Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

15 juillet 2008

Les mots de l'ivraie...

C'est vrai que je peux mal décrire le bonheur ;
La force d'aimer qui apporte la joliesse,
La toute foi émue en les liens de jeunesse,
La vie qui se bâtit jusqu'à l'heure où l'on meurt.

Le plaisir m'est venu, mais toujours avec peur.
Je n'ai obtenu que les amants me délaissent.
Mes hésitations et mes complexes blessent
L'affection qu'on me veut et qui me fait soeur.

Pauvre est mon écriture, et comme elle dérive
Quand j'ose raconter l'amour qui nous arrive,
Elle est l'esquif perdu sur le reflux courant.

Cependant, croyez-moi, en son fond elle est vraie,
Mais revêt les habits d'un coeur triste et souffrant.
Ne serait-elle, alors, que les mots de l'ivraie...

Posté par Marygrange à 22:00 - Sonnets - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 avril 2008

Sous le vent bien-aimé...

Sous le vent bien-aimé des sportifs de la plage,
Mais mordant par moments, pénétrant jusqu'à l'os,
Je pense aux rives des îles Galapagos.
Dans mon esprit, se meut le spectre d'un voyage.

Et les mouettes crient leur riant bavardage,
S'appelant pour plonger, d'un coup d'aile albinos,
Dans l'abîme marin couvert de mérinos,
Apeurant les poissons de leur fatal ravage.

Je pourrais recréer un cristallin atoll,
l'ambiance flamenco de la Costa del Sol,
Prendre les gestes doux d'une Tahitienne

Qui ondule son corps sous les ukulélés,
Mais je ne suis, bien sûr, qu'une Parisienne
Qui soigne un mal d'amour* dans le Pas-de-Calais.

*Ce n'est pas ça en vérité, mais disons que l'image est plus poétique que la vraie raison plus physiologique...

Posté par Marygrange à 11:12 - Sonnets - Commentaires [4] - Permalien [#]

17 novembre 2007

Les monceaux de l’âme

J’ai versé des monceaux de mon âme la nuit,

J’ai posé, tout le jour, ses confuses paroles

Sur mon ami cahier, petites banderoles

Du souvenir affreux d’un songe qui s’enfuit.

J’ai raconté ma peine à la lune qui luit,

Elle, douce et jolie, quand elle caracole

Au-dessus de mon toit, ou en terre agricole

D’un village de France au charme qui séduit.

Je crois qu’elle m’entend et m’aime autant qu’un autre,

Tandis que, dans mon lit, je me tords et me vautre

A de vaines pensées. Et je sens son rayon,

Cette nuit, sécher mes larmes sur mon visage.

La fenêtre ouverte a soufflé un vent espion

Pour chasser les monceaux de mon âme en naufrage.

Posté par Marygrange à 16:52 - Sonnets - Commentaires [2] - Permalien [#]

24 octobre 2007

L’outremer

"Vidéo du poème faite récemment..."

Un été, se revoir à l’azur de la mer
Pour savourer la paix d’un retrouvé sourire.

N’avoir quasiment rien à penser et se dire,
Sauf le pardon du mal d’un vieil hiver amer.

Sur la plage, posée à nos pieds, l’outremer
Qui reflète les bleus qu’on voulut nous prescrire ;
Se baisser pour la prendre et tuer l’ouï-dire,
La lançant vers le bord regardant vers l’amer.

Puis après observer de vaporeux bateaux
Que secouent âprement tumultueuses eaux,
Tandis qu’une mouette avide les survole,

Guettant les matelots tirant leurs lourds filets,
Piquant sur le poisson que d’un coup de bec vole,
Toi disant : « mon amie, c’est ce que je voulais… ». 

Posté par Marygrange à 11:41 - Sonnets - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 octobre 2007

J’irai, face à la mer…

(Vidéo récente du poème... pardon pour mon nom écorché par une faute de frappe dans le générique de la fin !)

"Ce qu'on apprend d'abord sur la plage, c'est l'art de déposer le superflu. On n'énumère plus tout ce dont on a besoin, mais tout ce dont on peut se passer. Cela commence par les choses matérielles, puis gagne comme par enchantement tous les aspects de l'existence.", extrait de "Solitude face à la mer" d’Anne Morrow Lindbergh.

J’irai, face à la mer, avec ma solitude,

Mirer sur les rochers les noirs Grands Cormorans.

Quand passeront au loin de fiers catamarans,

Je serai pénétrée de mon infinitude.

Je me dépouillerai de ma décrépitude

Aux souvenirs et aux déboires encombrants,

Pour la remplacer par les plaisirs récurrents.

Visage au vent, regard droit dans la vastitude

De l’eau qui coulera sa suave blancheur

Sur mes pieds nus, tout contre un bateau de pêcheur

Echoué, j’attendrai me ressentir vivante.

A la tombée du jour, sur le sol ensablé,

Je prendrai des galets sous une algue mouvante

Et rentrerai chez moi le cœur pur et comblé.

(Je viens de changer la vidéo par une autre issue de la même, mais avec le texte ajouté sur les images)

Posté par Marygrange à 21:57 - Sonnets - Commentaires [9] - Permalien [#]

29 septembre 2007

Comme tu as bien fait…

Comme tu as bien fait de les laisser tomber,

Ces mots d’une âme qui flirte avec la faillite,

Quand se perdait l’amour que la routine alite

Et que de noirs obus menaçaient de plomber !

Alors, ton expression s’était fait absorber,

Sur un support abstrait, en variables redites,

Par un public dévot. Et, dès lors, tu médites,

Seul pour toi, tes pensées que tu vas résorber.

Et la félicité peu à peu te regagne,

Comme le fruit qui s’ouvre au soleil de l’Espagne.

Auprès d’elle tu es tel cet adolescent

Qui offre ses émois à la belle ingénue

Qui l’a séduit au bord d’un fleuve évanescent,

Quand flotte sur ses eaux, dans le soir, une nue.

Posté par Marygrange à 21:18 - Sonnets - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 septembre 2007

Tourner la page

Et si je renonçais au mal que l’on s’est fait.

Si j’acceptais, enfin, de tourner notre page,

Je pourrais prononcer un paisible ramage

Qui virerait mes mots en pleurs à l’imparfait.

Déjà, dans mon esprit, peu à peu, je défais

Les âpres nœuds qui lient ma peine avec ma rage.

Je veux tant parvenir à fuir ce bavardage

Qui me fait ressasser tous nos malheureux faits !

Qui sait si, dans cinq ans, ne mourra la rancune,

Que de mes larmes ne coulera plus aucune

De celles de l’hier qui si fort m’éprouva ?

Qui sait si, nous voyant, me saluant d’un sourire

Avec poignée de main, tu me diras « ça va ? »

Et, d’un tout petit rien, on se mettra à rire ?

Posté par Marygrange à 22:28 - Sonnets - Commentaires [2] - Permalien [#]

17 juillet 2007

La missive

A quelqu'un du sud...

J’aimerais envoyer une ultime missive

A qui il m’a fait mal de devoir le quitter

Pour suivre un règlement que l’on m’avait dicté

Disant que l’amitié n’était pas permissive

Entre cet être et moi. Pauvre femme excessive !

C’est ce que j’ai compris d’avoir pour lui été.

Je regrette à présent de lui avoir prêté

Une attention revêche et à tort possessive.

Ô qu’il écoute enfin le pardon de mon cœur

Avec pitié et non avec un air moqueur,

Ou encore fâché d'avoir à me relire !

Et après je pourrai m’adonner à l’oubli

Et rejouer avec joie des chansons sur ma lyre

Jusqu’au jour où mon corps sera enseveli.

Posté par Marygrange à 22:26 - Sonnets - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 juin 2007

Le Paris-Vienne

Regard pensif et bleu irisé de reflets,

Une femme sort d’un wagon du Paris-Vienne.

On se dit, l’observant : « D’aussi loin qu’elle vienne,

Elle est blonde élégante à s’en époustoufler ! »

Sous l’aoûtien soleil vespéral maculé

De nuages rosés de la gare autrichienne,

Un barbu à chapeau, à la laisse une chienne,

S’avance sur le quai vers son corps ondulé.

Un sourire ébauché sur les lèvres de l’homme

Fait frémir l’étrangère à l’instant qu’il la nomme.

Elle dit : « C’est donc vous ! Tel que sur la photo… »

C’est le premier contact d’amis liés à distance

Sur le pont de papier d’une correspondance

Que prit le train pour rompre leur incognito.

Posté par Marygrange à 21:03 - Sonnets - Commentaires [2] - Permalien [#]

07 mai 2007

La vie

Combien de temps on passe à réfléchir pourquoi

La vie vous choisit-elle et vous devenez homme ?

« A plus de cinquante ans, qu’ai-je donc fait en somme

Pour notre humanité ? », se dirait-on parfois.

Et l’on se désespère à devoir perdre foi

En les autres, en soi, en ce que l’on consomme

Pour complaire à l’esprit et le corps. Puisque comme

Les rêves sont échecs, on a le cœur en croix.

Mais il faut insister à lutter pour, quand même,

Se donner les moyens d’aimer et qu’on vous aime.

Peut-être qu’à la fin, bien que l’on soit trop vieux,

On serait soulagé de la vie advenue,

Car on aurait trouvé un bonheur copieux.

Qu’importe quand il vient, si l’âme en joie part nue !

Posté par Marygrange à 22:01 - Sonnets - Commentaires [2] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »