvent infiniment se développer, l’activité intellectuelle sert à cela, et les vices indécrottables enfin battent en retraite sous l’affluence et l'ordre des mots. Voilà le serment que je me fais, ma bataille. Il était temps !

Posté par Marygrange à 20:58 - L'ami de coeur - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 février 2012

La femme de lettres

 

La femme de lettres

« C’est l’heure de dormir, pour une femme de lettres qui a mal tourné. » : Colette, ″La Vagabonde˝.

 

Oh, femme ! qui, ce soir, écris,
Tu désirais abandonner
Ton art. Tu disais : « Mes cris
Sont d’un poète suranné. ». 

Est-ce timidité,
Ou alors lassitude ?
Est-ce la volonté
De tuer l’habitude ? 

Tu en avais assez
Des peines pitoyables,
Des amours du passé,
Des rêves intouchables,

De pensées demi-teintes,
De te montrer galante
Par tes rimes éteintes
Au salon, indolente. 

Oh, s’exprimer sur des airs débridés,
Se débarrasser de toutes contraintes,
Se dérouter des critiques fardés
Et sourire aux éditions défuntes ! 

Ainsi tu pourrais reconduire,
D’une main affinée et blanche,
Ta rime affranchie. Enduire
Les lignes d’un cahier étanche ! 

Ne quitte pas la feuille,
S’il venait cet instant.
Sois l’ami qui recueille
Les propos d’un mourant. 

Écris, écris tout près
Ce que dicte ton âme,
Ton cœur et ses apprêts,
Tes vues de libre dame. 

Écris à effacer
Le temps qui tant nous nuit.
Écris à évincer
Le monde en mal qui fuit !

Posté par Marygrange à 16:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 février 2012

Emily Dickinson

  

Quand je lis des romans de Jim Harrison, je vois beaucoup de références au sujet d’auteurs américains et des poètes qu’il a étudiés et fort aimés et qui sont Walt Whitman, Ralph Waldo Emerson et Emily Dickinson. Récemment, j’ai acheté un recueil de Whitman et l’œuvre poétique de Dickinson, plus un livre sur elle écrit par le poète français Christian Bobin « La dame blanche ». Beaucoup d'argent dépensé mais à juste titre, me semble-t-il.
J’ai un peu, depuis ces achats, délaissé la lecture à cause d’un stress causé par un futur changement d’adresse, pas certain mais probable… J’en suis encore préoccupée, mais je refais surface concernant la lecture. L’autre soir, j’ai ouvert le gros volume de l’œuvre de cette étrange Dame Blanche. J’ai commencé la préface que lui consacre sa traductrice Françoise Delphy.
Emily Dickinson a vécu, de l’âge de trente ans jusqu’à la fin de ses jours, en recluse chez elle. Sans couple ni enfants et donc sans contraintes, avec une bonne rente pour vivre, recevant dans sa chambre ses visiteurs, elle écrivait sans arrêt poèmes et lettres à ses proches et amis. Une femme très mystérieuse, hors norme disait-on à l’époque, mais rigoureusement attachée à ses idées spirituelles et philosophiques qui se dégageaient entre autres d'un mouvement transcendantaliste, « selon lequel l’homme doit trouver sa force en lui-même », dont Emerson était le « porte-parole ». De son vivant, elle ne vit publiés que cinq ou six de ses poèmes. C’est sa sœur Lavinia qui, à sa mort, rassembla toute son œuvre et lui trouva enfin des éditeurs. Elle avait des idées tellement originales sur la « présence » d’autrui que ces éditeurs remplacèrent ce vers « Ainsi séparés nous nous rencontrerons » par « Ainsi nous devons rester séparés ».
On aime rencontrer de minuscules traits communs avec les auteurs qu'on lit. J’ignore encore bien lesquels me rapprochent d’Emily Dickinson, mais j’entrevois certaines choses… Je suis aussi, de part mon handicap physique, tenue à vivre, si ce n’est dans une prison voulue ou imposée, à l’écart de la majorité de mes semblables. Et j’écris, mais moins que la Dame Blanche. Je pourrais en faire davantage, si seulement la société rentrait moins chez moi par médias interposés, et si j’étais moins paresseuse… Les temps ne sont plus les mêmes, et parfois je trouve cela bien dommage pour les talents que nous possédons et n’arrivons plus à exprimer comme au XIXème siècle, ou le faisons en les rentabilisant le plus possible. Même si au départ elle eût voulu se faire reconnaître en envoyant multiples poèmes à ses proches et éditeurs, Emily Dickinson finit par ne plus y attacher d’importance.  Voilà ce qu’elle en disait : 

« La Célébrité est une nourriture volage
Sur une assiette instable
Qui vous invite une fois
Mais pas deux
À sa table. » 

«  Je souris quand vous me suggérez que je ne me hâte pas de ″ publier ″ - cela étant plus étranger à ma pensée que ne l’est le Firmament à la Nageoire - » 

« La Publication – c’est la Vente aux enchères
De l’esprit Humain ». 

Devant mes timides tentatives de publication et le refus supposé des éditeurs que je n’ose aborder, je ressens un sentiment semblable à celui de la poétesse américaine. Je m’interroge constamment sur cette question, mais sans trop l’approfondir. Personnellement, je me fiche d’être reconnue et publiée. Si je le tente, c’est pour sonder la justesse de mes mots ou mon talent et être perçue comme quelqu’un qui essaie de se sortir de l’assistanat essayant de changer  le regard des autres apitoyé ou réprouvant, enfin pour améliorer mes fins de mois si tant est que cela puisse être un jour possible. Mais dans le fond, si je pouvais mener une existence comme Emily Dickinson avec semblables éducation et moyens de vivre, j’écrirais sans fin et sans but défini. J’ai marqué dans mon carnet de lecture : « On a des petits points en commun. Ce n’est que le talent qui nous sépare. Le sien est une flèche lancée de très loin dans la mire, le mien un dard au tir avorté. » Mais pourquoi ne pas continuer le jeu malgré la pauvreté de son esprit ?…
Un autre point commun ! Quoiqu’ayant reçu une éducation religieuse et puritaine, Emily Dickinson s’en était détachée au cours du temps par sa lutte contre les ordres établis. Elle disait que sa foi était le doute. J’aime le doute autant qu’elle concernant les questions métaphysiques, philosophiques (si j’avais suffisamment été loin dans mes études), religieuses ou politiques. Il ne s’agit pas de rejeter ce qu’on nous apprend, mais de l’assimiler d'une façon personnelle et avoir la liberté de le repenser en se méfiant des influences. Tout remettre en question autant que cela s’impose.
Je m’interroge aussi sur le style de la poétesse fait de majuscules et de tirets en cours de phrases ou de vers. J’attends de ma lecture une explication intéressante. Cependant je pressens la logique de cette écriture. Et aussi sur le fait qu'elle s'habillait toujours de blanc. Sans doute que Christian Bobin m'éclairera...
Juste quinze pages de cette préface de la traductrice d’Emily Dickinson ont réveillé ma petite verve endormie. C’est bien ! Et si les poèmes de la Dame blanche ravivaient ma poésie tarie, ou ceux de Whitman, Emerson, Bobin que j’ai à découvrir ?…   

Posté par Marygrange à 19:54 - Ecriture - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 décembre 2011

Dans un train... (3)

Il s’est levé en me disant qu’il allait prendre un café. Il m’a proposé de l’accompagner, mais j’ai refusé poliment. Je n’étais, du moins pour le moment, qu’une femme comme toutes les femmes à ses yeux, attirante ou pas… Cela devait le rester.
À son retour, il a sorti son portefeuille, et de lui deux photos.
― Voici mes filles. Antonella sur la gauche, la brune, portrait craché de sa mère qui est Italienne. Et, là, lui tenant la main, c’est Irène la plus jeune. Ne sont-elles pas mignonnes dans leurs robes blanches à volants ? C’était le jour de la communion d’une cousine, elles avaient sept et cinq ans. Maintenant elles en ont dix et huit…
― Elles sont superbes.
― Tenez celle-ci, ma femme Cristina et moi en vacances à Naples.
J’avoue que c’était une très jolie femme au teint mat, et, effectivement, sa fille lui ressemblait. La plus jeune avait les yeux bleus de son père. Il s’est rassis à sa place après avoir remis son portefeuille dans sa poche. Nous avons repris notre conversation littéraire.
― J’ai comme l’impression que vous devez bien écrire, a-t-il dit en me regardant fixement.
― Pourquoi ?
― Vous vivez seule, n’avez pas de contraintes professionnelles comme moi… Vous avez donc tout le temps de vous y consacrer. Êtes-vous exigeante avec vous-même ? C’est très important !...
― Oui, bien sûr je le suis. Et j’ai tout mon temps, comme vous dites. Mais ce n’est pas sans compter sur ma paresse, ni sur toutes les choses de la vie qui gênent l'impétuosité des idées. Parfois elle se fait languir longtemps…
― Je connais ça aussi.
― Étant journaliste, vous devez avoir une expérience de l’écrit que je suis loin d’égaler.
― Je sais, vous avez appris par vous-même. Mais il y a des autodidactes qui réussissent très bien. Quant à moi, je me suis construit grâce à mes études, mais ai-je votre sensibilité artistique ? Car vous êtes indubitablement une artiste.
― Je n’en sais rien. Vous savez, je me débrouille mal en dessin. J'en suis restée au stade de l'école maternelle. Et vous ?
― Moi, oui. Dessin, peinture et sculpture sur bois, mais comme vous l’écriture, sur le tas. Pourtant mon entourage apprécie, mes œuvres sont partout à la maison !
― Et des cahiers de poèmes !
― Dans les tiroirs de mon bureau !
― Vous les relisez ?
― Parfois. Mais je finis par détester ce que je fais.
― Pourquoi ?
― D’abord par constante insatisfaction, car tout peut s’améliorer indéfiniment. Puis parce que, voyez-vous, il y a eu un grand poète dans ma famille, mort pendant la seconde guerre mondiale. La seule chose que nous ayons en commun, c’est que la poésie est aussi naturelle en moi qu’elle ne l’était en lui. Là s’arrête la ressemblance ! C’était le frère de ma grand-mère, Albert Lebeau.
― Je ne le connais pas. Croyez bien que je le regrette. Quel était son style ?
― Il était de plusieurs courants, dont les surréalistes. Outre les vers libres, il lui arrivait de pratiquer les formes classiques telles que le sonnet. C’était un poète indépendant, qui s’était fâché avec pas mal d’écrivains et de critiques de son époque. Je suis son plus grand fan, bien que je ne l’aie jamais connu.
― Vous avez quel âge, si ce n’est pas indiscret ? lui ai-je dit après lui avoir laissé le temps de se remettre de ses émotions.
Qu’est-ce qu’il m’avait pris à l’amener à parler de ce prestigieux lien de parenté qui ne pouvait qu’attiser ses complexes ?
― J’ai quarante ans, a-t-il répondu. Je ne vous le demande pas. Il est bien connu que les femmes n’aiment pas parler de ces choses-là.
― ça ne me gêne pas du tout ! J’ai dix ans de plus.
― Vous ne les faites pas.
On m’a fréquemment dit que je faisais moins que mon âge. Il était peut-être sincère…
― Vous non plus, ai-je ajouté.
Il s’est penché vers moi pour reprendre son portefeuille dans sa poche. Il en a sorti une carte de visite qu’il m’a tendue en disant :
― On pourrait se revoir un jour pour parler encore de poésie, de musique, de mon grand-oncle poète… Tenez, voici ma carte. Appelez-moi sur mon portable de préférence. Il y a aussi celui de chez moi.
― Merci, ai-je fait en prenant le bristol.
J’ai lu son nom. 
― Fabrice Gómez ! Mais vous êtes espagnol ! me suis-je exclamé toute surprise.
― D’origine, a-t-il fait d’un air amusé.
― Alors vous connaissez l’Espagne mieux que ce que vous m’en avez dit !
― Je vous assure que non ! Mon père est mort quand j’étais enfant. C’est ma mère qui nous a élevés, mon frère et moi, dans ce village d’Isère dont je vous ai parlé. Elle était agricultrice avec ses frères. Elle a trimé dur pour nous payer des études et que j’arrive au point où j’en suis. Quant à mon frère, il est médecin à Grenoble.
― Quel courage pour votre mère !
― Oh, oui ! Elle n’en manquait pas. Aujourd’hui, elle est retraitée et toute dévouée à ses petits-enfants.
― Si je comprends bien, votre père n’a pas eu le temps de vous enseigner l’espagnol, et, vous et votre famille, vous n’êtes jamais allés en vacances là-bas comme tant d’autres immigrés.
― Non, jamais. J’ai quand même appris l’espagnol au collège et au lycée, mais j’en garde un niveau très scolaire.
― Puis-je avoir vos coordonnées pour vous appeler un jour ? a-t-il demandé timidement en me présentant son Bic et son cahier, qu’il avait repris de sa sacoche où il les avait rangés quand il était allé boire son café.
J’ai inscrit, sur un coin de la couverture intérieure, mon nom et mon numéro de téléphone fixe.
― Clotilde ! a-t-il dit avec étonnement. Vous êtes la première Clotilde à qui je parle. C’est un joli prénom, ma foi, et plutôt rare de nos jours !
― Merci.
Même si c’était il y a longtemps, je m’en souviendrai toujours… ainsi que de la gêne que j’ai eue, quand les hommes de l’Accueil de la gare de Lyon ont débarqué dans notre voiture de TGV. Il semblait ne pas vouloir me quitter et avait laissé descendre tous les passagers. Il s’étonnait visiblement que je ne me lève pas. Il a pris sa sacoche et son sac de voyage du porte-bagages au-dessus de nos sièges, s’est retourné en partant, disant adieu d’un signe de la main toujours surpris de me voir assise encore. Et c’est quand les aides sont arrivés. Le journaliste s’est callé contre la porte des toilettes pour les laisser passer avec un fauteuil roulant à eux – ils feraient le changement avec le mien plus tard dans le hall.
― Madame V… ?
― Oui, ai-je répondu.
Toujours là, il m’a regardée me lever de mon siège en m’appuyant sur mes cannes. Une fois debout, je l’ai vu à mon grand regret qui détournait la tête et sortait. Il avait disparu, quand je me suis trouvée à mon tour sur le quai. Il ne m’a jamais téléphoné. On ne s’est plus revus…

Posté par Marygrange à 21:22 - Nouvelles et autres proses à continuer - Commentaires [0] - Permalien [#]

Dans un train... (2)

En plus des motrices avant et arrière aux têtes étirées en forme de bec de mouette, le TGV n’a pas dans ses voitures, comme les anciens express, de compartiments que pourraient occuper des familles entières, mais deux rangées impersonnelles de sièges deux par deux avec une allée centrale. Il est pour ainsi dire silencieux. Qu’importe, cela fait longtemps que je ne chante plus sur le bruit d’un moteur. La petite folie de mes six ans m’a enfin lâchée !...
Le panorama alpin rappelle les Vosges de mon enfance. Les champs ont toujours des vaches paresseuses. Mais là, elles dorment à l’ombre des rares bosquets à cause de la canicule qui sévit anormalement en cette fin d’août. Elles ne lèvent pas leurs lourds mufles en direction de la rame qui roule beaucoup trop vite. Peut-être que vraiment, à l’époque des trains à vapeur, elles avaient le temps d’observer avec circonspection les humains derrières leurs fenêtres...
J’essayais de lire un livre de poche, mais je revenais souvent à ma contemplation coutumière à travers la vitre. Sans doute ne m’intéressait-il pas, ou bien j’étais au début et pas encore prise par l’histoire à n’en plus détacher les yeux. Depuis huit ans, il y a prescription sur le souvenir du titre et de l’auteur. Mais s’il avait été très passionnant, je suis convaincue que je me le rappellerais autant que du reste…
Il y avait, sur le siège d’à côté, un grand homme aux joues creuses, d’à peu près une dizaine d’années plus jeune que moi, qui en avais cinquante, cela se voyait à ses tempes légèrement grisonnantes. Ses cheveux, en pointes sur la tête, ne semblaient pas avoir souffert le quotidien coup de peigne. Il était décontracté dans son jean et son t-shirt. Sur la tablette ouverte devant lui, il écrivait au Bic noir dans un cahier d’écolier, de ceux que j'aime tant à spirale genre Clairefontaine. Sans lire, je distinguais son écriture nerveuse et véloce aux caractères penchés. Le trouvant intéressant, et aussi parce que je suis une grande curieuse, j’ai osé lui demander :
― Êtes-vous écrivain ?
Il a tourné la tête vers moi en m’adressant un doux sourire amusé. C’est là que j’ai vu ses yeux bleu pâle aimables et francs, contrastant avec ses boucles emmêlées noires.
― Écrivain, a-t-il répondu, c’est beaucoup dire. J’ai ça dans la peau depuis mes quatorze ans, mais je n’ai jamais publié de livres. Je ne pourrais me considérer auteur qu'en me faisant remarquer du public un jour.
― Et vous arrivez à écrire dans un train bondé et bruyant ?
― Cela ne me dérange pas, si je me concentre. De toute façon, j’ai terminé.
Après avoir refermé son Clairefontaine, il a dit :
― J’aime bien les rencontres dans les trains. C’est agréable d’échanger des pans de vies, même si on ne se revoit plus après !
― Je trouve aussi. Cela réconcilie les solitaires comme moi avec le monde. Même si la solitude a ses moments de total bonheur…
― Vous êtes seule et vous vous dites heureuse ?
― Quand je n’ai pas de problèmes et avec de belles occupations, oui ! Il faut beaucoup distraire l’esprit, savoir utiliser la nostalgie pour rêver et se souvenir, bâtir des projets, imaginer, créer, sinon c’est la dépression… Heureusement qu'il y a la télévision - les chaînes thématiques comme Voyage, c’est formidable même si on a conscience qu’on n’ira jamais là où nous conduisent leurs images ! Puis la musique, les livres, l’écriture… Tout cela vous donne l’impression de tuer l’oisiveté et de combler les absences.
― Vous ne travaillez pas ?
― Plus maintenant. En fait…
― Oui ?
― Oh, rien ! ai-je dit en baissant la tête et reprenant mon insipide lecture.
Il ne voyait pas que j’étais handicapée. Mes cannes, je les avais coincées entre le siège et la fenêtre. J’étais assise à son arrivée. Il ne pouvait non plus savoir à qui appartenait le fauteuil roulant plié avec les bagages à l’entrée de la voiture. Je formulais le vœu qu’il serait parti lorsque les assistants de la gare de Lyon viendraient me chercher. Ils attendent en général que le wagon se vide pour prendre la personne à aider.
Finalement je lui ai reparlé. C’était bête de me montrer troublée !
― Puis-je vous demander ce que vous écriviez tout à l’heure ?
― C’est un poème sur le village en Isère où je suis né, et que je viens de quitter. J’y retourne toutes les fois que mon métier le permet, pour me ressourcer.
― Alors vous n’êtes pas qu’écrivain !
― Je suis journaliste photographe, la littérature est mon hobby. Mais, j’emporte partout avec moi mon cahier de poésie.
― Vous êtes dans la presse écrite ?
― Oui. Reporter de guerre, et parfois, j’ose à peine le dire, pour les tabloïdes. Je n’aime pas ça, mais il faut bien gagner sa vie. J’ai une famille à nourrir, bien que mon épouse travaille aussi.
― Elle est également journaliste ?
― Non, elle enseigne la musique dans un collège.
― Ah, tiens ! C’est ce que j’aurais voulu faire, si j’avais été jusqu’au bout de mes études musicales.
― Qu’appreniez-vous comme instrument ?
― Le piano. Mais j’ai dû arrêter...
― Qu’est-ce qui s’est passé ?
― Retour en France avec mes parents. Nous étions en Espagne.
― Où ça ? Je connais un peu.
― Madrid. Vous y êtes allé ?
― Oui, pour un reportage d’un tabloïde ! ça a duré une semaine.
― Nous, une quinzaine d’années. De la fin du Franquisme jusqu’en 1988. C’est dire que j’ai connu le temps glorieux de la Transition avec le Roi Juan Carlos et la Reine Doña Sofía, comme on l’appelle là-bas, famille royale que j’estime beaucoup même si je me dois de rester républicaine dans mon pays…
― Comment vous êtes-vous mise à la musique ?
― J’ai eu mon BEPC avec difficulté. Alors on a décidé pour moi un BEP de secrétariat que j’ai raté volontairement par dépit. C’était l’année de mon départ à Madrid. Mon père y dirigeait une entreprise française de cosmétiques. Refusant toute tentative d’un bac littéraire par correspondance, j’ai demandé à mes parents des cours de piano. Il y avait un beau quart de queue dans le salon en meuble décoratif, et dont personne ne savait jouer. Mon père a accepté ma demande à condition que j’en tire un métier. J’ai eu plusieurs professeurs, dont en dernier une compositrice cubaine qui avait fui le régime de Castro – elle m’a raconté, un jour, comment elle avait vécu deux ans de travaux agricoles forcés pour payer son exil, c’est terrifiant ! Elle m’a initiée au Jazz un petit peu et enseigné des bases d’harmonie, il ne m’en reste rien à l’exception du souvenir d’une folle envie de composer. Puis elle m’a poussée à donner des cours aux débutants, ce qui m’avait assez réussi. J’allais achever mon niveau élémentaire de piano, de théorie et de solfège, et aurais pu entrer comme enseignante à l’école de musique que la Cubaine désirait fonder. Mais mon père avait pris sa retraite et voulait rentrer au pays, surtout pour ma mère qui ne s’était pas faite à la langue ni aux Espagnols. Je ne pouvais pas rester seule à Madrid, ne pouvant compter sur mes leçons particulières pour subvenir à un logement et à mon entretien. Alors, j’ai suivi mes parents. En France, nous avons des aides sociales qui font que j’ai aujourd’hui mon propre toit, ma mère étant décédée et mon père remarié. Et je vis, dorénavant, un peu comme une recluse.
― Alors pour vous occuper, vous écrivez. C’est bien ça ?
― Des poèmes en vers classiques la plupart, car la métrique et les rimes me replongent dans la musique qui m’est si chère toujours. Et en français, c’est quand même ma langue maternelle. Mais il m’arrive d’écrire en espagnol, guidée par des poètes que j’aime beaucoup comme Antonio Machado.
― Ce n’est pas celui qui est mort dans le sud de la France ?
― Oui, en exil de la Guerre Civile à Collioure.
― J’en ai entendu parler, mais j’avoue que je ne l’ai jamais lu. Est-il traduit en français ?
― Il me semble bien que oui. Je l’ai lu, relu et le reprends souvent dans la version originale de ses Œuvres Complètes.
― C’est beau de posséder une langue étrangère à ce point !
― Peut-être. Mais j’imagine que vous devez plutôt bien connaître l’anglais et le parler à l’aise partout où vous vous rendez pour vos reportages.
― Comme vous l’espagnol. Mais je n’écris pas en anglais des poèmes, a-t-il ajouté avec un soupçon de gentille moquerie .

Posté par Marygrange à 21:17 - Nouvelles et autres proses à continuer - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 décembre 2011

Dans un train... (en épisodes après moult corrections)

Ceci est la première partie en épisodes d'une nouvelle plutôt longue (enfin je le crois, elle n'est pas toute écrite) qui portera un titre général différent de celui que je donne ici...

 

 

Dans un train…

 

Je rentrais à Paris dans un TGV depuis Grenoble, bouclant ainsi deux mois d’été merveilleusement ensoleillés dans les Hautes-Alpes où j’étais venue traiter mes bronches asthmatiques. J’étais encore tout émoustillée par des images de marmottes timides sortant de leurs terriers au bord des routes lorgnant d’un œil torve noir et blanc les voitures, de chalets aux toits en pente couverts de troncs de mélèzes, de prairies fleuries inspiratrices des peintres paysagers, de cours d’eau limpides où j’ai eu grand plaisir de boire, de balades en car… Toute la région est d’une beauté lumineuse à couper le souffle ! J’y serais restée indéfiniment… Mais tout a une fin, le pire comme le meilleur, surtout le meilleur !

 

Je me repasse volontiers le film de ma jeune vie, au début des années soixante, dans un train à vapeur revenant d’un centre pour petits polios en Alsace.
J’aime la locomotive qui souffle sa fumée, tire un serpent de wagons aux compartiments accueillants et, quand elle entre en gare, active une sirène pour nous prévenir qu’enfin nous pouvons partir et jouir du déroulement de la vue avec, en premier plan, les poteaux électriques en bois le long de la voie. Oh, le bruit sur les rails !... C’est comme l’accompagnement d’une chanson. Le train, le tambour en mouvement d’une machine à laver le linge, la soufflerie d’un aspirateur, cela me donne envie de chanter dessus. J’ai plein d’airs en tête. Je ne vais pas à l’école, ou plutôt c’est elle qui vient à la maison. Alors j’écoute la radio de ma mère dans ma chambre puisque je n’ai, hormis les devoirs de ma maîtresse qui vient trois fois par semaine, rien d’autre à faire et pas de copains avec qui jouer dans une cour de récrée ou en bas de l’immeuble. Une petite fille handicapée est très tôt livrée à la rêverie et à elle-même, au poids de la solitude aussi. Et c’est Dalida avec « Bambino », Dario Moreno dans « Si tu vas à Rio, n’oublie pas de monter… », que j’achève par un appuyé là-y’au, en guise de « là-haut » trop dur à dire ! Je soigne ma courte carrière de chanteuse aussi au centre alsacien. Avant de dîner, au réfectoire, le personnel m’ordonne :
― Chante, Clo !
J’obtempère, pas toujours de bonne humeur, n’appréciant guère ces drôles  d’exigences de grandes personnes. Je préfère suivre mes envies. C’est comme plus tard, quand enfin je sais lire, et qu’on m’offre des livres de mon âge, moi qui veux tout choisir ! Je convoite plutôt les bouquins de ma sœur ou de mon frère (des policiers qu’il dévore en même temps que son petit déjeuner !). Ils sont plus vieux donc libres, eux ! C’est ainsi que j’ai délaissé des auteurs importants comme Jules Verne, que j’ai lus (pas tous !) beaucoup trop tard…
Je veux chanter, mais ma mère me fait « Chut ! » en mettant son doigt sur sa bouche. Elle me dit :
― Viens, on va faire un tour !
Elle me lève et rabaisse ma robe d'un revers de main pour cacher les affreux carcans orthopédiques de mes jambes, devant le monsieur sur la banquette d’en face qui lit son journal. Je prends une canne dans ma main droite, et de la gauche la main de ma mère. Elle me demande si je n’ai pas envie d’aller faire pipi, je dis oui ! Alors nous allons aux toilettes au fond du wagon. Elle tire du papier hygiénique du rouleau accroché au mur pour essuyer la cuvette avant, car « On ne sait jamais qui s’assoit dessus ! Il pourrait te contaminer avec ses maladies… ». C’est vrai qu’elle est pleine de bonnes intentions avec nous. Pour qu’on n’attrape pas de poux, elle lave régulièrement et méthodiquement nos brosses et peignes à l’ammoniaque, cela pue dans tout l’appartement bien qu’elle ouvre les fenêtres en grand. Mais au moins c’est sain et propre !... Nous sortons des WC et rejoignons notre compartiment. C’est devant les fenêtres du couloir, avant d’entrer, que maman me sermonne gentiment.
― Le monsieur de la banquette qui lit son journal, il a son monde à lui.
― Un monde… comme la Terre ?
― C’est une façon de parler, ma chérie. Ça veut dire qu’il a tout plein de choses à penser.
― Comme moi quand je vois des images dans la tête, quand tu me racontes une histoire ?
― Oui. Alors, ce monsieur, il ne souhaite certainement pas que tu l’empêches de réfléchir, si tu te mets à chanter devant lui.
― On pourrait le lui demander ?
― Non, Clotilde ! À la maison, comme tu veux. Pas dans un train !
― D’accord, dis-je en boudant.
Nous avons repris nos places dans le compartiment. Je ramasse, au fond de la banquette, ma poupée inséparable du moment. Je la serre dans les bras et regarde par la fenêtre. Tout d’un coup, j’attrape la manche de ma mère – je me souviens encore de la tenue qu’elle portait, une jupe grise et une blouse blanche rentrée dedans –, et tire dessus avec acharnement.
― Maman !
― Quoi ?
― T’as vu les vaches ?
Je pointe la vitre du doigt.
― Eh oui, Clo ! Il y a toujours des vaches dans les prés pour regarder passer les trains.
C’est un cliché, certes, mais c’est si vrai !

Posté par Marygrange à 16:41 - Nouvelles et autres proses à continuer - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 novembre 2011

Nouveau livre (corrigé)


Le Fleuve rougit, extraits

 

Vient de paraître au mois d'octobre mon deuxième livre en prose en autoédition sur Books on Demand. C'est une nouvelle policière sous forme d'un roman court qui s'intitule "Le fleuve rougit". Il est inspiré d'une nouvelle poétique écrite il y a plusieurs années.
La vidéo narre de courts extraits de ce livre dits par moi-même, l'auteur.
On peut l'acheter sur les librairies on line, soit amazon.fr, Alapage.com, BoD et nombreux autres à l'étranger comme amazon.com.
Puisse-t-il plaire à quelques uns. Il a été très travaillé, même s'il reste quelques petits détails à arranger. On peut infiniment réécrire un texte de quelle nature qu'il soit...

Je ne crois, cependant, pas à son succès. Je ne suis pas quelqu'un de connu, et de nombreuses connaissances semblent réfractaires à ce que je fais et me le signifient par leur indifférence.  Mais je n'attends rien de ce livre ni de ceux que je ferai dans l'avenir, surtout pas de droits d'auteur. Je perds de l'argent en m'autoéditant autant que j'en perdrais si je faisais appel à des éditeurs à compte d'auteur, puisqu'on n'en parle pas dans la presse ni dans les medias. Mais ce n'est pas grave. Au moins ainsi je ne prends pas la grosse tête. Néanmoins, je soigne mon travail du mieux que je peux. J'espère que le peu de personnes qui liront cette dernière version de ma nouvelle policière s'en rendront compte. Et je les remercie de tout mon coeur pour l'attention qu'elles prendont à le lire.
J'ajoute, pour terminer, que je vais avoir quelques exemplaires que je pourrais signer à qui me le réclamerait. Je pourrais le leur renvoyer. Il ne coûte pas trop cher. Je trouve déloyal de faire payer fort un livre de non professionnel, et le plus bas prix que je peux en tirer je le prends. Donc, il coûte, prix de BoD, 5,50 Euros sans les frais de livraison pour 80 pages en format poche, mais 5,23 Euros par exemple sur Alapage.com, frais de livraison gratuits. Et ça, j'aime !

Voilà. Bonne écoute de la vidéo et peut-être bonne lecture du livre s'il vous intéresse !

Béatrice Grangeat dite Marygrange

 

Posté par Marygrange à 17:19 - Annonces - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 août 2011

La Lune Bleue (revu et corrigé)

 

 

Pleine et toute bleue, elle habille,

De reflets lumineux, la mer.

Dans l’orbe obscur, elle gambille.

Juste elle se voit dans l’éther.

 

Elle est comme un ballon que tire

En l’air une enfantine main,

Et offre, en flânant, son sourire

À la Terre jusqu’au matin.

 

Par qui serait-elle observée ?

Sur la mer, pas un seul bateau !

Sa paisible face rêvée

N’a de réponse que par l’eau.

 

Tout en haut, la Lune Bleue aide

À la récupération

Des petits corps, dans l’intermède

Du sommeil de la passion.

 

La Lune Bleue est une mère

Qui berce sans faire de bruit

Les enfants. Sa figure éclaire,

Tel l’amer les marins de nuit.

 

Oh, trop tôt, la lune s’éloigne

Dès que surgit le nouveau jour !

Mais un éclat de paix témoigne,

À leur réveil, de son amour.

 

Posté par Marygrange à 19:44 - Enfance - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le jeu du chat

 

Tandis que les humains quittent leur logement,
Un petit chat persan miaule solitaire
Contre la porte close. Et voilà que par terre,
Sous la commode, il voit l’éclat d’un diamant.

 

Mais ce n’est qu’une bille opale en simple verre
Abandonnée au sol par le petit enfant
Qui l’avait choisi lui, le plus ébouriffant,
Chez l’éleveur. Depuis, l’amour entre eux s’avère.

 

Il ne la perd des yeux. Attend patiemment
Qu’elle se déplace en un petit roulement,
Comme l’oiseau qui vole au-delà des fenêtres. 

 

Elle reste inerte. Et silencieusement,
D’un bond, le chaton saute. Oh, de cinq millimètres,
Il la manque ! Alors le garçon revient gaiement.

 

Posté par Marygrange à 16:26 - Enfance - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 août 2011

Inventario/Inventaire

Se alejan como estrellas

Pequeñas y lejanas,

De la niñez los sonidos,

Los olores, las ventanas

Tras las cuales, cada día,

Hablar mis sueños dejaba.

Se alejan como estrellas

Claritas y lejanas,

Los españoles recuerdos,

Las tentadoras miradas

De aquél amigo barbudo

Que la arcilla trabajaba.

Se alejan como estrellas

Raritas y lejanas,

El amor poco venido,

Las relaciones amargas,

Los anhelos de música

Y el tejer las esperanzas.

Se alejan como estrellas

Solitas y lejanas,

Las equívocas heridas

Que yo digo ya curadas,

Las lágrimas vergonzosas

Que provocó la añoranza.

Se aleja como estrellas

Cansadas y lejanas,

El deseo inextricable,

Con la mente ya salvada,

De ser feliz como tantos

Y revelar mis palabras,

Luego huir como estrellas

Rendidas y lejanas.

 

                    ________________________________________

 

 S’éloignent, comme des étoiles petites et lointaines, de l’enfance les sons, les odeurs, les fenêtres derrière lesquelles je laissais mes rêves parler.
S’éloignent, comme des étoiles claires et lointaines, les souvenirs espagnols, les regards tentants de cet ami barbu qui travaillait l’argile.
S’éloignent, comme des étoiles rares et lointaines, l’amour peu venu, les relations amères, les aspirations musicales et le tricot des espoirs.
S’éloignent, comme des étoiles isolées et lointaines, les blessures équivoques que je dis guéries maintenant, les larmes honteuses que provoqua le regret.
S’éloigne, comme des étoiles fatiguées et lointaines, l’inextricable désir, avec l’esprit enfin sauvé, d’être heureuse comme beaucoup et révéler les mots, ensuite fuir comme des étoiles vaincues et lointaines.

 

 

 

Posté par Marygrange à 18:27 - Poèmes espagnols - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 août 2011

L'agnosticisme

Vous m’avez jugée sur des chefs d’accusation à mon avis peu sûrs, comme moi je le faisais de vous, ou cet homme qui m’avait si mal parlé de toi arguant des choses fausses. Tous nous nous jugions sur le site, en prenant appui exclusif sur nos textes qu’ils soient poèmes ou commentaires. C’est peu et stupide, ignorant tout l’un de l’autre, même le sexe parfois car un pseudonyme n’est pas toujours clair là-dessus.

Il est vrai que je me suis comportée à tort, m’inquiétant pour toi en vain et traitant de briser le mur de ton silence. J’aurais dû agir comme notre ami commun qui a l’intelligence de ne pas te contacter si tu le laisses tomber. Il en a assez d’être toujours lui à demander des nouvelles de l’autre et préfère attendre que toi tu te manifestes par un coup de téléphone ou un e-mail, ou bien encore un Coucou ! sur la messagerie instantanée de Facebook. Tant pis, il arrête et opte pour le temps qui arrange tout, sans doute qu’un jour quelque chose vous rapprochera et vous vous reparlerez sans fâcheries. Te sachant très sensible et suicidaire, je craignais que tu aies un geste fatal, quand les choses s’étaient envenimées entre ta femme et toi et que vous étiez au bord du divorce. Alors, voyant mes e-mails sans réponse et voulant savoir comment tu allais, j’appelais jusqu’à ce que tu décides de ne plus répondre non plus. J’étais loin d’agir aussi bien que notre ami, et aujourd’hui je m’en repens. De l’avoir fait, il est probable que nous ne nous serions jamais fâchés et maintenant je ferais partie de tes amis facebookiens comme lui et une autre poétesse de notre site, j’ai vu ça parcourant ta page.

Tu t’étais longuement absenté du site, comme tu le faisais quelquefois pour recharger tes batteries, quand tu avais des migraines occasionnées par vos disputes. Tu l’avais fait durant cinq mois à l’époque. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu’au cours d’une première conversation téléphonique avec ta femme, elle m’avait appris que c’était à cause de moi ! Bien sûr je t’aimais, mais je n’étais pas amoureuse et désireuse de briser votre couple, ce que vous supposiez me semble-t-il, en tout cas pas comme celles qui ne voulaient qu’une chose, consoler tes peines d’amour exposées dans tes textes. Du moins c’était mon impression, mais au fond qu’en savais-je ? Et que saviez-vous de mes réels sentiments et intentions et de ma personnalité ? Il vous était plus facile de me dire folle et de me barrer la route, de couper court à notre relation sans probablement penser que vous me déchiriez l’âme, que vous me renvoyiez une image hideuse de moi en pleine figure. J’étais devenue une ennemie. Et bien sûr, n’étant pas vraiment méchante ni dénuée de sentiments, j’ai culpabilisé. Je savais que j’étais allée trop loin à tant insister. J’ai compris mon vice de m’attacher, dirais-je à outrance, non seulement aux gens mais aussi à toutes choses susceptibles de me faire oublier le fait que j’étais passée à côté de ma réalisation, dans une existence d’ennui et de désœuvrement. En me commentant et avec ta gentillesse, feinte ou pas, tu me donnais du courage à persévérer dans cette voie que je croyais mienne comme tienne, l’écriture. Loin de ce lien, je perdais mes repères, il fallait que je m’affranchisse de l’affection qui me soutenait. Personne ne pouvait le faire pour moi. J’aurais pu recourir à un psy, mais je n’avais pas assez de moyens. C’est cher un psy ! J’ai cherché l’appui des rares amis que j’avais connus sur Internet, c’est vrai mais en privé et non en le véhiculant partout comme disait ta femme. Puis j’ai eu recours au souvenir de l’analyse que j’avais faite en Espagne et aux livres d’Erich Fromm auteur de la méthode dont se servait ma psychothérapeute. Et je me suis dit que, comme je ne pouvais plus te parler afin de tirer un trait sur nos différends, il ne me restait qu’une chose à faire, t’écrire. Pas directement, mais à travers un roman, plus tard en recourant à d’autres proses et à mes poèmes.

Je ne cherchais pas à régler mes comptes, même si cela en avait l’apparence. J’aurais pu te haïr comme ta femme, et cet homme qui a achevé de ruiner notre amitié, cela aurait été plus simple sans doute. Mais je ne voulais pas, et c’est extrêmement difficile de continuer d’aimer des êtres qui vous renient. Je n’aime pas la haine, car je sais qu’il y a toujours de bonnes valeurs en chacun d’entre nous, et la haine détruit tout même le meilleur dont nous sommes capables. Je te voulais heureux et j’espère que tu ne t’es pas blessé par mon attitude à désirer à tout prix raconter ma souffrance pour me soigner. Ta femme voulait que je me taise, et c’est tout le contraire qui a surgi, à ceci près que ce n’était ni en t’appelant ni en t’écrivant à l’exception de quelques malheureux e-mails de réconciliation stériles.

Je suis handicapée, et j’ai toujours eu à lutter pour être autonome dans les actes les plus rudimentaires de la vie, il fallait aussi que je le fasse concernant mes sentiments. Que je devienne adulte sans que plus personne ne me tienne la main dans mes activités sociales et culturelles. Je devais apprendre à vraiment vivre seule. Autant dire que ton rejet m’a servi à m’en sortir. Si seulement je pouvais te remercier en vrai ! Quelque part vous aviez raison dans votre jugement, j’étais en partie folle, mais dirais-je que j’avais des circonstances atténuantes. Des événements dans ma vie familiale, juste à cette époque du rejet, me fragilisaient. Il fallait leur faire face comme à toi. Et tu ne semblais pas en tenir compte. Qu’importe, maintenant c’est loin et je m’en suis remise. Vous ne paraissiez pas non plus vous apercevoir de mes difficultés à vivre chez moi avec mon handicap. Vous ignoriez beaucoup de choses en fait… mais vous me jugiez et m’aviez appliqué une grave sanction, ta femme et toi, à tort comme à raison.

Depuis, j’ai longtemps eu peur de mon comportement envers les autres, de trop en faire, de chercher en eux la béquille de mon âme aussi déséquilibrée sans doute que mon corps, de les agacer et qu’ils me rejettent comme toi. Mais j’ai appris peu à peu à m’en passer, à marcher sans cannes dans ma tête. Un exemple : notre ami commun est comme toi marié, je me doute qu’il ne faudrait pas que je l’appelle chez lui fréquemment, devinant que sa femme ne doit pas trop m’apprécier non plus, alors j’attends toujours que ce soit lui qui le fasse, et si je veux l’appeler je lui demande avant. J’agis avec mes sentiments comme avec la nourriture puisqu’il faut toujours que je surveille mon alimentation. Si une envie me prend d’appeler une connaissance, je suspends mon geste comme je referme la porte de mon réfrigérateur avant de prendre quelque chose à grignoter ou que j’arrête ma pensée qui me dicte d’acheter un croissant dans une boulangerie. Ça fonctionne, bien mieux que les régimes. Et c’est pareil pour mes rapports avec les sites où je ne veux plus être tributaire des commentaires qui ont l’art de me blesser quand je dois les affronter. Il faut même que je me pousse un peu, car le régime de ma communication tend quand même à me rendre anorexique. Il faut un comportement régulier, comme une alimentation saine. Alors je me contrôle. Quand je vois que je peux contacter un ami, que j’ai laissé passer suffisamment de temps depuis notre dernière conversation téléphonique, avec beaucoup d’effort je décroche mon combiné et marque son numéro, et de temps à autre je vais sur un site de poésie et visite les pages de mes amis sur Facebook en les commentant de la manière la plus digne possible. Et sur mes blogs et sites personnels, je n’attends pas les réactions, seuls m’honorent, la plupart du temps, les statistiques des visites, et cela me suffit.

    

Comme il est plus aisé de juger que de douter, alors nous formulons des certitudes sur d’infimes bases et quasiment aucune preuve, surtout s’agissant des relations entre internautes. Nous faisons de même avec les sujets d’actualité que les medias utilisent en excès et pas toujours en profondeur de nos jours. On ne nous donne jamais assez d’éléments pour étayer nos convictions et on change très vite d’informations de la même manière. Alors nous forgeons nos opinions avec la superficie des choses. Et nous devons nous y tenir et les oublier tant on nous les affiche éphémères. Qui sont les gens des actualités ? Qui sont les politiques qui nous gouvernent ou attendent un meilleur jour dans l’opposition ? On en n’a qu’une brève image, sauf si on est de la partie ou d’un parti. Sauf si on est journaliste ou détenteur d’une grande culture. La masse, elle, ne voit pas ce qui se cache dessous l’iceberg et retient le peu qu’on lui donne à connaître et s’imagine le reste. Quelques individus, dont je suis, doutent et attendent les informations qui corroborent l’idée vague qu’ils s’en font. Ils sont comme ces hommes de loi à qui il faut impérativement des preuves, pas seulement des aveux, pour inculper un criminel. Lorsqu’il croit à quelque chose, le commun des mortels se crée une certitude avérée ou non, et parfois cela mène aux guerres d’un dictateur qui sait l’attirer dans ses filets, aux révolutions salvatrices ou totalitaires, aux disputes entre proches, amis, connaissances, à la gêne à cacher des convictions qui ne s’accordent pas à la majorité populaire ou aux personnes qui partagent sa vie, à la violence des mots et des manifestations sociales. La politique peut être bonne comme dangereuse, cela dépend non seulement des idées mais aussi des hommes et des femmes qui les appliquent, et les conditions de la vie du pays et du monde. Au moment de voter, les politiques, tous, se montrent pleins de promesses justes et bonnes qu’ils ne pourront pas toujours tenir s’ils sont élus. Alors pourquoi s’emballer pour les uns ou les autres ? Personnellement, je ne veux plus voter avec grande conviction, mais plutôt avec circonspection. L’avenir le dira si mon choix aura été valable à mes yeux.

L’agnostique n’a pas la certitude que Dieu existe ni le contraire. Il se dit qu’au fond l’homme, comme il est capable de saisir les lois de la Nature, le fonctionnement de l’Univers, l’Art, les valeurs de l’esprit humain et ses défauts, il est capable de comprendre Dieu. Mais Dieu n’est-il pas au-dessus de tout ce qui compose l’Univers dont nous ? Et si c’est ainsi, peut-on complètement assurer Le connaître ? L’agnostique n’en sait rien, mais il ne veut pas croire non plus les athées qui affirment que Dieu est pure invention de l’homme. Il doute et ne veut pas se permettre de prendre position. Pour lui, il faudrait définir l’Univers dans sa totalité, c’est-à-dire toute L’œuvre  de Dieu y compris les hommes et tout le monde vivant qui les entoure, pour savoir Son existence ou non-existence. Parfois il pense que Dieu existe peut-être car en Lui devrait se trouver l’explication de l’intelligence et de l’amour. La vie et la destruction sont dans l’Univers, mais s’il faut en louer une autant que ce soit la vie. La haine est le sentiment de la destruction chez l’homme, tandis que l’amour bâtit, donne vie à toutes choses qui sortent de ses mains et de son intelligence. Si on veut vivre, alors on se doit d’aimer. Si Dieu existe et nous aime, en aimant et réalisant la vie qu’Il nous a donnée on lui rend son amour. L’agnostique, comme le croyant, ressent cela et l’applique mais sans les contraintes d’une religion. Il n’y a rien de plus libre que de penser et d’aimer. Parfois je me dis que tous les êtres de la Création sont doués d’intelligence et d’amour à des degrés différents. J’aime l’image, vue récemment à la télé, d’un lion embrassant debout sa soigneuse à travers sa grille, les pattes avant croisées sur son dos et le museau lui caressant le visage, c’est une excellente et évidente marque d’amour. Et si Paracelse a raison en disant Plus grande est la connaissance inhérente à une chose, plus grand est l’amour, alors le roi des animaux est très intelligent et bien des hommes devraient l’imiter.

On peut m’empêcher beaucoup de choses, croire ce que l’on veut de moi, me rejeter comme toi et ta femme l’ont fait, rien ne peut enfreindre l’amour que j’ai de la vie et du meilleur que je ressens chez les êtres humains. Et je suis sûre que c’est pareil pour vous. Alors je sais que d’une certaine manière nous nous sommes pardonnés nos souffrances mutuelles.

Posté par Marygrange à 21:16 - A un ami perdu, nouvelle formule - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 août 2011

Soliloques

 

Dans le fond, tu es, à travers ces mots ami perdu la représentation virtuelle de toutes mes connaissances disparues sans doute à jamais, de toutes celles qui jalonnent nos vies, nous touchent de leurs âmes, se répandent dans les nôtres pour un jour s'en aller on ne sait où, ou meurent nous laissant dans l'ignorance du fait... Si encore j'avais le doute de te reparler un jour en e-mail, en courrier classique, face à face pour de vrai ou au téléphone, j'attendrai patiemment que cela arrive et arrêterai mon monologue devenu inutile. Mais ce ne sera pas ainsi, n'est-ce pas ?
         
 Les soliloques, c'est quelque chose que je pratique au quotidien, peut-être plus que n'importe qui, et me fait passer beaucoup de temps (mais le temps, j'en ai à ne savoir qu'en faire !). Je les exerce un petit peu comme mon poète préféré, mais sans son talent philosophique et poétique. Ils consument mon esprit jusqu'à ce que j'éteigne leur feu avec le clavier de mon ordinateur.

 Si je t'écris, c'est pour soulager ce soliloque qui m'étreint l'esprit depuis la décision mutuelle de ne plus communiquer entre nous, et qui m'a poussée à ce premier roman que je regrette à présent, du moins pour tout ce qui a trait à notre amitié si malmenée et incomprise. Je sais combien c'était indécent, mais il fallait que je me soigne, non ? Que je réalise...

 Je les aime, mes soliloques, car avec eux je suis libre. Pas de réponse de l’interlocuteur, donc pas de critiques, de vexations, de conseils ou de consolations dont je n'ai cure. Je ne souhaite que m'exprimer sans réclamer la main de qui que ce soit, juste des écoutes muettes qui me ressemblent peut-être, en espérant ne pas être trop éloignée de la réalité.

Ils sont mon soutien et répondent à mon grand désir de comprendre cette vie que je dois traverser jusqu’à son terme. 

 

Tengo a mis amigos
            en mi soledad;
           cuando estoy con ellos
          ¡qué lejos están![1]
 

 

Antonio Machado, ce poète espagnol que j’aime tant, avait raison. J'ai une foule de connaissances en moi avec qui j'aime partager l'existence, mais quand elles sont près de moi, je ne sais leur adresser la parole. Mes mots sonnent faux ou sont maladroits, aussi dignes de ma timidité que les soliloques du philosophe andalou. Toutes mes questions s'envolent rien que par leur présence et leur conversation, sans doute celles qu'ils avaient en tête avant aussi... On oublie tant de choses à dire à ses amis. Quand ils partent, on s'en rend compte, comme ces achats qu'on oublie quand on fait les courses sans liste et dont on se rappelle une fois rentré à la maison (comme on s'en veut alors !). Les soliloques contribuent à constamment former la parole et donc l’équilibre intellectuel. Ce sont les fruits de la pensée.

 Alors, mon ami, ne m'en veux pas. Je ne te réclame pas de réponse. Je sais que pour moi tu ne dois plus exister. Mais pourquoi faudrait-il que j'efface ta présence en moi ? Tu es pour moi, dans l'écriture, ce confident que je n'ai pas ni n'aurai plus sans doute dans la vie, et qu'on remplace par un journal intime. Tu as ici ce rôle, si on peut le dire ainsi. Tu es mon journal d'âme et d'amitié, ne t'en déplaise. Dans la mesure où je ne révèlerai jamais ta véritable identité, en quoi cela pourrait-il te nuire si je publie le fond de ma pensée et que tu y es présent ?

Tu as dû sans doute m'oublier complètement. Il n'est pas improbable que tu aies perdu toutes mes coordonnées. Moi, je sais toujours où tu vis, comment tu t'appelles, même je me souviens de ton numéro de téléphone que jamais plus je n'oserai utiliser. Je te cherche parfois sur Google et te retrouve, mais Internet a ceci de bien, il nous cache. Tu ne me vois pas te regarder, c'est génial (peut-être le fais-tu de moi…) ! Si je lisais un de tes blogs, jamais je ne commenterais tes paroles, pas en me nommant et sous ce pseudonyme que tu as connu, celui de ma poésie si triste ! j’irais jusqu’à te vouvoyer… Et puis pourquoi le ferais-je ? Je ne veux plus te donner de raisons de me fuir encore, ou te faire abandonner tes sites personnels. Chacun vit sa vie d'internaute de son côté, et c'est très bien ainsi. Ne changeons rien ! Tu sais, j’ai mal encore de me dire que c’est moi qui t’ai fait abandonner ta plume. Tu as dû faire le choix entre tes proches et ta popularité, un de tes poèmes l’attestait. Alors je n’étais pas seule en cause peut-être. Et puis si tu as des blogs, c’est que tu n’as rien abandonné…   

 



[1] « J’ai mes amis dans ma solitude ; quand je suis avec eux, comme ils sont loin ! », Antonio Machado, Poesías Completas.

 

Posté par Marygrange à 19:38 - A un ami perdu, nouvelle formule - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 juillet 2011

La couleur des sentiments

J’ai terminé « La couleur des sentiments » de Kathrin Stockett. Le meilleur premier roman que j’aie lu ! Comme on dit sur Internet, ce n’est pas de la haute littérature. Et alors ?

L’histoire se déroule à Jackson, Mississippi, Etat du pays des Confédérés qui, s’il s’était soumis à abolir l’esclavage, n’en avait rien fait dans sa mentalité. Ce sont les premières années 60. Jackson vit une espèce d’Apartheid, les Noirs dans un coin de la ville, les Blancs bourgeois à l’opposé. Une jeune promue journaliste blanche propose à une éditrice de New-York d’écrire un livre sur les relations entre les bonnes Noires et leurs patronnes Blanches. Le livre finit par paraître aux grand dam de la pire de ses ex-amies blanches, et tout s’arrange pour les autres.
          
Il est composé d’extraits des journaux de deux bonnes et de la jeune journaliste. C’est touchant et écrit en reprenant les accents des premières et le style châtié de la jeune femme bourgeoise. Mais il ne faut pas être tatillon au respect de la langue, évidemment.

L’auteur parle de « libertés avec le temps » et « d’incorrigibles contradictions » dans ses « remerciements ». Heureuse qu’elle le reconnaisse, car j’en ai remarqué. Une des bonnes, à un moment, se dit se sentir « la tête dans un sèche-linge », et plus loin il est fait référence à la taille XXL. Il est possible qu’aux Etats-Unis, dans ces années 60, le sèche-linge existât déjà et que les tailles de vêtements s’y soient toujours nommées S, M, XL etc. Mais en France et en Europe, il me semble que pas encore. On en était à la machine-à-laver et non au lave-linge, il a fallu le lave-vaisselle pour changer l’expression. Et on portait des tailles 38, 40, 42 etc. Mais c’est tout ce que j’ai relevé d’incongru.

Le livre est bon, excellent même. C’est un best-seller qui mérite le Grand Prix des Lectrices d’Elle et le film qu'en fera Spielberg. A lire cet été en attendant de le voir dans les salles obscures !

Posté par Marygrange à 10:12 - Critiques - Commentaires [1] - Permalien [#]

18 juin 2011

Exceptionnellement...

Exceptionnellement je t'écris encore, cette fois pour te parler de quelqu'un dont je te dois l'amitié. Je t'en saurai toujours gré. Cela fait près d'un an qu'il n'a plus de tes nouvelles. Ce problème que je n'avais pas su surmonter quand tu te taisais et qui m'avait anéantie, lui, il le maîtrise fort bien, et je l'en félicite. Il ne te harcèle pas, comme moi, pour crever ton silence et laisse courir le temps. Je ne sais pas les raisons qui t'éloignent de lui. J'aimerais bien, pourtant, que tu ne l'abandonnes pas. Il ne mérite pas le même traitement que moi. On ne peut trouver meilleure personne au monde. Aujourd'hui, il a besoin du soutien de ses amis, et tu continues à te taire je crois...
Je l'aide bien sûr et le laisserai m'appeler chaque fois qu'il voudra, ou m'envoyer des e-mails, j'y répondrai de tout mon coeur car je l'aime bien. Mais est-ce suffisant ? Alors, si tu passes sur Internet me lire ces jours-ci ou un peu plus tard, j'implore ta bienveillance pour lui. Appelle-le, ou écris-lui, pour lui demander simplement de ses nouvelles et lui donner des tiennes, s'il te plaît. Il te dira probablement ce qu'il lui arrive et sera content de ta marque d'affection et d'amitié. Il retrouvera le frère que tu disais être. Cela lui redonnera l'énergie dont il a besoin, j'en suis certaine. 

Si je devais en rajouter encore sur nous, ce serait pour dire qu'on s'est connus et perdus de vue comme tant d'autres, sauf que ça m'a été particulièrement douloureux, c'est tout. Mais si tu pouvais ne pas oublier notre ami...

Posté par Marygrange à 19:28 - A un ami perdu - Commentaires [0] - Permalien [#]

11 juin 2011

Cycle Cuba à la Cité de la musique les 24 et 25 juin 2011

Cycle Cuba à la Cité de la musique les 24 et 25 juin 2011



Afro-Cuban All stars – Juan de Marcos Gonzáles
...
Trio los Lamas

Rompesaraguey



Pour clore sa saison, la Cité de la musique célèbre Cuba et sa musique !

Du punto guajiro aux genres nouveaux issus de la tradition trova, avec le Trio Los Lamas dirigés par le célèbre luthiste Marcelo Lamas, des tonadas espirituanas du punto aux chansons célébrants la révolution cubaine et ses héros, du groupe Rompasaraguey, en passant par le répertoire jazz afro-cubain des années 40 réinterprété par les Afro-Cuban All-Stars de Juan de Marcos, retrouvez toute la variété et la saveur de l’univers musical de Cuba.



Tarif plein = de 18€ à 24€ selon les concerts

Formule 3+ = 15% de réduction sur l’achat simultané de 3 concerts et plus.

Moins de 28 ans = 9€ (dans la limite des quotas disponibles)

Groupes (à partir de 10 personnes) et Comités d’entreprise = 20% de réduction



En savoir + : http://www.citedelamusique.fr/francais/cycle.aspx?id=393

Informations et réservations au 01 44 84 44 84 et sur www.citedelamusique.fr

Posté par Marygrange à 18:55 - Annonces - Commentaires [0] - Permalien [#]