Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

28 février 2009

Changement de titres

J'ai changé l'intitulé du livre. Il devient "Le silence à combattre". Dans "le combat du silence" on peut entendre "le combat pour le silence" et non "contre". Et puis toutes les catégories de silence ne sont pas bonnes à combattre. Pour moi il n'y en a qu'une espèce dont je parle dans cette histoire à Granville... Celle-ci change aussi de titre. C'est "Le relais".
D'autres retouches sont en cours, dont toute une refonte de "Les deux systèmes". Après le week-end, j'y reviendrai...

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27 février 2009

Le relais -3-

Yannick est anthropologue. Il ne peut plus se déplacer, mais il écrit des articles pour des revues scientifiques. Cela le relie à la vie sociale et entretient sa culture qu'il a grande. C'est un homme brillamment intelligent. Il m'a demandé de lui chercher sur Internet des informations auxquelles il n'a pas accès là-bas. Sa confiance en moi me fait plaisir, elle consolide notre jeune amitié. Il a pris mon numéro de téléphone et m'appelle fidèlement depuis mon retour. Je ne dérogerai jamais, à moins que ce soit son vœu, au relais que je suis devenue entre le monde et lui dans cet hôpital normand. Il continuera à converser avec ceux qui le rencontrent et lui plaisent sur la route de son fauteuil roulant, histoire de faire un pied-de-nez, digne de son humour, au silence méprisant et destructeur. Je suis heureuse de faire partie de ceux-là.

 

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Le relais -2-

  Yannick est un Parisien de mon âge. Sa paraplégie est récente. Un accident de 4X4 survenu au cours d'un périple d'études en Amazonie il y a deux ans. Il est en fauteuil roulant manuel, et cela fait huit mois qu'il se trouve à Granville en attente d'un logement adapté. Ils sont nombreux à espérer comme lui un domicile convenable dans cet endroit, dont les gens ignorent le rôle d'auspice.

   Se rend-on compte de l'impact de ce mode de vie ? Les soins et les allocations ne remplaceront jamais l'amour ni la paisible certitude de valoir quelque chose. Le handicap, quand il vous tombe dessus à l'âge adulte, est un ouragan qui rafle tout sur son passage, les contacts, les ambitions, le sentiment de partager et de contribuer au monde. Mais cela peut être une aubaine. Il y a des génies qui déchirent l'image de leur paralysie, ce que faisait Jean-Dominique Bauby avec juste un œil, cloué dans son statique "locked in syndrome". Il a laissé un souvenir indélébile à l'hôpital de Berck, à toutes les personnes affectées dans leurs muscles, à leurs proches et au monde médical avec "Le Scaphandre et le Papillon". Reste toujours de lui l'espoir de voir reconnus par tous l'intellect intègre et actif des grands infirmes. Ne l'oublions jamais ! D'ouvrier ou d'employé de bureau avant, un handicapé peut se transformer en artiste peintre, en ingénieur du son, en musicien, en savant ou en poète, et son existence s'enrichir. Il peut éprouver un bonheur jamais vécu. Mais tous n'ont pas cette chance. C'est toujours avec un serrement au cœur et une colère sourde que j'en croise, dans les longs couloirs d'un hôpital comme à Granville, le regard perdu fumant pour brûler le temps, guère bon non plus pour leur santé. Nul ne leur tend la main pour renaître, ou ils la refusent. Ils ont démissionné. Et j'ai très peur d'un destin similaire pour moi, alors je m'en remets à l'écriture, mon garde-fou actuel. Quoi ou qui d'autre sinon ?

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Le relais -1-

   Dans la nature, le moindre animal fait du bruit, chante, crie, les plantes frémissent sous le vent grondeur, tous s'unissent pour combler le silence aussi mortel qu'ils sont vivants. Les hommes parlent, écrivent leurs pensées, reproduisent ce qu'ils voient et entendent pour rendre conscientes leurs existences. Le silence, comme la maladie, offre un combat quoi qu'il advienne. Et nous menons cette guerre sans même nous en apercevoir.

   Mais il y a silence et silence. Celui que l'on recherche la nuit pour s'endormir, juste bercé par le lancinant bruit des vagues, ou le joyeux pépiement des oiseaux à notre réveil. Ô l'oubli des nuits parisiennes avec les cris des jeunes gens ivres rentrant des boîtes de nuit à quatre heures du matin, les scènes de ménage des voisins d'à côté, la radio poussée à fond d'une voiture en bas de l'immeuble… ! Merveilleux sont les moments d'évasion et les rencontres humaines qui nous parlent d'une vie qui nous sied bien, en brisant le pire des silences, celui de l'indifférence. L'amie d'enfance qui ne répond plus aux vœux du Nouvel An, l'impitoyable ségrégation et le racisme, l'inflexibilité des administrations qui limitent les moyens, la pauvreté et le désœuvrement, tous les revers de l'existence taisent et bloquent les élans de l'imagination et des sentiments. Et c'est à mourir. Alors, oui, lutter pour l'individu libéré des pressions extérieures et de l'abandon social avec toute la force de l'intelligence.

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La critique (corrigé)

 

  On m'a reproché d'avoir une écriture pas naturelle et de ne pas parler dans mes poèmes de ma vie ni de mon handicap. Les gens seraient indulgents avec moi, quand ils savent que je suis handicapée...

   Je suis contre la critique évasive, celle qui ne dit pas où cela sonne faux et comment l'arranger. Je ne tolère pas que l'on casse vos élans de générosité par obsession de la nouveauté, ou par jalousie ou amertume de l'échec. L'écrit est enfant de notre chair, quand il souffre nous aussi…

   Ce n'est pas tant ce qui est dit dans la critique qui me dérange des forums, sinon la manière, le ton, la circonstance. Sur l'écran, il faut s'exprimer en rapides termes, ce qui peut perturber la compréhension… Quand on critique sévèrement un premier texte publié, je le vois comme un accueil irrespectueux et impoli. Et on se rabaisse dans d'absurdes explications ou plates excuses aux yeux des lecteurs. Cela m'est arrivé, et j'ai ressenti l'envie de partir afin de garder ma dignité. Il est préférable, évidemment, de ne pas répondre aux critiques. A cela il n'y a rien à dire, on ne peut vous en tenir rigueur. Et vous restez !

   La déférence entre les intervenants, qui ne se sont jamais vus ni entendus, ne peut donc qu'encourager le progrès.

   Tous mes textes personnels ne figurent pas sur mon blog, afin de ne pas choquer mon entourage au cas où il le consulterait. J'ai raconté des monceaux de ma vie avec mon handicap dans mes poèmes...

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Substitution

   J’étais musicienne, mais la vie m'a fait laisser tomber mes études et mon instrument. L’envie de m’exprimer dès lors est restée très forte.

   Parce que j’aimais ça et que c'était proche de la musique, j'ai choisi la rime dont je devinais les règles dans les recueils de poèmes à ma portée. Comme tout le monde, j’avais besoin de savoir ce qu’il en était de mon écriture. Internet m’a fourni une réponse. Depuis cinq ans, il m'instruit.

   Le clavier d'ordinateur a remplacé celui du piano, mais jamais je ne cesserai d'aimer la musique et la solitude quand elle me fait créer. Je suis bien chez moi avec ma petite culture et mon imagination qui erre bien au-delà des murs.

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Le temps de lire

   En ce moment, je lis un roman policier de près de 700 pages qui démarre sur les chapeaux de roues, alors que les pavés de ce genre ont une longue entrée en matière de plusieurs chapitres. Là, pas ça. Première page, deux disparus. Est-ce pour cela qu’il a obtenu le Prix du Premier Roman des lectrices d'un grand magazine féminin ? Peut-être, mais il a une autre raison, l'originalité de son sujet : les réseaux du tourisme sexuel. Mais le style me paraît un peu frais, trop de descriptifs inutiles et des fautes. Néanmoins, en substance ce livre est bon et promet un grand talent. Il a tous les ingrédients d’un best-seller, et c’est ce qu’il devient. Dire que le mien ne dépassera probablement jamais les 100 exemplaires vendus, car il est autobiographique et je suis une inconnue. Cela me fait sourire, dans le fond. Quelle importance ! J'en suis contente quand même.

   J’ai un peu plus de temps pour lire ces jours-ci. Je suis lasse des suites de ce qui m’est arrivé dernièrement. Alors je lis et écoute de la musique presqu'à longueur de temps. Maintenant, sur mon lecteur de mp3, des airs cubains tirés de vieux 78 tours qui grattent.

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Présentation

    Mes journées sont solitaires et se déroulent fréquemment sans parler à qui que ce soit.

   Il faut pourtant bien s'exprimer pour déposer un souvenir de sa personne, même éphémère, à qui le désire un jour, si tant est qu'il lui soit bénéfique.

   Tout art est langage. Moi, depuis quelques années, j'écris. Une merveilleuse arme contre l'insoutenable vacuité de l'existence que j'aime malgré tout, comme le monde qui la contient.

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25 février 2009

Un nouveau livre

Certains se souviendront que j'ai écrit un roman et qu'il a été publié par un éditeur d'Internet. Il portait le titre de ce blog "Comme une bouteille à la mer". Il n'a eu qu'un succès familial et quelques amis l'ont acheté, j'ai également distribué des exemplaires autour de moi dont pas mal offerts. Je n'ai pas touché mes droits d'auteur car ils n'atteignaient pas une somme minimum. J'aurais dû en faire une promotion poussée, puisque mon éditeur ne le fait pas, mais je suis trop timide et un peu défaitiste. Et puis c'est une bouteille à la mer, n'est-ce pas ? Le personnage écrit sa vie dans un journal puis le jette dans un fleuve qui le conduira à l'océan où il sera repêché. Pourquoi ne pas répéter le geste dans la réalité, enfin, d'une certaine manière ? Peut-être que tous les livres que je ferai seront des bouteilles à la mer que de bonnes âmes recueilleront un jour. Je n'ai qu'à les publier et laisser faire les choses sans publicité pratiquement. Oui, peut-être est-ce le mieux à faire.
Puis j'ai autoédité deux recueils de poésie que j'ai distribués aux membres de ma famille et à un ami. J'ai acheté les exemplaires et les ai ainsi offerts à Noël. Je n'ai donc rien gagné avec. J'ai écrit un e-mail promotionnel à mes relations, avec le lien où les trouver si on désirait se les procurer. Personne ne m'a répondu. J'ai osé en parler sur un site de poésie, mais pas aux autres. Pourquoi faire ? Je ne veux forcer personne. Parus en novembre/décembre, ils ne se sont donc pas vendus jusqu'à maintenant. Mais ce n'est pas un drame. Ce sont aussi des bouteilles à la mer. Cependant, on peut les trouver également sur Amazon.com et d'autres sites de ce genre aux Etats-Unis, car j'ai choisi une formule de distribution dans ce pays sur le site Lulu où je les ai édités. Cela n'existe pas encore pour la France avec Amazon.fr, Chapitre.com, Alapage.com etc. Un jour, des marins d'Internet (ou surfeurs) les achèteront, qui sait... Qu'importe, ce qui compte c'est de les avoir écrits.
Il y a la Crise, les gens sont sans le sou. Il faut comprendre cela aussi. Mais sachez que j'ai tout fait pour les réussir le mieux que j'ai pu. J'ai refait plein de fois des textes (qui diffèrent de leurs versions ici présentes) et la mise en page etc. Plein de fois... Il m'en a coûté des épreuves, croyez-moi. Je n'ai pas regardé à la dépense, bien que mes finances soient limitées. Leurs prix ne sont pas trop élevés par rapport à d'autres du genre. Mais ça ne se vend pas, car il faut un véritable éditeur pour vous épauler. De préférence à compte d'éditeur, et qui accepte de vous reverser vos droits d'auteur dès le premier exemplaire vendu, pourquoi pas ? Ce serait tout de même pas mal...
J'espère trouver un jour un vrai éditeur bien, pas des gros calibres que l'on sait et qui me refuseraient de toute façon, mais un petit et honnête et qui distribue. Car je voudrais arriver à vendre le prochain livre que j'ai débuté ces jours-ci, enfin si je peux le conduire à son but. Pas pour moi, pour son message s'il est juste (ou plusieurs), pour le bien de ceux qui me ressemblent. Si quelqu'un se propose pour m'aider dans l'édition, éditeur lui-même ou agent littéraire, j'accepte tout de suite et je le remercie par avance...
Il a déjà un titre que je voudrais bien garder. Il me plaît bien. C'est "Le combat du silence".
Il est tiré d'un vrai journal que j'écris, mais sera bien romancé.
Ce n'est pas ma vie passée, comme dans "Comme une bouteille à la mer". Ce ne sera pas le soumis "Vilain Petit Canard" qui n'arrive pas à devenir un beau cygne adulte et se fait rejeter par les autres. Ce sera une sorte d'essai sur le temps présent, ma pensée profonde et sincère sur divers sujets avec sans doute le ton de la révolte et de la résistance. Un cri modéré mais clair et insistant.
L'écriture comme je la sens et comprends. Le handicap vécu et vu autour de moi. La société, comment je la vis. La vie elle-même, les leçons que j'en tire, comment je l'aime et la regrette. Les défauts et les qualités des gens, mais sans les critiquer. Ce que je condamne ce sont les mauvais comportements etc. (dont les miens, je pense ne pas me faire de cadeau non plus), mais pas les gens. Non, il ne le faut pas. Et ne me demandez pas pourquoi, s'il vous plaît. Je l'ignore ou ne le sais pas encore exprimer.
Pour le moment il viendra comme il se trouve déjà sur mon journal en filigrane, c'est-à-dire sans une construction précise. Plus tard sans doute devrais-je le remodeler. J'y compte bien. Et qui sait s'il n'en sortira pas quelque chose d'autre.
Enfin, c'est un lourd projet que je veux mener à bien. Et je me donne deux ou trois ans pour y parvenir, ou plus tôt...
Pour terminer ce long laïus, il reste à vous dire que je publierai des extraits de ce livre sur ce blog dans une catégorie qui lui sera consacrée, histoire de le tester à votre regard. Ces passages, entrecoupés sans doute de réflexions sur son contenu, sachez que je les travaillerai minutieusement avant publication. Je requiers, si possible, votre indulgence sur le fond, mais n'hésitez pas à me conseiller sur la forme, à me dire les fautes de langage, d'orthographe inaperçues lors de mes corrections multiples au préalable. Merci à tous !

Posté par Marygrange à 20:14 - Annonces - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 février 2009

Grand Canyon (rimes libres)

Partir pour oublier

Des desseins fendillés

Des heures désertes

Vécues à perte

Un corps déformé

Des traits mal aimés

Un cœur naïf

Bien trop plaintif

Et un talent

Si chancelant.

Créer le délire

Qui peut me conduire

Au bord du précipice

Où une eau verte se glisse.

Et me lover

Dans une couvée

D'aigles libres indiens

De l'Ouest américain !

Posté par Marygrange à 19:14 - Lieux, paysages... - Commentaires [3] - Permalien [#]
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