05 mai 2009
Il n'aimait pas non plus ses contemporains, enfin pas tous...
Antonio Machado n'aimait pas non plus les nouveaux trouvères, ses contemporains : "Je n'aime pas les maquillages de la cosmétique moderne...". Il ne se forçait pas à pratiquer un style à la mode et avant-gardiste pas plus qu'il ne chantait des sonnets à la Ronsard. Il était entre deux eaux, et surtout lui-même car il devait fort bien se connaître. Je le crois sincère quand il disait qu'il était bon au sens pur du mot. Alors, je me dis pourquoi faire école ailleurs qu'en l'âme belle et juste d'Antonio Machado ? Tout y est pour fabriquer sa poésie...
"J'ai coupé les vieilles roses du jardin de Ronsard"
Il a dit cela, Antonio Machado : "J'ai coupé les vieilles roses du jardin de Ronsard". (Ne serait-ce pas bénéfique à tout prétendu poète d'essayer de couper les rimes surannées des amours transies bienheureuses ou douloureuses ?) Il était philosophe, et s'il parlait de la nature c'était toujours en paroles pures et mûrement réfléchies. Il n'écrivait certainement pas pour charmer un public, mais bien pour exprimer ce quelque chose qu'il disait "qu'il se trouve loin dans l'âme enveloppé d'un troublant et magique soleil". Et il disait également que la "plume est la langue de l'âme". Alors pourquoi butiner les fleurs d'un jardin poétique par devoir plus que pour obéïr à la nécessité de son talent au moment où il se manifeste ? Puis cette "langue de l'âme" est de toutes les formes d'écriture et pour tous, elle surgit souvent quand on l'attend le moins et pas toujours lorsqu'il le faudrait, et pas forcément sous la forme désirée. Elle n'a non plus pas lieu de provoquer les attaches affectives, mais bien être un lien entre les pensées et les cultures. Il faut écrire par nécessité et pour communiquer ses réflexions à qui sauraient les entendre et y correspondre, mais librement sans trop s'affecter des "dogmes" qu'on peut rencontrer chez les "puristes" classiques ou avant-gardistes, ni de s'en servir comme simple moyen de séduction. Inscrit ou simple "visiteur", on se cultive sur les sites de poésie d'Internet. Là, le média jouit de sa vraie valeur, le partage culturel qui surpasse le relationnel virtuel si superficiel...
Alors ne jugeons pas les internautes, ceux qui nous aiment ou croient nous aimer, ni ceux qui semblent nous détester ou nous jalouser. Et ni eux devraient nous juger. Juste regardons ce que nous créons lorsque nous le pouvons... Et surtout que les poètes d'aujourd'hui essaient de couper "les vieilles roses du jardin de Ronsard". J'aimerais tant y arriver moi-même...
22 décembre 2008
Les amalgames...
J'ai entendu parler à la télévision un défenseur des droits des animaux. Il disait qu'un bébé, une personne âgée qui a perdu ses facultés intellectuelles et un handicapé en ont bien alors qu'ils ne sont pas aptes à les comprendre, tout comme les animaux. Cela m'a fait sortir de mes gongs.
Dire : "un handicapé ne comprend pas ses droits", rabaisse la personne en situation de handicap qui l'entend, dans la mesure où ses propres capacités intellectuelles n'ont pas été atteintes par son mal, si on ne tient compte de son mode de vie qui parfois les réduit. On ne devrait pas mêler des handicapés mentaux aux handicapés physiques et sensoriels. Pourtant quand on dit "un handicapé", cela sous-entend "tout handicapé". C'est donc grave de s'exprimer comme cette personne à la télévision. Cela est rigoureusement vexant et donne à croire aux handicapés d'une intelligence normale, voire supérieure, qu'ils sont vus comme des êtres inférieurs quoi qu'ils fassent pour prouver le contraire.
Il est des poliomyélites qui sont devenus des personnages hautement importants et trônent dans les annales de l'histoire. Je pense en disant cela, bien sûr, à Franklin Roosevelt. Il y a eu Michel Petrucciani, et il y a Mimi Matty pour nous démontrer que les personnes de petites tailles peuvent avoir des talents artistiques développés comme les autres. Et Ray Charles, Gilbert Montagné, et tant d'autres non-voyants nous ont éclairés de leurs dons de musiciens, tout comme Beethoven qui était sourd. Et n'oublions quand même pas Stephen Hawking, l'un des plus éminents astrophysiciens de tous les temps et handicapé physique, ni Jean-Dominique Bauby, complètement tétraplégique, qui écrivit un livre remarquable juste avec ses yeux, "Le scaphandre et le papillon". Tous ces gens, avec leur handicap présent, étaient et sont capables de comprendre leurs droits, non ?
J'aimerais bien que ce défenseur des animaux puisse réaliser cela... Mais il va de soi que les animaux méritent qu'on rédige des droits pour eux.
Enfin, je constate qu'il est fort déplorable de faire des amalgames, cela peut influencer ceux qui les écoutent et les rendre méfiants, intransigeants et impitoyables envers des personnes qui ne le méritent pas et dont ils ne savent pas grand-chose. Il faut tellement savoir pour juger et remuer sa langue dans sa bouche avant de parler, comme on dit. Méfions-nous d'engendrer animosités, racismes et blessures.
02 juillet 2008
Citations de Robert Desnos sur la poésie
J'ai relevé, dans le cadre de ma recherche réflexive sur la poésie, des phrases de Robert Desnos dont je partage pleinement la pensée, même si je ne suis pas adepte de l'écriture automatique ou surréaliste, que je ne les connais pas trop (mais j'espère me cultiver un peu un jour...). Ceci afin de donner du crédit à ce que j'ai tenté récemment d'explorer bien maladroitement et qui m'a fait bizarrement agir. Ma retraite continue...
"En définitive, ce n'est pas la poésie qui doit être libre, c'est le poète".
"Chacun trouve son aliment poétique où il lui plaît."
"La grande poésie peut être nécessairement actuelle, de circonstance..."
"La poésie peut être ceci ou cela. Elle ne doit pas forcément être ceci ou cela... sauf délirante et lucide."
"Rappeler au public qu'il peut y avoir des sous-entendus."
'L'image n'est pas toute la poésie."
"La poésie est simplification [...]
Le poème est le fruit de la nécessité."
Et d'autres choses encore dont je devrais tirer des leçons. Mais déjà je retiens la profonde notion de la liberté qui produit les sentiments et le désir de faire quelque chose, et aussi d'écrire, d'être un poète ou un artiste. Autant larguer les amarres lorsque l'on s'en sent capable, sans toujours obtempérer à l'influence d'autrui ni s'en référer car elle fait souvent office d'ancre.
07 février 2008
Prix littéraires
J’ai juste un peu envie, là, de parler de littérature.
Mais avant, je voudrais annoncer, pour le moment officieusement, que mon éditeur a mis Comme une bouteille à la mer en concours. Oui, il participe au Prix du Premier Roman qui sera remis au cours d’une des journées du Salon du Livre au mois de mars à Paris. J’irai, du reste, le dédicacer. Mais j’en reparlerai plus tard. Juste ajouter qu’ils étaient 700 les romans en liste cette année, que maintenant nous ne sommes plus que cinquante et le mien est toujours présent dans les romans psychologiques. Je suis donc Finaliste, ça c’est sûr, et le livre paraîtra dans une nouvelle Collection avec quelques aides pour sa distribution. Et s’il était, par le plus grands des hasards (mais je n’y crois pas trop), lauréat, j’aurais droit à une belle promo.
Et, puisque je vous parle de Prix littéraires, j’ai envie de vous faire part de mon impression à la lecture de deux d’entre eux.
A Noël, ma sœur m’a offert L’élégance du hérisson, Prix des Libraires 2007, de Muriel Barbery. Qu’en dire ? C’est un livre qui ne manque pas d’humour. L’histoire de destinés hors du commun, deux femmes, une quinquagénaire et une adolescente. Toutes deux très intelligentes et cultivées, mais cela n’entre pas dans les fonctions de concierge de l’une ni l’âge de l’autre. Elles racontent leurs existences, celle d’une intellectuelle qui se cache mais est vite découverte par un voisin riche qui s’intéresse à elle, et celle d’une gamine qui a décidé de se tuer à ses treize ans, car que pourrait-elle apprendre d’autre de la vie avec l’intelligence qu’elle a ? Mais leur rencontre change la donne. Puis vient la fin à laquelle on ne s’attend pas, pour l’une c’est plutôt triste mais enrobé de bonheur, et l’autre a appris à aimer… Ce livre m’a plu beaucoup, surtout par son originalité et son style. Je le recommande !
Puis, j’ai enclenché après la lecture d’un autre prix, le Goncourt 2007, Alabama song de Gilles Leroy. Et j’ai ressenti une vive émotion. Il y a quelque chose qui a trait à mon livre…
Alabama song est l’histoire romancée de Zelda Fitzgerald, l’épouse de Scott, le célèbre écrivain d’avant-guerre, celui de Gatsby le magnifique, titre trouvé par Zelda d’après l’auteur français.
Cette femme qui se confie est d’une grande fragilité de par son éducation austère du Sud, et peut-être parce que c’est une artiste et s’en défendra toute sa vie où qu’elle soit, chez elle, auprès des siens quand elle retourne en Amérique, ou en Europe et en France où elle a connu une grande histoire d’amour avec un aviateur français, son seul adultère, tandis que son mari se vautrait dans la débauche, alcool, femmes et qui sait une liaison homosexuelle, mais aussi dans les cliniques et hôpitaux psychiatriques ou Scott Fitzgerald l’envoyait pour s’en débarrasser et par jalousie.
Alors elle s’est attachée à la danse qu’elle connaissait bien, mais dont elle n’a pris des cours assidus que trop tard à plus de vingt-cinq ans, elle dansait à se faire mal aux pieds. Et elle écrivait… Cela au départ ne déplaisait pas à son mari écrivain, il en a profité. Ils ont publié ensemble des nouvelles où leurs deux noms apparaissaient côte à côte, puis seulement celui de Scott Fitzgerald. Mais cela n’a pas empêché Zelda d’écrire en douce un roman, le seul, et que je lirai un jour je crois, Accordez-moi cette valse. Elle souffrait du rapt de ses mots par son époux plus que du fait qu’il la décrivait dans ses livres. Et la jalousie de Scott Fitzgerald était telle que Zelda aurait été interdite d’écriture. Si la danse nuisait à son corps, écrire mettait en péril sa santé mentale, croyait-on… Alors on la poussait à peindre.
Huit ans après le décès de Scott Fitzgerald, Zelda périt dans l’incendie de l’hôpital psychiatrique où elle se trouvait recluse.
La Zelda que j’ai décrite ici est celle du roman, mais je suis à peu près sûre qu’il s’agit beaucoup de la vraie. Et j’ai de la peine pour elle… J’en veux énormément à la jalousie, à cette possessivité de l’amour fusionnel qui n’admet aucun partage que celui de l’être et du corps de l’autre. Un artiste n’est pas seul. Je veux dire qu’il a dans son âme tout un monde, des idées, un créateur qu’il doit exprimer et aimer, éloigné des autres, de ceux qui l’aiment. Il ne peut se résoudre à l’amour exclusif. Et cela provoque le rejet de cet artiste par le compagnon ou l’épouse. J’avais cet amant amoureux qui voulait m’interdire d’écrire, dit l’auteur à la fin. Ceci illustre mes propos, il me semble.
Puis écrire peut se vivre comme une menace, car c’est puiser son inspiration dans ses proches. Cela peut fâcher et blesser. Pour ma part, je crains avoir bouleversé des personnes par mon roman, même si j’ai tenu à cacher le plus possible les identités. J’en souffre d’y penser, et je m’en excuse. Zelda dit qu’il faut s’excuser d’écrire. Et aussi : Mais je sais une chose : il est difficile de faire comprendre à notre entourage que tout est nourriture pour le travail de l’écrivain…. Et je l’avais soulevée aussi, sans avoir lu encore Alabama song, cette question dans mon livre. Je demande infiniment pardon aux gens qui, malgré eux, m’ont fait écrire Comme une bouteille à la mer, mais j’en avais tant besoin. Je devais l’écrire. S’ils veulent comprendre mes raisons, au lieu d’acheter mon roman, qu’ils se procurent donc Alabama song !
03 janvier 2008
Franchises médicales, handicap et lettre ouverte à Nicolas Sarkozy et Roselyne Bachelot
Si j'osais, j'écrirais une lettre ouverte au Président de la République, Monsieur Nicolas Sarkozy, et à Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé et des Sports, concernant les mesures des Franchises médicales (dont je ne comprends pas grand-chose encore, si ce n'est qu'elles vont nuire pas mal à mon pouvoir d'achat) et les allocations versées aux Adultes Handicapés.
Elle aurait à peu près cette teneur :
"Monsieur le Président de la République et Mme la Ministre de la Santé et des Sports,
En premier lieu, il me revient de me présenter. Je m'appelle B. G., j'ai 53 ans et je suis handicapée moteur et écrivain amateur. Mon premier roman a été édité récemment et je publie des poèmes et de courtes proses sur des forums de poésie d'Internet et un blog. Je dois dire que, même si je ne gagne quasiment pas d'argent avec cette activité et malgré les inconvénients des relations virtuelles, elle me donne une belle raison de vivre car elle m'unit au monde extérieur.
Comme bon nombre de personnes souffrant d'un handicap moteur important et se trouvant en ALD pour diverses complications de santé graves si elles ne sont suivies par des traitements continus et nécessaires, je me trouve dans une perplexité totale face aux mesures que votre gouvernement vient de prendre concernant les "Franchises médicales".
Elles sont plafonnées à 50 Euros par an. Que cela signifie-t-il ? Etant donné que je dépasserai largement ce plafond annuel en dépenses diverses, médicaments, consultations et transports médicalisés, voire hospitalisations, les franchises que je devrais payer devront-elles doubler, tripler ce plafond, ou la Sécurité Sociale me rembourserait-elle ces dépassements ? J'avoue que je me sens bien perdue et triste devant ce problème.
Oui, je suis triste, car cela culpabilise ma personne et mon handicap moteur davantage. Et je ne suis pas seule dans ce cas, tous les handicapés de faibles ressources comme moi, qui ne travaillent pas et n'ont que les allocations pour vivre, se sentent diminuer par de telles mesures.
D'autant, Monsieur le Président, que vous nous avez promis une augmentation de l'Allocation Adulte Handicapé, dite AAH, de plus de 25% au cours de votre quinquennat. Vous avez commenté dans une revue spécialisée dans le handicap physique, au cours de votre campagne électorale, que votre objectif était de rendre cette allocation à 800 Euros mensuels au moins, ce qui réduirait un peu le seuil de pauvreté que nous subissons. Mais en ce mois de janvier, vous ne l'avez augmentée que d'un 1,1%, ce qui est bien peu au vu de votre promesse. Vous n'êtes pas sans savoir qu'elle subvient à la vie du quotidien, c'est-à-dire pour se nourrir, s'habiller, partiellement se loger, car l'allocation au logement ne suffit pas à régler les loyers élevés de ceux qui n'ont pas la chance de se voir attribuer un logement social et décent. Heureusement encore que nous avons d'autres allocations pour nous permettre d'avoir une existence un peu plus normale, et parfois l'aide d'un parent. Mais le pouvoir d'achat, qui vous est si cher, est si élevé que nous ne pouvons guère profiter des avantages et loisirs des personnes valides en règle générale. Dire, Monsieur le Président, que j'ai voté pour vous aux élections présidentielles, en grande partie pour cette belle promesse de l'AAH à 800 Euros, alors que les autres candidats se taisaient sur le sujet. Mais pourquoi devrais-je le regretter ? Qu'auraient fait les autres à cela ? Pas plus que vous sans doute... Et vous, vous avez quelque chose que les autres n'ont pas, en tout cas pas autant, un franc-parler, une spontanéité à toute épreuve. Et j'apprécie cela, car je vous comprends lorsque vous vous exprimez à la télévision, et il m'est agréable de vous voir si expansif devant les gens, Chefs d'Etats compris, leur touchant le bras, les frappant sur l'épaule comme un ami, c'est si innovant chez les politiques ! Je comprends que vous ayez des artistes pour amis. Ils n'aiment pas la langue de bois, et ils adorent la spontanéité. Alors, j'ai été fort heureuse de votre élection puisque je suis aussi un peu artiste, mais j'avoue que là je suis un peu déçue par les mesures récentes et qui me concernent de près.
Je sais votre démarche concernant l'emploi, votre voeu de nous mettre au travail. Oui, mais tous les handicapés n'ont pas eu la chance, dès leur enfance, à un bon développement socioculturel, même ceux qui en ont les aptitudes. Les hospitalisations nombreuses que les polios tels que moi ont subies ont freiné bien des fois leur scolarité. Et parfois d'autres choses les ont entraînés à ne pas donner suite à leur épanouissement, des problèmes familiaux, psychologiques, ou simplement leur refus de faire des études contraires à leurs aspirations parce qu'ils ont eu une mauvaise orientation scolaire au BEPC. Ils s'occupent à d'autres choses qui sont à leur goût, puis viennent les déboires personnels et la santé qui se détériore et leur font changer d'existence et brisent leurs projets... Tout cela occasionne encore plus de difficultés à trouver un emploi. Puis un emploi cela coûte aussi. Il faut des moyens de transport onéreux quand on ne conduit pas pour aller au lieu de son travail, et, si on a un salaire relativement moyen, on nous supprime quasiment toutes les aides, AAH compris, ou se voient-elles très réduites. Et tout cela n'améliore pas notre pouvoir d'achat. Car il est un fait que d'être handicapé cela revient cher, vous savez, en aides humaines et autres en plus du reste.
Nous ne pouvons même pas nous permettre, Monsieur le Président et Madame la Ministre, de prendre des vacances de plus de huit jours par an comme le Français Moyen. Moi, je reste souvent à mon domicile toute l'année, et si je m'en vais quelque part, c'est pour suivre une cure pour mon asthme ou mon handicap moteur. Cela a au moins le bénéfice de me dépayser, mais il n'est guère plaisant de fréquenter les milieux hospitaliers pour ça ni d'écouter à longueur de journée les plaintes de certains patients... Est-ce un caprice que de vouloir prendre des vacances, et l'est-ce aussi de s'acheter un livre, un CD et tant d'autres choses courantes ? Cela agrémente la vie, lui donne même parfois un sens, surtout lorsqu'on pratique un art, comme moi l'écriture.
Je vis dans un studio entre 19 et 20 mètres carrés, et c'est petit pour une personne en fauteuil roulant, croyez-moi. Alors même mon activité qui, pourtant, peut m'apporter un gain de plus que les allocations, il m'est bien pénible de la pratiquer sur un bureau d'écolier jonché d'un ordinateur portable, d'une imprimante, d'un meuble de petites étagères et plein de papiers et livres autour... Je n'ai pas d'autre endroit, ni même de table où prendre mes repas. Ceux-ci se passent sur un plateau posé sur une tablette attachée à mon fauteuil roulant. Et je ne vous parle pas de toutes mes autres difficultés à vivre dans un logement non adapté à mon handicap, juste ajouter que l'accès au trottoir de ma rue m'oblige de rester tous les week-ends chez moi sans sortir parce qu'il n'y a personne pour m'aider. Les jours de semaine, ce sont les gardiens qui me poussent sur le plan incliné très pentu... Cela joue sur le moral et me créent des différends avec les personnes de mon entourage, amis compris, car j'ai plus besoin d'affection, de considération qu'une personne dite normale et combien je me reproche d'être ainsi ! Mais l'Etat tarde à m'attribuer un logement plus convenable. Pourtant ces conditions de vie pénalisent aussi mon état de santé et finiront par me faire débourser un jour plus d'argent en frais médicaux, surtout si je me laisse vaincre par la dépression contre laquelle je lutte sans cesse. Et avec tout ça, il faut bien que je paye des "franchises médicales". Oh, ce n'est pas contre mon gré. Je pense qu'il faut des mesures pour suppléer au trou de la Sécurité Sociale et soigner les malades en grande nécessité. Mais un insuffisant rénal, un cardiaque, un asthmatique, un diabétique et tant d'autres ne sont-ils pas en danger de mort aussi comme eux, s'ils ne suivent pas un traitement adéquat ? Leurs affections ne sont-elles pas tout aussi alarmantes ? Je m'interroge sur toutes ces choses...
Ce n'est pas bien de se plaindre, c'est vrai. Mais je l'ai fait au nom de tous ceux qui me ressemblent et qui n'abusent pas. Maintenant il m'arrive d'économiser sur des médicaments que j'ai en trop, lorsque je les renouvelle tous les mois. Et pour ce qui est des cures, cela fait longtemps que je ne pars plus soigner mon asthme, cela n'est plus permis aux non résidents des régions où se trouvent les Centres. Il n'y a que pour maigrir que je partirai un mois prochainement à Berck, car l'inactivité physique dans un fauteuil, même sans trop manger, fait bien grossir. Cela fera cinq ans que je n'ai pas été hospitalisée de la sorte. Pas mal quand même ! Le reste du temps, je suis partie huit jours au bord de la mer voir des amis en 2004, et trois en 2005 pour en voir d'autres. C'est que sur Internet on se fait des amis, mais on doit essayer de se rencontrer pour concrétiser les liens, et donc se déplacer en province. Depuis, plus rien. Alors j'abuse de qui de quoi à vivre ainsi ?
Merci de me comprendre. Et j'ose espérer que vous reviendrez, Monsieur le Président et votre gouvernement, sur l'allocation AAH, que vous nous l'augmenterez bientôt afin, du moins, de pouvoir payer sans en souffrir les "franchises médicales". Et tout rentrera dans l'ordre. Et si on pouvait m'aider à me reloger, je serai enfin heureuse. Je n'ai pas besoin de beaucoup pour cela, que de meilleures conditions de vie. Je ne crois pas que ce soit un caprice, on a tous droit à sa part de bonheur. Bien sûr il y a pire que moi, mais tellement mieux aussi...
Puissiez-vous me comprendre tel que je vous parle et sans arrière-pensée. Par avance, si le cas se présentait que vous me lisiez, je vous en remercie.
Recevez, Monsieur le Président et Madame la Ministre, l'expression de mes meilleures salutations ainsi que tous mes voeux en cette date de début janvier 2008..."
Liens intéressants sur le sujet :
http://survivreausida.net/a8062-augmentation-ou-pas-de-l-aah.html
http://www.bonvote.com/rss.php?s=978219
03 décembre 2007
Qui sommes-nous pour juger les gens ?
Qui sommes-nous pour juger les gens
Quand nous ne lisons d’eux que quelques mots
Dans une lettre retrouvée
Au bout de vingt ans d’oubli…
Qui sommes-nous pour juger les gens
Quand nous les croisons un soir chez des proches
Nous mélangeons nos regards avec échanges de banalités
Puis nous nous en allons…
Qui sommes-nous pour juger les gens
Les amis revus trop rarement quelque part
Et qui nous passent quelques coups de fil
Et nous écrivent de brefs messages sur Internet…
Qui sommes-nous pour juger les gens
A qui nous parlons peu souvent et restent des inconnus
Et ceux de la lumière des médias qui nous ignorent
Que nous apercevons à la télévision dans les journaux…
Qui sommes-nous pour juger les gens
Quand nous ne savons pas comment ils vivent
Sentent pensent aiment possèdent et manquent
Chaque jour qu’ils passent loin de nous…
Pourquoi les préjugés s’affirment-ils dans nos têtes
Deviennent-ils des convictions envahissantes
D’un savoir pas toujours bien fondé
Et nous font heurter ceux qui ne le méritent peut-être pas…
Le doute est si fort chez l’être humain
Qu’il faut absolument qu’il l’exhorte
Au point de s’appuyer sur des opinions injustes
Qui sommes-nous pour juger les gens ?
28 novembre 2007
A Fred Chichin du groupe Les Rita Mitsouko
J'ai lu comme tout le monde la disparition aujourd'hui de Fred Chichin, guitariste et compositeur du groupe de rock le plus célèbre et le plus apprécié de France de notre époque à l'étranger autant que chez nous, les Rita Mitsouko. Ainsi j'ai appris qu'il avait mon âge, 53 ans, et c'est jeune encore pour s'en aller pour toujours...
On annonçait leur retour sur la scène depuis quelques temps, mais aussi que Fred était malade et des concerts ont été annulés pour cette raison, non pas que le groupe ne pouvait pas chanter à sa place, mais bien parce que Catherine Ringer, la voix dominante, joyeuse et pétillante des Rita Mitsouko devait rester à son chevet. Maintenant je comprends mieux à quel point était le mal qui le rongeait...
C'est en 1986 que le groupe a pris tout son essor avec des chansons comme "Andy" et "C'est comme ça". Et c'est la même année que je rentrais d'Espagne définitivement. C'est donc quand je les ai connus à la télévision et sur les ondes, et j'appréciais...
On se souviendra toujours de la puissante et belle voix de Catherine Ringer, et de son mari, ou compagnon, longiligne et moustachu tournant autour d'elle avec sa guitare. Ils étaient géniaux !
J'adresse mes meilleures pensées au souvenir des Rita Mitsouko et à Catherine Ringer et aux proches et amis de Fred Chichin.
Je suis handicapée, et je crois que "Andy" parle d'un handicapé. Alors, puisque You Tube détient des vidéos du groupe, j'ai choisi "Andy" pour illustrer ces propos...
Les paroles sur ce lien : http://www.parolesmania.com/paroles_rita_mitsouko_12687/paroles_andy_423075.html
17 novembre 2007
La préface de George Sand
Voici la préface de George Sand du recueil Le livre de la Nature du poète et musicien Maurice Rollinat. Un texte humble et vrai qui m’interpelle et que je relirai souvent sans doute. J’aime beaucoup la pensée de George Sand sur la poésie et la beauté de la Nature. Quant à Maurice Rollinat, j’ai retrouvé son nom en cherchant sur Google des liens sur le poème La Biche qui est de lui. Ce texte était la première poésie que j’ai étudiée à l’école en CE1. Il m’avait émue aux larmes, peut-être pas à me fondre les yeux, comme il y est écrit, mais presque. Il m’a ouverte au goût de la poésie, j’en suis convaincue aujourd’hui. Comme je l’ai déclamé des mois durant en pensant à la malheureuse biche qui pleurait la disparition de son faon délicieux… Et je repense aux mots de George Sand : Les poètes, tous très descriptifs aujourd’hui, devraient savoir assez d’histoire naturelle pour ne pas commettre les bourdes dont ils sont criblés. Dans un recueil destiné à l’enfance, ce serait un tort grave que de n’être pas consciencieux. Il faut en tenir compte, et l’auteur du livre a pris soin de savoir mettre avec justesse la Nature à la portée des enfants. Je pense que je n’aurais pas été si sensible à La Biche sinon. Maurice Rollinat a été soutenu et conseillé dans sa poésie par George Sand qui était une amie de son père François. Elle est décédée un an avant la sortie de son premier recueil Dans les Brandes, autant dire avant ce recueil pour enfants dont est issue cette préface qui va suivre. Je crois que c’est un extrait de la nombreuse correspondance entre les deux écrivains.
François Rollinat et George Sand auraient eu une amitié dite intellectuelle d’après ce que j’en ai lu dans un lien sur la vie et l’œuvre de Maurice Rollinat, tous deux étant originaires du Berry. Une amitié intellectuelle, cela m’a ramenée à cette histoire que j’ai tant racontée ici et dans mon livre. Je me demande si ce n’était pas ce que je recherchais dans cet ami que j’ai dû quitter. Cela n’est pas de notre temps, je pense, en tout cas cela se fait difficilement entre un homme et une femme. Mais George Sand était si libre et forte, tellement intelligente aussi, et moi je suis quelqu’un de faible. C’est pour cela que j’ai échoué là où la Dame de Nohant a réussi…
Voici donc la préface du Livre de la Nature de Maurice Rollinat tiré d’un e-book que j’ai pris gratuitement sur Internet sur le site Gallica.
Eh bien, mon enfant, voici ce que je ferais si j’étais poète : excepté les Fables de La Fontaine, il n’y a pas de pièces de vers pour les enfants. Il est très bon, dès qu’ils savent parler, d’exercer leur mémoire, d’assurer leur prononciation, de les habituer aux idées et aux paroles qui ne sont de leur vocabulaire familier, de leur apprendre que la poésie existe et que c’est une expression au-dessus de l’expression habituelle. Tout le monde le sent plus ou moins, mais tout le monde le fait, tout le monde, ne fût-ce que pour l’amusement d’entendre des petites voix parler la langue des dieux, fait apprendre des vers aux enfants. Mais en dehors des Fables de La Fontaine, quels vers leur donne-t-on ? La Henriade, Florian, le Récit de Théramène, quelques poésies de Mme Desbordes-Valmore ; ce sont les meilleurs mais incorrectes toujours et maniérées. La fausse naïveté est aussi dans le grand Maître d’aujourd’hui. Bien peu de ces strophes sont d’une bonne école pour le premier âge. Il n’y a vraiment rien. Tout le siècle dernier est licencieux, ou plat. Le nôtre est faux et forcé. Je cherche partout des vers à faire apprendre par mes petites-filles. Il n’y en a pas. Je suis forcée de leur en faire, et ils sont très mauvais. Toutefois ils leur sont utiles parce que les enfants sont frappés de ce qu’on leur apprend en rythme et en rime, beaucoup plus qu’en prose.
Un recueil de vers pour les enfants de six à douze ans, en ayant soin d’entremêler sans confondre les degrés. ─ Je m’explique. Tous les enfants de six ans ne liraient pas les pièces destinées aux enfants de douze ans, et vice versa ; mais le poète ne mêlerait pas dans la même pièce ce qui convient aux plus jeunes et ce qui convient aux plus grands. De cette façon chaque degré de l’intelligence y trouverait son compte, et le livre serait une nourriture pour les années du développement.
Je dis qu’un tel livre aurait un succès populaire s’il était réussi. C’est très difficile, plus difficile que tout ce qu’on peut proposer en littérature. Je l’ai demandé à tous ceux qui font des vers, tous ont reculé, ne sentant pas vibrer en eux cette corde du grand et du simple à la portée de l’enfance. Et pourtant l’enfant aime le grand et le beau, pourvu qu’on les lui donne sous la forme nette et sans ficelle aucune. Il s’intéresse à tout, et ne demande qu’à voir sous la forme poétique les objets de son incessant amusement.
Le poète n’a qu’à montrer. Il est l’Orphée qui remue les pierres ; il lui suffit de chanter, et tout chante dans l’âme de l’enfant. Tu n’es pas si loin de l’enfance. Souviens-toi ce que tu remarquais, ce que tu devinais, ce que ton père te faisait voir, et comme une expression bien choisie par lui te faisait entrer dans un monde nouveau.
Depuis l’insecte jusqu’à l’éléphant, depuis le myosotis jusqu’au cèdre, le poète a le domaine de l’infini, et chaque jour il initie ; aussi je crois qu’il serait nécessaire de ne pas mettre la vérité des faits au service de la rime, de ne pas mêler les fleurs de toutes les saisons et de tous les pays, et de ne pas croire que les homards sont rouges avant d’être cuits. Les poètes, tous très descriptifs aujourd’hui, devraient savoir assez d’histoire naturelle pour ne pas commettre les bourdes dont ils sont criblés. Dans un recueil destiné à l’enfance, ce serait un tort grave que de n’être pas consciencieux.
Essaye, si tu réussis, tu auras fait une grande chose ; cela ne doit pas être bâclé vite, mais mûri et gesté sérieusement.
Sur ce, fais ce que tu voudras de mon conseil, je le crois bon, voilà pourquoi je te l’offre, en t’embrassant.
GEORGE SAND.
Nohant, 1872.
Je connais peu de poésies pour enfant depuis La Biche, si ce n’est quelques écrits de Jacques Prévert et de Robert Desnos. De nos jours, je n’en vois presque pas sur les forums où je publie mes textes. George Sand dit : « La fausse naïveté est aussi dans le grand Maître d’aujourd’hui. Bien peu de ces strophes sont d’une bonne école pour le premier âge. Il n’y a vraiment rien. », et aussi : « Tout le siècle dernier est licencieux, ou plat. Le nôtre est faux et forcé. ». Est-ce que les choses ont vraiment changé depuis dans la littérature ? Un peu, certes, dans certains arts et domaines, mais dans la poésie, qui se fait de moins en moins populaire ne serait-ce que dans les médias, sait-on bien parler aux enfants qui sont frappés de ce qu’on leur apprend en rythme et en rime, beaucoup plus qu’en prose ?
Il y a quelques années, j’ai vu une petite fille trimer pour apprendre un poème de je ne sais plus qui, incompréhensible et abstrait où les chiffres et les mots étaient mélangés sans queue ni tête. Elle ne comprenait rien, mais elle devait l’apprendre, et c’était bien pénible. Un enfant a besoin de vérité, de netteté. Et oui, il faut que ce soit écrit sérieusement sans se moquer de lui. Il n’a pas l’esprit à assimiler les symboles des adultes.
Après cette lecture, je me dis que j’en sais si peu sur la Nature et sur l’écriture pour les enfants. Il serait bon, un jour, de me mettre à apprendre tout cela…
13 juin 2007
Extraits de « Solitude face à la mer » d’Anne Morrow Lindbergh
Pour nous faire comprendre qu'Internet fait partie de la multiplicité du monde et que ce n'est pas forcément ou toujours une bonne chose... Ce livre je l'ai lu il y a plus de trente ans. J'avais vingt ans. Et là, je le relis. Voici des extraits de ce merveilleux livre "Solitude face à la mer". La relecture est toujours en cours...
[…] S’il est permis d’emprunter aux saints leur langage, je dirai que je veux vivre la plus grande part possible de ma vie en état de grâce. Je n’emploie pas ce mot dans son sens théologique. Par état de grâce, j’entends une harmonie intérieure, essentiellement spirituelle, mais capable de se transformer en une harmonie extérieure.
[…] Car toute notre vie d’aujourd’hui est fondée sur l’extension indéfinie des contacts humains et des relations sociales.
[…] Ce n’est pas une vie simple, c’est cette vie multiple contre laquelle les sages nous ont mis en garde. Car elle ne nous conduit pas à l’unité, mais à la fragmentation. Elle ne donne pas la grâce, elle anéantit l’âme.
[…] Au IIIe siècle, déjà, Plotin dénonçait les dangers de la multiplicité du monde.
[…] Être femme, en effet, c’est avoir des intérêts et des devoirs qui vous tiraillent dans toutes les directions, comme les rayons qui s’écartent du moyeu de la roue.
[…] comment garder son unité au milieu de toutes les distractions de la vie, comment garder son équilibre en dépit de toutes les forces centrifuges, comment demeurer forte malgré les chocs reçus à la périphérie, qui menacent de rompre le moyeu de la roue ?
[…] Ce n’est pas dans le renoncement total que je trouverai une solution et pas davantage dans l’acceptation totale des choses de ce monde.
[…] Une île déserte, des rochers sauvages ne vous isolent pas de ceux que vous aimez. C’est dans les régions sauvages de l’esprit et dans les déserts du cœur que l’on se sent perdu, étranger. Quand on est étranger à soi-même, on l’est également à autrui. Si l’on n’est plus capable de se trouver soi-même, on ne peut espérer rejoindre les autres.
[…] On ne peut communiquer avec ses semblables qu’à la condition d’être soi-même relié à son propre centre vital. Et, pour moi, c’est dans la solitude que je retrouve le mieux cette source intérieure.
[…] A certaines sources nous n’avons accès que dans la solitude. L’artiste sait qu’il doit être seul pour créer, l’écrivain pour diriger le cours de ses pensées, le musicien pour composer, le religieux pour prier. Et c’est dans la solitude que les femmes peuvent retrouver l’essence véritable de leur être, ce fil résistant qui sera nécessaire à toute la toile des relations humaines.
[…] Ne sachant comment nourrir l’esprit, nous essayons de tromper sa faim avec des distractions. Au lieu de tenir immobile l’axe de la roue, nous multiplions les activités centrifuges qui tendent à nous faire perdre l’équilibre.
[…] Mais il s’agit de ne pas se dissiper en occupations inutiles, de ne plus s’encombrer d’objets qui ont la prétention de simplifier notre vie alors qu’ils la compliquent, de cesser de multiplier les possessions dont nous ne faisons rien.
[…] Nos armes seront le calme, la solitude, la méditation, la prière, la musique, un programme cohérent de pensée ou de lecture, d’étude ou de travail. Notre activité pourra être physique, intellectuelle ou artistique, pourvu qu’il s’agisse d’une activité créatrice, née de la personnalité.
[…] Tu me rappelleras que je dois essayer de vivre seule une partie de l’année – une semaine ou seulement quelques jours – et que je dois rester seule une partie de la journée – une heure ou seulement quelques minutes – afin de conserver ma qualité d’île, de cœur, de centre.
[…] Tu me rappelleras que la femme doit rester immobile comme le moyeu d’une roue au milieu de ses activités, et être la première à conquérir la paix intérieure, d’abord pour son propre salut, mais aussi pour celui de la famille, de la société et peut-être de notre civilisation.
Je me retrouve dans sa pensée, si vous savez... Peut-être parce que la vie m'oblige à vivre seule pratiquement tout le temps. Parfois, je me dis que je devrai m'octroyer un séjour dans la vie active, "l'harmonie extérieure", à trop baigner dans la solitude... Néanmoins traitons de méditer cette pensée qui est des plus pures à mon sens. Elle nous régénère et nous dit combien être artiste et écrivain est sublime, et que la solitude plus que la vivre en calvaire on doit la considérer comme une alliée par moments, n'est-ce pas ? Alors il y a bien des choses, des préoccupations que nous dicte le monde moderne que nous pouvons laisser de côté. Soyons aussi avec nous-mêmes, communicatifs avec notre monde intérieur, au lieu de chercher refuge dans les autres et dans les sites de tout ordre d'Internet, ou les heures passées à regarder la télévision, que sais-je... Un livre, un vrai, c'est tellement mieux, surtout pour un poète et un écrivain, à lire dans la solitude, le calme et la sérénité !
