09 décembre 2006
En route pour l'Héliomarin
Premier voyage en train, celui dont je me souviens en tout cas.
Il fallait changer d'air, donner la chance à mes poumons, fatigués par l'odieuse maladie, de devenir fiables.
Du monde sur le quai… mais nous sommes montés tous à temps.
On nous a portés dans nos compartiments, nous petits enfants polios.
Ils étaient gentils les accompagnateurs, mais mes parents n'étaient pas là…
( Ils devaient penser à moi, je crois, là-bas en Algérie, où la famille s'était installée pour raisons militaires. )
J'en avais gros sur la patate de ne pas avoir ma maman pour lui dire au revoir, mais j'étais toute excitée aussi par la nuit si différente des autres qui se présentait, et l'avenir au bord de la mer…
Fini Garches et les premières récupérations des séquelles. Bientôt l'école, la maternelle…
Enfin le monde normal, même à l'hôpital, m'ouvrait ses bras !
Les infirmières m'ont placée dans un lit étroit avec les autres dans un compartiment de seconde ou troisième classe ( mes souvenirs ne sont pas tout à fait clairs après 45 ans ! ).
J'ai voulu tout retenir du voyage, tout savourer… les lampes jaunâtres du plafond, mon petit espace tout à moi, les reflets sur la vitre du wagon derrière ma tête quand je la tournais vers eux, les voix des cheminots aux arrêts dans les gares, les respirations des dormeurs.
Sans doute ai-je dormi aussi, très probablement, bercée que j'étais par le mouvement du train, ce bruit monotone et continu que j'aimais tant déjà… Je ne m'en souviens guère pourtant.
Puis, au petit matin, arrivée à Hendaye. Descente du train.
Enfin l'Héliomarin où m'attendaient de nouveaux parents. Ce personnel soignant que l'on devait tous appeler papas et mamans…
Commentaires
Garches il y a 50 ans déjà
connue Paule Fauconnet, enfant polio à Garches il y a 50 ans :
polio en1957
j avais 3 ans .garches et hendaye
polio en juin 1957
brigitte
Pardon, Ptitecoquine. Je vous réponds bien tard. Nous nous sommes peut-être croisée, Paule et moi dans les couloirs de Netter1 à Garches. Mais ma mémoire, vu le temps écoulé, fait défaut...
Pareil pour vous, Brigitte. Etant donné que nous sommes de la même génération de polio, même âge, nous avons porbablement été ensemble aux mêmes lieux. Mais la mémoire...
Mes amitiés à toutes les deux,
Béa
