04 septembre 2009
Au cybercafé
Site d’Internet
Spécifique de rencontres.
Une courte annonce ;
Un homme la voit, répond,
Curieux de savoir qui c’est.
Suivent des messages.
Affinités culturelles.
Rencontre prévue.
Le jour vient. Il se prépare
Et languit de la connaître.
Fard sur les paupières.
Gloss aux lèvres. Blush aux joues.
Tenue impeccable.
Elle hésite à y aller.
Lui plaira-t-il seulement ?
Au cybercafé
D’un boulevard parisien,
La femme l’attend.
Il la reconnaît, heureux
Qu’elle soit comme décrite.
Un jeune à côté
Converse dans un micro
Avec écouteurs.
Ils consomment un café.
Ses yeux étonnent la femme.
Le type à côté
Retire son micro-casque,
Fin de connexion.
L’homme voudrait que la femme
Le suive jusqu’à chez lui.
Ils règlent la note,
Quittent le cybercafé.
Arrive un taxi.
La femme, soudain, a peur.
Elle ne sait pas pourquoi.
Un immeuble ancien
De l'avenue Gambetta.
Devant, ils s’arrêtent.
« Pourquoi tremblez-vous ? », fait l’homme.
Elle esquive la question.
Spacieux hall d’entrée.
Bacs de plantes, un tapis
Rouge sur les marches.
Finalement, elle suit.
Quelque chose en lui fascine.
Riche appartement.
Table basse, deux fauteuils,
Divan. Ils s’assoient.
Ils se parlent face à face.
« Je vous aime », lui dit-il.
Le dîner est prêt :
Saumon, riz, salade, vins,
Et pour dessert glace.
L’homme se lève de table.
Il s’approche. Elle résiste.
Mains serrant son cou.
Peau meurtrie. Étouffement.
Elle s’évanouit.
Soudain on sonne à la porte.
Soulagée, elle revit.
26 août 2008
Le banc et la marée (tankas)
Digue ensoleillée.
Vent poussant les cerfs-volants.
Un jour dans le Nord.
Il m’a dit : « Que lisez-vous ? ».
A l’instant, je l’ai aimé.
Le ciel s’ennuage.
Tout au loin, c’est l’Angleterre.
Les touristes viennent.
Pourquoi ça m’arrive encore ?
Cela faisait si longtemps…
Les rouleaux s’approchent.
La marée est déjà haute.
Foule sur la digue.
Je referme mon roman,
Triste. Et l’inconnu se lève.
Sur les rochers de la digue.
Tout est recouvert.
A côté, le banc est vide.
Je pars. Je suis intriguée.
La Manche est bruyante
Rafales de vent.
Le sable bat les visages.
Il faut rentrer vite.
Ne nous reverrons-nous pas ?
Demain, j’y retournerai…
12 janvier 2008
Montana (histoire en tankas)
J’ai écrit cette histoire après la lecture fort agréable du roman « L’homme qui voulait vivre sa vie » de Douglas Kennedy dont l’action se déroule en grande partie dans le Montana, et où il y a un lac, une ourse grizzly et ses petits, le blizzard, à un moment donné des campeurs, un journaliste, et aussi un photographe parmi d’autres personnages…
Les extraits du livre de l’écrivain, dans le poème, sont évidemment fictifs, dont le nom qui apparaît de temps en temps.
Voici un lien intéressant sur les écrivains du Montana : http://ecrivainsmontana.free.fr/index.html Un de ces écrivains décrivit de "Big sky", le ciel du Montana. Je crois que Douglas Kennedy a intitulé en anglais américain son livre "The big picture" en y faisant allusion.
Montana
Ciel ouvert, montagnes,
Vastitude de sapins,
Grand Ouest : Montana.
« Sentiments froids meurtriers,
Quand il lâche la victime ».
Cabane en rondins
Isolée face à un lac
Où un grizzly boit.
Un romancier crée les mœurs
D’infortunés personnages.
Des campeurs s’installent
Non loin de chez l’écrivain.
Ils plantent leur tente.
« Edward B., sans paniquer,
Récure toutes les preuves. »
Coucher de soleil.
La nuit s’annonce glaciale.
Souffle le blizzard.
Le romancier se soulage
De voir clair en ses idées.
Le feu de camp meurt.
Un homme sort de la tente.
Il fait juste jour.
L’habitant de la cabane
Encore dort insouciant.
Le grizzly revient
Au lac. Il plonge dans l’eau,
En sort un poisson.
Il prépare son dîner
Avec en tête l’histoire.
Les campeurs s’en vont
Au soir du troisième jour.
Silence total.
« Changement d’identité.
Edward B. se croit traqué. »
Fin d’hiver. Ciel bleu
Sur les sapins et le lac
Du grand Montana.
Manuscrit prêt, l’écrivain,
Content, quitte la cabane.
01 septembre 2007
Le TGV
Roule un TGV
A travers les champs de blé.
Direction Nord-Ouest !
Je ne suis presque plus triste,
Je l’ai déjà oublié.
Bosquets et vallons,
Maisons, villes et villages
Vont à grande allure.
Il se pourrait que, là-bas,
Un inconnu me rencontre…
Terminus du train.
Le quai se remplit de gens.
"Porteur, mes bagages !"
Dans mon taxi, des pensées
Me perturbent… mais j’y crois.
28 juillet 2007
Tempête
Une plage d’île.
D’épais nuages d’orage,
La tempête souffle.
Marchant sur le promenoir,
D'agitées pensées l'obsèdent.
26 juin 2007
Travaux
Peintres et maçons
S’agitent sur le chantier.
Maison bientôt prête.
Famille heureuse, je crois,
A laquelle bien je pense…
Je ne veux plus
La télé qui marche,
L’ordinateur mis sur veille,
Un stylo en main.
J’écris encore et encore
Ce qu’en moi je ne veux plus.
Falaise
Falaise en Vendée,
Un banc près d’une chapelle,
L’océan en bas.
Et toi, assis et qui pense
Au futur ou à quelqu’un…
06 avril 2007
« Si cela recommençait… »
Bord de mer. Le port.
Une table de terrasse.
Tasses de café.
Il me raconte le temps
Qu'il a passé loin de moi.
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Des enfants patinent
Sur l’étendu promenoir.
Le plus jeune tombe.
J’ai du mal à retenir
Les battements de mon cœur.
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Un second café.
On apporte des chouquettes.
Un ferry s’en va.
Il me dit nos souvenirs
Que j’avais désiré perdre.
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Un car de touristes
S’arrête près de la plage.
Souffle le mistral.
« Si cela recommençait… »,
Je me surprends à me dire.
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Une mouette crie
Au-dessus d’un chalutier.
Loin, sonne un clocher.
« On se reverra bientôt ».
J’aimerais le croire encore…
Tankas printaniers
Jonquilles ouvertes
Au pied des arbres. Forêts.
Temps du renouveau.
J’aspire à revivre encore
De simples instants de joie.
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Le merle a chanté
A quatre heures du matin.
C’est bientôt le jour.
Il se réveille en pensant
A ses rêves nostalgiques.
……………………………
Les premières pousses
Sur les bouleaux du jardin
Signalent avril.
La vieille femme se dit
Belle encor, prête à aimer.
……………………………
Promenade à pied
A travers des champs de blé
Que le soleil dore.
Plaisir du retour chez soi,
Quand il lui tendra les bras.
……………………………
Chaleur printanière.
Dans les sous-bois ombragés,
Un chat se repose.
Tendre couple d’amoureux,
Sur un hamac d’indiens, s’aime.
