29 août 2008
A José Larralde pour « Herencia pa’ un hijo gaucho »
J’aimerais bien, tout simplement,
Chanter l’humain facilement
Comme votre voix de poète.
J’ai la tristesse et j’ai la fête,
Mais je n’ai pas voix pour un chant,
Et pas de legs pour un enfant.
Marcher apporterait la vie,
D’après vous. Et c’est mon envie.
Je marche aussi. Pas comme vous…
Je ne peux me tenir debout.
Mais même en mon fauteuil statique,
Ma marche a des airs frénétiques.
Je me demande bien pourquoi
Je n’ai pas votre grande foi.
Avoir Dieu en soi fait écrire,
Car c’est comprendre et puis prédire.
Et c’est créer, et c’est donner.
Et c’est l’aveu à pardonner.
Est-elle en fleur mon écriture,
Ou demeure-t-elle bouture ?
Je lui fais don d’humilité
Pour qu’elle croisse en liberté.
Vos mots éclairent de sagesse
L'esprit en proie à la faiblesse.
Il est donc vrai de répéter
Ce qui fut et aura été.
Tout a passé et recommence
Au sillage de nos consciences.
Quand le flambeau s’avère éteint
Pour une nuit, dès le matin
L’homme va chercher quelques bûches.
Et chacun voit, nul ne trébuche.
Vivons le temps comme il nous vient
L’âme ouverte aux sons argentins
De l’appel de votre héritage
Qui traversera tous les âges.
07 mai 2007
On l’a simplement nommée Rose
(J'ai réécrit le texte et changé la vidéo avec le poème...)
Elle aurait aujourd’hui l’âge de ma cousine,
Cette rousse chanteuse aux nombreux talents d’or,
Si elle n’avait pas touché à l’héroïne
Qui tue, tel dans l’arène un brillant matador.
On la voit insouciante et heureuse chez elle,
Sur les photos vieillies d’un trentenaire album.
Mais aussi silencieuse et jolie, - mais oui, belle !-,
Toute nue posant au centre d’un atrium.
Elle serre les yeux, les poings, quand elle chante,
En concert à Woodstock, le fougueux désespoir
D’un amour impossible en ce cri qui la hante,
Pour finir en sourire éclatant dans le noir.
Ses hirsutes cheveux frappent son doux visage
Quelque peu ravagé par son destin fatal,
Si roux comme le feu de sa jeunesse en rage,
Et volant fous dans l’air comme agité fanal.
En son honneur, on l’a simplement nommée Rose,
Cette fragile fleur qu’elle devait aimer,
Symbole de l’amour, de la paix, de la cause
Que ses amis hippies savaient nous essaimer.
Je ne leur porte pas l’ombre d’une critique.
Il n’y a pas plus fort et noble sentiment,
Chanté par tous les temps, d’avant l’époque Antique
Jusqu’après notre mort indiscutablement,
Que l’acte pur d’aimer, et qu’ils voulurent libre,
Entourés de nature et des frères humains,
Mais la drogue venue fit leur déséquilibre
En injectant en eux ses pouvoirs assassins.
Et ces jeunes génies qui, à la fleur de l’âge,
Partirent à jamais, restent un souvenir
Qui nous fait supposer l’idée de leurs visages,
S’ils avaient pu construire un durable avenir.
Et pour toujours Janis sera la douce Rose
Amusante et joyeuse, ou les traits tourmentés
Tenant haut le micro, ou bien prenant la pose
De l’ingénue rebelle et nue sous la clarté.
« Me and Bobby McGee » me tire encor les larmes
D’une émotion forte inévitablement,
Même ne comprenant pas ses mots, j’ai leurs charmes
Qui s’opèrent en moi inépuisablement.
Rose aurait aujourd’hui l’âge de ma cousine,
Jolie rousse chanteuse aux nombreux talents d’or,
Mais elle restera l’excessive héroïne
Texane à la voix chaude et qui trop tôt s'endort...
27 mars 2007
Hommage à Los Indios Tabajaras
Même eux vieillissent, disparaissent,
Malgré l’implacable jeunesse
Qui parcourt de vibrations
Aux suaves émotions
Leurs longs doigts bruns de virtuoses
Sur leurs guitares, où ils osent
Mêler María Elena
Avec Manuel de Falla,
Chopin, mélopée hawaïennes…
Brassés par leurs âmes indiennes.
J’ai retrouvé d’eux quelques airs,
Mais leurs vies me sont un désert.
J’ignore presque tout en somme
Des origines de ces hommes,
Sauf qu’un est mort et l’autre est vieux
Au Japon… Ont-ils vécu mieux
Que leurs cousins de l’Amazone ?
C’est bien que ces deux Autochtones
Frères, brillant du plus bel art,
Et brésiliens au grand savoir,
Rejoignent, un beau jour sous terre,
Baden Powell au volontaire
Semblable et musical talent
Qui les attend assurément…
Mais pour toujours vit leur musique
Cristalline au pouvoir magique !
21 janvier 2007
Le Catch du jeudi soir
Nerfs à vif,
Coups de poings,
Corde à linge,
Une chaise
Sur le dos,
Un Big Foot,
Atémis,
Belles prises,
Mais K.O. !
De l’humour,
« Puissance Catch »,
Jeudi soir
A l’écran,
Mais douleurs…
Comédiens,
Ces musclés :
Nature Boy,
John Cena,
Triple H.,
Le blond Edge
Et les autres…
Ils s’en sortent
Pas trop mal.
Ils reviennent
Bien plus forts,
Pour frapper
Adversaires
Et arbitres,
Qui s’avise
A freiner
Cette soif
De vengeance
Qui les hante.
Il me plaît
Me changer
Les humeurs
Regardant
Les images
De leurs luttes.
Et puis j’aime
Les plaisants
Commentaires
En français !
Mais comme ils disent :
« Ne faites pas ça Chez Vous ! »
10 décembre 2006
Au plafond du repaire
Sournoise, elle serpente
Terres, fermes, chalets,
Du sol à la charpente.
L’homme s’est affalé.
Sa femme est morte hier,
Ses enfants ont leur vie.
Rien ne prend sa cuiller,
Que la faim soit punie !
Il va donc se tuer,
Se noyer dans l’eau claire,
Prendre corde à nouer
Au plafond du repaire
Où les moutons vivotent
Amaigris, épuisés.
Sous la laine ils tremblotent,
Comme un pauvre accusé
Devant un tribunal
Opiniâtre, immobile.
Deux mots dans le journal
De la sentence hostile !...
Ainsi meurt la misère
De l’humble paysan,
Quand on le met en terre
Au massif de l’Oisans!
Bardes d’Ouessant
Hommage à Carlos Nuñez, Cornemuseur et flûtiste hors pair...
Sans eux, que serait la musique,
La populaire, Jazz, Classique,
Depuis la mémoire des temps ?
Leurs instruments qu’ils soient à vent,
Percussions, cordes, sont magiques.
Leurs rythmes honorent la mer,
Leurs cultes voués à l’univers,
Leurs tissus ornés de dentelles,
Le courage des demoiselles
Dont l’attente aux marins se perd…
Nous portons tous un peu du sang
D’antiques bardes d’Ouessant
Dans nos artères musicales
Qui rejaillit aux saturnales,
Ou chaudes fêtes dans les champs.
Un Cornemuseur, l’autre soir,
A la télé, moi dans le noir,
Originaire de Galice,
Dont le talent est un délice,
M’a envoûtée de son pouvoir.
C’était aussi un grand flûtiste,
Accompagné de violonistes,
De bagad, et, dans leurs tenues,
Des danseurs aux doigts maintenus
Le suivaient autour de la piste.
J’ai pensé alors qu’en moi-même
Somnolait un celte diadème
Au fond de mon cœur musicien
Que j’ai négligé corps et biens.
Maintenant j’écris un poème…
Promenade d’hiver
Regardais-je
Dans la neige
De janvier
A mes pieds
Traces d’elle
Etincelles
Ecartées
Emboîtées
Elle allait
Ebranlait
Son dos beige
Sous la neige
Reniflait
Sol gelé
La teckel
Sentinelle !
La maison de poupée
Tu aurais une jolie poupée, une ancienne, une vraie quoi ! De celles joufflues et souriantes qui font « Maman » en fermant les yeux quand on les berce. Elle porterait une jolie robe en velours rouge, un nœud autour de la taille serré dans le dos, un col Claudine en dentelle, des socquettes blanches et des petits souliers noirs à la boucle dorée sur un côté. Ses cheveux seraient de longues anglaises blondes, et ses yeux tout ronds et bleus.
Tu serais dans le jardin de la maison que nous aurions acquise pour que tu t’y épanouisses heureuse et libre. Tu jouerais avec ta propre maison, celle de ta poupée, aux pièces joliment décorées, aux meubles aussi beaux que les vrais, où tu rêverais ta vie de plus tard…
Il y aurait des senteurs de sous-bois fleuris tout autour de chez nous en ce jour d’été. Un coucou chanterait au loin, les hirondelles voletteraient dans le ciel au-dessus de ta tête brune.
Tu rirais d’extrême joie, ta poupée dans tes petits bras.
Tu aurais huit ans, guère plus, l’innocence à fleur de peau. Et je te regarderais en cachette poser ta poupée dans sa chambre à coucher, derrière les rideaux de la fenêtre de la cuisine, tandis que je te préparerais ton goûter, tartines et barres de chocolat noir que tu adorerais autant que moi à ton âge, j’en suis sûre ! Toujours je te guetterais ainsi, car je ne pourrais détacher mon regard de ta candeur et de ta grâce…
Ton bonheur serait le mien, celui de ton père, et nous unirions toute la force de notre amour pour l’éterniser…
Puis, un jour, tu aurais grandi et serais partie vivre une existence de mère comme moi dans une maison grandeur nature, la tienne, ma chère petite fille qui n’est pas venue.
Eux et nous…
Islandais étalant du poisson à sécher au froid du long hiver. A Noël prochain, ils en feront festin sur leurs tables. Odeur infecte, mais saveur assurée, enfin pour leurs papilles, peut-être pas pour les nôtres…
Marins des mers australes extrêmes chantant un vieux tango sous la lumière tamisée des lampes éclairant le zinc du bar d'un bouge de Ushuaïa…
Finlandais, carrures athlétiques, cheveux blond platine presque blancs, au sauna bienfaisant…
Canadiens ramassant du sirop d'érable, ou trappeurs s'il en existe encore…
Américain à Seattle rêvassant devant les fenêtres éclairées des tours d'en face. Des centaines de personnes y passent et repassent derrière sans le voir, lui le solitaire d'un soir…
Madrilène devant son téléviseur regardant un match de foot, Barça contre Real de Madrid. Inutile de dire pour qui vont ses olés…
Batteurs Sénégalais, au coucher du soleil, fête en périphérie de Dakar…
Vahinés fleuries roulant des hanches, sourire aux lèvres, tamouré pour un mariage polynésien à Bora-Bora…
Petit train qui s'essouffle à emporter des touristes de Lima jusqu'à Cuzco. Ils se rendront ensuite par d'autres transports à la Cité légendaire Inca Macchu Picchu…
Dormant, faisant l'amour, se promenant, se disputant, riant, mangeant, se lavant, travaillant, parcourant des kilomètres en voitures, trains, bateaux, avions, regardant la télé, conduisant leurs enfants à l'école, repassant leur linge, récurant leur maison, bricolant…, Etrangers comme d'ici, tous vivent dans l'ignorance de toi et moi qui écrivons, poétisons derrière nos claviers d'ordinateur, et nous de leur existence !
L'effaceur d'âmes
On dit que tu n'en souffres pas,
excepté quand tu es conscient,
quand tu cherches tes mots rageant….
Tu tombes, la nuit, endormi,
car tu te lèves dans tes rêves.
Tu les revis devant ta femme
qui prend les traits de l'ennemi,
dans ces si étranges combats
que tu livres en somnambule
comme un éperdu militaire…
On te lave et donne à manger.
C'est désolant de savoir ça !
Toi volontaire et cultivé,
il te rabaisse à moins que rien
cet effaceur de ton cerveau.
Encore heureux que les papiers,
les souvenirs, ta vie écrite
par ta main quand tu allais bien,
resteront là pour rappeler
le grand homme que tu étais,
lorsque l'impitoyable mal,
las, atteindra son objectif.
Que pouvons-nous si désarmés ?
L'amour de ta présence en nous….


