02 novembre 2009
Inquiétudes... (nouvelle version pour ceux qui auraient lu l'ancienne que je viens de supprimer)
Ces questions ne doivent plus m'importer. Quand on ne doit plus revoir quelqu'un, sa vie ne vous regarde plus. Mais c'est dur de s'en faire une raison et d'oublier sa douleur, sa honte et sa culpabilité.
Nous mourrons dans l'ignorance de nos faits et gestes. Juste il me reste l'amertume de l'avoir connu, car je n'aurais pas souffert de l'interdiction de lui reparler, de le revoir jamais. Et je ne me sentirais pas une mauvaise amie pour qui que ce soit. Je ne craindrais plus le refus de mes lettres à mes amis ou leur non-réponses, des appels téléphoniques raccrochés à l'énoncé de mon nom.
Quelqu'un m'a dit de demander pardon à Dieu. Oui, mais je ne crois pas. Enfin, pas comme lui. Si Dieu pardonne les erreurs, l'homme non. Et les personnes qui m'en veulent continueront leurs reproches indéfiniment.
Il n'y a que l'écriture qui puisse un jour me soulager car elle me reconstruira, ou peut-être l'affection d'un ami qui arriverait à me convaincre que je ne suis pas si dérangeante ni répugnante, que je ne suis pas une ennemie et que j'ai ma place ici-bas malgré tous mes défauts. Qu'il puisse me rendre ma liberté d'aimer...
Je l'ai écrite dans mon dernier poème "Autoportrait", mais je saisis de plus en plus la citation de Jim Harrison : "L'écrivain est peut-être toujours un passager clandestin. Caché, et très en marge". A l'époque, je m'exhibais trop et réclamais à l'excès l'aide de cette personne concernant l'écriture. Elle était dedans depuis bien plus longtemps que moi, et sans doute un écrivain dans l'âme plus clair, car elle a su se mettre "en marge" probablement à la manière de Jim Harrison. Et elle avait raison. Je pense qu'elle continue à écrire. Dommage qu'elle ne se fasse pas éditer, car son talent est des plus grands (presque digne de Jim Harrison avec un peu plus de persévérance et de foi en soi).
J'écris un peu plus "cachée" à présent, mais c'est très difficile pour moi. Cependant, mon journal intime m'y aide plus que mes écrits publics.
Il faut écrire comme l'âme le requiert.
Et puis je communique moins avec mes amis. Suis-je devenue moins importune ?...
27 octobre 2009
Le fleuve rougit (chapitre premier - suite 2)
Journal de Simon Duquesne
15 Mai 1970
Marie m’a dit quelque chose hier dans la cour du collège qui m’a dégoûté. Pourquoi l’a-t-elle raconté au fait ? Pour me blesser, car elle est jalouse de Solange puisque je suis à côté d’elle en classe. De toute manière, c’est une garce Marie. Elle cancane, critique la façon de s’habiller de Solange : « Pas très classe pour la fille d’un banquier ! ». C’est vrai qu’elle porte des jeans à pattes d’éléphant et des chemises à fleurs comme Janis Joplin. (Au fait, j’ai fait une cassette d’elle pour Solange, avec « Maybe », « Mercedes Benz », « Me and Bobby McGee » etc. Demain, il ne faudra pas l’oublier.) Elle dit, Marie, que c’est les hippies qui s’affublent de cette manière avec de grands colliers et des fleurs dans les cheveux. « Elle ne prendrait pas de la drogue en douce, Solange ? » N’importe quoi ! Elle se croit tout permis puisque c’est la fille du maire de Neuville, comme dire du mal de ceux qu’elle considère bien en-dessous d’elle et de sa famille au nom noble, de… Mais hier ce qu’elle m’a dit, si c’est vrai, m’a renversé.
Il paraît que mon père aurait une liaison avec une infirmière de l’hôpital où il est chef de clinique. Une copine de la sœur de Marie, en consultation dans son service, aurait surpris le couple en train de s’embrasser dans un couloir. Depuis le bruit court chez les de… Mais pourquoi mon père irait-il voir une autre ? Je ne comprends pas. C’est qui cette femme ? Comment s’appelle-t-elle ? Si maman l’apprend, tout ira de mal en pis. Ce n’est déjà pas drôle chez nous.
Tiens, pas plus tard qu’hier soir, je les entendais se chamailler dans leur chambre à côté de la mienne. Les disputes, je ne les supporte pas, mais alors pas du tout. Papa est jaloux de maman. Parce qu’elle est jolie, il croit qu’elle veut s’attirer les regards masculins. Moi je sais que ce n’est que pour lui qu’elle se maquille. Elle ne sort quasiment jamais. À l’occasion, il lui arrive de déjeuner avec ses amies. Mais papa pense qu’elles ont une mauvaise influence sur elle et la poussent à fréquenter des hommes, alors maman évite. Parfois j’arrive à me dire qu’il est fou, surtout quand il la bat. J’entends les coups, comme des claques. Et maman crie : « Non, Paul ! Je t’en prie. Aïe !... » Qu’est-ce que je peux faire, moi ? René ne vit plus à la maison. (C’est mon frère.) Il est à la fac à Paris. Puis sa chambre est plus loin. Il dort comme un loir quand il est chez nous. Je ne crois pas qu’il n’ait jamais entendu les parents se crier dessus. Il en a de la chance ! Mais comme moi, il a vu les yeux pochés de maman certains matins. « Qu’est-ce que je suis maladroite, dit-elle dans ce cas. J’ai raté la dernière marche de l’escalier de la cave. Je suis tombée, mais ce n’est rien. Juste un bleu, tu vois. » Oui maman, c’est ça. Mais je n’en crois rien. Au lieu de le lui dire, car je sais que cela la ferait davantage souffrir, je me tais. J’encaisse, comme elle les coups de papa. Pourtant, mon père a la réputation de quelqu’un de calme. Il ne boit pas, écoute avec attention et respect ses patients. S’ils savaient les gens… Il ne s’emporte en fait qu’avec maman. Quant à moi, il me rouspète parfois, mais ne m’a jamais battu.
Pour mes douze ans, j’ai reçu un Opinel de la part de mon parrain. Je l’adore. Je le porte toujours sur moi. Pratique à la cantine pour la viande. Les couteaux du collège ne coupent pas. Papa dit que c’est pareil avec ceux de l’hôpital. Certains malades ont leur propre canif ou couteau suisse. Ils ont bien raison. Moi je me dis que, si j’étais hospitalisé un jour, j’utiliserais mon Opinel. Et puis c’est génial pour se défouler : une branche de cerisier à tailler, le lancer de couteau dans le tronc du gros chêne devant la maison. Et des fois, quand je suis très en colère, je joue à l’assassin. J’empoigne mon Opinel par le manche, lève le bras comme Antony Perkins dans Psychose et feins de l’abattre violemment sur le bureau de ma chambre. Non, je ne suis pas méchant, mon cher journal, mais c’est ce que j’ai de mieux pour me soulager des disputes de mes parents.
Enfin, demain je sors avec Solange. Tu ne peux pas savoir comme je suis heureux. Jusqu’à présent jamais nous avons été tous les deux seuls, face à face, les yeux dans les yeux. Enfants, c’était les anniversaires entre voisins. Nos mamans organisaient tout et qui devait venir. Maintenant nous choisissons nous-mêmes nos amis. Solange a ses copines. Je joue au foot dans l’équipe junior de Neuville. Je suis gardien de but. Ça me fait autant de bien que mon Opinel.
J’ai dit : « Ose donc lui demander de sortir avec toi ! Elle te plaît, voyons. Si elle s’assoit toujours à côté de toi en classe, c’est qu’elle t’aime bien. En tout cas, si elle accepte, c’est dans la poche. Ose, Simon. Ose ! » Je suis mort de frousse, mais je l’ai fait. Et comme je m’en réjouis. A quinze ans, on peut bien avoir une petite amie…
Le fleuve rougit (chapitre premier - suite)
Ce jour-là, la professeur de français était absente. Toute la classe de troisième était en étude en remplacement de ses cours. Une surveillante lisait un livre. À la gauche de Solange, contre la fenêtre entrebâillée faisant entrer la chaleur d’une magnifique journée ensoleillée qui donnait envie de se trouver ailleurs que dans une classe de collège, Simon dessinait des caricatures dans un bloc de feuilles blanches. D’abord Marie la bêcheuse du premier rang qui faisait plein de manières pour attirer l’attention des profs, avec de tous petits yeux bleus, des lèvres en cul de poule prétentieuses, un petit menton fuyant et d’énormes taches de rousseur sous deux tresses d’un rouge flamboyant. On l’appelait La Rouquine au collège. « Tant pis si cela lui déplaisait, elle le méritait bien. » pensait Solange. Puis sur une autre feuille, Simon s’attaqua à la pionne assise au bureau du professeur. Il accentuait, comme celle d’un lutin, ses oreilles pointues dépassant de sa chevelure longue et brune. Trop drôle ! Malgré ses regards en biais sur les œuvres de son voisin, Solange essayait de brouillonner une rédaction qu’elle devait rendre la semaine suivante, si toutefois la professeur revenait.
Au bout d’une heure et quart, alors qu’elle était concentré sur le développement de son sujet : « On interroge un retraité sur l’actualité. Il dit qu’il ne lit pas les journaux et ne possède ni télévision ni radio. Qu’en pensez-vous ? » [Toujours entendre les mauvaises nouvelles, guerres, catastrophes, polémiques etc., c’est fatigant à la longue. Mais écouter à la campagne les oiseaux piaffer, respirer l’herbe coupée, entendre tinter un clocher au loin, tout cela reflète le bonheur et la paix…], Solange reçut une boulette de papier de Simon sur sa table. Elle la prit, la déplia et lut : «Veux-tu qu’on sorte ensemble samedi ? ». Elle se retourna vers lui, inspecta son visage boutonneux par l’acné, ses yeux bleus derrière des lunettes rondes en métal, sa mèche de cheveux gras châtains tombant sur le côté droit du front, son sourire timide et quémandeur. Elle tourna un instant la tête vers la surveillante, toujours les yeux plongés dans sa lecture captivante, et se demanda bien pourquoi cette invitation subite. Ce serait la première fois qu’ils sortiraient tous les deux seuls. Pourquoi ? Que lui voulait-il ?
─Alors ? fit Simon insistant.
Il avait dû parler trop fort pour que la pionne lève la tête et dise :
─Qu’est-ce qui se passe ? Qui a parlé ?
─Personne, Madame ! osa répondre Simon.
─C’est Simon, Madame ! ajouta l’impertinente Marie.
─C’est pas vrai ! rétorqua Solange.
─Un peu de calme, voyons. Bon, pour cette fois je passe. Mais ne recommencez pas. Vous m’avez comprise ?
─Oui, fit en chœur toute la classe. Et la jeune femme aux oreilles de lutin reprit son passionnant livre.
Pendant tout le reste de l’étude, Solange termina sa rédaction au sujet qui ne l’emballait pas beaucoup. Simon dut attendre sa réponse jusqu’à ce que sonne l’alarme indiquant la fin de ce qui aurait dû être leur cours de deux heures de français.
Il réitéra sa question à Solange.
─Alors ?
─C’est OK.
─Chouette ! s’exclama le garçon. Et il sortit dans le couloir en sifflotant d’un pas alerte qu’on pourrait qualifier de joyeux. Il était grand pour son âge, déjà 1,75 mètre. Le sport et les promenades en forêt avec son chien, un labrador noir, lui donnaient un air athlétique qui n’était pas pour déplaire aux adolescentes du collège. Mais son visage aux stigmates ingrats de l’acné occasionnait certaine réticence, ce qui ne retint pas Solange d’accepter son invitation à sortir.
25 octobre 2009
Recueil de nouvelles noires
Là, c'est du sérieux. J'en ai assez de me dire que je devrais finir ces nouvelles commencées il y a des années, certaines quasiment écrites mais complètement à revoir, d'autres ayant une version poétique (Le fleuve rougit), et encore... Je me suis récemment rendu compte que toutes ces nouvelles avortées avaient un corollaire entre elles. Dans toutes, les criminels n'étaient pas rattrapés par la justice, en tout cas pas de leur vivant. D'où l'idée de les rassembler dans un recueil. Mais pour cela il faut les écrire. J'aimerais qu'elles deviennent de courts romans plus que des nouvelles, c'est-à-dire un peu comme "Légendes d'automne" de Jim Harrison. Je m'explique, celles-ci sont comme des romans condensés, brefs mais complets. Et elles comportent une moyenne de cent pages chacune et une structure en chapitres, trois pour la plupart, se terminant par une postface. C'est ce que je voudrais faire pour ce recueil de quatre à cinq récits, mais sans le talent de l'auteur du Michigan (aujourd'hui au Montana) évidemment. Je l'intitulerai peut-être comme cette nouvelle à laquelle je m'attaque en ce moment, "Le fleuve rougit".
Il y aura des intrigues différentes les unes des autres. Un Serial Killer épris de couteaux et d'Opinel, un homme de loi retraité aux prises avec un démon du passé, l'histoire d'un mot de passe qui occasionne la folie d'un homme tout à fait normal et équilibré, une identité usurpée dans de cruelles circonstances et un accident de la route provoqué par la jalousie d'une personne à la poursuite d'un(e) rival.
Je suis maintenant à mi-parcours du premier chapitre de "Le fleuve rougit". Je viens de vous poster les deux premières pages. Bonne lecture !
Le fleuve rougit (Chapitre premier)
Solange vivait à Gretz, un petit village de 500 habitants de Seine-et-Marne. La ville la plus proche, distante d’une dizaine de kilomètres, se nommait Neuville-Sur-Marne. Son père l’y conduisait, les jours de classe, à son collège, puis regagnait Paris. 90 kilomètres aller-retour, son trajet quotidien. Pas bien drôle quand il y avait grève des transports, ou quand s’abattait le brouillard sur la chaussée et le verglas en hiver. Pauvre papa ! Mais il allait à son travail sans se plaindre. Il fallait bien gagner de l’argent. « Cela ne fait pas vivre, l’art ! », lui disait son père quand il envisageait de devenir musicien. Pour avoir la paix, il fit des études de management bancaire et peu à peu gravit les échelons qui l’ont mené au poste actuel de secrétaire général d’un groupe financier international. Cela lui a permis de faire construire une grande villa en banlieue avec un parc. Et un jour arriva à la maison un piano pour Solange qui montrait, à ses huit ans, les mêmes velléités pour la musique que lui. Elle s’installa tout de suite sur le tabouret livré avec, mit les mains sur le clavier et enfonça les deux index sur les touches au hasard.
« ─Tu sais en jouer, Papa ?
─ Et comment !». Ses doigts étaient rouillés, mais il réussit à exécuter Rêveries de Robert Schumann de mémoire. Une pièce enfantine que plus tard sa fille jouerait en public au cours d’un examen en auditeur libre. Elle réussit haut la main ses premières années de solfège et de piano.
En septembre Solange irait au lycée, à condition d’obtenir le brevet en juin. Mais il n’y avait pas lieu d’en douter, c’était une bonne élève. Elle arrêterait ses cours particuliers de musique pour entrer au conservatoire de Neuville. Son père l’encourageait avec enthousiasme. Si elle voulait devenir musicienne, elle le serait. Surtout qu’elle ne soit pas malheureuse comme il le fut à son âge. Il avait conservé le douloureux sentiment d’avoir raté sa véritable vocation. Il fallait que Solange persiste dans ce qu’elle aimait. Sa mère, plus terre à terre, se retenait de dire son désappointement. Elle aimerait que sa fille soit indépendante, non vivre comme elle aux crochets d’un époux, même si son mariage était heureux. Qu’elle ait au moins une chance de trouver un métier sûr, si son talent ne suivait pas ses aspirations.
Pendant que sa mère s’inquiétait sur son avenir, Solange se demandait si Simon, qui vivait deux rues plus loin, irait au même lycée qu’elle.
(A suivre)
15 octobre 2009
Autoportrait (2ème partie)
« Un écrivain est peut-être toujours un passager clandestin. Caché, et très en marge. », Jim Harrison.
Je me ressens parfois telle une décalée
Incomprise par tous, à commencer par moi,
Et contrainte beaucoup à vivre recalée,
J’ai eu de mes échecs un douloureux effroi.
Je n’attends plus, voyons, une reconnaissance
Pour l’un de ces talents que je n’ai sus bâtir,
Mais il m’échoit toujours de mener l’existence
Que ma naissance a faite et que je dois subir.
Il faut bien être actif pour soi-même et les autres,
J’en conviens, croyez-moi, et pour cela j’écris.
J’extirpe ma tristesse en l’envoyant aux peautres
Pour conserver au moins la douceur d’un souris.
Tels qu’à tous, s’éteindra ma si banale vie,
Guère plus qu’un brouillon comme aujourd’hui ces mots.
Et jusqu’au bout j’aurai cette drôle d’envie
De la revivre au cours de nombreux jets normaux.
Bien sûr c’est infaisable et ma vie est unique.
Je m’impose quand même à toujours l’accepter.
Je me dis : « Vis pour toi. Ne sois pas si pudique.
Tu n’as pas cette dette ici-bas à payer. »
Qu’on prenne, si l’on veut, ce que je pourrai faire,
Si cela peut offrir quelconque réconfort.
Cependant si cela toujours vous indiffère,
C’est que je n’aurai pas fourni tout mon effort.
Je ne serai que ça, une pauvre timide
Que l’on dit parano, qu’on ne sait recevoir,
Une poétesse et écrivain insipide
Qui se fond dans la foule en tuant son espoir.
Ô jambes mortes, Ô poliomyélite !
Mais qu’importent alors ces vulgaires méfaits !
J’aurai vécu vraiment comme je le mérite,
Ni trop mal ni trop bien, revêtant mes effets
Médiocres. Mon âme, en s’étant mise à nue,
Partira toute seule et libre au Paradis
Ou l’Enfer, s’il en est. Une fois disparue,
Il ne restera rien des maux que je vous dis.
Mais sur Terre j’aurai connu aussi la joie
Au gré de la Nature, et de l’Art, de l’Amour…
Qu’on fasse, à cette mort, un grand feu qui rougeoie
Sur des bouches chantant au rythme d’un tambour.
Autoportrait (1ère partie)
Poème en deux partie que j'adresse surtout aux gens qui n'ont pu ni ne peuvent me comprendre, dont cet "ami perdu" et ceux de sa famille que j'ai tant agacés et qui jamais sans doute ne me pardonneront...
***
« Je me peins parce que je suis très souvent seule, parce que le sujet que je connais le mieux, c’est moi-même. », Frida Kahlo.
Il fait bien mal de vivre en cette terre impure
Où l’homme se démène en multiples dénis,
Où l’on s’emporte tant à chaque forfaiture :
Un artiste repris par des faits impunis,
La sexualité de certain journaliste
De télévision, d’envoyés outragés.
Et je ne fais aucun cas de la longue liste
Des catastrophes dont nous sommes ravagés…
Rare est le dénouement heureux qui s’abandonne
À la Une de tous les mondiaux journaux.
Rare est conté l’effort de l’acte qui couronne
La générosité de simples gens normaux.
Et ce n’est que souffrir en vain pour ces nouvelles,
Comme ça l’est pour soi lorsque plus rien ne va.
Mais il faut bien lutter pour nos rêves rebelles,
Et pour lancer au vent au moins un seul viva.
Pourquoi donc épouser l’opinion commode
Que nourrissent souvent les clichés rebattus ?
Pourquoi nous obliger à poursuivre son code ?
J’en ai l’intégrité et le cœur abattus.
Qu’elle est la vérité ? Est-elle différente
De ce qu’on nous fait croire et nous donne en reflet
De la réalité plus ou moins inquiétante ?
Pour ne plus regarder vers un avenir laid,
Je lis un bon roman ou écris un poème,
J’écoute un cher CD de blues ou de tango,
Je m’adonne au plaisir d’une vie de Bohème
Et je peins sur le monde un ciel bleu indigo.
Je revis au soleil et meurs avec la pluie.
Rapides sont mes mots, lumineux ou brumeux.
Dans ma bouche, ils ne sont qu’objet de fâcherie.
Rassemblés sur papier, ont-ils d’autres enjeux ?
14 octobre 2009
Radios espagnoles sur Internet
Pour les visiteurs de cette catégorie, j'offre ce lien d'une longue liste de radios d'Espagne sur Internet qu'on peut écouter en direct. Il existe aussi d'autres listes de pays hispanophones sur le site...
http://fr.delicast.com/radio/Espagne/
En haut à droite, il y a un lien pour la télévision, s'en suit toute une liste de chaînes locales et autres...
05 octobre 2009
Hommage à Mercedes Sosa
J'ai appris son décès ce matin à la radio. Elle avait 74 ans. L'une des plus belles voix d'Amérique latine.
"Ay, este azul"
Mercedes Sosa "Ay Este Azul"
envoyé par chilerusia. - Clip, interview et concert.
"Gracias a la vida"
Mercedes Sosa - Gracias a La Vida (Violeta Parra)
envoyé par btayeb. - Films courts et animations.
Une très belle chanson de l'auteur de la Misa Criolla Ariel Ramirez... "Alfonsina y el mar"
01 octobre 2009
« En marge », de Jim Harrison
Un livre autobiographique où l’auteur se met à nu avec grande sincérité et humilité. Une philosophie abordée parfois avec humour, qualité indéniable d’un écrivain talentueux.
L’ego d’un aficionado de l’écriture comme moi reçoit, à sa lecture, une claque et une leçon : « mais par bonheur mon éducation me prémunissait contre l’importance ou la vanité, qui est le revers indissociable de l’apitoiement sur soi ».
Ainsi j’ai appris à quel point il faut lire et étudier pour s’adonner véritablement à l’écriture. Combien sont primordiales les expériences de vie, sans forcément tomber dans les excès. Ça a été le cas de l’auteur qui maintenant s’est dégagé de ses dépendances. Dorénavant il privilégie ses longues promenades à pied avec ses chiens en s’asseyant parfois sur une souche d’arbre pour méditer. Il faut s’emplir d’images et de sensations afin d’élaborer les moult détails d’une fiction. Le contact avec la nature les apporte si bien, mais pas seulement.
Les voyages au Canada, en France, Au Mexique, au Brésil… de Jim Harrison, ainsi que ses lieux de vie : sa ferme et sa retraite en rondins du Nord-Michigan, sa « casita » à la frontière mexicaine, sa famille pauvre et cependant cultivée (son père aimait les mots et l’encourageait à écrire, tandis que d’autres bloquent les rêves d’avenir de leurs enfants), ses amis littéraires et artistes, d’autres gens encore ont façonné et alimenté copieusement son talent de romancier et de poète.
On découvre ses origines, son œil abîmé, ses chiens, « l’amour romantique » et durable de son épouse, ses deux filles dont une écrit des romans dans le Montana près de qui maintenant le couple réside, sa passion pour la gastronomie, la nature, la pêche et la chasse, le strip-tease, son attache à la France, ses itinéraires en voiture à travers les Etats-Unis, Hollywood, son goût profond pour la littérature dont la poésie qui l’a conduit vers le scénario et le roman, sa « religion privée », sa relation avec les Autochtones américains… Un homme et un écrivain qui sait appréhender son art : « Tous les éléments d’une culture complotent contre le développement de l’individu artiste qui a été assez téméraire pour se mettre en marge afin de répondre à ce qu’il croit être sa vocation ».
Mais si vous n’avez pas lu de livres de Jim Harrison, avant « En marge » lisez quelques unes de ses œuvres. Pour ma part, c’était « Dalva » et sa suite « La route du retour », « Légendes d’automne » et « Nord-Michigan ». Maintenant j’ai hâte de lire deux recueils de poésie traduits en français et ses premiers romans « Wolf » et « Un bon jour pour mourir ». Pour l'heure je garde précieusement l’enseignement de « En marge » dans ma tête d’aficionado de l’écriture.
Je tiens à remercier Jim Harrison et tous les auteurs qui comme lui nous font partager le monde secret de l’écriture et de leur vie, ainsi que l’intelligence de leurs œuvres. Avec eux nous ne pouvons que progresser.
28 septembre 2009
Samantha Geimer et l'affaire Polanski
Roman Polanski vient d'être arrêté en Suisse pour une histoire d'abus sexuels vieille de plus de trente ans aux Etats-Unis, un pays qui ne connaît pas la prescription sur des crimes impunis vieux de plusieurs décennies. Il ne m'appartient pas ici d'apporter un jugement quelconque sur la culpabilité du cinéaste ni sur les raisons qui ont poussé les Suisses à agir de cette manière avec lui. Mais je pense à Samantha Gailey, devenue Geimer en se mariant.
Elle a une vie tout à elle à ses quarante-cinq ans. Elle s'est remise des faits puisqu'elle a dit qu'elle les pardonne. Pourquoi la justice américaine devrait-elle rouvrir les plaies du passé de cette femme sans faire cas de son désir de tourner la page ? Moi je sais que je n'aimerais pas refaire un travail de mémoire pénible et douloureux à sa place. Au procès, s'il avait lieu, je ferais en sorte que les juges m'écoutent. Car il devrait être pour moi et non pour satisfaire un obscur sentiment de vengeance d'un juge, lié à la fuite de l'accusé en 1978, et de l'opinion publique. Un artiste, pour calmer je ne sais quels démons intérieurs ou pour activer son imaginaire afin de créer, souvent s'adonne à l'alcool, au sexe et aux drogues. Il tombe dans des crises de désespoir, des dépressions, mais un jour il refait surface et se repent. Cela ne pourrait-il pas être le cas pour Roman Polanski ? Je crois que Samantha Geimer l'a compris en lui pardonnant. Sans doute a-t-elle une sensibilité qu'un homme de loi ne possède pas ni l'opinion publique. Sans doute a-t-elle fini un jour par penser à Sharon Tate enceinte assassinée par les démoniaques de Charles Manson et à ce que cela a produit sur l'esprit de son époux Roman Polanski, au point de le pousser au pire un jour sur elle.
Ce matin, j'écoutais l'émission "Si bémol et fadaises" de Pierre Bouteiller sur TSF Jazz. J'aime beaucoup ce journaliste qui en début d'antenne fait cas de l'actualité en donnant son opinion toute personnelle avec son brin d'humour qui le caractérise. Alors, évidemment, aujourd'hui il a parlé de l'arrestation de Roman Polanski en Suisse, et il a eu cette petite phrase "Il vaut mieux s'appeler Jackson que Polanski". Michael Jackson, on ne pourra plus s'attaquer à lui pour ses prétendus actes de pédophilie. Il est mort !
Je ne comprends pas l'acharnement de cette justice d'un pays pas si exemplaire que ça puisqu'il perdure la peine de mort. Pourtant je l'admire notamment pour ses écrivains contemporains. Je rêve de connaître les Etats-Unis un jour.
Mais je condamne, n'ayez crainte, tout acte de violence et de pédophilie, tous les crimes. Cependant je fais cas de l'opinion d'une femme qui aujourd'hui veut oublier d'avoir été un jour une victime et pardonne à son agresseur. Elle est en droit de le faire et on se doit de l'écouter. C'est pour elle que je parle plus que pour défendre Roman Polanski.
12 septembre 2009
"Le cri du silence" de Zoubida Touarigt
Je voudrais vous parler d'un ouvrage particulier qui m'est cher et m'a fort émue tant il est criant de vérité, croyez-moi. C'est le témoignage d'une jeune femme atteinte du "locked-in-syndrome", un état physique révélé par "Le Scaphandre et le Papillon" de Jean-Dominique Bauby qui en était frappé des suites d'un AVC (accident cardio-vasculaire). C'est un blocage complet de la personne selon la gravité du cas et sa récupération très lente...
Zoubida Touarigt, que je connais depuis mes derniers séjours à l'Hôpital Maritime de Berck-Sur-Mer où elle est résidente depuis plusieurs années, a été frappée par un AVC en 2003. Dès lors, paralysée des quatre membres, trachéomisée mais ayant pu s'affranchir des appareils respirateurs, elle ne peut plus parler, juste un filet de voix qui coûte à entendre aux personnes non habituées aux aphasiques, j'ai souvent regretté mon incapacité à cela. Mais son visage est des plus expressifs, toujours souriante, traits détendus lui procurant l'apparence d'un âge en-dessous du réel. C'est peut-être pour cette raison qu'on a un peu trop tendance à la tutoyer. Puis sur Internet j'ai été étonnée d'apprendre son métier de journaliste (comme Jean-Dominique Bauby), et ses études universitaires qui ne sont apparemment pas prises en compte par ces soignants qui tendent à l'inférioriser au vu de son handicap. Comme si tout était inerte, paralysé chez une personne comme elle, l'intellect aussi. Je vous assure qu'à la lecture de son texte on se rend compte que non.
Etant totalement paralysée, vous vous demanderez "Mais comment l'a-t-elle écrit son livre, si elle ne peut pas utiliser ses mains ?". Eh bien la technique peut faire des miracles. Zoubida bouge parfaitement sa tête et se sert tout simplement de son menton. Je savais qu'elle est une bonne conductrice de son fauteuil électrique (bien meilleur que certains qui manipulent le leur avec une main) au moyen d'une boule enveloppée d'un tissu, juste placée devant son menton. Une très sympathique ergothérapeute, que je connais aussi et apprécie, lui a confectionné un système similaire attaché à un clavier d'ordinateur. Et c'est ainsi qu'elle a écrit son livre "Le cri du silence", très court mais éloquent. Ce qu'elle dit suffit pour se faire une idée du handicap qu'elle porte et des conditions dans lesquelles vivent, dans cet hôpital impersonnel d'une région les plus froides de France et venteuses, ces personnes qui malgré elles y ont élu domicile depuis de nombreuses années. Difficile de leur trouver un logement social ou un foyer, ou bien encore une maison de retraite. Sans l'amour d'une famille, tout part en vrille...
On pourrait appuyer ses dires de nombreux témoignages qui vous surprendraient. Peut-être qu'un livre plus complet pourrait réveiller les gens sur cette situation, s'il pouvait se concrétiser et se faire éditer par un bon éditeur. Car tout ce que dit Zoubida, je peux vous assurer que c'est vrai. J'ai pu le vérifier sur place de la bouche d'autres habitants des lieux. Mais il n'y a pas que des résidents de longue durée dans cet hôpital, aussi y viennent faire de courts séjours de convalescence d'autres handicapés et des cures d'amincissement les personnes obèses avec ou sans handicap. Il n'est pas très simple non plus pour un tel hôpital de gérer tous ces patients très nombreux avec des moyens et des effectifs réduits à cause sans doute de l'état des fonds de la Sécu. Il faut peut-être essayer de moins y aller, j'y pense pour moi...
Zoubida compare l'hôpital à une prison tout en évoquant la non culpabilité des handicapés. Ils ne purgent pas de peine, mais combien de parents, d'amis leur ont tourné le dos. Alors ils se résignent, ou pêtent un plomb comme cet homme qui boit de la bière dans son fauteuil roulant parce que sa famille ne veut plus qu'il retourne chez lui, je l'ai souvent vu faire. Tandis que Zoubida résiste, au point un jour de se mettre à crier de toute la force de son silence, et se relie au monde avec Internet et une association qui sait l'écouter. Si je reprends l'image du "Scaphandre et le Papillon", je dirai que le papillon de Zoubida est sorti de sa chrysalide. Il se libère des murs rouges de l'Hôpital Maritime de Berck pour nous toucher de ses ailes à la lecture de ses mots, pour nous dire qu'en ces lieux il y a des gens du personnel formidables et dévoués. Zoubida aime faire la part des choses. Mon seul regret est sa pudeur a nous en dire davantage sur elle, sa vie, ses relations, sa famille, son métier. Mais ce doit être pénible d'écrire avec un menton et sans doute pas tout le temps qu'on aimerait. J'ose croire qu'un jour elle pourra exaucer son voeu d'utiliser au moins une main...
"Le cri du silence" peut se télécharger en pdf. Il suffit de cliquer sur le lien du titre dans la page de l'Association ALIS (pour laquelle aussi Zoubida écrit des articles sur la vie de l'hôpital, ses manifestations culturelles etc.) que je vous donne ici :
http://alis-asso.fr/ewb_pages/l/livres_et_films.php
10 septembre 2009
Ajout du blog "Les démêlés de l'âme"
Je viens tout juste de créer un nouveau blog. Il fait suite à ce qui s'est passé sur un site très couru que je peux nommer tout compte fait, TLP. Pourquoi le cacher ? D'autres ne se sont pas privés de le critiquer en créant de nouveaux forums à se voir floués ou obligés de payer pour continuer de publier (il existe aussi une exonération).
Oui, il faut payer maintenant juste pour le droit de publier et faire protéger ses textes, pas pour les autres fonctionnalités. J'avais voulu ouvrir ce nouveau blog chez eux, mais je n'ai plus trouver la fonctionnalité de le créer. Lorsqu'on va aux blogs poétiques, on ne trouve que la liste des blogs et rien d'autre. Donc je me suis repliée sur mon bon vieux Canalblog qui est simple d'usage et ne me fait pas défaut.
Voilà où j'en suis. J'essayerai de ne pas prendre ombrage dans ce que j'écrirai sur ce nouveau blog du type de Journal Intime. Je serai franche, mais tendrai à être claire et juste. Pas rancunière, même si les rancoeurs me rongent encore l'esprit. Et si je peux, je privilégierai l'humour ou la dérision.
Le lien se trouve dans "Autres blogs", mais je vous le donne ici :
http://marygrangebea.canalblog.com/
Je commencerai à le remplir dans la journée sans doute. Ce sera comme ça me vient sans le filet du brouillon, mais je saurai corriger mes erreurs le moment venu...
Cela ne m'empêchera pas de continuer à écrire ici d'autres choses comme toujours, et même si je me fais rare.
04 septembre 2009
Au cybercafé
Site d’Internet
Spécifique de rencontres.
Une courte annonce ;
Un homme la voit, répond,
Curieux de savoir qui c’est.
Suivent des messages.
Affinités culturelles.
Rencontre prévue.
Le jour vient. Il se prépare
Et languit de la connaître.
Fard sur les paupières.
Gloss aux lèvres. Blush aux joues.
Tenue impeccable.
Elle hésite à y aller.
Lui plaira-t-il seulement ?
Au cybercafé
D’un boulevard parisien,
La femme l’attend.
Il la reconnaît, heureux
Qu’elle soit comme décrite.
Un jeune à côté
Converse dans un micro
Avec écouteurs.
Ils consomment un café.
Ses yeux étonnent la femme.
Le type à côté
Retire son micro-casque,
Fin de connexion.
L’homme voudrait que la femme
Le suive jusqu’à chez lui.
Ils règlent la note,
Quittent le cybercafé.
Arrive un taxi.
La femme, soudain, a peur.
Elle ne sait pas pourquoi.
Un immeuble ancien
De l'avenue Gambetta.
Devant, ils s’arrêtent.
« Pourquoi tremblez-vous ? », fait l’homme.
Elle esquive la question.
Spacieux hall d’entrée.
Bacs de plantes, un tapis
Rouge sur les marches.
Finalement, elle suit.
Quelque chose en lui fascine.
Riche appartement.
Table basse, deux fauteuils,
Divan. Ils s’assoient.
Ils se parlent face à face.
« Je vous aime », lui dit-il.
Le dîner est prêt :
Saumon, riz, salade, vins,
Et pour dessert glace.
L’homme se lève de table.
Il s’approche. Elle résiste.
Mains serrant son cou.
Peau meurtrie. Étouffement.
Elle s’évanouit.
Soudain on sonne à la porte.
Soulagée, elle revit.
29 juillet 2009
La hache musicale (version poétique de la nouvelle)
Dernier accord mineur.
Il pose son stylo,
Place la partition
Dans un tiroir de meuble.
Il la trouve jolie
Cette composition.
Toutes le sont pour lui,
Mais aucune ne plaît
Aux maisons d’édition.
Sa pensée, soudain, dit :
« Arrête ça, voyons !
Ne te fatigue pas.
Cela ne sert à rien. »
Peut-être. En attendant,
Il lui prend une envie
Qui est plutôt étrange.
***
Dans le fond du garage,
Entre deux vieux cartons,
Il rencontre une hache.
Il essaye son fil
Sur l’un des cartons vides.
« Ça fonctionne ! » Il retourne
À son maudit studio.
Il dépose à l’entrée
L’instrument destructeur,
Et prend un feutre rouge
Pour biffer chaque page
Des livres, partitions…
Puis il reprend la hache.
Alors, furieusement,
Il abat tous les meubles
Dont ses chers instruments
De musique. On entend
Les vagissements fous
D’un piano qui se meurt !
***
Craignant pour sa vie ou
Celle de quelqu’un d’autre,
Il laisse là la hache
Et file vers l’entrée,
Saisit son pardessus
Et sort toute la nuit.
***
C’est un matin d’hiver.
Le soleil vient de poindre
Sur un jardin public.
Un homme est affalé
Sur un banc, endormi.
Le jour alors l’éveille.
Saisi de froid, il glisse
Les mains au fond des poches
D’un manteau gris épais.
Il touche, dans la droite,
Un objet métallique.
C’est un harmonica.
« Tiens, ça alors…, dit-il.
Il a échappé à
Ma furie d’hier soir ! »
Tout machinalement,
Il le porte à ses lèvres
Et se met à jouer
Son dernier rejeté
Blues. Les gens d’alentour
S’approchent de son banc.
Ils l’écoutent émus,
Et, à l’ultime accord,
Au grand étonnement
De ce compositeur
Hier désespéré,
L’applaudissent très fort
Et lui lancent des pièces.
