14 novembre 2009
« Accidenté –Le parti pris de la guérison », Mathias Coppa
« Accidenté –Le parti pris de la guérison », Mathias Coppa. Editions Glyphe. www.editions-glyphe.com
L’été dernier, au cours de mon séjour à l’hôpital Maritime de Berck, j’ai fait la connaissance d’un tout jeune écrivain handicapé. Son nom Mathias Coppa, un Lorrain atteint d’une maladie orpheline handicapante et évolutive, l’ataxie de Freidreich. Il a dans les vingt-cinq ans maintenant. C’est un jeune homme intelligent et plein d’humour, et on le voit dans ce tout premier livre qu’il a signé en deux endroits à Berck, la grande librairie de la rue Carnot et l’hôpital lui-même. Je l’ai acheté et récemment lu.
Il raconte comment Mathias pressé de regarder, un soir, une émission sportive à la télé, a eu un accident dans sa salle de bains. Il s’est ébouillanté, brûlé en maints endroits à différents degrés. Il a été longuement hospitalisé pour se remettre de ses brûlures, subi des greffes de peau et travaillé sa motricité durant de longues heures quotidiennes de kinésithérapie etc. Il a été immobilisé durant des semaines, des mois, ce qui a accéléré sa maladie paralysante. Avant, c’était un jeune étudiant qui vivait seul en fauteuil roulant, dans un studio à Nancy près de l’université où il suivait ses études et fréquentait bien des amis de son âge. Mathias était, comme on dit dans le jargon des personnes à mobilité réduite, autonome dans la mesure du possible. Mais, suite à cet accident, sa vie a complètement basculé, et il est devenu dépendant des autres. Il a même eu un chien d’assistance pour l’aider à ramasser des objets tombés à terre ou aboyer pour alarmer ses proches en cas de chute…
Les idées suicidaires l’ont tiraillé, et c’est fort compréhensible, d’autant qu’il s’est senti coupable de son état par sa négligence à faire couler son bain. Il ne voulait pas être une charge pour sa famille, pour la société. Mais il a pris le parti de guérir et de récupérer une vie somme toute normale, ce qui est courageux de sa part et la bonne solution.
C’est un témoignage émouvant, authentique, bien écrit et agréable à lire. Il vous apprend ce qui se passe à l’intérieur de ces personnes qui ont plein de vie à exprimer mais qu’un corps blessé, malade retient, bloque. A lire absolument !
« Si la peur… », Gilles Bizien
« Si la peur… », Gilles Bizien, aux éditions Ex Aequo :
http://www.editions-exaequo.fr/shop/catalog/browse?shop_param
Recueil de poèmes en vers libres où l’amour s’exprime en harmonie avec la mer dans sa souffrance, sa crainte, et son exaltation, son attente, sa présence, son plaisir… Je retiens beaucoup de force dans ces vers et d’originalité. Gilles Bizien a la volonté de faire sienne la langue, ce qui surprend et ravit tout à la fois.
J’ai connu Gilles sur un site de poésie, et depuis son écriture s’est envolée vers des recueils de nouvelles et de poésies. Il est très intéressant à connaître. Habitant près de la mer, il sait la raconter, l’appréhender, la considérer. Et c’est ce qui m’a frappée dans ma lecture de ce recueil.
Quelques exemples :
« ton corps ressemble à une valise
enfermant l’océan. »
« sous la cape des saisons »
« donne ce que donne la mer »
« derrière le mur
j’ai vu le saule noir
toucher caresser
la pierre légère de ta joue. »
Tous les amoureux de l’amour et de la mer devraient aimer ce livre !
« Le Fléau », Stephen King
« Le Fléau », Stephen King, éditions Le Livre de Poche.
Que dire qu’il n’a pas été dit de ce chef-d’œuvre ? Si ce n’est qu’il est d’actualité, hélas, avec cette grippe A dont on n’arrête pas de nous parler.
Je l’ai récemment lu dans sa version intégrale, revisitée en 1988. Deux tomes de près de 800 pages chacun. Je tenais à le lire avant de, j’espère bien que non, attraper cette version actuelle de l’« étrangleuse », cette grippe arme biologique échappée d’une base américaine de Californie tuant plus de 99% de la population mondiale, à l’exception de ces individus de tous les coins des Etats-Unis atteints des mêmes rêves et qui se sont divisés en deux clans, les bons suivant une centenaire noire nommé Mère Abigaël, et les autres s’attachant à un homme maléfique, Randall Flagg ou l’Homme noir, ou Le Promeneur…
En lisant le premier tome, je me disais quelle arme destructrice ferait une grippe de ce genre ! J’espère bien que la main de l’homme ne brisera jamais intentionnellement un flacon de virus parmi d’autres ultrasecrets disséminés dans une quelconque base militaire du monde.
Mais quelle intelligence et quelle imagination dotent l’esprit de Stephen King pour écrire de telles choses où la logique est de mise dans toutes les pages, où tant de faits se réalisent et tant de personnages se rencontrent. A lire et à croiser les doigts pour que notre grippe A H1N1 ne tue pas autant, au point de laisser des maisons à l’abandon, les autoroutes jonchées de véhicules occupées de cadavres que nul service de pompes funèbres ne peut ramasser, de commerces livrés au pillage impuni etc. Effrayant, mais peut-être bien possible, sans probablement cette bonne Mère Abigaël et l’horrible Randall Flagg ni la télépathie des rêves.
Ce livre m’a énormément plu et il m’inquiète un peu aussi. Science Fiction, Fantastique ou… Anticipation ?
01 octobre 2009
« En marge », de Jim Harrison
Un livre autobiographique où l’auteur se met à nu avec grande sincérité et humilité. Une philosophie abordée parfois avec humour, qualité indéniable d’un écrivain talentueux.
L’ego d’un aficionado de l’écriture comme moi reçoit, à sa lecture, une claque et une leçon : « mais par bonheur mon éducation me prémunissait contre l’importance ou la vanité, qui est le revers indissociable de l’apitoiement sur soi ».
Ainsi j’ai appris à quel point il faut lire et étudier pour s’adonner véritablement à l’écriture. Combien sont primordiales les expériences de vie, sans forcément tomber dans les excès. Ça a été le cas de l’auteur qui maintenant s’est dégagé de ses dépendances. Dorénavant il privilégie ses longues promenades à pied avec ses chiens en s’asseyant parfois sur une souche d’arbre pour méditer. Il faut s’emplir d’images et de sensations afin d’élaborer les moult détails d’une fiction. Le contact avec la nature les apporte si bien, mais pas seulement.
Les voyages au Canada, en France, Au Mexique, au Brésil… de Jim Harrison, ainsi que ses lieux de vie : sa ferme et sa retraite en rondins du Nord-Michigan, sa « casita » à la frontière mexicaine, sa famille pauvre et cependant cultivée (son père aimait les mots et l’encourageait à écrire, tandis que d’autres bloquent les rêves d’avenir de leurs enfants), ses amis littéraires et artistes, d’autres gens encore ont façonné et alimenté copieusement son talent de romancier et de poète.
On découvre ses origines, son œil abîmé, ses chiens, « l’amour romantique » et durable de son épouse, ses deux filles dont une écrit des romans dans le Montana près de qui maintenant le couple réside, sa passion pour la gastronomie, la nature, la pêche et la chasse, le strip-tease, son attache à la France, ses itinéraires en voiture à travers les Etats-Unis, Hollywood, son goût profond pour la littérature dont la poésie qui l’a conduit vers le scénario et le roman, sa « religion privée », sa relation avec les Autochtones américains… Un homme et un écrivain qui sait appréhender son art : « Tous les éléments d’une culture complotent contre le développement de l’individu artiste qui a été assez téméraire pour se mettre en marge afin de répondre à ce qu’il croit être sa vocation ».
Mais si vous n’avez pas lu de livres de Jim Harrison, avant « En marge » lisez quelques unes de ses œuvres. Pour ma part, c’était « Dalva » et sa suite « La route du retour », « Légendes d’automne » et « Nord-Michigan ». Maintenant j’ai hâte de lire deux recueils de poésie traduits en français et ses premiers romans « Wolf » et « Un bon jour pour mourir ». Pour l'heure je garde précieusement l’enseignement de « En marge » dans ma tête d’aficionado de l’écriture.
Je tiens à remercier Jim Harrison et tous les auteurs qui comme lui nous font partager le monde secret de l’écriture et de leur vie, ainsi que l’intelligence de leurs œuvres. Avec eux nous ne pouvons que progresser.
12 septembre 2009
"Le cri du silence" de Zoubida Touarigt
Je voudrais vous parler d'un ouvrage particulier qui m'est cher et m'a fort émue tant il est criant de vérité, croyez-moi. C'est le témoignage d'une jeune femme atteinte du "locked-in-syndrome", un état physique révélé par "Le Scaphandre et le Papillon" de Jean-Dominique Bauby qui en était frappé des suites d'un AVC (accident cardio-vasculaire). C'est un blocage complet de la personne selon la gravité du cas et sa récupération très lente...
Zoubida Touarigt, que je connais depuis mes derniers séjours à l'Hôpital Maritime de Berck-Sur-Mer où elle est résidente depuis plusieurs années, a été frappée par un AVC en 2003. Dès lors, paralysée des quatre membres, trachéomisée mais ayant pu s'affranchir des appareils respirateurs, elle ne peut plus parler, juste un filet de voix qui coûte à entendre aux personnes non habituées aux aphasiques, j'ai souvent regretté mon incapacité à cela. Mais son visage est des plus expressifs, toujours souriante, traits détendus lui procurant l'apparence d'un âge en-dessous du réel. C'est peut-être pour cette raison qu'on a un peu trop tendance à la tutoyer. Puis sur Internet j'ai été étonnée d'apprendre son métier de journaliste (comme Jean-Dominique Bauby), et ses études universitaires qui ne sont apparemment pas prises en compte par ces soignants qui tendent à l'inférioriser au vu de son handicap. Comme si tout était inerte, paralysé chez une personne comme elle, l'intellect aussi. Je vous assure qu'à la lecture de son texte on se rend compte que non.
Etant totalement paralysée, vous vous demanderez "Mais comment l'a-t-elle écrit son livre, si elle ne peut pas utiliser ses mains ?". Eh bien la technique peut faire des miracles. Zoubida bouge parfaitement sa tête et se sert tout simplement de son menton. Je savais qu'elle est une bonne conductrice de son fauteuil électrique (bien meilleur que certains qui manipulent le leur avec une main) au moyen d'une boule enveloppée d'un tissu, juste placée devant son menton. Une très sympathique ergothérapeute, que je connais aussi et apprécie, lui a confectionné un système similaire attaché à un clavier d'ordinateur. Et c'est ainsi qu'elle a écrit son livre "Le cri du silence", très court mais éloquent. Ce qu'elle dit suffit pour se faire une idée du handicap qu'elle porte et des conditions dans lesquelles vivent, dans cet hôpital impersonnel d'une région les plus froides de France et venteuses, ces personnes qui malgré elles y ont élu domicile depuis de nombreuses années. Difficile de leur trouver un logement social ou un foyer, ou bien encore une maison de retraite. Sans l'amour d'une famille, tout part en vrille...
On pourrait appuyer ses dires de nombreux témoignages qui vous surprendraient. Peut-être qu'un livre plus complet pourrait réveiller les gens sur cette situation, s'il pouvait se concrétiser et se faire éditer par un bon éditeur. Car tout ce que dit Zoubida, je peux vous assurer que c'est vrai. J'ai pu le vérifier sur place de la bouche d'autres habitants des lieux. Mais il n'y a pas que des résidents de longue durée dans cet hôpital, aussi y viennent faire de courts séjours de convalescence d'autres handicapés et des cures d'amincissement les personnes obèses avec ou sans handicap. Il n'est pas très simple non plus pour un tel hôpital de gérer tous ces patients très nombreux avec des moyens et des effectifs réduits à cause sans doute de l'état des fonds de la Sécu. Il faut peut-être essayer de moins y aller, j'y pense pour moi...
Zoubida compare l'hôpital à une prison tout en évoquant la non culpabilité des handicapés. Ils ne purgent pas de peine, mais combien de parents, d'amis leur ont tourné le dos. Alors ils se résignent, ou pêtent un plomb comme cet homme qui boit de la bière dans son fauteuil roulant parce que sa famille ne veut plus qu'il retourne chez lui, je l'ai souvent vu faire. Tandis que Zoubida résiste, au point un jour de se mettre à crier de toute la force de son silence, et se relie au monde avec Internet et une association qui sait l'écouter. Si je reprends l'image du "Scaphandre et le Papillon", je dirai que le papillon de Zoubida est sorti de sa chrysalide. Il se libère des murs rouges de l'Hôpital Maritime de Berck pour nous toucher de ses ailes à la lecture de ses mots, pour nous dire qu'en ces lieux il y a des gens du personnel formidables et dévoués. Zoubida aime faire la part des choses. Mon seul regret est sa pudeur a nous en dire davantage sur elle, sa vie, ses relations, sa famille, son métier. Mais ce doit être pénible d'écrire avec un menton et sans doute pas tout le temps qu'on aimerait. J'ose croire qu'un jour elle pourra exaucer son voeu d'utiliser au moins une main...
"Le cri du silence" peut se télécharger en pdf. Il suffit de cliquer sur le lien du titre dans la page de l'Association ALIS (pour laquelle aussi Zoubida écrit des articles sur la vie de l'hôpital, ses manifestations culturelles etc.) que je vous donne ici :
http://alis-asso.fr/ewb_pages/l/livres_et_films.php
11 juin 2009
"Duma Key" de Stephen King
Edgar Freemantle est un entrepreneur de travaux publics et victime d’un accident grave sur un chantier : une grue pénètre dans le côté droit de sa voiture en reculant et lui arrache le bras, et il se trouve qu’il est droitier. Il part en convalescence en Floride sur une île appelée « Duma Key ». Auparavant, dans une de ses propriétés où il débuta sa récupération, il s’était pris à dessiner pour passer le temps. Mais c’est sur l’île du Golfe du Mexique que son talent s’est révélé grâce à la solitude et la splendide vue aux couchers de soleil beaux à couper le souffle (et à les peindre…). Il fait connaissance de voisins étranges, et sent peu à peu une présence en lui qui le pousse à peindre frénétiquement à s’en affamer. Son bras droit le démange (il paraît que cela arrive aux personnes en manque de membres) pour exprimer l’envie de se mettre à l’ouvrage ; parfois il lui apparaît comme un fantôme. Mais il n’y a pas que ça, ces tableaux sont révélateurs d’événements dont il ne peut connaître l’existence et bien d’autres choses aussi extraordinaires. Il connaît la gloire, mais son talent possède un pouvoir dont il faudra se débarrasser… Il finira par abandonner l’île de Duma Key aussi belle que maléfique.
J’apprécie beaucoup quand Stephen King aborde les thèmes sur l’art et le talent dans ses livres tels que « Sac d’os », « Duma Key » évidemment, et « Écriture » qui m’a le plus poussée à écrire, surtout un jour la prose. C’était pour moi un don du ciel, un cadeau merveilleux que ce livre sur l’art d’écrire. Il faut une extrême générosité pour révéler son savoir-faire, et Stephen King indéniablement l’a en lui. En cela je lui serai éternellement reconnaissante. J’aime quand il dit : « Finalement, je n’écris que pour deux raisons : pour me faire plaisir et pour faire plaisir aux autres. » À méditer.
Voici quelques expressions que j’ai rencontrées dans « Duma Key » et qui m’ont marquée :
- « Tu peux le faire. »
- « Il arrive que la compréhension fasse l’économie du cerveau et procède directement du cœur. »
- « N’emprunte jamais plus que cent fois le niveau de ton QI. »
- « … je ne voyais personne et ne parlais à personne, sinon à moi-même. Il ne restait presque plus rien du superficiel et, lorsque cela vous arrive, vous commencez à vous entendre vous-même clairement. Et une communication claire entre soi et soi - j’entends par là le moi superficiel et le moi profond - est l’ennemi du doute. Elle détruit la confusion. »
- « L’art, c’est le souvenir, Edgar. Il n’a pas de manière plus simple de l’exprimer. Plus le souvenir est limpide, plus l’œuvre est belle. »
- « Son talent était affamé. Les plus grands talents -comme les pires- le sont toujours. »
- «… si vous vous racontez le mensonge des artistes médiocres - que vous savez ce que vous faites -, vos chances d’accéder à la vérité seront anéanties. »
- « Ne pas arrêter tant que le dessin n’est pas terminé. »
- « Quand je peignais, je tombais amoureux du monde. Quand je peignais, je me sentais entier. »
- « Sachez quand vous avez terminé et reposez alors votre crayon ou votre pinceau. Tout le reste n’est que vie. »
Pour moi, Stephen King est un grand poète même s’il ne publie pas de vers, un humaniste doublé d’un romancier de génie. Et cela malgré l’horreur, la frayeur, les sueurs froides de ses livres. Il faut savoir accepter que quelque chose d’autre se trouve toujours en filigrane des mots, qu’on puisse le remarquer ou non, et malgré l’insipidité de l’apparence. Cette double écriture existe chez Stephen King. Et ses livres n’ont rien d’insipide, du moins à mon goût…
09 décembre 2008
La Résistance en Loire-Inférieure
Enfin, je l'ai lu ! Et je n'ai pas été déçue, tout au contraire. Ce livre sur la Résistance de Nantes et de toute la région environnante, de Bretagne, du Maine-et-Loire... m'a appris énormément sur cette époque et comment et de quoi était consistée la Résistance, ses premiers pas jusqu'à la formation d'une véritable armée militaire qui fit battre les Allemands nazis en retraite avec l'aide des Américains.
C'est surtout l'histoire d'un homme, René Terrière, alias Xavier-Dick qui, à partir d'une altercation avec un soldat allemand dans un trame, devient un grand Résistant jusqu'à ce jour 21 Juillet 1944 où il fut prisonnier chez des amis et envoyé au camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg, où il décéda en novembre de la même année... Il aurait dû faire la Libération de la ville de Nantes, le 12 Août. Hélas, c'est un autre qui en fut chargé. Et cet autre était mon père sous les ordres du Colonel Félix qui remplaçait le Colonel Kinley qui s'était réfugié près des siens. Mon père avait pris le pseudonyme de "Alain", prénom qui fut donné à son fils aîné.
Ces personnes m'ont beaucoup touchée, ainsi que mon grand-père autre Résistant cité plusieurs fois dans le livre, mais aussi Marcel Jaunet, toujours vivant je crois, ce fermier qui a nourri les maquisards et les résistants, très sympathique, Raymond Potiron avec sa femme Marie, ces Allemands passés dans le camp des Alliés, et bien d'autres...
Mais il y a eu les traîtres, certains volontaires, d'autres hélas sous la torture, et ces collabos curieusement devenus résistants à la dernière heure, quand les Allemands avaient capitulé.
Ce livre m'a appris beaucoup sur l'humanité en courage, bravoure, franchise et honnêteté, mais aussi sur la lâcheté, l'avidité, la traîtrise de certains.
Pourquoi Vichy ? Pourquoi avoir vendu son peuple et ses propriétés à ces gens qui voulaient les rendre esclaves ? En début du livre, Jean-Claude Terrière nous offre en lecture des passages des doctrines hitlériennes tirés de "Mein Kampf"qui le confirment. Un livre que les partisans du Maréchal Pétain n'avaient probablement pas lu, ou pas correctement...
Jean-Claude Terrière s'est servi de documents personnels, notamment un écrit de son père caché le 7 Juin 1944 chez sa soeur, et d'autres documents dont un rapport de mon père en 1946, collationnés par le Comité d'histoire de la Libération.
Dans ce livre, j'ai aussi appris qu'un des premiers partis de la Résistance en Loire-Inférieure, de confession de gauche, se nommait... Front National de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. Un nom que s'est approprié un tout autre parti bien des années plus tard.
Je recommande ce livre d'histoire plus fort que la fiction, tellement plus... Gardons espoir que de tels événements n'aient plus jamais à se reproduire.
Je rappelle le titre : "La Résistance en Loire-Inférieure -on l'appelait Xavier-Dick" de Jean-Claude Terrière aux éditions Geste. On peut le trouver entre autres sur des librairies On Line telles que Amazon.fr.
13 novembre 2008
Le Paradis, un peu plus loin
Des livres prêtés à ma soeur pour moi par une amie d'origine sud-américaine, j'ai lu en espagnol récemment "El Paraiso en la otra esquina", traduit en français par "Le Paradis, un peu plus loin", de Mario Vargas Llosa.
Je n'avais jamais rien lu de lui auparavant et j'ai été positivement étonnée par son style franc et bien imagé. Par moments il tutoie les personnages célèbres dont il raconte certains aspect de la vie. Cela me choquait car il n'y a pas de transition entre la voie narrative et ses tutoiements, mais on s'y fait.
Il raconte donc deux existences avec des ressemblances (forcément, ils sont parents) et des oppositions notamment dans leurs sexualités. Il s'agit de Flora Tristan que certains disent descendante par son père de Simon Bolivar, mais pas pour Mario Vargas Llosa qui affirme bien l'origine péruvienne de ce père. C'est aussi une des premières féministes, et oserais-je dire communistes, de son temps. Elle parcourt la France pour promouvoir son livre "L'Union ouvrière" et faire l'apologie de ses idées qui regroupent les causes des ouvriers et des femmes. Par ailleurs il y a la vie de son petit-fils Paul Gauguin et sa recherche du monde primitif qu'il tente de retrouver en Polynésie française. Il a une maladie honteuse, jamais prononcée dans le livre, mais que tout le monde sait l'origine sexuelle. Elle le détruit peu à peu jusqu'à le rendre invalide et aveugle, ou quasiment. Et peindre le rend obsédé du sexe. A l'époque on n'y voyait pas d'inconvénient, mais aujourd'hui si, les femmes tahitiennes et marquisiennes de Gauguin n'étaient guère plus âgées de 14 ans quand il les choisissait... Oserais-je dire qu'il y avait un Simon Bolivar en lui ? Oui, un peu je trouve. Il était très en colère contre l'ordre établi des Blancs et des Eglises. Et il ressemblait par ces aspects-là à sa grand-mère. Mais c'était surtout un artiste. Fou peut-être, mais certainement un génie qui a appris son art plutôt tard en plus, vers les trente ans. Il s'est vite rattrapé, n'est-ce pas ? Il y avait aussi sa fascination pour les êtres androgynes. Il y avait peut-être aussi une femme en lui, comme peut-être un homme chez Flora Tristan qui a eu une liaison homosexuelle. Oui, le choix de raconter ces deux vies est bon. elle se confondent si on peut dire.
A la fin, Mario Vargas Llosa nous raconte leurs disparitions avec moult détails, il en ressort un fort réalisme même sous la forme romancée dont c'est écrit. L'aura-t-il gagné le Paradis, Gauguin ? Avec le talent qu'il avait, mis à part ses abus et autres défauts, et son amour d'une certaine justice et pureté, je crois. Enfin, si le Paradis existe vraiment...
Voici un assortiment de musiques tahitiennes que peut-être Paul Gauguin écoutait de ses amis Tahitiens et Marquisiens. C'était aussi un musicien qui cherchait son énergie pour peindre dans ses guitares et armonium, toujours d'après Mario Vargas Llosa...
14 juillet 2008
Le cercle du silence de David Hepburn
Vendu comme "Roman de l'été 2008", Prix du Premier Roman décerné par les lecteurs/trices de Femme Actuelle et présidé par Paulo Coelho, aux éditions Les Nouveaux Auteurs (Internet comme Le Manuscrit).
Thriller que je verrais bien dans la catégorie Polar/suspense ou Espionnage. Une enquête autour d'un réseau de pédophiles dirigés par des hommes de loi et une secte avec le trafic d'une nouvelle drogue de synthèse servant à amadouer les ados prisonniers sur un paquebot... Beaucoup d'action du début jusqu'à la fin et bon scénario pour un film, à condition toutefois de supprimer nombreuses longueurs, point faible du livre à mon goût trop long... 640 pages.
J'édite parce que j'étais allée un peu trop loin, et ce n'est pas gentil. pardon à l'auteur s'il était venu lire mes propos. Son talent, je l'ai trouvé grand et il grandira encore bien davantage.
Bonne lecture !
