Comme une bouteille à la mer

Pensées, proses, poésies, mais aussi des fictions...Pour les messages, servez-vous aussi du livre d'or dans la colonne de droite. Merci de votre visite !

02 novembre 2009

Inquiétudes... (nouvelle version pour ceux qui auraient lu l'ancienne que je viens de supprimer)

Ces questions ne doivent plus m'importer. Quand on ne doit plus revoir quelqu'un, sa vie ne vous regarde plus. Mais c'est dur de s'en faire une raison et d'oublier sa douleur, sa honte et sa culpabilité. 
Nous mourrons dans l'ignorance de nos faits et gestes. Juste il me reste l'amertume de l'avoir connu, car je n'aurais pas souffert de l'interdiction de lui reparler, de le revoir jamais. Et je ne me sentirais pas une mauvaise amie pour qui que ce soit. Je ne craindrais plus le refus de mes lettres à mes amis ou leur non-réponses, des appels téléphoniques raccrochés à l'énoncé de mon nom.
Quelqu'un m'a dit de demander pardon à Dieu. Oui, mais je ne crois pas. Enfin, pas comme lui. Si Dieu pardonne les erreurs, l'homme non. Et les personnes qui m'en veulent continueront leurs reproches indéfiniment.
Il n'y a que l'écriture qui puisse un jour me soulager car elle me reconstruira, ou peut-être l'affection d'un ami qui arriverait à me convaincre que je ne suis pas si dérangeante ni répugnante, que je ne suis pas une ennemie et que j'ai ma place ici-bas malgré tous mes défauts. Qu'il puisse me rendre ma liberté d'aimer...
Je l'ai écrite dans mon dernier poème "Autoportrait", mais je saisis de plus en plus la citation de Jim Harrison : "L'écrivain est peut-être toujours un passager clandestin. Caché, et très en marge".  A l'époque, je m'exhibais trop et réclamais à l'excès l'aide de cette personne concernant l'écriture. Elle était dedans depuis bien plus longtemps que moi, et sans doute un écrivain dans l'âme plus clair, car elle a su se mettre "en marge" probablement à la manière de Jim Harrison. Et elle avait raison. Je pense qu'elle continue à écrire. Dommage qu'elle ne se fasse pas éditer, car son talent est des plus grands (presque digne de Jim Harrison avec un peu plus de persévérance et de foi en soi).
J'écris un peu plus "cachée" à présent, mais c'est très difficile pour moi. Cependant, mon journal intime m'y aide plus que mes écrits publics.
Il faut écrire comme l'âme le requiert.
Et puis je communique moins avec mes amis. Suis-je devenue moins importune ?...

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30 juillet 2008

Encore quelques mots… (2)

Je ne peux trop en dire par respect pour lui, mais je puis préciser que nous ne nous sommes pas connus sur Internet et que nos conditions de vie nous rapprochent. Il est à même donc de me comprendre, et moi lui, ce qui est fort soulageant pour tous les deux. De plus, c’est un homme très cultivé et intelligent et qui semble posséder un cœur généreux et très humain. Et il me parle si gentiment que j’en suis tout émue, même si j’ai l’impression de ne pas mériter ses égards.

Depuis mon retour de l’endroit où nous avons lié connaissance, il me téléphone régulièrement et moi je lui écris des lettres « classiques », ce qui m’enchante ! Cela dit, je maîtrise enfin mes engouements, mon envie de lui parler. J’attends patiemment ses nouvelles, et si elles tardent, je ne m’empresse pas de le recontacter. En cela, je pense avoir changé depuis deux ans. Si vraiment j’ai besoin de m’exprimer, je recours aux textes habituels, la poésie, la prose, mes brouillons, sans faire appel à un interlocuteur, sans lui mettre la pression, quoique parfois il m’arrive de conter mes peines encore à mes proches. Oh, je sais que ce n’est pas bien, et j’y remédierai à l’avenir. J’y compte bien ! Et nous avons encore une autre chose bien plaisante, mon ami et moi, c'est notre vouvoiement si poli, pas distant cependant, mais amical et sincère et qui n'empêche pas l'intimité. J’aime, même si un jour peut-être il virera au « tu »…

J’éprouve, pourtant, encore beaucoup de méfiance et de perplexité envers mes réactions. Vois-tu, je ne pleure plus notre amitié à toi et à moi, mais la rupture m’a renvoyé un reflet de moi si négatif ! J’ai pris conscience de combien ma demande d’affection était grande, combien mes complexes me dominaient, et combien cette reconnaissance de mes capacités, si quémandée auprès de toi et des autres, était excessive et ennuyeuse. Si tu lisais mon livre, peut-être comprendrais-tu l’importance de mon vécu et que c’est lui qui a brouillé mes relations avec toi et tous ceux qui n'ont pu, ou n'ont su, me juger. En tout cas, ce n’est pas une excuse, maintenant que je le sais, pour recommencer avec quelqu’un d’autre, qui que ce soit.

Oui, j’ai peur d’abuser encore des sentiments d’un homme même libre, même s’il s’intéresse à moi et m’estime.

Pourtant, comme tout le monde, j’ai aussi droit au bonheur, non ? Tu ne peux pas le nier.
J’existerai quand même, seule ou accompagnée par moments si c’est possible. J’aimerai comme cela me sera permis, et libre, si libre enfin de mes craintes, des préjugés, de mes appétences, et qui sait du regard des autres…

Ecrire arrivera-t-il à me libérer ? J’ose l’espérer après tout.
Merci de m’avoir fait involontairement comprendre toutes ces choses, toi.

Puis-je enfin mener à bien mes nouvelles amitiés…

Pour conclure, je veux te dire que, si je te rencontre dans la rue un jour, ne t’en fais donc pas, je changerai de trottoir ou détournerai la tête sur ton passage. Je crois que cela correspondrait à tes attentes, non ? En tout cas, je le comprends et l’accepte.

Mais sache que je te pardonne comme à tous ceux par qui j’ai souffert, et qu’un jour peut-être je me pardonnerai à moi-même. Je n’aurai pas ton propre pardon, mais tant pis.

Il faut maintenant apprendre à oublier ses souffrances et concevoir que l’on peut devenir quelqu’un d’à peu près bien peut-être. J’essayerai de laisser à ma mort, à ceux qui me seront encore proches, le souvenir d’avoir réalisé quand même quelque chose, de n’avoir pas vécu pour rien. Je ne veux pas que l’on se fasse des reproches à cause de moi. Que l’on fête plutôt mon départ au lieu de le pleurer ! Mais… j’espère que ce ne sera pas pour bientôt quand même. J’ai tant à entreprendre encore, tout !

Béa

Posté par Marygrange à 17:54 - A un ami perdu - Commentaires [0] - Permalien [#]

Encore quelques mots…

Encore quelques mots à ces textes pesants et malhabiles que j’aurais dû finir de corriger et que j’ai laissés à l’abandon. Pour quoi dire ? Je n’en sais trop rien. Peut-être juste pour laisser errer encore mon cœur et occire ce mal qui m’étreint toujours.

Je ne veux rien te demander ni te faire la morale. J’espère que tu t’en rendras compte. Ce n’est qu’une ultime explication. C’est ma conclusion !

Je n’aime pas cette tendance qu'a mon cerveau de trop parler ou bien de se cabrer devant l’impromptu, ou l’exigence qu’ont les gens parfois à vous faire réagir ou prendre des décisions sur l'instant. Je n’aime pas que ma tête et mon cœur s’emballent et prennent brusquement ma main pour transcrire à l’encre le feu de leurs émois tumultueux. Mais on ne peut contrarier toujours la nature, comme trop souvent on le fait. L’important, c’est de prendre son temps et brouillonner le plus possible ses idées avant leur tournure finale et leur exposition au public. Tu ne peux pas savoir comme j’aime ces brouillons qui nous libèrent, même si les jets qui les suivent contrefont un tant soi peu leur produit. Et puis, parfois ces jets, il faut accepter de les déchirer sans que personne n’en prenne lecture…

Néanmoins, je sais que les mots écrits, plus que dits à la légère à un interlocuteur impatient, d'autant si on est en proie à une invalidante timidité qui vous fait balbutier des incongruités, peuvent peut-être arranger les choses plus que nuire. Ils vous apportent l’ordre nécessaire à vos pensées, du moins est-ce mon sentiment issu de ma propre expérience.

J’admets enfin que tu ne me parles ni ne m’estimes plus jamais. Et c’est normal. Peut-être apprécies-tu encore mon écriture et viens la lire où qu’elle soit en te taisant comme il se doit, comme je le ferais s’il s’avérait que tu t’exprimes à nouveau publiquement. Et en quoi cela serait gênant ? Cela ne nous engagerait à rien, nous resterons toujours les inconnus que nous sommes redevenus l’un pour l’autre. Ce serait ce genre de relations qui existent entre un romancier et ses lecteurs, rien d’autre. Et ce serait fort bien ainsi. Cela dit, aucun de nous n’oserait faire signer le livre de l’autre, le cas échéant, évidemment. Mais ce n’est pas grave. Rien n’est grave, si ce n’est la vie bien menée à son terme.

Je ne sais pas s’il a été bon pour nous que nous soyons entrés en amitié. Il est évident que je le regrette infiniment, car aucun n’aurait souffert des suites de ce qui nous est arrivé. Mais, mon livre, je l’aurais quand même écrit, car il aurait fallu que je règle ses comptes, un jour ou l’autre, à ce « Vilain Petit Canard » mal grandi que je suis. Mais je ne l’aurais pas fait, bien sûr, sous l’emprise de la déception de ta perte.

Malgré tout, grâce à cette histoire, peut-être je pourrai réaliser correctement mon existence. Je reçois encore d’autres coups à cause de ma marginalité, comme il m’est arrivé récemment. Mais tout cela ne peut que nourrir ma compréhension des choses et me mûrir enfin. Et je vous en suis à tous très reconnaissante.

Je ne m’aime pas. Mais il faut bien continuer à vivre et apprendre à se supporter soi-même, donc se donner les moyens de s’aimer un jour autant qu’on aime les autres, si l’amour est le soutien de la vie, davantage si on est seul. Ayons pitié de notre âme malheureuse et quelquefois en dérive ! Il le faut, tu sais. Il le faut…

Heureusement que parfois la solitude se brise à l’appel d’un ami, d’un parent, d’une connaissance de voisinage ou d’une activité. Heureusement que la culture est là, à notre portée, dans nos livres, nos musiques, nos balades sur Internet pour nous priver de l’ennui.
L’amour, comme l’amitié (c’est la même chose dans le fond), est à chaque coin de rue, chez soi, sur le bureau où l'on écrit. Il nous rappelle à la vie à chaque fois qu'on lève les yeux vers lui. Au fait, si cela peut apaiser tes inquiétudes à mon sujet, je connais depuis peu un homme. Déjà, nous sommes amis…

(A suivre)

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29 août 2007

Pour clore le sujet

J'avais pensé arranger les textes de cette catégorie pour en faire, peut-être, un livre. Mais j'ai bien réfléchi sur la question.
Je crois qu'il est préférable de laisser ces lettres ouvertes sur ce blog, et ne pas les proposer à un éditeur. J'ai, je trouve, assez fait avec mon roman autobiographique où cette histoire tient une place primordiale, mais différemment qu'ici.
De ressasser ces choses sans fin, cela devient malsain. Je ne tiens donc pas trop à m'y attarder, sauf pour les corriger de temps à autre, quand l'envie me prend.
Il faut enterrer les rancoeurs et les blessures comme une hache de guerre. Je dois arriver à faire mon deuil de cette perte, de cette erreur dont je suis probablement l'entière responsable, en tout cas pour beaucoup...
J'ai dit, dans un mot récent sur la sortie de mon livre, que j'aimerais que mon ami le lise et me pardonne. Mais il ne faut pas insister là-dessus. Qu'importe qu'il le fasse ou non, après tout... L'important est la leçon à retenir d'une telle relation malheureuse.
Je crois avoir compris bien des choses, et je tâcherai, à l'avenir, de ne plus mal m'y prendre dans mes amitiés avec les hommes, surtout quand ils sont mariés. Et d'une manière générale, je retiens qu'il ne faut pas déranger les gens, en insistant au point de les harceler afin qu'ils vous parlent, vous tiennent la main quand cela ne va pas, s'intéressent un peu à vous, même si la solitude vous devient par moments affreusement intolérable avec tout l'ennui qu'elle traîne à ses basques.
Il faut se faire une raison de la situation dans laquelle on se trouve, quand il n'y a pas d'autre remède. Il faut accepter son sort, et changer les états d'esprit.
Je retiens que la liberté n'a pas de prix, celle qu'on laisse aux autres tout comme la sienne personnelle. Ces gens ne veulent plus rien savoir de moi, il faut agir comme si je n'existais pas alors... Je dois oublier les déchirements et me jeter dans l'espérance du changement de ma vie et peut-être de mes sentiments. Je dois les laisser tranquilles et moi aussi !
Le monde est grand et beau sous bien des aspects. Je me dois de regarder vers le soleil, le bleu du ciel, le chant des vagues et des oiseaux, les montagnes bleuies par la brume de l'horizon, les sourires des gens heureux... Il y a des voyages, si j'en ai les moyens un jour, qui peuvent me montrer tout cela. Il y a les livres, les films, les documentaires pour me le raconter. Il y a des personnes magnifiques qui ont l'art de parler des belles choses et les vivre, comme certains de mes amis et proches. Tout cela contribue à une bonne part du bonheur...
Je ne connaîtrai probablement plus la vie de couple. A mon âge, il n'y a plus l'espoir de fonder une famille. Et mon physique est si handicapé et peu attirant... Mais l'amour c'est aussi celui de l'homme en soi, et qu'on appelle le prochain, c'est aimer comme un philanthrope. Je crois que, même seul, on peut vivre heureux en aimant l'ensemble de l'humanité et de la nature, et se sentir, à un moment donné, pleinement serein. C'est ce vers quoi je veux me diriger.
Ces gens qui ne veulent plus me parler croient sans doute que je suis en quête d'amour, c'est-à-dire d'un homme, et ils ont pensé que je les harcelais pour cela. Mais, dans le fond, ils ne me connaissent pas et je ne me suis pas montrée sous mon meilleur jour. J'avais besoin d'une écoute, et aussi d'offrir la mienne à cette personne qui s'était confiée si sincèrement. Il y a eu une sorte d'engrenage, de débordement provoqué malgré soi par Internet, et je me suis fourvoyée à dépendre des nouvelles d'un homme qui, à juste titre sans doute, s'était mis à me fuir. La seule chose que je trouve qu'il aurait peut-être dû faire, c'est de me parler quand il était encore temps, me faire gentiment entendre raison. Mais c'est ainsi, et on ne peut ni ne doit revenir en arrière. Maintenant la réflexion me fait voir plus clair en moi, et je pense me définit un peu mieux. J'arrive à trouver les mots pour le dire...
Le bonheur, s'il doit me toucher, il doit émaner de moi. Je l'ai dit dans mon livre, il faut compter sur soi-même plus que chercher en les gens l'appui qui vous manque, et peser sur leur conscience alors qu'ils ont une vie à eux, bien d'autres choses à faire.
J'espère qu'on comprendra, un jour, que je ne suis pas mauvaise, que ma présence peut ne pas être si lourde comme à première vue, que je peux être patiente et une bonne amie malgré tout.
Je suis humaine. Mais je n'ai pas les critères de tout le monde, car je suis une handicapée qui vit un peu en marge de la société. Cependant, quelque part je suis aussi comme les autres...
Je ne serai donc plus, je l'espère, une dépendante d'affection pour un homme tel que celui dont je parle dans ces textes. Je n'insisterai plus à envoyer des e-mails en trop grand nombre, ni à joindre en excès mes amis au téléphone, ni à leur écrire des lettres postales. Pas trop souvent, non ! Et si je vais quelque part en vacances, ce ne sera pas pour rencontrer des amis non plus, le moins possible. La dépendance doit devenir, ou redevenir, indépendance ! La confiance en moi, que j'ai tant cherchée en mon ami, je dois la retrouver toute seule dans mon intérieur...
Un handicapé, cela n'aime pas déranger, vous savez. Il a fallu je ne sais quoi pour me faire perdre la tête, la communication rapide et si attirante des médias modernes qui m'en a fait réclamer trop. Il a fallu des forums de poésie et leurs échanges de textes et de commentaires en nombre pour m'accrocher aux autres, pour qu'ils me lisent et, d'une certaine façon, m'aiment à travers ce que j'écris... Tout cela sonne bien faux, car c'est loin de la réalité étant virtuel. Si on écrit, il faut d'abord le faire pour soi, par nécessité propre, un vrai besoin d'expression et non dans l'attente de l'opinion d'autrui comme s'agissant d'un produit commercial, ou simplement afin de ne pas décevoir un public qui vous estime en apparence du moins. Enfin, j'ai beaucoup encore à réfléchir sur tout cela pour donner, comme il convient, le fruit de mon âme.
Mon ami est intelligent, et je sais que dans son for intérieur, s'il me lit ici, il comprendra et me pardonnera mes erreurs. Et c'est ce qui compte, même sans ne jamais me le dire.
Chacun continuera son chemin d'existence bien éloigné de l'autre, comme s'ils ne s'étaient jamais vus.
Bon vent à lui, comme j'ai envie de dire bon vent à moi aussi !

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26 mai 2007

Message 2

Je réécris encore les lettres pour leur donner un aspect définitif dans le projet d'un livre. Il fera suite à celui que je viens de publier et dont je fais état dans ces lettres A un ami perdu...
Je garde pour vous les dates de leur première publication, mais je retire les signatures. Je le fais d'autant qu'elles seront publiées sous un autre pseudonyme que celui que j'ai ici, un autre prénom que le mien. Et puis cela fait un peu trop répétitif, je trouve...

Les lettres retravaillées sont, ce jour du 26 mai 2007 :

- L'idée m'est venue de t'écrire des lettres ouvertes

- Une bouteille à la mer

- Je voudrais te parler encore du handicap

- Histoire sur Internet

- José Luis Perales

- L'intermédiaire

Je reviendrai sur ce post pour signaler les prochaines retravaillées.

Ce jour du 27 mai 2007 :

- Ma mère

- Ma mère (suite)

Ce jour 28 mai 2007 :

- "Volver a empezar"

- La liberté retrouvée

- Être artiste

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15 mai 2007

Message...

J'édite ce message pour signaler la fin des réécritures de "A mon ami perdu". Les lettres se succèdent de la première à la dernière...

Posté par Marygrange à 16:46 - A un ami perdu - Commentaires [6] - Permalien [#]

13 avril 2007

06/12/06. L’idée m’est venue de t’écrire des lettres ouvertes…

Cette nuit, je n’ai pas bien dormi. L’idée m’est venue de t’écrire des lettres ouvertes, là sur mon blog. J’aurais pu me lever et le faire tout de suite, mais je me serais crevée. J’ai résisté. J’ai allumé la télévision, le son très bas pour ne pas déranger les voisins, afin de me changer les pensées. Cela m’a calmée, et vers trois heures du matin, j’ai pu me rendormir en éteignant le poste. Maintenant, je viens de prendre le petit déjeuner. Même pas lavée ni habillée, je commence déjà à t’écrire, toi que j’aimais appeler mon ami, mais qui à présent ne l’es plus…

Tu me manques, c’est évident. Le confident que tu étais surtout, contraint à la fin par ma faute, hélas.

J’ai fait un roman sur moi et notre amitié, comment elle s’est terminée. Cela n’a pas vaincu mes souffrances. Elles resteront peut-être toujours à cause du mystère qui enveloppe les circonstances de cette rupture. Et aussi parce que je me rends compte des complications de ma vie et de ma personnalité depuis les avoir écrites. Mais j’ai encore bien des choses à évacuer inévitablement, d’où ces lettres.

Si nous n’avions pas échangé des confidences, si nous ne nous étions pas rencontrés à deux reprises ni parlés sur un Messenger toutes les semaines durant longtemps, nous n’en serions pas là… J’aurais mieux supporté ton silence. Je ne t’aurais pas cherché autant quand tu t’es mis à me fuir. J’ai d’autres amis sur Internet. Je crois qu’ils ne peuvent pas se plaindre de mon attachement. Notre échec m’a fait enfin moins me replier sur les gens. Je suis plus méfiante, non d’eux mais de moi.

Ne t’en fais pas, je ne dirai pas comment tu t’appelles, juste que tu es un écrivain, un peintre, un peu musicien aussi. Pourtant cet artiste talentueux a disparu par ma faute des sites d’Internet où il publiait, car agacé par ma présence en ces lieux. Je me le reprocherai toujours, sais-tu, à moins que j’apprenne que tu écris de nouveau, même que pour toi. J’en serais si soulagée…

Quand nous nous sommes rencontrés, je m’étonnais que ta femme te laisse me voir de longs moments. N’était-elle pas jalouse ? Toutes ces heures de contacts internautes auraient pu la bouleverser. Il me semble que parfois, quand tout allait bien entre nous, elle te disait, le soir avant dîner, alors qu’on causait sur une messagerie : C’est encore elle ! C’était dit sur le ton de la plaisanterie certes, mais quand même…

Tu sais, je suis une femme aussi, je peux la comprendre. Bien sûr je n’étais qu’une amie, mais, hélas, pas un homme. Aimer de tout son cœur quelqu’un peut supposer un sentiment amoureux venant d’une personne du sexe opposé. Et cela s’est avéré. On a pensé à autre chose sur nous, et ta femme y a cru fort, je crois. Et j’y ai presque cru aussi puisqu’on me le faisait savoir. Il fallait me dire stop à tout jamais, me renvoyer mon affection, m’interdire de te voir, de te parler.

Dans mes moments de presque haine de vous (oui, cela m’est arrivé !), j’avais envie que tout aille mieux pour que je puisse te rendre ce que vous me faisiez, ne pas répondre à tes e-mails, tes appels… Mais je n’aime pas la rancune ni la haine, ni la jalousie même si elle m’a touchée de son doigt malsain. Elle est si dangereuse, un vrai fléau, peut-être le pire si cela se trouve, celui qui, avec l’envie, engendre les guerres ! Je n’aime pas que mes proches en soient affectés ni en être moi-même l’objet, et je crois bien l’avoir été dans ce qui nous est arrivé. Mais je n’en sais rien. Je ne sais pas ce qui se passe loin d’ici où vous êtes.

J’aime bien Internet comme outil de connaissance et pour publier, mais il ne faut pas lui attribuer un rôle prépondérant. Le relationnel y est abstrait. Etant handicapée moteur, je suis déjà bien hors contexte. J’ai perdu l’habitude des contacts à vivre seule, alors les virtuels me portent atteinte plus qu’il n’en faut, car je cherche à croire en eux. Beaucoup de gens sur les sites ont des paroles fortuites, agressives ou trop louangeuses, et moi il me faut la lumière des autres pour me soutenir et la gentillesse. Car il fait souvent sombre en moi, et je ne sais me faire une place toute seule dans l’immensité du monde et de la vie, et la haine m’effraie et me blesse tout comme le mépris…

Je crois que nous nous sommes jugés, toi, ta famille et moi avec méprise, car nous nous connaissons mal. J’aurais peut-être pu mériter une explication de ta part sur tes non-dits et pour savoir ce qui te gênait tant en moi, quand il était encore temps. Mais tu n’étais pas disponible. Tu as tes raisons. Je ne te le reproche pas, va !

Il y en a qui m’ont dit leurs sentiments de toi, erronés bien sûr. Et j’ai commis le tort de me demander qui avait raison. J’en ai souffert et toi aussi, ton entourage également à le savoir. Et c’est ce qui a le plus détruit notre amitié…

Vous m’avez rappelée à l’ordre bien douloureusement. Et j’ai dû écrire pour décompresser, pour recouvrer mes esprits, même si me rendre compte mieux de ce que je suis est terrible à vivre. N’en soyez pas fâchés, s’il vous plaît. Vous ne vouliez pas m’écouter, il fallait bien m’exprimer quand même, me défendre.

Peut-être liras-tu ces confidences. Je peux te dire que j’écris aussi pour que vous puissiez me haïr un peu moins, si c’est bien le cas. Je ne suis pas si mauvaise, et vous ne l’êtes pas non plus. Tout ce que j’écris pourra-t-il trouver grâce à vos yeux un jour ? J’ose presque l’espérer.

Je crois que toutes les formes d’expression sont nécessaires pour exister chaque jour davantage, car le langage fait émerger l’homme de la nature et lui façonne sa conscience. L’écriture aide à cela, mais pas toujours. La poésie ne fait que transcrire un faible reflet de ce qu’est l’être intérieur de chacun d’entre nous, car c’est dire des choses d’une manière suggestive. Les commentaires sur Internet, les messages rapides et courts, suggèrent aussi bien des interprétations fallacieuses. La prose est sans doute mieux placée pour coucher son âme sur le papier et comprendre les choses et les gens, peut-être.

Soyons bons et humbles envers nos semblables, ne les jugeons pas sans savoir, et apprenons à excuser leurs faiblesses comme les nôtres. J’aimerais tant y arriver pour ma part. Les mots pourront-ils un jour m’aider à cela ?

Aux lecteurs de ces lettres, je leur supplie de ne pas chercher à te reconnaître. Merci !

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09/12/06. Une bouteille à la mer

Une bouteille à la mer, cela se jette sans espoir ni attente d’une réponse. On se doute que des années s’écouleront avant qu’elle ne soit repêchée par un passant curieux, le long d’une plage d’un autre continent peut-être. Mais on ne sait pas si on sera encore vivant ce jour-là…

Une bouteille à la mer n’a pas d’adresse au dos. L’identité de son expéditeur n’est pas mentionnée dessus, et rarement dans le message. Cela ne se retourne pas par la poste. Et il est rare que son destinataire la trouve et lise ce qu’elle contient.

Une bouteille à la mer, c’est le destin que voue Léa au journal qu’elle a écrit à son ami. Elle aurait pu le lui faire parvenir d’une autre manière, mais elle a choisi le hasard. C’est un autre qui le lit. Et c’est tant mieux ! Ainsi Léa, sachant ce qu’il ne faut plus faire en amitié avec un homme, peut se lier à nouveau avec quelqu’un qui la voit et l’accepte telle qu’elle est dans son fauteuil roulant et avec son passé.

Voilà quel genre d’histoire j’ai tiré de notre rupture. Ne t’en fais pas, tu n’apparais pas sous tes traits réels. Ce n’est donc pas diffamatoire. Et puis, c’est moi la responsable de mes erreurs et de ce qu’elles m’ont fait vivre, pas mon entourage ni toi. Personne.

Mais elle n’est pas jolie l'image de moi que vous m’avez renvoyée par votre rejet. Elle fait mal. Et je veux réparer cela.

Je suis encore fâchée, tu sais. Je ne peux m’empêcher de penser à cet ami qui voulait m’épouser il y a bien longtemps, mais dont la mère avait tout fait pour l’en dissuader alléguant mon état, ma fragilité. Elle n’avait pas tort, mais comme cela m’a fait mal de l’apprendre !

J’ai cru donc voir un acte similaire dans votre attitude à mon égard, et je m’en excuse. Cependant, je ne crois pas que c’était volontaire. J’espère que les handicapés ne vous dérangent pas et que vous saurez toujours les accueillir le cas échéant.

Si j’avais été valide, vous auriez agi de la même manière, mais peut-être pas car je n’aurais pas été la même.

Si j’avais été valide, nous ne nous serions peut-être même pas connus sur Internet.

Si j'avais été valide, je n'aurais pas écrit mon roman, ni ne continuerais à t'envoyer des messages à travers cette bouteille à la mer des temps modernes qu'est un blog...

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17/12/06. Je voudrais te parler encore du handicap

Dans quelques jours, c’est Noël. Je sais que ma sœur aimerait que je le passe en famille avec elle. Mais si je suis aussi malade qu’aujourd’hui, je resterai probablement chez moi. Oh, rien de grave, une forte bronchite ! Mais c’est suffisamment ennuyeux pour avoir envie de ne rien faire. Et passer en famille les fêtes de Noël dans cet état, cela ne me dit rien du tout. Enfin, on verra.

J’espère que tu seras dans une meilleure forme que moi pour jouir de la présence des tiens ce soir-là. Cela va me faire drôle de ne pas t’envoyer une carte de vœux comme les autres années, ni en recevoir de toi. Ni ton coup de fil pour dire que tu penses à moi en cette grande fête familiale, sachant que souvent je la passe toute seule. C’était si plaisant…

Je voudrais, aujourd’hui, te parler encore du handicap. J’ai été troublée, il y a une semaine, par les propos d’un animateur de radio sur Michel Petrucciani. Il disait de lui qu’on avait surestimé son talent à cause de son état d’homme de petite taille, que s’il n’avait pas été ainsi on l’aurait moins apprécié. Peut-être avait-il raison. C’est son métier, il sait bien mieux juger les musiciens que moi, même si j’ai pris des leçons de piano quand j’étais plus jeune. Et puis, je ne connais pas trop l’œuvre de Petrucciani. C’est peut-être vrai que son handicap avait attendri l’opinion publique. C’est souvent le cas, ou carrément l’inverse, le refus le plus complet. Cela dit, je pense que son talent était quand même grand…

Parfois je me demande si on ne juge pas ce que je fais compassionnellement, comme disait l’animateur de radio. Quand on est handicapé, on ne sait pas si le physique n’interfère pas toujours un peu dans les relations avec autrui.

Alors, est-on gentil par pitié avec moi ? Me parle-t-on avec égard parce que je suis en fauteuil roulant ? La vérité que peut-elle être ? Mais il ne faut pas douter de tout. Je pense qu’il y a des gens qui m’apprécient véritablement, et il faut que je m’efforce à les croire. Au fond, c’est eux qui me font garder la route, sinon je jetterais l’éponge ! Car la vie n’est pas une réjouissance pour moi, elle est pleine d’embûches parfois insurmontables. Il faut se donner une raison valable pour continuer à vivre, aimer en est une…

Cependant, dans mes relations sentimentales, je pense qu’on n’a pas été complètement sincère avec moi, sans même se l’avouer. Je me demande toujours pourquoi ces hommes valides et beaux sont sortis avec une femme telle que moi. Ce n’est quand même pas normal…

Quand tu m’as offert ton amitié, j’avais mon ami V. de Madrid qui ne m’écoutait plus quand je lui téléphonais. Il n’avait pas le temps, car il était très occupé. Alors je me suis attachée à toi et aux membres des sites qui s’intéressaient apparemment à mes écrits. Pourtant, je crois, mais trop tard, qu’il ne faut pas compenser les choses qui vont de travers dans sa vie. Il ne faut pas chercher refuge dans les gens. Les sentiments doivent être sincères de part et d’autre et libres.

J’avais aussi la nécessité de me valoriser, qu’on me tienne la main, qu’on m’aide dans mon parcours d’écrivain. C’était, je l’avoue, ce que je recherchais le plus en toi, ce soutien-là. Mais ce n’est pas non plus une bonne manière d’entretenir une amitié. Et mon insistance s’est accrue au contact de ta gentillesse…

Maintenant j’espère que je ne me tromperai plus, que je saurai éviter à l’avenir les pièges liés à mon handicap et à ma personnalité instable et malheureuse, et que je saurai ne plus étouffer mes amis par trop d’élans d’affection. Mais c’est si dur ! Vous, les valides, vous êtes dans le monde, le vrai, vous savez vous y prendre, moi non. Et vous avez tant d’occupations et de gens autour de vous pour vous faire oublier les absences et tout ce qui ne va pas dans l’existence, du moins beaucoup d’entre vous. Bien des handicapés, comme moi solitaires, y pensent tous les jours.

Mais il y en a qui réussissent, comme Michel Petrucciani…

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19/12/06. Histoire sur Internet

Aujourd’hui, j’ai envie de te raconter une histoire inspirée de la réalité.

Julie est mariée à Paul. Ils ont entre 55 et 60 ans, le même âge à quelques mois près.

Si cela fait plus de trente ans que leur mariage persiste, cela n’en fait guère moins qu’il bat de l’aile.

Paul est un homme d’affaires qui profite bien de sa condition privilégiée pour satisfaire ses plaisirs. Il a eu des maîtresses. C’est un grand dépensier. Le moindre joujou pour épater les copains, une belle voiture par exemple, il doit se le procurer dès que lui en vient le caprice.

Julie, quant à elle, est son opposée. Fidèle, elle a laissé tomber ses études d’architecte pour sa famille. Paul, doté d’un caractère ténébreux et jaloux, a l’art de la diminuer en public. En fait il envie ses talents, son intelligence et sans doute sa classe sociale plus élevée que la sienne. Il s’est construit seul sans diplômes, mais avec l’appui des relations professionnelles du père de Julie.

Il y a deux ans, une dernière aventure sentimentale de Paul a fait déborder le vase. Julie a un peu pété les plombs devant les factures d’hôtels et de restaurants de luxe qu’elle a découvert dans les papiers de son mari, et elle a compris à quoi elles étaient liées. Comme bien des épouses, elle sait fouiller dans les affaires de son conjoint. Hormis quelques papiers qui traînent sur un bureau, une facture dans une poche de pantalon ou d’une veste, de nos jours tout passe par l’ordinateur de ceux qui en possèdent. Et Julie connaît bien l’informatique. Elle a fait une formation de secrétariat dans le but de voler de ses propres ailes le cas échéant. Aussi que ne ferait-elle pas pour se prémunir contre les dépenses exorbitantes de son époux et assainir celles plus modestes du ménage ! Alors une inspection des comptes de son mari sur son ordinateur et de ses e-mails s’impose souvent. Il ne faut pas la blâmer, combien se retrouvent dans cette situation !

Dans ses fouilles des e-mails de Paul, elle en a appris des choses ! Elle a lu des messages de femmes. Ainsi elle a su qu’il avait des relations sur un site de rencontres d’Internet. Tout cela à la même époque de sa liaison si onéreuse !

Julie a donc quitté le domicile conjugal durant six mois. Mais, faute de moyens, elle a été contrainte de retourner chez elle. Cela dit, c’était dans l’optique d’une réelle séparation. Mais il lui fallait des preuves d’infidélité pour que le divorce lui soit favorable.

Alors, elle s’est inscrite sur ledit site de rencontres de Paul. Elle s’est fait une autre identité en prenant un joli pseudonyme. Ainsi elle a repéré son mari et engagé une relation avec lui, munie d’une belle photo d’une inconnue dans son profil. Bien entendu, elle s’était choisi un faux métier, attaché de presse, ce qui n’était pas pour déplaire à Paul.

Le plus drôle dans cette histoire, c’est qu’il est tombé fol amoureux d’elle ! Le jeu a duré deux à trois mois. Mais Julie a fini par le lui avouer. Néanmoins, elle en avait profité pour faire une autre rencontre sur le site. Un homme de son âge, beau et riche ressemblant à un acteur de cinéma célèbre…

Ils se sont vus plusieurs fois. Mais Paul, est vraiment jaloux, disons plutôt possessif. Comme bien de ceux qui trompent leurs femmes ! Ils se permettent d’être volages, mais leurs épouses doivent leur rester fidèles. Elles ne peuvent donc pas renvoyer la balle, si je puis dire… Il n’a pas supporté la relation de sa femme quand il l’a sue. Pourtant elle n’était pas allée jusqu’à se mettre dans le lit de son nouvel ami.

Julie avait donné sa vraie identité à l’acteur, appelons-le ainsi. Elle lui avait fourni ses coordonnées, son portable, son adresse d’e-mails et le Messenger qu’elle partage avec son mari. Mais Paul s’est fait passer pour Julie sur le Messenger quand l’acteur essayait de la contacter. Puis se révélant tel qu’il est, il l’a harcelé, et cela n’a pas plu bien sûr à l’ami de Julie. Celui-ci, détestant les problèmes, s’est mis à la fuir. Pourtant elle ne cherchait pas un amant, mais un homme de cœur, quelqu’un qui la sorte et l’aime un peu. Elle voulait croire que tous les hommes ne sont pas comme Paul, infidèles, jaloux et indifférents, toujours prêts à rabaisser leurs femmes devant les autres. L’acteur n’a donc pas eu le courage d’affronter Julie et de discuter de tout cela ensemble, d’accepter de la connaître vraiment, car elle le mérite, tu sais. Ils auraient pu prendre un autre Messenger, d’autres adresses d’e-mails avec de nouveaux pseudonymes. Paul n’est pas aussi habile que sa femme pour fouiller dans les affaires de celle-ci sur un ordinateur.

Mais non ! C’est tellement plus simple de zapper les e-mails, de ne pas répondre aux coups de fil. C’est radical, mais aussi lâche ! Oui, c’est fuir ses responsabilités !

Aujourd’hui, Paul réagit pour garder sa femme. Il voit un psychiatre. Il redevient gentil du coup. Et Julie est prête à lui donner une seconde chance, car elle est gentille, trop. C’est là le drame ! Elle ne sait pas dire non…

Mais s’en sortira-t-elle quand même ? Finiront-ils par divorcer ou réussiront-ils à rebâtir leur couple ?

Moi, j’avoue que je ne sais trop quoi penser devant ce genre de situation. J’ai vécu un an avec un homme mal dans sa peau, de caractère violent et jaloux. J’ai pu le quitter avant que ce ne soit trop tard. Avant de me laisser dominer par son pouvoir.

Aujourd’hui, je vis seule. Bien sûr, je souffre de ne pouvoir parler souvent à quelqu’un. Mais j’ai ce langage qui me fait dialoguer dans la solitude, c’est-à-dire l’écriture. Et surtout je suis libre de vivre comme j’aime, sans craindre le regard inquisiteur d’un homme possessif et égoïste, toujours au bord de la scène de ménage.

Je ne crois pas au rafistolage des couples qui ne fonctionnent plus depuis longtemps, même s’ils font des efforts pour réparer leurs différends, même si l’un des partenaires va voir un psy. C’est au début que les conjoints doivent prendre conscience que les âmes doivent s’accoupler aussi. S’ils n’ont pas les mêmes valeurs et manquent de respect mutuel, ils ne peuvent que s’entredéchirer et se lasser l’un de l’autre. Je n’ai pas beaucoup d’expérience pour dire cela, mais j’ai vu des couples mal s’entendre tout près de moi. Et cette aventure que j’ai eue avec cet homme, que j’ai réussi à quitter à temps, a porté aussi ses fruits en moi. Quand on passe des décennies à s’insupporter, on ne peut cicatriser les maux de l’âme au contact de qui nous affecte, même s’il arrive à changer. Dans la séparation, dans la solitude ou au contact de personnes qui ont la même façon d’être, l’âme s’ouvre et se refait…

J’espère que Julie ne se laissera pas déborder par sa gentillesse, qu’elle tiendra bon pour se reconstruire elle-même plutôt que son couple avec Paul. Lui, il en fera de même sans doute. Peut-être que l’avenir les réunira à nouveau un jour, mais que ce soit quand ils auront fait peau neuve chacun de son côté !

C’est une histoire banale comme on en rencontre partout. Julie pourrait très bien être un homme, et Paul une femme. Le bel acteur serait une actrice. Je crois que si les rôles étaient inversés ce serait la même histoire. La jalousie, l’abandon, l’égoïsme, la résignation seraient au rendez-vous de toute façon. Les cartes seraient distribuées autrement, mais la partie serait la même…

Posté par Marygrange à 18:45 - A un ami perdu - Commentaires [0] - Permalien [#]
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