Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

23 janvier 2008

Poème sans titre sur un air de marimba nicaraguayen

Me dijo una tarde
de la primavera:
Si buscas caminos
en flor en la tierra,
mata tus palabras
y oye tu alma vieja.
Que el mismo albo lino
que te vista, sea
tu traje de duelo,
tu traje de fiesta.
Ama tu alegría
y ama tu tristeza,
si buscas caminos
en flor en la tierra.
Respondí a la tarde
de la primavera:
Tú has dicho el secreto
que en mi alma reza:
yo odio la alegría
por odio a la pena.
Mas antes que pise
tu florida senda,
quisiera traerte
muerta mi alma vieja.

Traduction

Un après-midi
de printemps m'a dit :
si tu cherches des chemins
en fleur sur la terre,
tait tes mots
et écoute ta vieille âme.
que le même tissu en lin blanc
que tu revêtes, soit
ton costume de deuil,
ton costume de fête.
Aime ta joie
et aime ta tristesse,
si tu cherches des chemins
en fleur sur la terre.
J'ai répondu à l'après-midi
du printemps :
tu as dit le secret
qui prit dans mon âme :
je hais la joie
parce que je hais la peine.
Mais avant que je foule
ton sentier en fleur,
je voudrais t'apporter,
morte, ma vieille âme.

(J'ai remis la vidéo qui avait été supprimée il y a quelques temps puis rajoutée sur You Tube)

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25 octobre 2007

INVENTARIO GALANTE d'Antonio Machado sur "Moza Donosa" d'Alberto Ginastera


Antonio Machado - Alberto Ginastera
envoyé par marygrange

(Petite précision : dans le générique du début, il faut lire http://pianosociety.com au lieu de http://pianociety.com, il s'agit d'un site où l'on peut télécharger légalement des musiques du Domaine Public, et le nom du pianiste est Lap Huynh et non Lay...)

Le texte (s’il se lit mal sur la vidéo…)

  Tus ojos me recuerdan

las noches de verano,

negras noches sin luna,

orilla al mar salado,

y el chispear de estrellas

del cielo negro y bajo.

Tus ojos me recuerdan

las noches de verano.

Y tu morena carne,

los trigos requemados,

y el suspirar de fuego

de los maduros campos.

  Tu hermana es clara y débil

como los juncos lánguidos,

como los sauces tristes,

como los linos glaucos.

Tu hermana es un lucero

en el azul lejano…

Y es alba y aura fría

sobre los pobres álamos

que en las orillas tiemblan

del río humilde y manso.

Tu hermana es un lucero

en el azul lejano.

  De tu morena gracia,

de tu soñar gitano,

de tu mirar de sombra

quiero llenar mi vaso.

Me embriagaré una noche

de cielo negro y bajo,

para cantar contigo,

orilla al mar salado,

una canción que deje

cenizas en los labios…

De tu mirar de sombra

quiero llenar mi vaso.

  Para tu linda hermana

arrancaré los ramos

de florecillas nuevas

a los almendros blancos,

en un tranquilo y triste

alborear de marzo.

Los regaré con agua

de los arroyos claros,

los ataré con verdes

junquillos del remanso…

Para tu linda hermana

yo haré un ramito blanco.

Traduction INVENTAIRE GALANT

  Tes yeux me rappellent

les nuits d’été,

noires nuits sans lune,

rive de la mer salée,

et le scintillement des étoiles

du ciel noir et bas.

Tes yeux me rappellent

les nuits d’été.

Et ta peau brune,

les blés brûlés,

et le soupir de feu

des champs mûrs.

   Ta sœur est claire et faible,

comme les joncs languissants,

comme les saules tristes,

comme les lins glauques.

Ta sœur est une étoile

dans l’azur lointain…

Et elle est aube et aurore froide

au-dessus des pauvres peupliers

qui tremblent sur les rives

du fleuve humble et paisible.

Ta sœur est une étoile

dans l’azur lointain.

  De ta grâce brune,

de ton songe gitan,

de ton regard d’ombre

je veux remplir mon verre.

Je m’enivrerai une nuit

de ciel noir et bas,

pour chanter avec toi,

rive de la mer salée,

une chanson qui laisse

des cendres sur les lèvres.

De ton regard d’ombre

je veux remplir mon verre.

   Pour ta jolie sœur

j’arracherai les branches

de petites fleurs nouvelles

aux blancs amandiers,

lors d’un tranquille et triste

point du jour de mars.

Je les arroserai de l’eau

des ruisseaux purs,

je les attacherai avec de verts

petits joncs de l’eau dormante…

Pour ta jolie sœur,

je ferai un petit bouquet blanc.

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11 septembre 2007

Je commence un livre sur la poésie et Antonio Machado

J'ai débuté l'écriture de la poésie après avoir lu et relu maintes fois l'oeuvre poétique d'Antonio Machado. J'ai besoin de faire le point sur cette activité qui est devenue mienne en fréquentant les sites de poésie, alors je me suis mise à un nouveau livre biographique. Cela va dans la continuité de mon roman "Comme une bouteille à la mer", mais je parlerai peu de moi ou de ma vie, mais si du monde et de l'écriture, la poésie comme je la perçois, ressens, essaie de saisir à travers l'enseignement que je tire des poètes actuels des sites et d'Antonio Machado. Si dans mon roman mon personnage s'adressait à un ami absent, là ce sera moi qui m'adresserai au poète espagnol que j'aime tant...
Le titre, je l'ai trouvé, mais je préfère me le réserver en attendant sa fin.
Je n'arrêterai pas pour autant d'écrire des poèmes durant cette longue rédaction, mais je serai moins présente surtout les premiers temps. Pour le moment je brouillonne sur un cahier, après viendra le gros du travail. Mais je serai toujours là !

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31 mars 2007

Sueño Infantil d'Antonio Machado

Le lien vers le texte en espagnol : http://www.poesia-inter.net/amach065.htm

(Traduction personnelle)

Rêve enfantin

Une nuit claire
de fête et de lune,
nuit de mes rêves,
nuit de joie

- mon âme était lumière,
aujourd'hui elle est toute de brume,
n'étaient pas noirs
encore mes cheveux-,

la fée la plus jeune
m'a conduit dans ses bras
à la joyeuse fête
toute ardente sur la place.

Sous le scintillement
des lumières,
Amour tissaient
ses échevaux de danses.

Et, cette nuit
de fête et de lune,
nuit de mes rêves,
nuit de joie,

la fée la plus jeune
embrassait mon front...
avec sa jolie main,
elle me disait son adieu...

Tous les rosiers
donnaient leurs arômes,
tous les amours,
Amour entrouvait.

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08 décembre 2006

Je m’accouple à Machado

Adieu l’amour et l’amitié !

Je m’offre à la philanthropie.

Et je n’aurai pas de pitié

Pour qui sourit d’une âme impie.

J’ai trop donné à mal aimer

Et fus objet des égoïstes.

Et je ne veux plus me pâmer

Devant l’aura des beaux artistes

Qui recherchent absolument

A plaire aux hommes et aux femmes.

Je fuis l’ami, je fuis l’amant.

Et je fuis l’ombre de ces flammes

Qui enveloppent le talent

D’un feu qui lentement consume

Les cœurs d’un émoi brimbalant.

Je m’en vais vers une autre plume.

Je m’unirai à Antonio

Machado, pour moi vrai poète.

Si je me sens l’esprit « niño »,

Je lirai les vers de l’esthète.

Je mirerai le monde entier

Au pur secret du philanthrope.

Adieu l’amour et l’amitié !

Mon cœur s’ouvre telle héliotrope.

Du Poète :

"Converso con el hombre que siempre va conmigo

-quien habla solo espera hablar a Dios un dìa-;

mi soliloquio es plàtica con este buen amigo

que me enseñò el secreto de la filantropìa."

Traduction

"Je converse avec cet homme qui est toujours avec moi

-qui parle seul espère parler à Dieu un jour-;

mon solilloque est discussion avec ce bon ami

qui m'enseigna le secret de la philantropie".

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L’amie intérieure

« Je converse avec cet homme qui est toujours avec moi

-qui parle tout seul espère parler à Dieu un jour- ;

Mon soliloque est causerie avec ce bon ami

Qui m’enseigna le secret de la philanthropie. » Antonio Machado (trad. perso)

Toujours m’enflammer de l’hardiesse

Pour illuminer mon envie,

Puis attendre que mon cœur dresse

Mon regard vers qui m’a ravie…

J’ai consacré, plus qu’un autre être,

Mon temps à lui donner la vie.

J’ai tenté la faire connaître

En génitrice d’embellie…

Pourtant, quand le dégoût nous cerne,

Réveillant la mélancolie,

S’éteint le plaisir qui gouverne

L’union entre nous deux tapie.

Je ferme mon stylo. Ma lettre

Sera papier qu’on ne publie…

C’est quand j’aimerais me soumettre

Au pire dépit qui m’ennuie,

Ces adieux que je ne sais faire,

Aussi odieux que la folie,

A l’intrinsèque amie et mère

Qui, aux paroles, me marie.

Mais j’aiguise encore mes serres

Pour déchirer les joues flétries

Des pensées noires passagères.

Je reviens à ses poésies…

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A Antonio Machado

Cette montagne

Bleue de Soria

S’étend pour moi,

Aux promenades

Inspiratrices.

Et l’oranger

De votre enfance

M’offre son ombre

Aux chauds étés.

La nuit, je croise

L’homme galant,

Cherchant la femme

Dans les mauresques

Rues de Séville.

Et quand avril

Revient fleuri,

J’aime à revoir,

A leur fenêtre,

Les jeunes soeurs,

L’une cousant,

L’autre filant.

Je rêve au temps

Des écoliers,

Un jour d’hiver

Triste et pluvieux,

Et à la nuit

D’été en fête,

Quand une fée

Baise le front

De vous garçon.

Les savonneuses

Et si légères

Bulles grenat

Sous le soleil,

Bien font sourire

Ce coeur d’enfant

Qui n’a jamais

Pu me quitter.

Ce paysan

Assassiné

Par ses deux fils

Lâches, cupides,

Me fait crier…

Des assonances

Chantent l’histoire

De vos poèmes,

En racontant

Leur mélodie.

Les mots s’éclairent

Par les flambeaux

Des galeries

De votre grande

Ame lyrique.

Votre bonté

Est à l’image

De cet ami

Qui parle en vous,

Qui vous rapproche

De Dieu un jour…

Ô chers poèmes

De cette Espagne

Que j’ai connue

Et tant aimée,

Dans un recueil

Qui fit de moi

Humble disciple

De poésie !

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Jeter l'âme…

Jeter l'âme malade

Au lit d'un vieux ruisseau

Joies et plaisirs en rade

Les plus revêches maux

Nouvelle âme naîtra

Jeunesse éclatera

L'usé corps maladroit

Léger résultera

Mourir pensées cruelles

Remords regrets maudits

Crever peine immortelle

Marcher jusqu'à la nuit

Sur les chemins en fleurs

Où erre le grand cœur

Du poète rêveur

Qui cueille le bonheur

Loin du monde en bataille

Intransigeant blessant

Partout vaille que vaille

Les plus jeunes enfants

Sauver des tout petits

Issus de tous pays

Sur des chemins fleuris

Panser leurs cœurs meurtris

Jeter l'âme malade

Au lit d'un vieux ruisseau

Chanter tendre ballade

Au temps du Renouveau

Heureux ils renaîtront

Joyeux en chœur riront

Poètes ils seront

En paix ils s'en iront…

Du Poète :

"Me dijo una tarde

de la primavera :

si buscas caminos

en flor en la tierra,

mata tus palabras

y oye tu alma vieja. [...]

Mas antes que pise

tu florida senda,

quisiera traerte

muerta mi alma vieja."

Ma traduction

"Un après-midi de printemps m'a dit :

si tu cherches des chemins

en fleur sur la terre,

tais tes mots

et écoute ta vieille âme.[...]

Mais avant que je ne foule

ton sentier fleuri,

je voudrais t'apporter,

morte, ma vieille âme."

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Les bulles de savon

Je vois tournoyer

Leurs globes perdus,

Dans le tain brouillé

Du miroir fendu

Où l'on se meurtrit

À trop se chercher,

Où l'on se sourit

Pour mieux se cacher...

Sur mon front blêmi,

Se pose un rayon

D'or de mes amies

Bulles de savon,

Qui vont s'éclater

Dans l'air et sans bruit,

Qui, dans la clarté

Du néon, s'enfuient...

Moi, je n'aime pas,

Trop tôt et trop vite,

Voir leurs beaux éclats

Se briser aux vitres.

J'ouvre la fenêtre,

Sortant de mon bain.

J'aurai froid, peut-être...

Mais l'esprit serein.

Vers d'Antonio Machado

Du Poète

Nunca perseguí la gloria
ni dejar en la memoria
de los hombres mi canción ;

Yo amo los mundos sútiles,
ingrávidos y gentiles
como pompas de jabón.

Me gusta verlos pintarse
de sol y grana, volar
bajo el cielo azul, temblar
súbitamente y quebrarse.

Mon adaptation

Jamais je n'ai voulu la gloire
Ni répandre dans la mémoire
De l'humanité ma chanson.

J'adore les mondes subtils,
Ceux qui sont légers et gentils,
Tels que des bulles de savon.

Il me plaît de les regarder,
Comme le soleil, rougeoyer,
Dans le bleu du ciel, tournoyer,
Soudain trembler et s'éclater.

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La Foi Libre

Pourquoi légiférer la Foi,

Quand de la Nature elle vient,

Et n’a que deux tristes soutiens

De bois sous l’aspect d’une croix?

Pourquoi s’obliger à donner,

Quand c’est un acte spontané?

Mais pourquoi aussi susciter

A raisonner comme un athée?

Moi, j’aime à penser que je crois

Et formuler: “Je ne crois pas”

A l’impalpable Créateur.

Qui peut nous dire où est l’Acteur

Qui décida de la Matière,

Avant l’explosion des ensembles

Qui conçurent l’ensemble Terre?

Est-ce Dieu le Majeur Ensemble?

Est-il dedans? Est-il derrière

De ce qui fait notre Univers?

Dans combien de milliards d’années

Atteindrons-nous son Feu Sacré?

Dans combien de milliards d’années

Aurons-nous enfin Son Secret?

Les fondamentaux Scientifiques

Pourront-ils voir l’Esprit Mythique?

Mais, l’homme étant bien inférieur

A cette Entité Supérieure,

Sera-t-il apte, absolument,

A définir Ses Eléments?

*J’aime Dieu quand Il nous est proche,

Vit dans notre âme, épiant l’approche

De nos pensées qui, l’attirant

Vers l’Ailleurs, en font un Diamant:

Cet Amour tout d’intelligence

Dont nous pouvons faire obédience.

*Desde un pueblo que ayuna y se divierte,

ora y eructa, desde un pueblo impío

que juega al mus, de espaldas a la muerte,

creo en la libertad y en la esperanza,

y en una fe que nace

cuando se busca a Dios y no se alcanza,

y en el Dios que se lleva y que se hace.

(D'un peuple qui jeûne et s'amuse,

prie et éructe, d'un peuple impie

qui joue au mus, dos tourné à la mort,

je crois en la liberté et en l'espérance,

et en une foi qui naît

quand on cherche Dieu et qu'on ne l'atteint pas,

et au Dieu que l'on porte et que l'on fait.)

Antonio Machado.

Posté par Marygrange à 11:38 - Antonio Machado et moi - Commentaires [0] - Permalien [#]
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