Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

24 novembre 2009

Le fleuve rougit (première partie - chap. 5) corrigé

Journal de Simon Duquesne

10 Juillet 1970

  Nous sommes allés en début d’après-midi, Solange et moi, lire les résultats du BEPC sur le mur de l’entrée du collège. J’étais confiant pour les deux, peut-être un peu plus pour elle qui est meilleure élève que moi. Mais j’avais aussi bien révisé. Je voulais l’avoir du premier coup pour qu’elle soit fière de moi. Quel soulagement, nous l’avons tous les deux, mais pas Marie la Rouquine. La honte quand même de devoir passer l’oral de rattrapage, elle qui nous méprise tant !...
  Depuis cette balade en forêt, quand j’ai osé lui faire la cour, Solange a semblé s’éloigner de moi. Je n’ai pas bien saisi pourquoi. On s’était embrassés… Mais n’est-ce pas plutôt dû au fait que mon père a tout fait pour m’empêcher de ressortir avec elle ? Il fallait rester à la maison pour réviser.
  ─ Mon fils, si tu veux devenir un jour médecin comme ton père, il faut étudier beaucoup, et davantage au temps des examens. Alors, pas de sorties, de dérivatifs comme la télé, le ciné, le dessin. Laisse tomber tout ça et révise ton BEPC. Ah, si tu avais un flirt en cours ─ car à quinze ans ça vous travaille, je suis passé par là ─, n’y pense même pas. Quand on est amoureux, on se distrait et les études en pâtissent. T’as compris ?
  Oui,  j’entends bien et j’obtempère. Mais c’est n’importe quoi ! Solange et moi aurions pu étudier ensemble. Cela nous aurait stimulés. Mais n’en parlons plus, va. C’est fini !
  Et puis, comment on s’y prend avec les filles ? Je suis un peu gauche, j’ai peur des faux-pas. Il faudrait peut-être sortir en boîte comme René pour voir les couples, ça peut donner des idées. Mais René n’est plus là. Il y a les romans d’amour de maman. Je devrais lui en piquer quelques uns, ça doit être écrit comment s’y prendre pour aborder les filles.
  Nous partons demain en Provence pour les vacances. Papa dit que nous allons dans un mas, les maisons de là-bas. René nous rejoindra avec sa Peugeot 204. Le coin où on va s’appelle Grasse. Ce n’est pas le bord de mer, mais Cannes n’est pas loin en voiture. Nous pourrons y aller souvent. Il y a des plages et de belles filles. René se fera une bande de copains, ça c’est sûr. Il s’en fait très facilement, bien plus que moi. Il dit que c’est parce que je suis timide. Peut-être bien qu’il a raison. Je ne sais pas. On m’a toujours dit que, petit, j’étais un gosse qui ne parlait pas et qui boudait beaucoup. Alors timide ? Peut-être. Mais avant de m’engager à quelque chose, j’aime savoir de quoi il encourt. Alors, sur la plage, je verrai bien comment on fait pour draguer. Et un jour…

(A suivre)

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Le fleuve rougit (première partie - chap. 4)

 

   Simon arriva vingt minutes trop tôt. Madame Bernard, qui portait sa longue chevelure brune retenue dans un chignon et possédait les yeux verts et bridés de sa fille, vint lui ouvrir la porte. Sa robe à fleurs à manches courtes révélait un corps encore jeune et onduleux. Elle accueillit avec un grand sourire l’adolescent. Il aurait aimé avoir une mère si rayonnante…
   « ─ Entre Simon. Solange termine sa leçon. » Son amie prenait ses cours de musique le samedi après-midi. Elle avait omis de le lui rappeler la veille en sortant de classe. Elle pensait sans doute qu’il viendrait à 15 heures pile, juste à la fin du cours. La mère de Solange le fit entrer au salon à droite de l’entrée. De la pièce d’en face s’élevaient les sons de la Marche Turc de Mozart au piano. Quelques accros, mais dans l’ensemble Solange se débrouillait plutôt bien.
   Pendant ce temps, Madame Bernard était retournée dans sa cuisine. Elle revint au bout d’un quart d’heure avec un panier.
   « Je vous ai confectionné un goûter que j’espère vous plaira. Vous serez nombreux en promenade ? » Visiblement Solange avait tissé un mensonge pour écarter les doutes de ses parents. Simon ne savait quoi répondre. À cet instant précis, la porte de la chambre de Solange s’ouvrit. La leçon était terminée.
   ─ Simon, tu es déjà là ! Cela fait longtemps que tu attends ?
   ─ Je suis venu en avance. Mais ça ne fait pas longtemps.
  Solange enchaîna sur les présentations de Simon au professeur. Celui-ci s’éclipsa. Et les deux amis partirent, Simon portant le panier du goûter à bout de bras.
   ─ Dis-moi, Solange. Tu ne m’avais pas dit que tu mentirais à ta mère.
   ─ Quoi ?
   ─ Elle m’a demandé si nous serions plusieurs. Tu m’as retiré une épine du pied en sortant de ta chambre à ce moment-là. Je n’ai pas eu à lui répondre.
  ─ Pardon. J’aurais dû te prévenir. Je ne voulais pas qu’elle croie à des choses qui ne sont pas. Tu sais, nous deux, garçon et fille…
  ─ Ah !    

  Ils marchèrent pendant une heure, traversèrent le village vers le nord pour aboutir à la forêt limitrophe, puis entrèrent dans une clairière. Le chemin continuait dans les bois jusqu’au vieux pont qui enjambe la rivière, à l’autre rive le village Combes. Pour l’atteindre, il fallait encore passer un champ en friche au milieu duquel se dressait une cabane en bois délabrée et rafistolée d’un toit de tôle. Y habitaient une très vieille femme avec son fils, un maçon célibataire qui devait bien avoir dans les soixante ans. Elle, on l’appelait Mère Milord parce qu’elle avait été mariée avec un Anglais qui aurait été Lord. Elle racontait sa vie à qui passait par là et était suffisamment aimable pour l’écouter. Les jours de marché à Combes, il arrivait à Solange et sa mère de s’arrêter devant chez elle, au grand bonheur de la vieille dame assise dans un fauteuil en rotin usé, dans son jardinet aussi en friche que le champ alentour, à l’affût d’une rencontre. Quand elle parlait, on voyait deux longues canines branlantes déchaussées dans des mâchoires bien dégarnies. Si elle était très âgée, elle n’avait pas moins encore toute sa tête, une mémoire impressionnante doublée d’une perspicacité à toute épreuve. Elle connaissait beaucoup de choses sur les habitants des environs et n’avait pas sa langue dans sa poche. Elle appréciait les Bernard. Solange l’aimait bien. Mais ce samedi ensoleillé de mai, les jeunes gens n’avaient aucune intention de rendre visite à la Mère Milord. Elle aurait pu le raconter le prochain jour de marché…
  Simon choisit une grande souche d’arbre, au fond de la clairière, pour s’asseoir et prendre le goûter si généreusement offert par Madame Bernard.
   Histoire d’entamer la conversation par des banalités, il dit à Solange qu’il croyait que son piano était dans le salon.
   ─ Au début, quand il est arrivé chez nous. Mais dès que j’ai commencé les cours avec Monsieur Girard, et qu’il me donnait beaucoup de travail pour les examens, mes parents ont trouvé qu’il serait mieux que je l’aie près de moi pour étudier en paix. Tu sais, ma chambre est très grande. Et un piano droit prend moins de place qu’un demi-queue de concert.
   ─ Tu aimerais en avoir un ?
   ─ Un jour peut-être, si je deviens pianiste…
   ça te plairait ?
   ─ Oh oui !
   C’est alors que Simon se leva pour prendre son petit cadeau dans la poche de son jeans.
   ─ C’est quoi ?
   ─ Une cassette de Janis Joplin. Je l’ai faite avec des titres de plusieurs disques. Ça te plaît ?
   ─ Et comment ! Merci Simon. Mais pourquoi ?
   ─ Pour te faire plaisir. Et parce que…
   ─ Oui ?
   ─ Je t’aime.
   ─ Moi aussi, Simon. Je t’aime bien. « Façon de dire que quelqu’un vous est sympathique, rien de plus. », pensa le garçon.
   ─ Oui, mais…
   ─ Mais quoi, dis ?
   ─ Oh, c’est rien. Comment dire qu’on a des sentiments pour une jeune fille, quand c’est la première fois ? Il détourna son attention en sortant son Opinel de l’autre poche du pantalon qu’il posa à côté de lui. Puis il sortit deux grosses tranches de pain qu’il recouvrit de carrés de chocolat. Ils mangèrent en silence, buvant du coca dans des verres en carton. Soudain, Simon s’approcha de Solange et lui prit la main.
   ─ Dis, Solange. Veux-tu être ma petite amie ?
   ─ Qu’est-ce que tu racontes là ? dit la jeune fille interloquée.
   ─ Oui… ma petite amie, ma fiancée si tu préfères. Je te l’ai dit tout à l’heure. Je t’aime.
   ─ Oh, je ne sais pas…
   ─ Tu ne m’aimes pas alors ? demanda-t-il brusquement sombre et inquiet. Il retira sa main. Le visage bas, il se mit à fixer dans le vague le panier devant lui sur l’herbe.
   ─ Mais si je t’aime, Simon. Seulement, c’est si soudain. Solange ne savait plus où se mettre devant le désarroi de son ami.
   ─ C’est vrai ? fit-il en tournant la tête vers elle avec soulagement. Il sourit et remonta ses lunettes sur l’arête de son nez. Quelques temps plus tard, il dit :
   ─ Si on s’embrassait…
   ─ Ici ?
   ─ Oui. Tout de suite. Il passa son bras droit autour des épaules de son amie et déposa un baiser chaste sur ses lèvres. C’était la première fois qu’il embrassait une fille, et elle un garçon… Ils ressentirent une sensation de chaleur parcourir leurs corps jamais éprouvée auparavant. Cependant ils n’étaient pas naïfs, ils savaient ce qu’était l’amour même sans l’avoir encore vécu.
   Simon se leva. Il ramassa au passage son couteau et grava quelque chose sur la souche d’arbre à l’endroit où il était assis.
   ─ Qu’est-ce que c’est ? demanda Solange.
   ─ Regarde. La jeune fille vit un cœur transpercé par une flèche, à côté les initiales SS suivies de la date. Solange eut un mouvement de recul disant : « Oh ! ».
  ─ Quoi, ça ne te plaît pas ? fit Simon déçu.
  ─ Ce n’est pas ça. Mais ces lettres SS, ça me fait drôle… Cela rappelle tant les nazis.
  ─ Tu trouves ?
   ─ Maman est d’origine juive. Mes grands-parents ont fui l’Allemagne à l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Mais ceux de la famille qui sont restés ont été pris et envoyés aux Camps.
   ─ Je ne savais pas. Excuse-moi.
   ─ C’est pas grave. Mais SS me fait trop penser à eux.
   ─ Mais c’est comme ça qu’on s’appelle toi et moi, Solange et Simon.
   ─ Je sais. Désolée.
   ─ C’est moi qui suis désolé. Tiens, je vais effacer. Il gratta de toute sa force avec son Opinel les lettres si bouleversantes, puis inscrivit à leur place « Solange et Simon ».
   ─ Merci, fit Solange.

   Ceci signa la fin de la balade. Ils retournèrent à Gretz.

(A suivre)

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14 novembre 2009

« Accidenté –Le parti pris de la guérison », Mathias Coppa

« Accidenté –Le parti pris de la guérison », Mathias Coppa. Editions Glyphe. www.editions-glyphe.com

L’été dernier, au cours de mon séjour à l’hôpital Maritime de Berck, j’ai fait la connaissance d’un tout jeune écrivain handicapé. Son nom Mathias Coppa, un Lorrain atteint d’une maladie orpheline handicapante et évolutive, l’ataxie de Freidreich. Il a dans les vingt-cinq ans maintenant. C’est un jeune homme intelligent et plein d’humour, et on le voit dans ce tout premier livre qu’il a signé en deux endroits à Berck, la grande librairie de la rue Carnot et l’hôpital lui-même. Je l’ai acheté et récemment lu.
Il raconte comment Mathias pressé de regarder, un soir, une émission sportive à la télé, a eu un accident dans sa salle de bains. Il s’est ébouillanté, brûlé en maints endroits à différents degrés. Il a été longuement hospitalisé pour se remettre de ses brûlures, subi des greffes de peau et travaillé sa motricité durant de longues heures quotidiennes de kinésithérapie etc. Il a été immobilisé durant des semaines, des mois, ce qui a accéléré sa maladie paralysante. Avant, c’était un jeune étudiant qui vivait seul en fauteuil roulant, dans un studio à Nancy près de l’université où il suivait ses études et fréquentait bien des amis de son âge. Mathias était, comme on dit dans le jargon des personnes à mobilité réduite, autonome dans la mesure du possible. Mais, suite à cet accident, sa vie a complètement basculé, et il est devenu dépendant des autres. Il a même eu un chien d’assistance pour l’aider à ramasser des objets tombés à terre ou aboyer pour alarmer ses proches en cas de chute…
Les idées suicidaires l’ont tiraillé, et c’est fort compréhensible, d’autant qu’il s’est senti coupable de son état par sa négligence à faire couler son bain. Il ne voulait pas être une charge pour sa famille, pour la société. Mais il a pris le parti de guérir et de récupérer une vie somme toute normale, ce qui est courageux de sa part et la bonne solution.
C’est un témoignage émouvant, authentique, bien écrit et agréable à lire. Il vous apprend ce qui se passe à l’intérieur de ces personnes qui ont plein de vie à exprimer mais qu’un corps blessé, malade retient, bloque. A lire absolument !

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« Si la peur… », Gilles Bizien

« Si la peur… », Gilles Bizien, aux éditions Ex Aequo :

http://www.editions-exaequo.fr/shop/catalog/browse?shop_param

Recueil de poèmes en vers libres où l’amour s’exprime en harmonie avec la mer dans sa souffrance, sa crainte, et son exaltation, son attente, sa présence, son plaisir… Je retiens beaucoup de force dans ces vers et d’originalité. Gilles Bizien a la volonté de faire sienne la langue, ce qui surprend et ravit tout à la fois.
J’ai connu Gilles sur un site de poésie, et depuis son écriture s’est envolée vers des recueils de nouvelles et de poésies. Il est très intéressant à connaître. Habitant près de la mer, il sait la raconter, l’appréhender, la considérer. Et c’est ce qui m’a frappée dans ma lecture de ce recueil.

Quelques exemples :

« ton corps ressemble à une valise
enfermant l’océan. »
« sous la cape des saisons »
« donne ce que donne la mer »
« derrière le mur
j’ai vu le saule noir
toucher caresser
la pierre légère de ta joue. »

Tous les amoureux de l’amour et de la mer devraient aimer ce livre !

Posté par Marygrange à 20:52 - Critiques - Commentaires [0] - Permalien [#]

« Le Fléau », Stephen King

« Le Fléau », Stephen King, éditions Le Livre de Poche.

Que dire qu’il n’a pas été dit de ce chef-d’œuvre ? Si ce n’est qu’il est d’actualité, hélas, avec cette grippe A dont on n’arrête pas de nous parler.
Je l’ai récemment lu dans sa version intégrale, revisitée en 1988. Deux tomes de près de 800 pages chacun. Je tenais à le lire avant de, j’espère bien que non, attraper cette version actuelle de l’« étrangleuse », cette grippe arme biologique échappée d’une base américaine de Californie tuant plus de 99% de la population mondiale, à l’exception de ces individus de tous les coins des Etats-Unis atteints des mêmes rêves et qui se sont divisés en deux clans, les bons suivant une centenaire noire nommé Mère Abigaël, et les autres s’attachant à un homme maléfique, Randall Flagg ou l’Homme noir, ou Le Promeneur…
En lisant le premier tome, je me disais quelle arme destructrice ferait une grippe de ce genre ! J’espère bien que la main de l’homme ne brisera jamais intentionnellement un flacon de virus parmi d’autres ultrasecrets disséminés dans une quelconque base militaire du monde.
Mais quelle intelligence et quelle imagination dotent l’esprit de Stephen King pour écrire de telles choses où la logique est de mise dans toutes les pages, où tant de faits se réalisent et tant de personnages se rencontrent. A lire et à croiser les doigts pour que notre grippe A H1N1 ne tue pas autant, au point de laisser des maisons à l’abandon, les autoroutes jonchées de véhicules occupées de cadavres que nul service de pompes funèbres ne peut ramasser, de commerces livrés au pillage impuni etc. Effrayant, mais peut-être bien possible, sans probablement cette bonne Mère Abigaël et l’horrible Randall Flagg ni la télépathie des rêves.
Ce livre m’a énormément plu et il m’inquiète un peu aussi. Science Fiction, Fantastique ou… Anticipation ?

Posté par Marygrange à 20:48 - Critiques - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 novembre 2009

Inquiétudes... (nouvelle version pour ceux qui auraient lu l'ancienne que je viens de supprimer)

Ces questions ne doivent plus m'importer. Quand on ne doit plus revoir quelqu'un, sa vie ne vous regarde plus. Mais c'est dur de s'en faire une raison et d'oublier sa douleur, sa honte et sa culpabilité. 
Nous mourrons dans l'ignorance de nos faits et gestes. Juste il me reste l'amertume de l'avoir connu, car je n'aurais pas souffert de l'interdiction de lui reparler, de le revoir jamais. Et je ne me sentirais pas une mauvaise amie pour qui que ce soit. Je ne craindrais plus le refus de mes lettres à mes amis ou leur non-réponses, des appels téléphoniques raccrochés à l'énoncé de mon nom.
Quelqu'un m'a dit de demander pardon à Dieu. Oui, mais je ne crois pas. Enfin, pas comme lui. Si Dieu pardonne les erreurs, l'homme non. Et les personnes qui m'en veulent continueront leurs reproches indéfiniment.
Il n'y a que l'écriture qui puisse un jour me soulager car elle me reconstruira, ou peut-être l'affection d'un ami qui arriverait à me convaincre que je ne suis pas si dérangeante ni répugnante, que je ne suis pas une ennemie et que j'ai ma place ici-bas malgré tous mes défauts. Qu'il puisse me rendre ma liberté d'aimer...
Je l'ai écrite dans mon dernier poème "Autoportrait", mais je saisis de plus en plus la citation de Jim Harrison : "L'écrivain est peut-être toujours un passager clandestin. Caché, et très en marge".  A l'époque, je m'exhibais trop et réclamais à l'excès l'aide de cette personne concernant l'écriture. Elle était dedans depuis bien plus longtemps que moi, et sans doute un écrivain dans l'âme plus clair, car elle a su se mettre "en marge" probablement à la manière de Jim Harrison. Et elle avait raison. Je pense qu'elle continue à écrire. Dommage qu'elle ne se fasse pas éditer, car son talent est des plus grands (presque digne de Jim Harrison avec un peu plus de persévérance et de foi en soi).
J'écris un peu plus "cachée" à présent, mais c'est très difficile pour moi. Cependant, mon journal intime m'y aide plus que mes écrits publics.
Il faut écrire comme l'âme le requiert.
Et puis je communique moins avec mes amis. Suis-je devenue moins importune ?...

Posté par Marygrange à 17:49 - A un ami perdu - Commentaires [2] - Permalien [#]
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