Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

20 avril 2009

La rumeur

Faisons

Mourir

L'envie

D'unir

Nos goûts

Dîner

Des heures

Parler

Où l'on

Pourrait

Entendre

Nos mots

Amis

Et in-

Compris

Reste à

Proscrire

Ou juste

L'écrire…

Posté par Marygrange à 14:26 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [2] - Permalien [#]

08 décembre 2007

Les poètes séparés

Je voudrais tellement que tu ne souffres plus,

J’aurais mal si jamais on m’apprenait ta perte…

Nous gardons souvenir de nous être bien lus,

Et moi toujours celui que tu m’aies découverte.

Nous ne devrions plus nous culpabiliser.

Aimons, dans nos foyers, les plaisirs de la vie.

Faisons le même vœu de nous réaliser

Au gré de nos talents, car notre art nous convie,

Pas à l’immense honneur d’un futur immortel,

Mais à la joie quand sort de nos mains quelque chose

Pour remplir un papier, un mot accidentel,

Une rime amoureuse où se courbe une rose,

Le chant de la nature en classique sonnet…

Et qu’importe, vois-tu, s'ils sont morts nos dialogues,

Chacun de son côté, au jour passant, renaît.

Ecrivons l’un sans l’autre encor des monologues !

Posté par Marygrange à 14:20 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [3] - Permalien [#]

19 novembre 2007

Les épistoliers

(consigne d’un atelier d’écriture. Poème de 18/20 lignes sans employer les mots suivants : lumière, mort, yeux, main, amour, mer, larmes, étoiles, ciel, silence, nuit, adieu, toujours.)

Il s’interroge encor. Mais que deviendrait-elle,

Son amie de Madrid qui ne lui écrit plus

Paraissant l’oublier ? Elle était toute belle

Dix-sept ans en arrière. Elle lui avait plu.

En retournant chez lui, une correspondance,

Entre les deux pays, s’établit quelque temps.

Il lui parlait des gens de sa terre de France,

Elle lui répondait d’un plaisir persistant.

Elle était fort curieuse, et ça plaisait à l’homme.

Avait-elle pour lui quelconque sentiment ?

Il le croyait alors, car elle écrivait comme

Une timide enfant voilant son cœur aimant.

Mais il ne se fit plus aucun autre voyage

Pour rapprocher encor les deux épistoliers.

Et peu à peu cessa son précieux babillage

L’Espagnole en coupant ses longs ponts de papiers.

L’homme repense à elle en les lieux où il passe,

Il aurait tant voulu les lui montrer un jour.

Quand, leur correspondance amicale, il repasse,

Il revoit nettement son regard de velours.

Posté par Marygrange à 13:47 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [5] - Permalien [#]

18 novembre 2007

L’amitié intellectuelle

Sa vertu est spirituelle,

C’est le dialogue des âmes.

L’amitié intellectuelle

Est une bien grande dame,

Comme celle de Nohant*

Près de François Rollinat.

Leur union dura des ans,

Et la mort la termina.

C’est vrai qu’elle est peu formelle

Entre un homme et une femme,

L’amitié intellectuelle

Que l’on porte en oriflamme.

Presqu’elle rendrait jaloux

Qui ne la comprendrait pas.

Sois sans crainte mon cœur doux,

Calme ton mea-culpa.

L’amour ce ne peut être elle,

Rien ne dit que tu le clames.

L’amitié intellectuelle

Pourtant t’a jeté aux flammes…

Tu promets ne plus le voir

Et tu agis comme tel,

Mais tu vois dans ton miroir

Ton sentiment éternel.

* Allusion à George Sand et son ami François Rollinat, Berrichon comme l’illustre romancière. Il est le père de Maurice Rollinat, poète et musicien dont George Sand était la marraine dans les milieux littéraires et qui l’a éclairé de ses conseils, notamment sur la poésie enfantine. On a souvent enseigné les poèmes pour enfants de Maurice Rollinat à l’école. Ma première récitation était La Biche au CE1, et je l’avais adorée…

Posté par Marygrange à 14:19 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 janvier 2007

Changer l’eau des pleurs

print5

De n’avoir pu cesser d’épandre ma parole

Jusqu'à trop t'agacer quand la vie n’allait pas,

J’ai fait que ton silence amoindrisse tes pas

Vers toute ma présence, et ça m’a rendue folle.

J’ai choisi de l’écrire afin de nous comprendre,

De toute ma vie dire à quel point j’étais mal.

Dans un triste roman et d’un souffle animal,

J’ai clamé mon tourment pour pouvoir me défendre.

J’ai accusé mon corps et ma façon de vivre

En marge de l’accord qui marie les gens bien,

Trop normaux pour mon être, à l’image du tien

Qui n’a point pu m’admettre et m’aider à survivre.

Je ne t’en fais reproche, ami, sois-en tranquille.

A mes mots, je m’accroche avec le frêle espoir

De libérer mon cœur de son battement noir

Et changer l’eau des pleurs en rosée de jonquille.

Posté par Marygrange à 11:43 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [1] - Permalien [#]

06 décembre 2006

De n’avoir pu être un homme…

Sentiment

Fraternel

D’une amie

Mais souvent

Mal perçu

Par les gens

Quand il est

Pour un homme

Car l’amour

Amitié

C’est possible…

Il le sait

Elle le sait

Mots reçus

D’une femme

Au mari

Ennemis

Par l’épouse

C’est normal !

Trop d’échanges

De présence

C’est danger !

Evincer

La rivale !

Qu’il oublie

Cette sœur

Confidente

Il faut rompre

Evidence !

Mais souffrance

Pour l’amie

De n’avoir

Pu être un

Homme pour

Librement

L’aimer…

Posté par Marygrange à 18:36 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [0] - Permalien [#]

Les amis du Net

Ça fait deux ans qu’ils se sont vus

Sur un forum de discussion.

Ils avaient la même passion

Culturelle. Ils s’y sont connus.

Puis ils se sont communiqués

Leurs coordonnées personnelles.

S’enrichit l’entente nouvelle

De coups de fil, lettres, paquets,

Tchatches, emails bien trop nombreux.

C’est si facile et si rapide

Que l’un d’eux en devint avide.

Mais l’autre, qui était plus vieux,

Aimait, vivait mieux le réel.

Il s’agaça de ce contact.

Il se tut et, pour être exact,

Stoppa de l’ami les appels.

Cela décontenança l’autre

Qui voulut rendre l’amitié.

Souffla un vent d’inimitié

Sur lui qui l’envoya au peautre.

Mais le lésé enfin comprit

L’intoxication d’Internet.

Il s’en repentit, le dit net

A son ami qui lui apprit

Ne plus vouloir savoir de lui

Et plus jamais le rencontrer,

Comme ils le firent pour serrer

Leurs liens jeunes. Et l’éconduit

Ne comprend pas et se lamente.

C’est qu’alors il ne l’aimait pas ?

Etait-ce un jeu ? Il ne sait pas…

Il subit tristesse et tourmente.

Est-ce de la haine ou mépris

Que cet homme pour lui éprouve ?

Voilà qu’en lui le doute couve.

Il frappe son cœur, son esprit.

Mais ce n’est peut-être pas ça.

L’autre l’aimerait-il encor,

Gardera-t-il en lui l’accord

Qui pour le moment bien cessa ?

Il n’en sait rien et désespère.

Il a honte d’être banni.

Méritait-il d’être puni ?

Il ne sait plus, mais récupère

L’envie de changer ses émois.

Il se méfiera des forums

Du Web. Devant ses géraniums,

Il pense partir plusieurs mois…

Un jour, il lui dira merci,

S’il accepte de l’écouter,

(Mais osera-t-il le tenter ?),

A son ancien ami. Voici

Le temps de revenir aux jours

Où il était bon d’être vrai.

Il prend une bouffée d’air frais.

La réalité vaut toujours !

Posté par Marygrange à 18:30 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [0] - Permalien [#]

La désamitié

C’est quand l’oubli s’impose,

Les nouvelles s’espacent,

Les chemins s’écartent,

La mémoire se raréfie.

C’est quand les liens explosent

Pour s’y accrocher trop,

La porte de la cage bloque

L’oiseau clamant sa liberté.

C’est comme la tempête qui résonne,

S’agite coléreuse contre le voilier,

Le brise de sa déferlante,

Jette à l’eau le skipper qui la brave.

C’est comme la gifle qui vous souffle

Le cœur d’une main glaciale,

Et qu’il se met à frissonner,

A pleurer tout son hiver.

C’est vouloir rattacher la corde

De ses bouts déchirés,

Vainement implorer des excuses

Pour les erreurs que l’on a commises.

C’est disparaître de la Côte,

L’un vers ses montagnes constrictrices,

Murs des âmes renversées,

L’autre vers les étendues profondes libres.

Le voyageur où se dirige-t-il, quel monde,

Solitude espérée, nouveaux sentiments

Sereins et sans attaches serrées ?

Gardera-t-il souvenir du délaissé, toujours ?...

Le montagnard voudra, pourtant, l’aimer encore,

Espérer son retour, cet ami en fuite,

Comme l’épouse refusant le deuil

D’un marin breton disparu.

Posté par Marygrange à 18:28 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [0] - Permalien [#]

L’amie écriture

S’ils ne veulent plus me parler,

J’apprendrai à les méconnaître.

Je ferai ma vie sans aller

Ni retour dessous leurs fenêtres.

Et nous serons les inconnus

Que nous aurions dû toujours être,

Entourés des souvenirs nus

D’un temps qui n’aurait pas dû naître.

Qui sait si j’aimerais encor

D’autres gens. Je n’en suis pas sûre.

Je me donnerai, corps à corps,

A éviter toute blessure

Qui paralyse mon effort

A vivre dans ma vraie nature.

Mais j’ai toujours le réconfort

Que m’offre l’amie écriture.

Posté par Marygrange à 18:25 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [0] - Permalien [#]

J’ai tant besoin de son regard

Qu’il soit au bord de ma bouche qui parle,

Ou loin à lire mes récits,

J’ai tant besoin de son regard

Qui se pose sur mes mots,

Sur mon cœur qui l’espère.

J’ai tant besoin d’une parole de lui

Toute pour moi,

Pour me rassurer

Un petit temps du moins,

Similaire à un « Je t’aime » peut-être…

J’ai tant besoin de son regard,

Entendre les choses de sa vie,

Ce qu’il fait,

Qu’il va bien,

Surtout cela : qu’il va…

Qu’il soit vivant,

Bien plus que tous les vivants.

Et qu’il pense à moi

Au moins un peu certains jours.

J’ai tant besoin de son regard,

Car je suis perdue dans son silence

Qui peut tout signifier,

Oubli comme désintéressement,

Ou pire, sa disparition.

J’ai tant besoin de son regard,

Car s’il ne me voit plus

Cela me déconcerte,

Me fait pleurer

En moi bêtement

Et me dire que j’ai raté

Encore quelque chose,

Que c’est ma faute !

Et je me sens

Ombre

Dans l’ombre

De sa vie.

Posté par Marygrange à 18:08 - Amitiés heureuses, défaites... - Commentaires [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »