16 février 2009
Grand Canyon (rimes libres)
Partir pour oublier
Des desseins fendillés
Des heures désertes
Vécues à perte
Un corps déformé
Des traits mal aimés
Un cœur naïf
Bien trop plaintif
Et un talent
Si chancelant.
Créer le délire
Qui peut me conduire
Au bord du précipice
Où une eau verte se glisse.
Et me lover
Dans une couvée
D'aigles libres indiens
De l'Ouest américain !
03 août 2008
Ia ora na outou ! (bonjour à tous !)
Rond...
Le roulis du bateau de pêche entre les îles.
L'atoll au lagon d'eau pure opale.
La corpulence des marins maoris
entonnant leur cri de guerre Haka.
Le pétillement des yeux bridés et accueillants des gens.
Les sourires, les bouches,
l'accent des voix roulant les R.
La joliesse de la peau mate.
Les belles Vahinés aux cheveux noirs
si éclatants, épais et soyeux,
un diadème de tiarés récemment cueillis
ou fleur rouge au-dessus de l'oreille.
Les gestes des bras imitant la houle marine
des danseuses aux pieds nus sur le sable.
La coupe de leurs soutiens-gorge noirs
sous un collier de fleurs ondulant.
Le roulement des hanches
au lent ou rapide rythme
des ukulélés et des chants d'amour…
Tout roule…
comme la rotation de la Terre,
les marées des océans,
là-bas en Polynésie.
Si…
un jour je pouvais renaître,
que ce soit en Tahitienne !
Qu'un peintre me peigne
pour que les yeux de l'Univers
se tournent vers moi
et y voient mon peuple
comme le plus authentique
et le plus beau du monde * !
*Un souvenir de lecture d'un roman de Pierre Loti (il y disait que les Polynésiens étaient la race la plus belle du monde…) et puis un clin d'œil, bien sûr, à Paul Gauguin.
Je viens de trouver cette vidéo de la célèbre chanson tahitienne "E Vahine Maohi E" du groupe "Fenua" (terre en tahitien). Je trouve qu'elle illustre bien mon poème que je remonte...
Voici le lien vers les paroles et leurs traductions :
http://paroles.webfenua.com/chanson.php?id=125
29 octobre 2007
Souvenirs de la baie d'Authie
Souvenirs de la baie d'Authie
envoyé par marygrange
Je remonte ce poème, l'un de mes premiers depuis que fréquente les sites de poésie, pour la vidéo que je viens de faire...
Une raie blanche borde l'horizon
bleu lointain.
Marée basse.
Sable nappé d'eau marine. Personne.
Criardes mouettes.
Aurons-nous encore un jour de beau temps?
Le front de mer souffle trop fort
pour m'en approcher.
Ce matin, donc, je reste à l'intérieur.
J'attise les yeux.
J'observe à travers la fenêtre close.
L'image est floue.
La salissure des carreaux
jette au mystère
de la vue un plus inconscient.
Oh, un rayon de soleil !
Fera-t-il alors beau…
Cet après-midi, j'irai
tout au bord des vertes dunes
aux herbes hautes, sauvages,
tordues, couchées par le vent.
Un bouquin, les crayon et cahier pour écrire,
mon walkman sur la radio, ou bien seulement
les yeux posés sur les pêcheurs du bord de l'eau,
la promeneuse aux six chiens et les chars à voile,
les surfeurs aux cerfs-volants, ou ceux-ci tenus
par des enfants et les gens couchés sur le sable,
d'autres flânant et conversant sur le remblai
de cette ville en baie d'Authie, Pas-de-Calais.
24 octobre 2007
Les pas…
Face à l'éternité
vivante de la mer,
Sous un ciel gris de plomb,
Bateau à l'horizon,
Une étendue de pas,
sur la plage, se perd.
Des pas qui se côtoient,
Mais dont jamais les pieds
ne se sont rencontrés.
De tous âges, des pas
De toutes dimensions,
lointains, entremêlés.
Des pas des esseulés
promeneurs matinaux,
D'amis et d'amoureux,
D'enfants aux cris joyeux,
Ceux des pêcheurs du coin,
des touristes badauds…
Empreintes de sabots
De chevaux galopant
au bord de l'eau, des chiens
S'adonnant, tout de go,
Aux courses à l'air pur,
tellement gais et bien…
Ces pas de vies passées
sur ce morceau de terre,
Je les vois, incrédule,
Frileux au crépuscule.
Recouverts, ils seront,
du gris manteau de mer…
J'ai fait cette vidéo hier soir, d'où la remonte de ce poème, l'un des premiers à figurer sur le blog en décembre de l'an dernier. Je l'ai écrit en 2003 sur cette photo (celle aussi de mon portrait...) prise au cours d'un séjour médical à l'Hôpital Maritime de Berck. En 2005, je l'ai présenté au concours Poésie du Point du Jour de Paris. Il n'a pas eu de prix, mais il a été sélectionné pour paraître dans le livre des meilleurs de cette année-là. Et je m'en suis sentie fort honorée...
10 mars 2007
Quand je regarde « Voyage »
Quand je regarde « Voyage »*,
Je m’en prends plein les mirettes,
Je fais provision d’images
Et me sens tout guillerette.
Quand je regarde « Voyage »,
Je traverse, dans ma tête,
Un blond désert sans mirage
Et la mer avec les mouettes.
Je voudrais prendre un billet
Pour le Sud, la Réunion,
Prendre le train, pagayer
Sur de l’eau à profusion,
Quand Antoine, le chanteur,
Parle d’îles sous le vent
Au charme si enchanteur.
J’apprécie le voir souvent.
Quand je regarde « Voyage »,
Je m’en prends plein les mirettes,
Je fais provision d’images
Et me sens tout guillerette.
Quand je regarde « Voyage »,
Je traverse, dans ma tête,
Un blond désert sans mirage
Et la mer avec les mouettes.
Le monde m’est découvert
Sur mon écran trop petit,
Mais je vois blancs, bruns et verts,
Défiler nos beaux pays.
C’est l’histoire qui me vient,
La géographie aussi,
Et après je me souviens
Que je suis encore ici…
Quand je regarde « Voyage »,
Je m’en prends plein les mirettes,
Je fais provision d’images
Et me sens tout guillerette.
Quand je regarde « Voyage »,
Je traverse, dans ma tête,
Un blond désert sans mirage
Et la mer avec les mouettes.
L’Argentine a son tango.
La Russie chante le froid.
Tahiti a le tempo
De l’amour dans ses ébats.
L’Islande crache ses feux
De neige dans l’océan,
Et l’Inde noircit les yeux
Des Déesses aux pas lents.
Quand je regarde « Voyage »,
Je m’en prends plein les mirettes,
Je fais provision d’images
Et me sens tout guillerette.
Quand je regarde « Voyage »,
Je traverse, dans ma tête,
Un blond désert sans mirage
Et la mer avec les mouettes.
Aventurière, je suis
Juste pour un temps trop court.
J’apprends, je connais, et puis
Je souris comme à l’amour.
Car le bonheur est partout
A qui vit tout simplement
Et qui aime les atouts
De la terre en dévouement.
Quand je regarde « Voyage »,
Je m’en prends plein les mirettes,
Je fais provision d’images
Et me sens tout guillerette.
Quand je regarde « Voyage »,
Je traverse, dans ma tête,
Un blond désert sans mirage
Et la mer avec les mouettes.
*Chaîne documentaire du Câble sur les voyages et le tourisme.
11 décembre 2006
L’écho d’un voyage
Un matin brumeux de décembre,
Voguer vers l’Orient. Oublier
La douleur qui nous fait crier
Des mots de larmes dans la chambre.
Relâcher les liens du passé,
De la détresse et de l’enfance.
Rêver le cœur débarrassé
De ses plus opaques offenses.
Autour d’un midi de décembre,
S’inventer l’instant de ciller
Sur un mirage. Etudier
Un air au miroir de la chambre
Pour ne déplaire à l’inconnu,
Au passage d’une felouque
Sur le fleuve, au mât biscornu
Qui transporte d’obscures touques.
Rester tout un soir de décembre,
Hissant les mots d’un encrier
Pour déposer, dans un cahier,
L’écho d’un voyage de chambre.
Un jour de pluie !
Pas gai à vivre un jour de pluie
chez soi!
On tente à égayer le cœur,
bien sûr,
en ne pensant qu'au soleil mort
hier…
Trop triste jour d'octobre sombre,
sans cet
alcool émotionnel d'été !
Douceur,
ivresse du doux bonheur-rêve
poète…
Mais l'automne a sa mélodie
aussi,
planeuse à l'ombre des sous-bois,
tapis
de feuilles mortes hors des villes…
Trop loin!
07 décembre 2006
A fleur de nos âmes
A fleur de nos âmes,
On parle au silence,
Maître paix des flammes,
Torrents, turbulences
Qui craquent, rugissent,
Soufflent, tourbillonnent.
Rumeurs qui faiblissent
Quand nos cœurs rayonnent.
A fleur de nos âmes,
Les sens en errance
S’aiguisent aux lames
De la mer en transe,
Aux vaux qui fleurissent,
Aux blanches pigeonnes,
Aux feuilles qui crissent,
Folles sauvageonnes.
A fleur de nos âmes,
On survit aux loups,
Aux hommes et femmes
Aux esprits jaloux,
Et aux meurtriers
Assauts de nos guerres.
Forgés d’amitiés,
D’amours, on n’a guère
Mal à s’avancer,
En bateaux sans rames,
Au futur passé,
A fleur de nos âmes.
L’escalade
Au bout de ce chemin, se dresse une montagne
Que chaque destinée fatalement regagne.
On l’escalade, un soir où le souffle est ténu,
En un ultime effort avant de dormir nu.
Au sommet, c’est quand sort l’âme et le corps s’épuise.
Et on fait le bilan de chaque chose acquise,
Les blessures du cœur, et aussi les bonheurs,
Les plaisirs délaissés et les bons mots railleurs.
J’ignore qui vaincra pour moi, des idées noires
Et des actes heureux, les gestes plus notoires
Qui me feront finir en douleur ou en paix,
Mais j’espère bien que digne je partirai.
Voyages
Comme une fée diaphane, je parcourrai le monde.
Et je suivrai la ronde des chemins qui s’enlacent,
Quand l’horizon s’efface à mes battements d’ailes.
Comme une tourterelle posée sur un platane,
En terre castillane, d’une belle faconde,
De ma gorge profonde, viendrait un chant de grâce.
Puis, sur la mer de Glace, je replierai mes ailes
Frêles, intemporelles, pour givrer mes arcanes…
