Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

29 juillet 2009

La hache musicale (version poétique de la nouvelle)

Dernier accord mineur.
Il pose son stylo,
Place la partition
Dans un tiroir de meuble.
Il la trouve jolie
Cette composition.
Toutes le sont pour lui,
Mais aucune ne plaît
Aux maisons d’édition.

Sa pensée, soudain, dit :
« Arrête ça, voyons !
Ne te fatigue pas.
Cela ne sert à rien. »
Peut-être. En attendant,
Il lui prend une envie
Qui est plutôt étrange.

***

Dans le fond du garage,
Entre deux vieux cartons,
Il rencontre une hache.
Il essaye son fil
Sur l’un des cartons vides.
« Ça fonctionne ! » Il retourne
À son maudit studio.
Il dépose à l’entrée
L’instrument destructeur,
Et prend un feutre rouge
Pour biffer chaque page
Des livres, partitions…
Puis il reprend la hache.
Alors, furieusement,
Il abat tous les meubles
Dont ses chers instruments
De musique. On entend
Les vagissements fous
D’un piano qui se meurt !

***

Craignant pour sa vie ou
Celle de quelqu’un d’autre,
Il laisse là la hache
Et file vers l’entrée,
Saisit son pardessus
Et sort toute la nuit.

***

C’est un matin d’hiver.
Le soleil vient de poindre
Sur un jardin public.
Un homme est affalé
Sur un banc, endormi.
Le jour alors l’éveille.
Saisi de froid, il glisse
Les mains au fond des poches
D’un manteau gris épais.
Il touche, dans la droite,
Un objet métallique.
C’est un harmonica.
« Tiens, ça alors…, dit-il.
Il a échappé à
Ma furie d’hier soir ! »
Tout machinalement,
Il le porte à ses lèvres
Et se met à jouer

Son dernier rejeté
Blues. Les gens d’alentour
S’approchent de son banc.
Ils l’écoutent émus,
Et, à l’ultime accord,
Au grand étonnement
De ce compositeur
Hier désespéré,
L’applaudissent très fort
Et lui lancent des pièces.
L’homme au pardessus gris
Range l’harmonica
Dans sa poche et salue
Le public. Il ramasse
Son tout premier cachet,
Puis rentre en paix chez lui.

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14 janvier 2007

Jour de marché à Parme

Contre elle, sa vengeance

Mûrit bien lentement.

Il faut de la patience

Pour accomplir son plan.

Elle doit choisir l’arme :

Le poignard, le poison ?

Sur la route de Parme,

La double un gros camion.

L’homme lui fait un signe

Comme pour l’arrêter.

La femme reste digne

Et cherche à s’écarter

Du poids lourd. Mais il freine...

« ─ Vous êtes donc son frère ?

─ Oui. Gianna est ma sœur.

Que voulez-vous donc faire,

Venger vos maux de cœur ? »

Elle ne sait quoi dire.

Elle éprouve un frisson

De panique et chavire

A la roue du camion.

Le frère sort une arme

Du véhicule ouvert.

Un tir…

La sœur, à Parme,

Va au marché couvert.

Un homme la rencontre,

La couvre de baisers.

Elle se colle contre :

« ─ Voudras-tu m’épouser ?

─ Tu sais bien que ma femme

Ne veut pas divorcer.

─ Je sais qu’elle me blâme.

Quand ça va-t-il cesser ? ».

Un bruit soudain affole

Les clients du marché.

Et une balle folle

A vite ricoché.

Elle tue la maîtresse

Dans les bras de l’amant.

En proie à la détresse,

L’homme devient dément.

Comme il pense au suicide,

Quand il rentre chez lui !

On sonne, il est livide...

Qui vient tard dans la nuit ?

Deux agents de police !

«Un assassinat… Quoi ? »

Idées accusatrices !

« Mais non, ce n’est pas moi ! »

Alors c’est donc un autre…

Mais l’homme n’est pas fier.

Pauvre vie que la nôtre !

Il divague et se perd

En pensées pour ses femmes.

Mais des bruits assagis

Le fait quitter son drame.

Avec ses yeux rougis,

Une petite fille

Surgit à petits pas.

« ─ Mais qu’as-tu, ma Camille ?

─ J’ai mal dormi, papa ! »

Une voiture arrive.

Elle stoppe devant.

L’enfant va voir, et vive

Dit : « Papa, c’est maman ! »

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05 décembre 2006

LE FLEUVE ROUGIT (nouvelle poétique)

Baiser mortel

Elle était belle comme un ange,

Solange,

Sa toute première amoureuse,

Gracieuse

Comme une fleur à peine éclose.

Sa pause,

Assise et blottie contre lui

Sans bruit,

L'excitait sans savoir pourquoi,

Et coi

Il la scrutait timidement.

Pourtant

Il la voulait sa fiancée…

Lassée

D'attendre qu'enfin il agisse

Et glisse

Un mot décisif à l'oreille,

Vermeille

De colère elle le planta.

L'état

Du garçon de 15 ans virait…

Parlaient

Les parents de partir l'été.

C'était

Dans un village de Provence,

Vacances

En un lieu où était Solange.

Etrange !

Mais elle aimait déjà un autre…

Un cotre

Miniature flotte sur l'eau.

Bientôt

Elle sera dans le sous-bois.

Bien, soit!

Il abandonne le bassin

Et ceint

Un gilet autour de sa taille.

La paille

Crisse. Il porte un sac à l'épaule…

Les saules

S'agitent le long de la route.

Un doute,

Avait-il tout vraiment prévu,

Revu ?

Il se remet à savourer,

Paré

D'un large sourire, son plan

Savant…

Elle est aussi belle qu'un ange,

Solange,

Sa toute première amoureuse,

Gracieuse

Comme une fleur à peine éclose.

La pause,

Contre sa bouche dans ses bras,

Resta

Après ce coup de poignard froid

Et droit

Entre deux côtes jusqu'au cœur.

Terreur !

Puis il la tire vers le fleuve,

Epreuve

Difficile pour son jeune âge.

Ô rage !

Il la leste d'un gros caillou

Au cou.

Comme il peine à la soulever…

Lavées,

Ses affaires, il les ramasse,

Efface

Ses traces, crée la fausse piste.

La liste,

Il l'avait longuement pensée,

Dressée

Contre le garçon de la ferme…

Il ferme

Son sac à dos puis il repart.

Regard

Au fleuve où dort son prime amour…

Toujours

Il gardera ancrée en lui

La nuit

Où il commit son premier crime.

Sublime

Moment de folie et d'extase !

En phase

D'être un criminel en série.

Furie

Sanguinaire jusqu'au fatal,

Glacial

Fait, une longue nuit d'hiver.

Revers

Dont il ne se remit jamais,

JAMAIS !…


Pièces à conviction

Simon prit un de ses polos,

Un jour

Où les trois étaient réunis

Autour

D'un goûter copieux de fermier.

Il fut

Rapide à s'éclipser du groupe

Et put

S'approprier quelques effets.

Après,

Il les mit dans son sac à dos

Et, près

Du tronc d'arbre où ils s'assoiront,

Solange

Et lui, il les dissimula.

Orange

Etait le polo du suspect,

Tel ceux

Qu'il portait habituellement.

Sur ce,

Il vêtira celui de l'autre,

Après

Il l'ôtera pour l'un à lui

Tout frais.

Il l'abandonnera auprès

Du tronc

Sur lequel seront les amis.

Sauront

Les flics à qui il appartient.

Il prit

Aussi une corde au fermier

Pourrie

Pour attacher la pierre au corps,

Un' paire

De gants en plastique jetable,

Super

Pour ne pas laisser ses empreintes !

Encor

Un couteau pointu sur la table.

Dès lors

Son plan parfait résulterait.

***

Son projet criminel odieux

Lui vint

Dès qu'il sut Solange voisine.

Fabien,

Le fils du fermier d'à côté,

Et qui

Etait de deux ans leur aîné,

Surpris

Une fois à lorgner Solange,

Sera

Aussi de son cruel forfait

La proie.


Le prisonnier

Pauvre garçon, dans sa cellule,

Il brûle

De rage contre

la Justice.

Supplice

Sera sa drôle d'existence.

Démence

Hantera sa tête encor neuve.

Epreuve

Qui le conduira au livide

Suicide.


L'Assassin amoureux

Chaque fois que l'amour le ronge,

Dans la vie comme dans les songes ;

Que la femme de son plaisir

Se lasse et le trompe à loisir ;

La jalousie prend son cerveau

Et le fait choisir un couteau

De sa cuisine en formica,

Ramasser des gants, sa parka…

C'est toujours en longeant le fleuve

Qu'il met ses instincts à l'épreuve

La nuit. Si un pauvre passant,

Un alcoolique ou vieil errant,

S'aventure sur son passage,

Il sort son couteau pour l'ouvrage…

Puis il jette le corps à l'eau

Et rentre chez lui aussitôt.


Le SDF, le livre et le pont 

Dix hivers déjà

A l'abri du pont.

Descendu très bas

Du vil abandon

Par amour au vin.

Et de vieux cartons,

Quelques sous en main,

Un pull en coton,

Rien d'autre pour vivre.

Alors, quoi de bon ?

Il lit un vieux livre.

Oui, il aime ça,

Comme bien du monde,

Vivre libre. Il va,

De son lieu immonde,

La peau cramoisie

Et nauséabonde,

Vers la bourgeoisie

Guettant à la ronde

De perdus euros

De ses poches rondes…

Il joue au héros.

C'est dû au délire

Qu'il a dans le nez.

Il ne peut plus lire.

Il est gai, renaît,

Fait les personnages

Des pages fermées

Mêlant son naufrage

En lui enfermé.

Il se lève et monte

Le vieil escalier.

Il n'a plus de honte.

Il perd presque pieds.

Un homme s'approche.

Il part l'aborder.

L'homme dans sa poche

(Est-ce pour l'aider ?)

Cherche quelque chose...


Un long cri de détresse 

Je passe par hasard,

Le couteau dans la poche,

Sur un pont. Un clochard

M'aperçoit et s'approche.

Mes idées rouge sang

Tapent dessous les tempes.

Je cherchais un passant

Sous la pluie qui me trempe.

Ce vieil homme alcoolique

Ma soif assouvira

Sous ma main diabolique.

Il est fait comme un rat !

Je suis un assassin

Perverti par un drame

De mon passé lointain

A cause d'une femme.

J'entends encor son rire

Dédaignant mon amour.

Ce que j'ai pu maudire,

Plus tard, ses beaux atours…

Au loin, j'entends des pas.

Je descends vers le fleuve.

Je laisse à son trépas

L'homme et j'essuie les preuves…

***

Plus tard un S.0.S.,

Sur l'eau sombre, est lancé.

Un long cri de détresse !

Une barque est passée…


Rencontre avec un cadavre 

J'étais sortie, cette nuit-là,

angoissée.

Mon mari m'avait harcelée

et blessée…

Depuis, je sens la mort partout

me poursuivre.

Je cours affolée, dans la ville

sous le givre.

J'arrive sur un pont en fer,

quand, soudain,

un SDF, là, sur le sol,

Sous sa main

une flaque de sang, m'effraie…

et je crie.

Je crois entendre l'assassin.

Oh ! je prie

qu'il s'éloigne, et au parapet

je m'enfuis.

Je remarque une embarcation

dans la nuit.

Je lance un appel au rameur.

Il me prend

Et m'emmène au commissariat

sous le vent.


Un meurtrier sur la berge 

Il  marcha pendant une heure

en longeant la rive,

Un plan parfait bien en tête

pour que rien n'arrive.

Ce sera comme toujours

dans cette région ;

En rentrant il nettoiera

sa combinaison,

Son long couteau de cuisine,

sa veste et ses gants

A jeter sans une seule

empreinte de sang.

"Encore un pont à passer

et je suis chez moi!".

Il ne fait pas attention

A un caillou froid !

Voulant prendre l'escalier,

il bute dessus.

Il est déséquilibré,

tombe à corps perdu

en plongeant le long du quai,

sa tête s'y cogne.

Et, dans le silence noir,

un long râle grogne.


Dans le fleuve... 

Elle était encore la femme

De cet infâme.

Elle est partie soudainement,

Rageusement,

Puis elle est tombée sur la mort.

"Aux pieds, un corps !…".

La nuit, brumeuse et hivernale,

Fit du chenal

Un piège pour le dangereux

Epoux fiévreux,

Après qu'il commit son horreur.

L'ombre se meurt…

Au matin, la Police prit

L'homme péri

Dans le fleuve, et, dans sa parka,

L'arme, en état

Sanguinolent de son forfait

Récemment fait,

Scintillait sous le soleil gourd

Du petit jour.

L'épouse libre s'égaya,

Se remaria

Avec le passeur rencontré

Au parapet.


Sur les traces d'ADN

Les traces d'ADN,

Qu'il ne put effacer,

Remontèrent sa haine

Jusques à son passé,

(Au temps du premier crime,

Il n'y eut d'examen

Sur la jeune victime...).

Sur le T Shirt malsain,

Où stagna sa sueur,

On repéra l'empreinte

Des gênes du tueur,

Dont l'âme s'est éteinte

Quelques quinze ans plus tard

Qu'il osa ce premier

Coup de glacial poignard,

Le signant meurtrier.

***

L'amour peut être beau,

Poétique, édifiant...

Aussi porteur de maux

Dont on n'est point méfiant,

Jusqu'à ce qu'une aimée

Regarde vers ailleurs.

L'homme qu'elle a brimé

S'enlise en son malheur.

Empreint de jalousie,

Le renié perd la face,

Et c'est la frénésie

Qui, du coeur, prend la place.

L'amour peut donc frapper !

Simon était son ange

Noir. Ils dorment en paix

Le fermier et Solange...

Libres les malheureux

Errants de la région

Autour du fleuve en feu

Des corps jetés des ponts !

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Reine du crime

Demeure insalubre,

Jeune esthète

En proie d’effacer

La trace de vils parents,

Même âge,

Jeune fille

Marquée

Par l’enfance :

Rencontre…

Ecrivain décédé

Aux mœurs incertaines,

Brouillards d’eau,

Bains publics,

Biographie…

SDF déchirés,

Lances d’une grille,

Parc royal londonien,

Promeneur de chiens…

Crime au métro,

Musiciens souterrains,

Foule de personnages

Dans maison sordide…

Ambiance anglaise assurée,

Détails clairement narrés,

Par, je crois, ma préférée

Reine du Crime appelée

Ruth Rendell !

Posté par Marygrange à 13:29 - Poèmes noirs - Commentaires [0] - Permalien [#]

Roman noir

Choix : le poignard, le flacon

Du plus subtil des poisons,

La pair’ de gants en plastique…

Les gestes automatiques

Les plus usuels d’assassin

Font, d’un potentiel corps sain,

Un héros copieusement

Au centre d’un noir roman.

C’est tout l’objet de l’intrigue

Où l’instinct pervers s’irrigue

A l’écarlate innocent,

Chaleureux sang jaillissant

De personnes malheureuses

Qui ne virent les scabreuses

Et tendues vers elles mains

D’un étranger, un matin

Ou autre moment du jour,

Au but d’un sombre parcours…

Posté par Marygrange à 13:28 - Poèmes noirs - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le soda du soir

En ce vendredi soir,

Il prend

Le flacon blanc et noir,

Suspend

Son geste de verser

Les gouttes.

On frappe. On va rentrer

Sans doute.

Sa femme vient d’ouvrir

La porte.

Elle entre et dit sortir.

Qu’importe

La raison de la course

Pour lui.

Qu’elle parte sa source

D’ennuis !

Il reprend son flacon

Et verse

Des gouttes du poison.

L’averse

Rebat sur les volets.

Bientôt

Le produit sera prêt,

Sitôt

Qu’il le mêle au soda

Qu’elle aime,

Car elle le boira

Lui même.

Il ouvre le frigo

Et met,

Dans la partie du haut,

L’objet

De son geste assassin

En place.

Il sent un air malsain

Qui passe.

Il hésite un moment,

Puis ferme

La porte d’un coup franc

Et ferme.

Sa femme rentre enfin

Et lasse,

Et dit n’avoir pas faim.

Hélas,

Pas de dîner pour elle !

Pourtant

Elle va d’un pas frêle

Et lent

Vers le haut frigidaire,

Surprise

Par un froid courant d’air,

Perd prise

De la boisson fatale

Qui tombe.

Le liquide s’étale.

En trombe,

Le mari, qui entend

L’éclat,

Arrive sur l’instant.

Fatras !

Il voit son plan brisé

Par terre.

Il repart, épuisé

Refaire,

Dans son laboratoire,

Une autre

Idée plus sûre et noire

Que l’autre.

Mais l’échec le tourmente.

Son cœur

Prend un pouls qui augmente…

Il meurt !

Posté par Marygrange à 13:27 - Poèmes noirs - Commentaires [0] - Permalien [#]

La téléspectatrice

J’aime bien regarder à la télévision

Des épisodes de cette noire série

Où un fort moustachu franco-belge génie

Offre aux Policiers ses idées en fusion.

J’évite de rater la chère diffusion

De l’histoire où l’on trouve un brin de poésie

Dans l’anglaise atmosphère à l’Agatha Christie,

Qui émoustille le champ de notre vision.

Pourrais-je un jour conter de semblables mystères,

Acharnée à ma table à écrire longtemps

Des récits où la loi et bien d’étranges hères

Se heurtent à la mort et aux dignes talents

D’un héros récurrent amoureux de justice ?

Pour l’instant, je ne suis que téléspectatrice…

Posté par Marygrange à 13:26 - Poèmes noirs - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le voleur

Cela lui tournait la tête.

Il faisait belle toilette

Pour aller

Cambrioler

Banques et boutiques,

Appartements.

C’était… son tic !

Diamants,

Or, monnaie,

Tout l’excitait.

Puis vint ce jour

D’été lourd...

A la banque, visage masqué,

Il prend le paquet,

Mais le caissier presse l’alarme.

Alors… l’homme sort son arme

Et tire partout !

« Qu’ai-je fait ? »,

Se dit le voleur fou.

Trop tard, après

L’ultime balle,

Au sol, il s’affale. 

Posté par Marygrange à 13:24 - Poèmes noirs - Commentaires [2] - Permalien [#]

Colère rouge

Il aurait voulu

La tuer,

Ça elle en est sûre !

Après

Qu’il eut perdu

La tête,

Cette nuit, rupture

Ouverte…

Discussion

Sur les nerfs.

Jalousie.

Répulsion.

Main de fer.

Hystérie…

Voisins gênés.

Tambouriner

Contre le mur.

Des mots impurs…

Fuir,

Oui,

Fuir !

Puis…

Viennent des pas

Dans son dos,

Sur le trottoir.

N’arrête pas ! 

Mais bientôt,

Là, dans le noir,

L’homme en furie

Hurle à la femme :

« Reviens, j’ t’en prie ! »,

Puis sort la lame…

Son bras se lève.

Un cri s’élève !

C’est un passant.

L’homme dément

Prend la fuite

Tout de suite…

Posté par Marygrange à 13:23 - Poèmes noirs - Commentaires [0] - Permalien [#]

Hommage à Miss M.

Londres et son brouillard,

Cachant l'intimité

Et l'agressivité

De l'assassin hagard,

Ne sont irréductibles

A cette vieille dame,

Qui dénoue chaque drame

D'un sourire indicible.

J'aime son gris chignon

Et ses pâles yeux bleus

Qui cherchent astucieux,

Dans la conversation,

La source de la trame

De la dernière affaire.

Comme il sait bien nous plaire

Son britannique charme…

Dans ses mains son tricot,

Ses pensées les cancans,

Les comptines d'enfants…

Miss M., comme H. Poirot,

Décore d'atmosphères

Nos soirées de lectures,

Splendides aventures

Dignement policières !

Posté par Marygrange à 13:10 - Poèmes noirs - Commentaires [0] - Permalien [#]
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