L’homme au pardessus gris
Range l’harmonica
Dans sa poche et salue
Le public. Il ramasse
Son tout premier cachet,
Puis rentre en paix chez lui.
26 juin 2009
Michaël Jackson
Pas de commentaire sur sa disparition trop rapide. Juste du respect pour l'artiste extraordinaire qu'il était et des vidéos...
Michael Jackson - Thriller
envoyé par leblogcine. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
Michael Jackson bad
envoyé par hellvis2. - Regardez la dernière sélection musicale.
Michael Jackson - Black or White
envoyé par leebil
Farrah Fawcett
Une belle femme et intelligente, je crois bien, disparue hier...
11 juin 2009
"Duma Key" de Stephen King
Edgar Freemantle est un entrepreneur de travaux publics et victime d’un accident grave sur un chantier : une grue pénètre dans le côté droit de sa voiture en reculant et lui arrache le bras, et il se trouve qu’il est droitier. Il part en convalescence en Floride sur une île appelée « Duma Key ». Auparavant, dans une de ses propriétés où il débuta sa récupération, il s’était pris à dessiner pour passer le temps. Mais c’est sur l’île du Golfe du Mexique que son talent s’est révélé grâce à la solitude et la splendide vue aux couchers de soleil beaux à couper le souffle (et à les peindre…). Il fait connaissance de voisins étranges, et sent peu à peu une présence en lui qui le pousse à peindre frénétiquement à s’en affamer. Son bras droit le démange (il paraît que cela arrive aux personnes en manque de membres) pour exprimer l’envie de se mettre à l’ouvrage ; parfois il lui apparaît comme un fantôme. Mais il n’y a pas que ça, ces tableaux sont révélateurs d’événements dont il ne peut connaître l’existence et bien d’autres choses aussi extraordinaires. Il connaît la gloire, mais son talent possède un pouvoir dont il faudra se débarrasser… Il finira par abandonner l’île de Duma Key aussi belle que maléfique.
J’apprécie beaucoup quand Stephen King aborde les thèmes sur l’art et le talent dans ses livres tels que « Sac d’os », « Duma Key » évidemment, et « Écriture » qui m’a le plus poussée à écrire, surtout un jour la prose. C’était pour moi un don du ciel, un cadeau merveilleux que ce livre sur l’art d’écrire. Il faut une extrême générosité pour révéler son savoir-faire, et Stephen King indéniablement l’a en lui. En cela je lui serai éternellement reconnaissante. J’aime quand il dit : « Finalement, je n’écris que pour deux raisons : pour me faire plaisir et pour faire plaisir aux autres. » À méditer.
Voici quelques expressions que j’ai rencontrées dans « Duma Key » et qui m’ont marquée :
- « Tu peux le faire. »
- « Il arrive que la compréhension fasse l’économie du cerveau et procède directement du cœur. »
- « N’emprunte jamais plus que cent fois le niveau de ton QI. »
- « … je ne voyais personne et ne parlais à personne, sinon à moi-même. Il ne restait presque plus rien du superficiel et, lorsque cela vous arrive, vous commencez à vous entendre vous-même clairement. Et une communication claire entre soi et soi - j’entends par là le moi superficiel et le moi profond - est l’ennemi du doute. Elle détruit la confusion. »
- « L’art, c’est le souvenir, Edgar. Il n’a pas de manière plus simple de l’exprimer. Plus le souvenir est limpide, plus l’œuvre est belle. »
- « Son talent était affamé. Les plus grands talents -comme les pires- le sont toujours. »
- «… si vous vous racontez le mensonge des artistes médiocres - que vous savez ce que vous faites -, vos chances d’accéder à la vérité seront anéanties. »
- « Ne pas arrêter tant que le dessin n’est pas terminé. »
- « Quand je peignais, je tombais amoureux du monde. Quand je peignais, je me sentais entier. »
- « Sachez quand vous avez terminé et reposez alors votre crayon ou votre pinceau. Tout le reste n’est que vie. »
Pour moi, Stephen King est un grand poète même s’il ne publie pas de vers, un humaniste doublé d’un romancier de génie. Et cela malgré l’horreur, la frayeur, les sueurs froides de ses livres. Il faut savoir accepter que quelque chose d’autre se trouve toujours en filigrane des mots, qu’on puisse le remarquer ou non, et malgré l’insipidité de l’apparence. Cette double écriture existe chez Stephen King. Et ses livres n’ont rien d’insipide, du moins à mon goût…
02 juin 2009
Vivi Lablonde !
Je fréquente depuis peu Facebook où j'ai découvert le grand talent de ma jeune cousine surnommée Vivi Lablonde. Elle est illustratrice et dessinatrice de BD. Elle travaille entre autres pour un hebdomadaire très connu...
Allez sur son blog, vous ne serez pas déçus, tout au contraire, croyez-moi (et je le dis en toute objectivité malgré ma fierté de parente !).
Elle est douée et a un humour moderne qui ne peut manquer de vous plaire, enfin j'imagine.
Personnellement, je crois très fort en son talent et en son avenir tout couronné de succès.
Si vous voulez oublier les tracas de l'existence, plongez-vous dans ses dessins, et le sourire et la bonne humeur vous reviendront à tous les coups !
http://vivilablonde.blogspot.com/
29 mai 2009
Une balade aux Îles Marquises
J'ai trouvé un lien de vidéos superbes sur la Polynésie que je vous ferai partager. Les images sont de bonne qualité. J'aimerais beaucoup connaître l'Océanie, et ces images me font voyager au moins dans la tête.
Bon voyage !
