12 juillet 2008
Petite fille de la mer
Petit conte inspiré d’une musique de Vangelis « La petite fille de la mer »…
Petite fille
de la mer,
Quand tu t’éveilles,
frais et clair,
S’entend ton cœur qui palpite.
Tu t’habilles et pars vite.
Tu vas rejoindre
l’océan,
Sur le sable. Et
doucement,
Petite fille, son conte,
Tu chantes. Et on raconte,
Petite fille,
que la mer
Calme ses vagues,
l’eau s’éclaire,
Quand, toi mignonne et si douce,
Tu foules les flots de mousse.
La mer frémit
et caresse
Ton menu corps
de tendresse,
Car elle t’aime, petite,
Et fait que rien ne t’agite !
Petite fille
de la mer,
avec ton cœur
frais et clair,
Tu reviendras tôt demain
Chanter encor l’air marin…
(J'ai trouvé une vidéo de la musique de Vangelis, alors je remonte ce poème...)
13 décembre 2006
Le lointain Rap de la place
(Oligogramme avec les lettres escap d loint)
Dans l’espace lointain,
Passe le rapace à la tête noire.
Il se lie à l’étoile opale éclatante.
Le crotale dit à la lionne : « Pars ! ».
« Non ! » répond en criant la lionne.
Et le crotale, sortant de sa pierre, place ses crocs dans son dos.
L’étoile étale ses étincelles dans l’espace.
Elles participent, dans le noir, à la clarté des êtres
Par les ondes tièdes et nacrées.
Le Rap des sillons lance ses notes.
Le Rap de la place sonne très clair,
Car en plastic sont ses sillons.
Le rapace à la tête noire dit
A la claire étoile : « Attends, partons ! ».
Et l’étoile et le rapace en direct
Partent très loin dans le ciel.
Escapade dans le lointain ciel noir.
Nantis sont le rapace et l’étoile.
Part, dans le ciel des lions,
La lionne éteinte par des crocs.
Et très loin, s’entend de la place
Le Rap criant des sillons.
Le Rap se perd dans l’océan étal de la soirée,
Laissant place à ce silence tant espéré par la lionne,
L’étoile, le rapace à la tête noire et le crotale.
Révolution
Pour retenir une leçon de choses...
Mercier
Vélin
Terrier
Marin
Jugée
Salin
Urée
Nepet*
Plantain
*De Nepeta, ville italienne.
L'éléphant gourmand
Oh! sentir les ardeurs
De quand on était enfant,
Observer la lourdeur,
Les rides des éléphants
De la ménagerie
De l'ambulant cirque P.
Oh! ce qu'elle avait ri,
Quand l'un voulut usurper
Le gâteau du goûter
Qu'elle tenait dans ses mains.
Mais on l'a écartée
Du gros babar trop malin.
Pourtant il lui plaisait...
Elle était drôle sa trompe,
Quand il la déplaçait
En tous sens... Et sous les trombes
De pluie, partant transie
Vers la maison des vacances,
Ses joues avaient rosies,
Son coeur en effervescence.
Et elle rit encore
Au bout de trente et un ans,
En pensant à l'accord
Entre éléphant et enfant.
La courte vie d’une bulle de savon
Petite bulle
Alerte
Tu t’écartes de lui
Petite bulle
Offerte
Aux bras noirs de la nuit
Légère
Sous le vent
vespéral
Et fière
Pavoisant
Tel cristal.
Petite bulle
D’amour
Le monde en toi sourit
Petite bulle
Et pour
Que tu danses et ris
Te souffle
Egayé
Un enfant
Des moufles
Aux poignets
Ballotant
Petite bulle
Fuyante
Bientôt tu disparais
Petite bulle
Tremblante
Tu meurs au bord d’un pré.
Le Fils du Sultan
Sur l’épais matelas,
posé à terre en lit,
fait la sieste un enfant.
Il rêve, silencieux,
aux courses de chameaux
que du ciel il regarde,
allongé à plat ventre
sur un doux cumulus.
Ce sera celui-là!
Non! mieux l’autre aux oreilles
couvertes de pompons
qui dansent affolés
sur ses joues contractées,
tellement il s’acharne
sur son agaçant mors...
On voit, c’est sûr!, qu’il veut
dépasser l’arrogant
chameau du Grand Emir.
Il lui faudra gagner!
Ne serait-ce que pour
plaire au fils du Sultan,
là-haut sur son nuage...
Mais l’enfant, d’un seul coup,
somnole et ne voit pas
le chameau des pompons
arriver le premier.
Il tourne, roule et tombe...
sur le plancher ciré!
A chaque vingtaine de minutes…
Lipogramme sans (o)
J’en avais une centaine de ces galets blancs dans un sac pendu à l’épaule. J’étais parti de chez mes parents fuir les disputes sans fin.
Bien décidé, j’allais quitter le pays !
J’ai marché de midi à la nuit, un petit galet s’échappant du sac à chaque vingtaine de minutes.
Des plaines jusqu’à la plage, j’ai traversé cinq heures durant, passant par une étendue garnie de grands arbres. La lumière s’y faisait rare, mais je ne craignais pas les bêtes tapies derrière leur épaisseur tant l’envie de fuir était grande.
Habituellement y était amarrée, sur le sable humide, une barque.
Je la prendrai et m’enfuirai à la fin de la terre…
Mais plus de barque sur la plage !
Me calmant du chagrin, je décidai de refaire le chemin inverse en ramassant mes galets chus à terre.
Demain, j’y reviendrai à la plage, une autre barque y sera…
(D'après le Petit Poucet)
L’enfant et le rocher
Moi, vieux rocher,
Mon nom Roger
Me fut donné,
Sur ma longue plage
Tahitienne,
Par Etienne,
Garçon en bas âge.
L’été dernier,
Il fit : «Roger,
J’veux t’protéger
Des assauts du large.
Pour que tu ne
T’uses plus, je
Vais te mettre en marge.
Dans un carton
D’couleur marron,
J’te f’rai un rond
Et très fort treillage
Qui troublera,
Eloignera
Les rouleaux sauvages.
- Oh, non, mon gars !
Ca n’me plaît pas.
Laisse ça là !
Moi, j’aime le Large
Libre et sentir
S’épanouir,
Sur mon corps, sa Marge.
L'oiseau et l'enfant
Poème écrit voilà des années sans penser à la chanson de Jean-Paul Cara qui fit gagner l'Eurovision à la France...
L'Oiseau de Feu
Vivait heureux
Près d'un enfant aux blonds cheveux.
L'Oiseau, l'été,
Venait voler
Tout au-dessus d'un grand rocher.
L'Enfant joyeux,
Aux merveilleux
Pâles et tendres yeux gris bleu,
Aimait, l'été,
Le voir voler
Juste au-dessus de son rocher.
L'Oiseau aux plumes
Rouges et brunes,
Allait souvent jusqu'à la lune
Pour rapporter
Vers le rocher,
De lunaires contes d'été.
Contre la dune,
Un jour, la brume,
De l'eau salée, fit de ses plumes
Pour rapporter,
Vers le rocher,
Le monde des mers en été.
Bouleversé,
Se demandait,
L'Enfant, où donc était passé
L'Oiseau de Feu?
Et, malheureux,
Tourna sa tête aux blonds cheveux.
Loin du rocher,
Triste, il partait
Sous le soleil couchant doré.
Perdu son feu,
Bien malheureux,
l'Oiseau ne revit ses cheveux.
L'été suivant,
Revint l'Enfant
Sur le rocher de l'océan.
Jamais ses yeux
Reflet gris bleu
Ne se détachaient du ciel bleu.
Longtemps, longtemps,
Le cher Enfant
Attendit le conteur volant...
Soudain, ses yeux
Reflet gris bleu
Virent comme un feu dans le Bleu.
La Lune Bleue
Pleine et toute bleue, elle habille,
D’infinies étoiles, la mer.
Dans l'antre obscur elle frétille.
Seule, elle brille dans l’éther.
Elle est comme un ballon que tire
Une enfantine et vive main,
Et offre en planant son sourire
A l’étendue jusqu’au matin.
Par qui serait-elle observée?
Sur la mer, pas un seul bateau!
Sa paisible face rêvée,
Elle n’est rendue que par l’eau.
Dans le ciel, la Lune Bleue veille
A la récupération
D’un petit être qui sommeille
D’un songe lourd de passion.
Qui chante et berce sans ennui
Son enfant. Elle est un trouvère.
Lumineux musicien de nuit!
Vite, la Lune Bleue s’éloigne
Dès que surgit le petit jour.
Mais un éclat de paix témoigne,
Sur des traits frais, de son amour.
