01 octobre 2008
Si on nous le permettait encore (2ème version)
Oui, j'ai décidé, peut-être à tort, de refaire ce poème si controversé sur un site, et qui pour cela même m'a fait si mal...
Si on nous le permettait encore,
Je serais de tes combats les armes,
Le soleil qui sèche les peines,
La musique qui comble l'absence.
Si on nous le permettait encore,
Nous naviguerions sans relâche,
Dans un voilier libertaire,
Sur la sagesse de la mer.
Si on nous le permettait encore,
J'écouterais l'appel de ton intelligence,
Y répondrais comme je peux,
Et je mettrais sans entrave mon plaisir
A la disposition de ton désir.
Il n'y aurait plus l'aphasie incontrôlable,
L'inusité douloureuse des membres,
L'ennui qui erre dans les couloirs de l'hôpital,
Les regards répressifs de ceux qui ne comprennent pas...
Si on nous permettait encore
De nous aimer !
Lien vers l'ancienne version http://marygrange.canalblog.com/archives/2008/06/12/9550685.html
12 juin 2008
Si on nous le permettait encore…
Texte écrit en pensant à un couple que j’ai connu récemment. Lui était valide et elle tétraplégique et ils vivaient un amour véritable mais pas ensemble, et simplement les voir réunis semblait déranger certains récalcitrants…
Je serais ton combat et ta force, quand la maladie t’affecterait ;
La clarté des nuits étoilées et le phare qui guideraient ta route ;
Le soleil plongeant ses rayons dans les nuages pour consumer tes peines ;
Les livres et la musique pour combler ta solitude.
Et, dans le voilier qui, libres, nous porterait sur les mers, j’écouterais la voix de ton intelligence.
J’embrasserais ton cœur et tes yeux,
Quand ta bouche effleurerait mes lèvres.
Sous la discrète complicité du vent,
J’offrirais tous entiers, à tes mains, mon visage et mon corps fragile, timide, fébrile,
Et tes bras soutiendraient mes épaules dans notre ému accord charnel.
Je serais ta femme, ta confidente, ton amante, ta sœur,
Si on nous le permettait encore, toujours, une autre fois,
Mon amour.
22 janvier 2007
Norah Jones
Seule chez moi.
Je la mets sur mon lecteur de CD.
Elle m'entraîne vers une terre profonde
de blues country.
J'aime sa voix chaude issue de l'Inde,
très mâture pour son jeune visage
encadré de bruns et longs cheveux,
yeux velours posés sur le loin…
Je suis dans un pick-up rouge,
sur le siège avant droit.
Au volant un Cow-boy,
chemise à carreaux, Jeans,
Stetson et Santiags.
Qui sommes-nous ? Amis, amants ?
Où va-t-on ?…
Peut-être s'arrêter,
se balader dans la campagne,
s'embrasser, s'aimer dans un champ…
La radio est allumée.
Chante Norah Jones
"I've got to see you again".
Elle me fait vibrer
aux paysages qui défilent,
à l' instant en compagnie
de cet homme…
Que j'ai envie de rester
sur la route de l'Ouest américain,
écoutant cette musique envoûtante…
mais il faudra rentrer !
Je range le CD dans sa boîte
avec un sentiment
de plénitude
d'avoir presque vécu
le bonheur.
"Je n'y peux rien,
je dois te voir encore.
I can't help myself
I've got to see you again."
http://www.dailymotion.com/video/xzbs3_norah-jones-ive-got-to-see-you-agai
07 décembre 2006
Le relais
Le soleil d’océan arrive au point qui meurt,
Et la houle enflammée grésille de rumeurs…
A l’exposition du céleste naufrage,
Un homme va et vient à l’orée du rivage.
Il pense à tous ces gens qu’il connut et aima,
Aux bonheurs bien venus que la vie lui sema,
A son pays marin, au halo de poussières
Que font les souvenirs happés par la lumière.
« Je ne pourrai plus voir ma Rose refleurir,
Son corps contre le mien, ses lèvres à s’offrir.
Déjà pour rien mon cœur bat, frémit, rien n’étonne
Mon esprit créateur, puisqu’elle m’abandonne… »
Dans un lit d’hôpital, agonise une femme.
Inévitablement, le rêve la réclame.
Il la conduit en mer où plonge le soleil,
Puis l’en sort dans un geste irréel sans pareil.
Le promeneur surpris reconnaît la spectrale
Apparition nue à la figure pâle.
Il dit : « Tu es venue. On va recommencer.
Refaisons, tous les deux, notre chemin tracé ! »
Mais, quand il prend la main qu’elle tend dans le vide,
Soudain elle s’efface, et la mer se débride,
Se rue de mille cris sur l’homme en jets violents.
De l’union des mains, s’élèvent des points blancs.
A des lieues de là, deux jeunes vont ensemble
A une ville au sud, la plus belle, il leur semble.
Car sa vieille âme saute aux yeux, ce jour d’été,
Des immeubles étroits, rayés, volets bleutés,
Du fleuve sinueux au nom comme l’amour,
Des saules le pleurant le long de son parcours…
Les amis se sourient, côte à côte, et se frôlent
Rapprochant par moments leurs sensibles épaules.
Un nuage importun, au-dessus d’eux se place.
Un léger tremblement les parcourt et les glace.
Puis le ciel s’éclaircit sous forme d’un flambeau,
Lueur blanche impromptue… « Tu as vu ? Que c’est beau ! »
Duel printanier
Si l’amour revient
Au soir de la vie,
Il tendra sa main
Vers sa peau vieillie.
Et, tel le printemps
Fait poindre l’ombrage
Sur l’arbre impatient
De revoir son âge,
Le gai Renouveau
L’éveillera-t-elle
Au vieux jouvenceau
Comme une pucelle ?
Si l’amour revient
Au soir de la vie,
Dans le bleu matin,
Elle, vieille amie,
Elle lui dira
Ses années d’attente.
Il l’embrassera
Juste frémissante.
Ça aura valu
De se laisser vivre
Pour cet absolu
Instant où se livre
Un duel d’amour…
Avec toi…
Avec toi…
Marcher sur les sentiers des amours mortes,
Sur les pas des amis disparus,
Toi, l’inconnu gentil et souriant,
M’aimant vraiment (je le sens déjà),
Ou toi, l’amant qui ne m’as jamais quittée
Dans tes pensées,
Qui m’aimes contre tout ce qui remue nos vies
Et nous sépare.
Avec toi…
Voir ce bord de rivière,
Cette aire de repos où je m’étais assise
En sa compagnie ;
Et ces prénoms, le mien et le sien,
Gravés sur l’arbre juste là devant,
Mais ne pas les lire,
Juste regarder l’endroit comme une première fois.
Avec toi…
Respirer l’ambiance,
Sentir les rayons du soleil sur moi
Comme un bonheur jamais vécu ;
Faire peau neuve,
Ma tête posée sur ton épaule,
Mon bras entourant le tien.
Avec toi…
Dire : « Que c’est beau !
Je vivrais volontiers ici.
Oh, revenir tous les deux !
Tu veux bien ? » ;
Et sentir la pression de ton bras se forcir,
Ta tête se pencher sur mes cheveux,
Ta bouche baisant mon front ;
T’entendre répondre
Un « Oui ! » sincère, franc, beau.
Avec toi…
Me sentir enfin heureuse,
En paix avec moi-même,
Croire en toutes tes paroles et au lendemain,
Toi que je ne connais peut-être pas encore…
Dans la langue de mon passé
Oh, te revoir, mon brun ami !
J’ai dans l’oreille encor ta voix,
Quand l’autre jour nous nous parlâmes
Dans la langue de mon passé.
Presque, avec toi, tout est permis.
Renaîtront bientôt nos émois
A nous regarder dans les âmes
A travers nos miroirs dressés,
Nos yeux de nuit presque semblables.
Et l’on se sourira enfin !
Ta bouche effleurera la mienne.
On se dira encor nos vies.
Notre amitié est respectable,
Jamais on n’en verra la fin.
On est unis quoiqu’il advienne
Sachant assouvir nos envies.
Bien sûr le temps brise l’amour,
Mais, si on s’aime, pas le cœur.
Pas l’acte simple et vrai d’aimer
Comme on aime une sœur, un frère.
Bien sûr diminuent les atours,
Mais reste égal l’être intérieur,
L’artiste qui peut tout donner,
Si exaltant et solidaire.
Car si ont passé trente années
Depuis ce jour où l’on s’est plus,
C’est que l’on est faits l’un pour l’autre
Si un seul pouls, dans nos cœurs, bat.
Oh, fuir les unions condamnées !
Juste s’aimer et rien de plus.
Soyons amis, soyons apôtres
D’un amour qui ne se voit pas !
De l’amour à la mort
Je n’ai pas reçu tes vœux cette année.
J’ai oublié de t’envoyer les miens…
Pourtant j’irai voir ta barbe fanée,
Ta bouche et tes yeux noirs amérindiens.
Je sais, oui je sais. Ce n’est pas possible
De se retrouver pareil qu’au passé.
Ne t’en fais donc pas pour mon cœur sensible,
Je ne veux plus de l’amour ressassé.
Je n’ai besoin que d’une main tendue,
Des mots d’allégresse égayant le cœur.
Je veux regagner mon âme perdue
A Madrid que j’avais connu par cœur.
Puis j’irai là-bas où dort, dans sa tombe,
Mon père que je n’ai pas vu mourir.
Je repartirai comme une colombe
Blanche ou une fleur au point de s’ouvrir.
Chant à Vénus
Chanter, à l’étoile
Dite du Berger,
Sentiments sans voile
Anciens partagés.
« Qu’ils sont loin déjà ! »
Que l’astre redise
De son feu si blanc,
A la noire bise,
Le vœu du cœur lent
Pour l’autre là-bas !
Poussant la fenêtre,
Léger, presque froid,
Coup de vent pénètre.
Un homme tout droit
S’assoit dans son lit…
Ce n’était qu’un rêve
Tout inattendu.
Apparition brève.
Il se sent tendu.
Blême, il en gémit
Des journées entières.
Songe récurrent…
Ô nuits singulières
Du désir frustrant !
Bientôt il ira,
Son passé, rejoindre.
Tuer l’envoûtement
Pour ne plus étreindre
Un fantôme amant…
Elle l’attendra !
Paroles
Regret
Temps perdu
A pleurer
Remords
Impromptu
Perduré
Culture
Convenue
Insoumise
Pensée
Douce émue
Incomprise
Chemin
Long tordu
A passer
Affect
Retenu
Dispersé
Amante
Fière et nue
Qui s’épuise
Puis songe
Vie perdue
Reconquise
